Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2516797

jeudi 18 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2516797
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, a fait droit à la demande du maire de Saint-Ouen l'Aumône. Saisi sur le fondement de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation, le juge a désigné une experte pour examiner un immeuble fragilisé par un incendie. La mission de l'expert consiste à évaluer le danger (imminent ou non) et à proposer des mesures de sécurité, pouvant aller jusqu'à l'interdiction d'habiter. Cette décision vise à permettre à la commune de prendre un éventuel arrêté de mise en sécurité.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 septembre 2025, le maire de la commune de

Saint-Ouen l'Aumône demande au juge des référés de désigner un expert en application des dispositions de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation, aux fins d'examiner l'immeuble situé au 10 rue Pradine à Saint-Ouen l'Aumône (95310), parcelle cadastré BI 384, de déterminer s'il présente un danger imminent ou non et, dans ce cas, de définir les mesures de sécurité à prendre rapidement.

Il soutient que :

- à la suite d'un incendie, la structure de l'immeuble est fragilisée et il ne présente plus les garanties de solidité nécessaire ;

- l'immeuble présente des désordres structurels de nature à mettre en danger ses occupants et les tiers.

Vu les pièces jointes au dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, Mme A Grenier, première vice-présidente comme juge des référés.

Considérant ce qui suit :

1. L'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation dispose que : " Préalablement à l'adoption de l'arrêté de mise en sécurité, l'autorité compétente peut demander à la juridiction administrative la désignation d'un expert afin qu'il examine les bâtiments, dresse constat de leur état y compris celui des bâtiments mitoyens et propose des mesures de nature à mettre fin au danger. L'expert se prononce dans un délai de vingt-quatre heures à compter de sa désignation. / Si le rapport de l'expert conclut à l'existence d'un danger imminent, l'autorité compétente fait application des pouvoirs prévus par la section 3 du présent chapitre. ".

2. Aux termes de l'article R. 556-1 du code de justice administrative : " Lorsque le juge administratif est saisi par le maire, sur le fondement de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation, d'une demande tendant à la désignation d'un expert, il est statué suivant la procédure de référé prévue à l'article R. 531-1. ". Et selon l'article R. 531-1 du même code : " S'il n'est rien demandé de plus que la constatation de faits, le juge des référés peut, sur simple requête qui peut être présentée sans ministère d'avocat et même en l'absence d'une décision administrative préalable, désigner un expert pour constater sans délai les faits qui seraient susceptibles de donner lieu à un litige devant la juridiction. Il peut, à cet effet, désigner une personne figurant sur l'un des tableaux établis en application de l'article R. 221-9. Il peut, le cas échéant, désigner toute autre personne de son choix. / Avis en est donné immédiatement aux défendeurs éventuels. / Par dérogation aux dispositions des articles R. 832-2 et R. 832-3, le délai pour former tierce opposition est de quinze jours. ".

3. La mesure demandée par le maire de Saint-Ouen l'Aumône entre dans le champ d'application des dispositions citées ci-dessus. Par suite, il y a lieu de procéder à la désignation d'un expert et de fixer la mission comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme B C est désignée en qualité d'experte à l'effet de procéder, dans les meilleurs délais, aux opérations et constatations suivantes :

- se rendre sur les lieux et examiner l'état de danger de l'immeuble situé au 10 rue Pradine à Saint-Ouen l'Aumône (95310), parcelle cadastrée BI 384 ;

- décrire les désordres observés et émettre un avis sur les risques qu'ils présentent pour la sécurité, y compris celle des occupants et du voisinage ;

- proposer des mesures de nature à mettre fin au danger que présente le bâtiment pour la sécurité des occupants ou des tiers ;

- dire si le bâtiment en cause présente un danger imminent ou manifeste en motivant cette appréciation ;

- s'il présente un tel danger, dresser constat de son état et de celui des immeubles mitoyens susceptibles d'être affectés et proposer les mesures provisoires indispensables pour mettre fin à l'imminence ou au caractère manifeste du danger ;

- dire s'il y a lieu d'interdire d'habiter, d'utiliser ou d'accéder aux lieux, à titre temporaire ou définitif.

Article 2 : Les opérations de constat auront lieu en présence d'un représentant de la commune de Saint-Ouen l'Aumône. L'experte recherchera autant que faire se peut la présence des propriétaires ou de leurs représentants.

Article 3 : L'experte accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-9 du code de justice administrative, à l'exception des dispositions de l'article R. 621-7 relatives au délai et au mode de convocation des parties.

Article 4 : L'experte déposera son rapport par voie électronique, dans les conditions prévues à l'article R. 621-6-5 du code de justice administrative, dans les plus brefs délais. Des copies seront notifiées par l'experte au maire et aux propriétaires. Avec leur accord, cette remise pourra s'opérer sous forme électronique.

Article 5 : Les frais et honoraires de l'experte seront mis à la charge de la personne ou des personnes désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal procédera à leur liquidation et taxation.

Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée au maire de la commune de

Saint-Ouen l'Aumône et à Mme B C, experte.

Copie en sera faite au propriétaire.

Fait à Cergy, le 18 septembre 2025.

La juge des référés,

Signé

C. Grenier

La République mande et ordonne au préfet du Val d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.