Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2517952

mardi 7 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2517952
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantWERBA

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision implicite de refus de titre de séjour opposée à M. A... par le préfet des Hauts-de-Seine. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, s'agissant d'une première demande de titre de séjour et compte tenu du délai écoulé entre la décision contestée et la saisine du tribunal. En conséquence, la requête a été rejetée sans examen des moyens soulevés, notamment la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

 

Par une requête, enregistrée le 3 octobre 2025, M. B... A..., représenté par

Me Werba, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

 

1°) de suspendre l’exécution de la décision par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a implicitement refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

 

2°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de le convoquer dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir et de lui délivrer à cette occasion une autorisation provisoire de séjour ;

  

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. 

 

Il soutient que :

 

- la condition d’urgence est satisfaite, dès lors qu’il a pris toute diligence nécessaire à sa demande de titre de séjour, qu’il ne dispose plus de titre lui permettant de justifier de la régularité de son séjour alors qu’il est père d’un enfant de nationalité française ;

- il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

  - elle est entachée d’une erreur de droit ;

- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation ;

- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

 

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n°2517250, enregistrée le 19 septembre 2025, par laquelle M. A... demande l’annulation de la décision attaquée.

 

Vu :

- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;

- le code de justice administrative.

 

 

Le président du tribunal a désigné Mme Rolin, vice-présidente, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

 

 

Considérant ce qui suit :

 

1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ». L'article L. 522-3 du même code dispose que : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

2.    L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

3. Pour justifier de l’urgence à suspendre l’exécution de la décision née le 22 juin 2025 du silence gardé par l’autorité préfectorale pendant plus de quatre mois sur sa demande de titre de séjour déposée le 22 février 2025, M. A... fait valoir qu’il est placé en situation irrégulière alors qu’il a entrepris avec diligence les démarches nécessaires. Toutefois, il ressort de l’instruction que sa demande constitue une première demande de titre de séjour, dont la délivrance n’est pas de plein droit. Par ailleurs, eu égard également à l’ancienneté de la décision en date du 22 juin 2025 et du délai pris par l’intéressé pour déposer une requête devant le juge des référés, M. A... ne peut être regardé, en l’état de l’instruction comme justifiant d’une situation d’urgence au sens des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée en toutes ses conclusions en application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

 

 

O R D O N N E :

 

 

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

 

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....

 

 

Fait à Cergy, le 7 octobre 2025.

 

Le juge des référés,

 

Signé

 

E. Rolin

 

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.