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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2511914

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2511914

vendredi 3 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2511914
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant par ordonnance, rejette la requête de M. A... qui demandait le réexamen de sa demande de naturalisation classée sans suite. Le juge estime que la requête est manifestement irrecevable, car elle ne vise pas l'annulation d'une décision administrative mais sollicite une injonction à l'administration, ce qui est exclu par les principes généraux de la procédure administrative contentieuse. La juridiction applique les articles R. 222-1 et R. 421-1 du code de justice administrative et précise qu'un classement sans suite pour défaut de pièces ne constitue pas une décision faisant grief.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 juin 2025, M. B... A... demande au tribunal de réexaminer sa demande de naturalisation, laquelle a été classée sans suite le 9 février 2024.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les premiers vice-présidents des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser (…) ».

Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée (…) ».

Il n’appartient pas à la juridiction administrative d’accueillir des conclusions tendant à d’autres fins qu’à l’annulation d’une décision administrative identifiée et produite ou à la condamnation d’une personne publique à verser une somme d’argent. Ainsi, le juge administratif ne peut faire œuvre d’administrateur ni se substituer aux administrations compétentes, ni intervenir lui-même activement et directement pour prendre en charge une situation considérée comme anormale par un administré. De même, en dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, inapplicables en l’espèce, notamment celles de l’article L. 911-1 du code de justice administrative, ou sauf s’il s’agit d’assurer l’exécution de ses propres décisions, la juridiction administrative ne peut adresser des injonctions à l’administration.

Par sa requête, M. A... se borne à demander au tribunal de réexaminer sa demande de naturalisation, laquelle a été classée sans suite le 9 février 2024. Le requérant ne formule ainsi aucune conclusion aux fins d’annulation d’une décision administrative ou de condamnation d’une personne publique. Par suite, la requête, qui ne comporte que des conclusions irrecevables, est entachée d’une irrecevabilité manifeste insusceptible d’être régularisée, et peut, en conséquence, être rejetée par application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Au surplus, le classement sans suite d’une demande tendant à l’acquisition de la nationalité française au motif que l’intéressé n’a pas produit les pièces demandées ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d’être attaquée devant le juge de l’excès de pouvoir.

Il y a lieu de préciser qu’il appartient au requérant, s’il s’y croit fondé, de présenter une nouvelle demande de naturalisation auprès de l’administration.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.


Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....


Fait à Cergy, le 3 avril 2026.

La première vice-présidente,


Signé


S. Marzoug

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


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