Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2515112

vendredi 22 août 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2515112
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantAIT MEHDI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A... comme irrecevable. Le requérant demandait la suspension de la décision implicite de refus de délivrance d’un récépissé de demande de titre de séjour. Le juge a estimé que l’attestation d’enregistrement de la demande ne constituait pas une décision susceptible de recours pour excès de pouvoir, la demande relevant du référé mesure utile. La requête a donc été rejetée sans examen de l’urgence ou du doute sérieux sur la légalité, en application de l’article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 août 2025, M. B... A..., représenté par Me Aït Mehdi, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision implicite par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de délivrance de récépissé ;

2°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Il soutient que :

- la condition d’urgence est présumée remplie dès lors qu’il s’agit d’une demande de renouvellement de titre de séjour et qu’il doit se rendre au Maroc pour assister à la soutenance de son frère en septembre 2025 ;

- il existe un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée : elle méconnaît les articles R. 431-12 et R. 431-15 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.


Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2515111, enregistrée le 11 août, par laquelle M. A... demande l’annulation de la décision en litige.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.



Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ». Enfin, l’article L. 522-3 de ce code prévoit que : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

2. L’attestation d’enregistrement de la demande du requérant le 15 juin 2025 ne peut être regardée comme matérialisant une décision de refus de récépissé susceptible de faire l’objet d’un recours en excès de pouvoir, la demande du requérant relevant manifestement du référé mesure utile. Par suite, la requête de M. A... doit être rejetée comme irrecevable par application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :


Article 1 : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....



Fait à Cergy, le 22 août 2025.

La juge des référés,

signé

S. Cuisinier-Heissler

La République mande au ministre de l’intérieur, ministre d’Etat en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.