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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2520880

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2520880

mardi 30 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2520880
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET SALOMON JEAN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A..., ressortissant haïtien, qui demandait au préfet des Hauts-de-Seine de le convoquer pour lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour. Le juge a estimé que les mesures sollicitées faisaient obstacle à l'exécution d'une décision administrative, une décision implicite de rejet de sa demande d'admission au séjour étant née le 29 juillet 2025, en application des articles R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La condition d'absence de contestation sérieuse n'étant pas remplie, la requête a été rejetée dans son intégralité.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 novembre 2025, M. C... A..., représenté par Me Jean, demande à la juge des référés :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d’ordonner au préfet des Hauts-de-Seine de le convoquer à un rendez-vous et de lui délivrer un récépissé valable pendant l’instruction de sa demande, dès la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les mesures sollicitées sont urgentes dès lors qu’en l’absence de récépissé, il est placé dans une situation précaire ; il est dans l’impossibilité de conclure un contrat de travail, d’accéder à ses droits sociaux et d’adhérer à une mutuelle ;
- elles sont utiles dès lors qu’il n’a jamais obtenu de document provisoire de séjour depuis sa demande d’admission au séjour comme bénéficiaire de la protection subsidiaire du 20 mars dernier ;
- elles ne font pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine qui n’a produit aucune observation en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B..., en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.


Considérant ce qui suit :

M. C... A..., ressortissant haïtien né le 15 mars 1987, demande à la juge des référés, saisie sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’ordonner au préfet des Hauts-de-Seine de le convoquer à un rendez-vous et de lui délivrer un récépissé.

D’une part, aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ». Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles, qu’elles ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et qu’elles ne fassent pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.

D’autre part, aux termes de l’article R. 432-2 du même code : « La décision implicite de rejet mentionnée à l’article R.* 432-1 naît au terme d’un délai de quatre mois. ». Il résulte de ces dispositions que le silence gardé par le préfet sur une demande de titre de séjour fait en principe naître, au terme d’un délai de quatre mois, une décision implicite de rejet de cette demande. Il en va autrement lorsqu’il est établi que le dossier de la demande était incomplet, le silence gardé par l’administration valant alors refus implicite d’enregistrement de la demande, lequel ne constitue pas une décision susceptible de recours.

Le 29 mars 2025, M. A... a déposé une demande d’admission au séjour en qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire sur le téléservice dédié de l’administration numérique pour les étrangers en France. Le préfet des Hauts-de-Seine, qui n’a produit aucune observation en défense, ne conteste pas la complétude du dossier ainsi déposé. Dans ces conditions, le délai de quatre mois prévu à l’article R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile a commencé à courir le 29 mars 2025, date d’introduction d’une demande complète et régulière d’admission au séjour, si bien qu’une décision implicite de rejet est née sur cette demande le 29 juillet 2025, comme l’indique lui-même l’intéressé. Par suite, les mesures sollicitées et tendant à sa convocation pour délivrance d’un récépissé font obstacle à l’exécution d’une décision administrative.

Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. A... sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative doivent être rejetées, ainsi que celles présentées au titre des frais liés au litige, sans qu’il y ait lieu de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.

Il lui reste toutefois loisible, s’il s’y croit fondé, de saisir le juge des référés d’une requête en suspension sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... A..., au ministre de l’intérieur et à Me Jean.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.


Fait à Cergy, le 30 décembre 2025.

La juge des référés,

signé

L. B...


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

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