Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2514305

mardi 12 août 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2514305
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A qui demandait qu’il soit enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer sa demande de carte de résident et de lui délivrer un récépissé. Le juge a estimé que ces conclusions tendaient en réalité à assurer l’exécution d’un précédent jugement du 7 novembre 2024, et relevaient donc de la procédure spécifique de l’article L. 911-4 du même code, et non du référé mesures utiles. En outre, la condition d’urgence n’était pas remplie, la requérante n’ayant entrepris aucune démarche pour obtenir l’exécution du jugement avant juillet 2025. La requête a donc été rejetée comme manifestement mal fondée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 5 août 2025 et le 6 août 2025, Mme B A demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de procéder au réexamen de sa demande de carte de résident dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un récépissé de demande de carte de résident l'autorisant à travailler et à voyager dans un délai de deux jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'elle est placée en situation irrégulière alors même que, par jugement n° 2312687 du 7 novembre 2024, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois ; qu'elle se trouve empêchée de voyager alors qu'un séjour est prévu avec son enfant le 18 août 2025 ; qu'elle est privée de la possibilité de travailler alors qu'elle doit débuter un emploi le 1er septembre 2025 ; qu'elle a la charge exclusive de son enfant ;

- la mesure sollicitée est utile en ce qu'il y a une carence manifeste de l'administration dans l'exécution du jugement du 7 novembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier :

- le jugement n° 2312687 du 7 novembre 2024 rendu par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Lamy, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. () ".

3. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de statuer sur sa demande de carte de résident et de lui délivrer un récépissé, Mme A fait valoir que, placée en situation irrégulière, elle ne peut ni voyager, tandis qu'elle a un séjour prévu avec son enfant à partir du 18 août 2025, ni travailler, tandis qu'elle doit débuter un emploi le 1er septembre 2025. Toutefois, la présente requête tend à assurer l'exécution du jugement n° 2312687 du 7 novembre 2024 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer la situation de Mme A dans un délai de deux mois. De telles conclusions relèvent donc exclusivement des dispositions de l'article L. 911-4 du code de justice administrative, précision étant faite par ailleurs qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme A ait effectué de démarches aux fins d'assurer l'exécution du jugement précité du 7 novembre 2024 avant le mois de juillet 2025, privant ainsi également sa requête de toute urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A, à qui il est loisible, si elle s'y croit fondée, de déposer une demande d'exécution de jugement sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative, doit être rejetée en toutes ses conclusions en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 de ce code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Cergy, le 12 août 2025

Le juge des référés,

signé

E. Lamy

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.