Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2601277

vendredi 23 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2601277
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B..., ressortissante camerounaise, qui demandait qu’il soit enjoint au préfet du Val-d’Oise de traiter sans délai sa demande de renouvellement de titre de séjour étudiant. La juge des référés a estimé que les difficultés invoquées par la requérante (impossibilité de travailler, de conclure des contrats en alternance ou de percevoir des aides sociales) ne caractérisaient pas une situation d’extrême urgence justifiant une intervention dans les quarante-huit heures. En l’absence d’urgence et d’atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, la requête a été rejetée par ordonnance motivée en application de l’article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 janvier 2026, Mme A... B... demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise de traiter sans délai sa demande de titre de séjour portant la mention « étudiant » en lui délivrant ce titre, ou, à défaut, une attestation de prolongation d'instruction.

Elle soutient que la condition d’urgence est remplie, dès lors que l’absence de titre de séjour l’empêche de travailler, de conclure des contrats en alternance, de percevoir des aides sociales et de justifier de sa situation administrative, ce qui met en péril la poursuite de ses études en générant un stress important.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Oriol, vice-présidente, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.


Considérant ce qui suit :

Mme B..., ressortissante camerounaise née le 30 août 2001, a bénéficié d’un visa de long séjour valant titre de séjour en qualité d’étudiante, valable jusqu’au 10 août 2025, dont elle a sollicité le renouvellement le 2 mai 2025. Par la présente requête, elle demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise de traiter sans délai sa demande en lui délivrant le titre sollicité, ou, à défaut, une attestation de prolongation d'instruction.

Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». L’article L. 522-3 du même code dispose que : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

A la différence d’une demande de suspension présentée sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s’il est justifié d’une situation d’urgence et de l’existence d’un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, une demande présentée au titre de la procédure particulière de l’article L. 521-2 du même code implique, pour qu’il y soit fait droit, qu’il soit justifié d’une situation d’urgence particulière rendant nécessaire l’intervention d’une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.

Pour établir l’extrême urgence qu’il y aurait à enjoindre au préfet du Val-d’Oise de faire cesser la situation dans laquelle elle se trouve, Mme B... fait valoir que l’absence de titre de séjour l’empêche de travailler, de conclure des contrats en alternance, de percevoir des aides sociales et de justifier de sa situation administrative, ce qui met en péril la poursuite de ses études en générant un stress important. Toutefois, pour regrettables qu’elles soient, de telles circonstances ne sont pas de nature à justifier d’une situation d’extrême urgence rendant nécessaire l’intervention de la juge des référés dans les quarante-huit heures.

Par suite, en l’absence d’urgence, et alors au surplus que Mme B... ne se prévaut même pas d’une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, sa requête doit être rejetée en application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


ORDONNE :


Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.









Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....



Fait à Cergy, le 23 janvier 2026.

La juge des référés,


signé

C. Oriol

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.