Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2511796

jeudi 24 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2511796
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B qui demandait d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une carte de résident. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, car M. B était déjà titulaire d'une carte de séjour valide mention "entrepreneur/profession libérale" lui permettant d'exercer sa profession d'architecte. Par conséquent, sa situation administrative et professionnelle précaire alléguée n'a pas été retenue comme constitutive d'une urgence justifiant une mesure provisoire. La requête a été rejetée par ordonnance en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée 1er juillet 2025, M. A B doit être regardé comme demandant au juge des référés, saisi en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une carte de résident.

Il soutient que la condition d'urgence est remplie, dès lors que le changement de statut de son titre de séjour a pour effet de le priver d'une activité salariée ; qu'il ne dispose plus de ses droits sociaux ; qu'en outre, il est placé dans une situation administrative et professionnelle précaire.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Lamy, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code :

" Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article

L. 522-1. ".

2. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de l'article L. 521-3 susvisé du code de justice administrative, aux fins d'enjoindre à l'administration de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d'urgence et d'utilité, qu'elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

3. Pour justifier de l'urgence de sa situation, l'intéressé se borne à soutenir qu'il est placé dans l'impossibilité d'exercer une activité professionnelle et de percevoir une rémunération lui permettant de subvenir à ses besoins. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. B est titulaire d'une carte de séjour portant la mention " entrepreneur/ profession libérale " d'une durée de validité d'un an. Dès lors, la détention de ce titre, qui a pour effet de le maintenir en situation régulière sur le territoire français, ne fait pas obstacle à l'exercice de sa profession d'architecte. Dans ces conditions, l'intéressé ne saurait utilement se prévaloir d'une situation d'urgence au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée dans toutes ses conclusions au titre de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Cergy, le 24 juillet 2025.

Le juge des référés,

Signé

E. Lamy

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.