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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2515548

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2515548

jeudi 26 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2515548
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantJASLET

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant par ordonnance, rejette la requête d'un demandeur d'asile contestant un arrêté préfectoral d'éloignement. La juridiction a déclaré la requête manifestement irrecevable car le requérant, invité à régulariser sa demande, n'a pas indiqué son domicile réel comme l'exige l'article R. 411-1 du code de justice administrative. En conséquence, toutes ses conclusions, y compris la demande d'annulation et d'injonctions, sont écartées sans examen au fond.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête enregistrée le 29 août 2025, M. A... D... C... B..., représenté par Me Jaslet, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté notifié le 1er août 2025 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de délivrance d’une attestation de demande d’asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de la mesure d’éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans ;

2°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le même délai ;

3°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de mettre fin à son signalement aux fins de non-admission dans le système d’information Schengen ;

4°) de mettre à la charge de l’État à verser la somme de 1500 euros à Me Jaslet sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou à lui verser directement en cas de rejet de sa demande d’aide juridictionnelle.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
le code de l’action sociale et des familles ;
le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
le code de justice administrative.




Considérant ce qui suit :

D’une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les premiers vice-présidents des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (…) ». Aux termes de l’article R. 612-1 de ce code : « Lorsque des conclusions sont entachées d’une irrecevabilité susceptible d’être couverte après l’expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d’office cette irrecevabilité qu’après avoir invité leur auteur à les régulariser (…) ».

D’autre part, aux termes de l’article R. 411-1 du code de justice administrative : « La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties (…) ». Aux termes du premier alinéa de l’article R. 751-3 du même code : « Sauf disposition contraire, les décisions sont notifiées le même jour à toutes les parties en cause et adressées à leur domicile réel, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, sans préjudice du droit des parties de faire signifier ces décisions par acte d'huissier de justice. ».

3. Il résulte des dispositions du premier alinéa de l’article R. 411-1 cité ci-dessus que, sauf impossibilité justifiée, une requête doit, à peine d’irrecevabilité, indiquer le domicile du demandeur, qui doit être entendu comme son domicile réel au sens de l’article R. 751-3, auquel la décision de la juridiction lui sera notifiée, sauf à ce qu’il informe par la suite expressément le greffe de la juridiction d’un éventuel changement d’adresse. La mention d’une élection de domicile ne pallie l’absence de cette indication qu’en ce qui concerne les personnes sans domicile stable qui ont élu domicile en application des dispositions des articles L. 264-1 et suivants du code de l’action sociale et des familles ou de l’article L. 551-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Cette irrecevabilité, qui est susceptible d’être couverte après l’expiration du délai de recours, peut être opposée si le requérant, invité à régulariser sa requête, en application des dispositions de l’article R. 612-1 cité ci-dessus, en précisant son domicile, s’est abstenu de donner suite à cette invitation.

4. La requête de M. C... B... fait état de ce qu’il est domicilié à l’adresse du cabinet de son conseil. Par un courrier daté du 29 août 2025, adressé à son conseil par le biais de l’application « Télérecours » et dont ce conseil a accusé réception le 1er septembre 2025, le requérant a, dans les conditions prévues par l’article R. 612-1 du code de justice administrative, été invité à régulariser sa requête au regard de l’article R. 411-1 du code de justice administrative dans un délai d’un mois. Toutefois, l’intéressé n’a pas, à l’expiration du délai d’un mois qui lui était imparti, ni même après celui-ci, régularisé sa requête en indiquant son domicile réel. Dans ces conditions, sa requête, qui ne répond pas aux exigences de l’article R. 411-1 du code de justice administrative, est manifestement irrecevable et doit être rejetée en toutes ses conclusions.







O R D O N N E :



Article 1er : La requête de M. C... B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... D... C... B... et à Me Jaslet.


Fait à Cergy, le 26 mars 2026.


La première vice-présidente,


Signé


S. Marzoug


La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.



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