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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2522317

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2522317

lundi 8 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2522317
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantPIGOT

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, saisi sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, a modifié une précédente ordonnance du 22 octobre 2025 qui enjoignait au préfet des Hauts-de-Seine de délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail à M. B.... Constatant l'inexécution de cette injonction, le juge des référés a assorti cette obligation d'une astreinte de 100 euros par jour de retard, à compter d'un délai de sept jours suivant la notification de la nouvelle ordonnance. L'État a également été condamné à verser 1 000 euros à M. B. au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 novembre 2025, M. A... B..., représenté par Me Pigot, demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-4 du code de justice administrative :

de modifier l’article 2 du dispositif de l’ordonnance n°2517611 du 22 octobre 2025, par laquelle la juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer sa situation, dans un délai de deux mois à compter de sa notification et de lui délivrer, dans un délai de dix jours à compter de cette notification, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler ;
d’enjoindre en conséquence au préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, dans un délai de sept jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros hors taxe en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que l’ordonnance n°2517611 du 22 octobre 2025 n’a toujours pas été exécutée, malgré ses relances régulières.


Le préfet des Hauts-de-Seine, à qui la requête a été communiquée, n’a pas produit de mémoire en défense.


Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- l’ordonnance n°2517611 du 22 octobre 2025 de la juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise.

Vu :
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné Mme Moinecourt, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience du 4 décembre 2025 à 14h30.

Le rapport de Mme Moinecourt, juge des référés, a été entendu au cours de l’audience publique, tenue en présence de Mme Soulier, greffière d’audience.

Les parties n’étaient ni présentes, ni représentées.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience publique.


Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin d’injonction :

Aux termes de l’article L. 521-4 du code de justice administrative : « Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d’un élément nouveau, modifier les mesures qu’il avait ordonnées ou y mettre fin. ».

Par une ordonnance n°2517611 du 22 octobre 2025, la juge des référés du tribunal, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a suspendu l’exécution de la décision du 23 juillet 2025 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de titre de séjour déposée par M. B... le 16 janvier 2023 et enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification de cette ordonnance et de lui délivrer, dans un délai de dix jours à compter de cette notification, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler valable. Par la présente requête, M. B... informe le tribunal que cette ordonnance n’a pas été exécutée, dès lors qu’il ne s’est pas vu remettre d’autorisation provisoire de séjour, ce que le préfet des Hauts-de-Seine, qui n’a pas produit de mémoire en défense, ne conteste pas. Le défaut d’exécution de l’ordonnance en cause constitue une circonstance nouvelle justifiant sa modification en application des dispositions précitées de l’article L. 521-4 du code de justice administrative. Le délai laissé au préfet des Haut-de-Seine pour réexaminer la situation du requérant n’étant pas échu à la date de la présente ordonnance, il y a seulement lieu, dans les circonstances de l’espèce, d’assortir l’injonction faite au préfet des Hauts-de-Seine, par le dispositif de l’article 2 de l’ordonnance n°2517611 du 22 octobre 2025, de délivrer à M. B... une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, d’une astreinte journalière de 100 euros à compter de l’expiration d’un délai de sept jours suivant la notification de la présente ordonnance, jusqu’à la date à laquelle cette injonction aura reçu exécution.

Sur les frais liés à l’instance :

Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


ORDONNE :

L’injonction prévue à l’article 2 de l’ordonnance n°2517611 du 22 octobre 2025 , en ce qu’elle fait obligation au préfet des Hauts-de-Seine de délivrer à M. B... une autorisation provisoire de séjour portant autorisation de travail jusqu’à ce qu’il soit statué sur sa requête au fond, ou jusqu’à l’adoption d’une nouvelle décision relative à son séjour, est modifiée pour être assortie d’une astreinte journalière de 100 euros à compter de l’expiration d’un délai de sept jours suivant la notification de la présente ordonnance, jusqu’à la date à laquelle cette injonction aura reçu exécution.
L’Etat versera à M. B... une somme de 1 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.


Fait à Cergy, le 8 décembre 2025.

La juge des référés

signé

L. Moinecourt


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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