Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2518880

mardi 2 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2518880
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de Mme B... qui contestait un titre exécutoire de 90 euros émis par la commune d'Argenteuil pour l'enlèvement de déchets. La requérante soutenait que le dépôt sauvage d'ordures ne lui était pas imputable, mais le tribunal a jugé ce moyen manifestement insuffisamment étayé. La solution retenue est le rejet de la requête sur le fondement du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, permettant de trancher les requêtes manifestement infondées. Les textes appliqués sont principalement le code général des collectivités territoriales (articles L. 2212-1 et L. 2212-2) et le code de l'environnement (articles L. 541-2 et L. 541-3).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête, enregistrée le 25 septembre 2025, Mme A... B... demande au tribunal d’annuler l’avis de sommes à payer émis le 29 mai 2025 par le maire de la commune d’Argenteuil pour un montant de 90 euros.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’environnement ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Par un titre exécutoire émis le 29 août 2025, la commune d’Argenteuil a réclamé à Mme B... le paiement d’une somme de 90 euros correspondant à des frais d’enlèvement de déchets trouvés le 22 novembre 2024 sur le domaine public. La requérante demande l’annulation de ce titre exécutoire.

2. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : (…)7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé (…) ».

3. Aux termes de l’article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales : « Le maire est chargé, sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, de la police municipale, de la police rurale et de l'exécution des actes de l'Etat qui y sont relatifs. ». L’article L. 2212-2 de ce code dispose que : « La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : / 1° Tout ce qui intéresse la sûreté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies publiques, ce qui comprend le nettoiement, l'éclairage, l'enlèvement des encombrements, la démolition ou la réparation des édifices et monuments funéraires menaçant ruine, l'interdiction de rien exposer aux fenêtres ou autres parties des édifices qui puisse nuire par sa chute ou celle de rien jeter qui puisse endommager les passants ou causer des exhalaisons nuisibles ainsi que le soin de réprimer les dépôts, déversements, déjections, projections de toute matière ou objet de nature à nuire, en quelque manière que ce soit, à la sûreté ou à la commodité du passage ou à la propreté des voies susmentionnées ; ».

4. Aux termes de l’article L. 541-2 du code de l’environnement : « Tout producteur ou détenteur de déchets est responsable de la gestion de ces déchets jusqu'à leur élimination ou valorisation finale, même lorsque le déchet est transféré à des fins de traitement à un tiers. ». L’article L. 541-3 du même code dispose que : « I.- Lorsque des déchets sont abandonnés, déposés ou gérés contrairement aux prescriptions du présent chapitre et des règlements pris pour leur application, à l'exception des prescriptions prévues au I de l'article L. 541-21-2-3 et de celles prévues à la section 4 du présent chapitre, l'autorité titulaire du pouvoir de police compétente avise le producteur ou détenteur de déchets des faits qui lui sont reprochés ainsi que des sanctions qu'il encourt et, après l'avoir informé de la possibilité de présenter ses observations, écrites ou orales, dans un délai de dix jours, le cas échéant assisté par un conseil ou représenté par un mandataire de son choix, peut lui ordonner le paiement d'une amende au plus égale à 15 000 € et le mettre en demeure d'effectuer les opérations nécessaires au respect de cette réglementation dans un délai déterminé. Au terme de cette procédure, si la personne concernée n'a pas obtempéré à cette injonction dans le délai imparti par la mise en demeure, l'autorité titulaire du pouvoir de police compétente peut, par une décision motivée qui indique les voies et délais de recours : (…) 2° Faire procéder d'office, en lieu et place de la personne mise en demeure et à ses frais, à l'exécution des mesures prescrites. Les sommes consignées en application du 1° peuvent être utilisées pour régler les dépenses ainsi engagées. ( …). ».

5. Par un courrier du 26 décembre 2024, la commune d’Argenteuil a informé Mme B... qu’il avait été constaté par un agent communal assermenté un dépôt d’ordure sauvage, au 236 bis route d’Enghien à Argenteuil, de déchets lui appartenant. Elle produit à l’appui de sa requête une photographie assortissant le procès-verbal dressé par la brigade de l’environnement de la commune laissant apparaitre un tas d’ordures ménagères déposées sauvagement contenant un carton qui lui a été adressé par voie postale. Si elle fait valoir que ce dépôt ne lui est pas imputable et a été effectué par un livreur indélicat qui lui aurait remis une commande sortie de son carton dans sa boîte aux lettres, elle n’assortit manifestement pas ce moyen des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, ne produisant aucun commencement de preuve de ces assertions.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B... ne peut qu’être rejetée en application du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.



O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme A... B... est rejetée.



Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....


Fait à Cergy, le 2 décembre 2025

Le président de la 8ème chambre,


Signé

T. Bertoncini


La République mande et ordonne au préfet du Val-d’Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.