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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2520802

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2520802

mercredi 1 juillet 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2520802
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation10ème Chambre (JU)
Avocat requérantSELARL SAMSON & WEIL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 novembre 2025, M. A... B..., représenté par Me Samson, demande au tribunal d’annuler les décisions portant retrait de points à la suite des infractions commises les 26 janvier 2023, 11 novembre 2023 et 14 novembre 2021.

Il soutient qu’il n’a pas reçu communication des informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route à l’occasion des retraits de points.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 décembre 2025, le ministre de l’intérieur conclut au non-lieu à statuer partiel et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il fait valoir que :
les points retirés à la suite des infractions commises les 11 novembre 2023 et 14 novembre 2021 lui ont été restitués antérieurement à l’introduction de la requête ;
les moyens ne sont pas fondés.

Par un mémoire enregistré le 5 janvier 2026, M. A... B..., représenté par Me Samson, déclare se désister de la demande d’annulation des décisions de retrait de points liées aux infractions des 11 novembre 2023 et 14 novembre 2021 et maintient sa demande d’annulation de la décision de retrait de points liée à l’infraction du 26 janvier 2023.

Vu les autres pièces du dossier ;


Vu :
le code de la route ;
le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Rolin, vice-présidente, en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Le rapport de Mme Rolin a été entendu au cours de l’audience publique.

Considérant ce qui suit :

M. B... a commis les 26 janvier 2023, 11 novembre 2023 et 14 novembre 2021 diverses infractions au code de la route ayant entraîné le retrait de points affectés à son permis de conduire. M. B... demande l’annulation de l’ensemble de ces décisions.


Sur le désistement partiel :
Dans son mémoire enregistré le 5 janvier 2026, M. B... déclare se désister de la demande d’annulation des pertes de points liées aux infractions des 11 novembre 2023 et
14 novembre 2021. Dès lors, il y a lieu pour le tribunal de prendre acte de ce désistement partiel et de ne statuer que sur les conclusions présentées contre la décision de retrait de points consécutive à l’infraction constatée le 26 janvier 2023.
Sur le surplus des conclusions :

Sur les conclusions à fin d’annulation :

Sur le moyen tiré du défaut de communication des informations mentionnées aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route :

Aux termes de l’article L. 223-3 du code de la route : « Lorsque l’intéressé est avisé qu’une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l’article L. 223-2, de l’existence d’un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d’exercer le droit d’accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. Lorsqu’il est fait application de la procédure de l’amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l’auteur de l’infraction est informé que le paiement de l’amende ou l’exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l’infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l’existence d’un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d’exercer le droit d’accès. (…) ». Aux termes de l’article R. 223-3 du même code : « I. - Lors de la constatation d’une infraction entraînant retrait de points, l’auteur de celle-ci est informé qu’il encourt un retrait de points si la réalité de l’infraction est établie dans les conditions définies à l’article L. 223-1. II. - Il est informé également de l’existence d’un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d’accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d’accès aux informations ci-dessus mentionnées s’exerce dans les conditions fixées par les articles
L. 225-1 à L. 225-9. (…) ».

Il résulte de ces dispositions que l’administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d’une infraction dont la réalité a été établie, que si l’auteur de l’infraction s’est vu, préalablement, délivrer un document contenant les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, lesquelles constituent une garantie essentielle lui permettant de contester la réalité de l’infraction et d’en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. Il appartient à l’administration d’apporter la preuve, par tout moyen, qu’elle a satisfait à cette obligation d’information.

En ce qui concerne l’infraction commise le 26 janvier 2023 :
La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l’encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l’information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l’auteur de l’infraction pour lui permettre, avant d’en reconnaître la réalité par le paiement d’une amende forfaitaire ou l’exécution d’une composition pénale, d’en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et, éventuellement, d’en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d’une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.
En application du second alinéa de l’article 529-2 du code de procédure pénale, en l’absence de paiement ou de requête en exonération dans le délai de quarante-cinq jours suivant selon les cas, la date de constatation de l’infraction ou la date d’envoi de l’avis de contravention, l’amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée en vertu d’un titre rendu exécutoire par le ministère public.
Il résulte du relevé d’information intégral afférent au permis de conduire du requérant que l’infraction constatée a fait l’objet d’un procès-verbal électronique. Le ministre soutient que les données de l’infraction ont ensuite été télétransmises au centre national de traitement de Rennes et qu’un avis de contravention comportant l’ensemble des informations prescrites par les textes a été envoyé automatiquement par courrier au domicile du contrevenant. Si le ministre de l’intérieur produit le procès-verbal électronique établi le jour de l’infraction, celui-ci n’est cependant signé que par un agent de police judiciaire et non par le contrevenant. Ce document n’est ainsi pas de nature à établir que l’ensemble des informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ont bien été délivrées avant le retrait de points consécutif à cette infraction. Par ailleurs, le ministre n’établit ni n’avoir adressé à M. B... le titre exécutoire de l’amende forfaitaire majorée émis ni que le requérant aurait payé l’amende majorée. Par suite, la décision de retrait de points consécutive à l’infraction commise le
26 janvier 2023 doit être regardée comme intervenue à la suite d’une procédure irrégulière et le contrevenant ayant été privé d’une garantie. Le retrait de quatre points doit, dès lors, être annulé. La circonstance que le solde de points affectant le permis de conduire du requérant soit, à la date de l’enregistrement du mémoire du ministre de l’intérieur produit en défense,
le 5 janvier 2026, de douze points est sans incidence sur l’irrégularité de la procédure.

Il résulte de ce qui précède que M. B... est seulement fondé à demander l’annulation de la décision de retrait de points consécutive à l’infraction commise le 26 janvier 2023.



DECIDE :



Article 1er : Il est donné acte du désistement partiel des conclusions de M. B... tendant à l’annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises les 11 novembre 2023 et 14 novembre 2021.


La décision du ministre de l’intérieur portant retrait de quatre points, affecté au permis de conduire de M. B... à la suite de l’infraction commise le 26 janvier 2023 est annulée.


Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.



Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2026.

La magistrate désignée,
signé
E. Rolin
La greffière,
signé
S. Lefebvre


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.



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