Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2521546

mercredi 26 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2521546
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantMAGBONDO

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B..., ressortissant guinéen, qui demandait la suspension de la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour par le préfet du Val-d'Oise. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le dernier récépissé de demande de carte de séjour étant toujours valide et les circonstances invoquées ne caractérisant pas une situation d’urgence objective et globale. En conséquence, la requête a été rejetée sans qu’il soit nécessaire d’examiner les moyens relatifs à la légalité de la décision, en application de l’article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 novembre 2025, M. A... B..., représenté par Me Magbondo, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°)
d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision implicite par laquelle le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande de titre de séjour ;

2°)
d’enjoindre au préfet du Val-d'Oise de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer dans l’intervalle une autorisation provisoire de séjour assortie d’une autorisation de travail ;

3°)
de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Il soutient que :

la condition d’urgence est remplie des lors qu’il a sollicité son admission au séjour depuis le 27 octobre 2023 et que l’abstention volontaire du préfet de statuer sur sa demande depuis plus de deux ans a pour effet de le maintenir dans une situation de précarisation administrative avec des répercussions professionnelles économiques et sociales qui ne sont pas sans incidence sur sa situation personnelle et familiale ;
il existe plusieurs moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
elle est entachée d’un défaut de motivation ;
elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation au regard des dispositions de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Vu :
les autres pièces du dossier ;
la requête n° 2515545, enregistrée le 18 novembre 2025, par laquelle M. B... demande l’annulation de la décision contestée.

Vu :
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
le code des relations entre le public et l’administration :
le code du travail ;
le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné Mme Chabrol, premier conseiller pour statuer sur les requêtes en référé.


Considérant ce qui suit :

Le 27 octobre 2023, M. A... B..., ressortissant guinéen né le 3 juin 1996, a sollicité son admission exceptionnelle auprès des services de la préfecture du Val-d'Oise. Dans ce cadre, il s’est vu délivrer plusieurs récépissés de demande de carte de séjour, dont le dernier expire le 24 décembre 2025. Par la présente requête, M. B... demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision implicite résultant du silence gardé par le préfet du Val-d'Oise sur sa demande de titre de séjour.

D’une part, aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (…) ». Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

D’autre part, aux termes de l’article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ». Aux termes de l’article R. 432-2 du même code : « La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois (…) ».

Pour justifier de l’urgence à suspendre la décision contestée, M. B... soutient qu’il a sollicité son admission au séjour depuis le 27 octobre 2023 et que l’abstention volontaire du préfet de statuer sur sa demande depuis plus de deux ans a pour effet de le maintenir dans une situation de précarisation administrative avec des répercussions professionnelles économiques et sociales qui ne sont pas sans incidence sur sa situation personnelle et familiale. Toutefois, et alors que le dernier récépissé qui lui a été délivré est toujours en cours de validité, de telles circonstances ne caractérisent pas à elles seules une situation d’urgence au sens et pour l’application des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, qui doit s’apprécier objectivement et globalement.

Par suite, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur l’existence de moyens propres à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée, la requête de M. B... doit être rejetée en toutes ses conclusions en application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er :
La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 :
La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....



Fait à Cergy, le 25 novembre 2025.

Le juge des référés,

Signé

C. Chabrol


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.