Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2523957

vendredi 19 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2523957
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, a rejeté la demande de Mme B... qui sollicitait la suspension des retenues opérées par la CAF des Hauts-de-Seine sur ses prestations. La juge des référés a constaté que la requérante n'avait pas saisi le tribunal d'une requête au fond en annulation de la décision contestée, condition préalable à l'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. En l'absence de cette requête principale, la demande de suspension était manifestement irrecevable. L'ordonnance a donc été rendue sur le fondement de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 décembre 2025, Mme A... B... doit être regardée comme demandant à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d’ordonner la suspension des retenues opérées par la caisse d’allocations familiales (CAF) des Hauts-de-Seine sur ses prestations, ou, à défaut, de les réduire ;

2°) d’enjoindre à la CAF des Hauts-de-Seine de mettre en place un échelonnement des retenues qui lui assure un reste à vivre.

Elle doit être regardée comme soutenant que :

- la condition d’urgence est remplie dès lors qu’à la suite des retenues, il ne lui reste aucune ressource financière, ce qui a eu des conséquences sur sa santé psychologique et la maintient dans une insécurité matérielle anormale, alors pourtant qu’elle a expliqué sa situation à la CAF par courriel ;
- il existe des moyens propres à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
elle méconnaît son droit à disposer d’un reste à vivre ;
elle est entachée d’une erreur de droit dès lors qu’elle n’est pas redevable de dettes ;
elle est disproportionnée.

Vu les autres pièces du dossier.

Le président du tribunal a désigné Mme Cordary, première conseillère, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes en référé.

Considérant ce qui suit :

Mme B... demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, d’ordonner la suspension des retenues opérées par la CAF des Hauts-de-Seine sur ses prestations.

Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ». Selon l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1. ».

Mme B..., qui présente sa requête sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, ne justifie pas avoir saisi le tribunal d’une requête au fond tendant à l’annulation de la décision dont il sollicite la suspension. Par suite, ses conclusions sont manifestement irrecevables dans le cadre de la procédure de référé suspension prévue par les dispositions précitées de l’article L. 521-1 du code de justice administrative. Dans ces conditions, il y a lieu de rejeter sa requête en toutes ses conclusions en application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du même code.



O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....


Fait, à Cergy, le 18 décembre 2025.

La juge des référés,
Signé

C. Cordary

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.