Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2610630
mercredi 1 juillet 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2610630 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et trois mémoires, enregistrés les 13 mai, 22 mai, 7 juin et 9 juin 2026, M. B... A... demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de carte de séjour portant la mention « membre de famille d’un citoyen de l’Union » ;
2°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte 100 euros par jour de retard ;
3°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ou un récépissé de demande de titre de séjour à droits constants, l’autorisant à travailler, et de procéder au renouvellement de ce document provisoire de séjour sans discontinuité jusqu’à ce qu’il soit statué au fond, dans un délai de huit jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il existe une situation d’urgence en raison du délai manifestement déraisonnable du traitement de sa demande ; qu’il est placé dans une situation de précarité administrative et financière en l’absence totale de couverture sociale et qu’il est ainsi porté atteinte son droit à la santé ; qu’il est porté atteinte à son droit d’exercer une activité professionnelle ; que l’ensemble des voies de recours amiable sont épuisées ; qu’il risque de faire l’objet d’une décision de clôture de sa demande en l’absence de production des éléments complémentaires demandés ; qu’en outre, il est porté atteinte à sa liberté d’aller et venir et ne peut ainsi se rendre en Argentine en septembre 2026 dans le cadre d’une démarche officielle de nationalité.
- La condition tenant à l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la décision est remplie dès lors que :
elle est entachée d’un défaut de motivation ;
elle est entachée d’un vice de procédure dès lors qu’aucun récépissé de sa demande ne lui a été remis, conformément aux dispositions des articles L. 433-3 et R. 431-12 et suivants du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l’article 10§1 de la directive 2004/38/CE ;
elle est entachée d’une erreur de droit, en méconnaissance des dispositions de l’article L. 233-1 et suivants du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l’article 23 de la directive 2004/38/CE ;
elle est entachée d’une erreur de droit dès lors que la demande de complément, qui lui a été adressée le 22 mai 2026, porte sur un document présentant un caractère facultatif ;
elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et de l’article 7 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne dès lors qu’elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
Vu :
- la requête n° 2610439 ;
- l’ordonnance n° 2609604 du 7 mai 2026 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ;
- la directive 2004/38/CE du 29 avril 2004 ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal, a désigné M. Belhadj, premier conseiller, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B... A..., ressortissant argentin, né le 20 mars 1992 à San Juan (Argentine) a déposé le 13 octobre 2025 une demande de titre de séjour portant la mention « membre de la famille d’un citoyen de l’Union », par le biais de la plateforme « Administration numérique des étrangers en France ». En l’absence de réponse de l’administration dans le délai de quatre mois prévu par l’article R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour est née. Par la présente requête, M. A... demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ». Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».
3. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation des requérants ou aux intérêts qu’ils entendent défendre, qu’il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications apportées par les requérants, si les effets de l’acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.
4. Pour justifier de la condition d’urgence, M. A... soutient que l’absence de décision expresse sur sa demande de titre de séjour le place dans une situation de précarité administrative et financière dès lors que, faute de document justifiant de la régularité de son séjour en France, ses dépenses de santé ne sont pas couvertes et qu’il est dans l’impossibilité d’exercer une activité professionnelle. Il fait également valoir qu’il risque de faire l’objet d’une décision de clôture de sa demande et qu’il est porté atteinte à sa liberté d’aller et venir dès lors qu’il ne peut se rendre en Argentine en septembre 2026 dans le cadre d’une démarche officielle de nationalité. Toutefois, outre que s’agissant d’une première demande de titre de séjour, l’urgence n’est pas présumée, ces circonstances ne sont pas assorties d’éléments justificatifs, hormis les documents de voyage, de nature à en établir le bien-fondé. Par suite, la condition d’urgence exigée à l'article L. 521-1 du code de justice administrative n’est pas satisfaite.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée en toutes ses conclusions par application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Fait à Cergy, le 01 juillet 2026.
Le juge des référés,
signé
J. Belhadj
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Par une requête et trois mémoires, enregistrés les 13 mai, 22 mai, 7 juin et 9 juin 2026, M. B... A... demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de carte de séjour portant la mention « membre de famille d’un citoyen de l’Union » ;
2°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte 100 euros par jour de retard ;
3°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ou un récépissé de demande de titre de séjour à droits constants, l’autorisant à travailler, et de procéder au renouvellement de ce document provisoire de séjour sans discontinuité jusqu’à ce qu’il soit statué au fond, dans un délai de huit jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il existe une situation d’urgence en raison du délai manifestement déraisonnable du traitement de sa demande ; qu’il est placé dans une situation de précarité administrative et financière en l’absence totale de couverture sociale et qu’il est ainsi porté atteinte son droit à la santé ; qu’il est porté atteinte à son droit d’exercer une activité professionnelle ; que l’ensemble des voies de recours amiable sont épuisées ; qu’il risque de faire l’objet d’une décision de clôture de sa demande en l’absence de production des éléments complémentaires demandés ; qu’en outre, il est porté atteinte à sa liberté d’aller et venir et ne peut ainsi se rendre en Argentine en septembre 2026 dans le cadre d’une démarche officielle de nationalité.
- La condition tenant à l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la décision est remplie dès lors que :
elle est entachée d’un défaut de motivation ;
elle est entachée d’un vice de procédure dès lors qu’aucun récépissé de sa demande ne lui a été remis, conformément aux dispositions des articles L. 433-3 et R. 431-12 et suivants du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l’article 10§1 de la directive 2004/38/CE ;
elle est entachée d’une erreur de droit, en méconnaissance des dispositions de l’article L. 233-1 et suivants du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l’article 23 de la directive 2004/38/CE ;
elle est entachée d’une erreur de droit dès lors que la demande de complément, qui lui a été adressée le 22 mai 2026, porte sur un document présentant un caractère facultatif ;
elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et de l’article 7 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne dès lors qu’elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
Vu :
- la requête n° 2610439 ;
- l’ordonnance n° 2609604 du 7 mai 2026 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ;
- la directive 2004/38/CE du 29 avril 2004 ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal, a désigné M. Belhadj, premier conseiller, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B... A..., ressortissant argentin, né le 20 mars 1992 à San Juan (Argentine) a déposé le 13 octobre 2025 une demande de titre de séjour portant la mention « membre de la famille d’un citoyen de l’Union », par le biais de la plateforme « Administration numérique des étrangers en France ». En l’absence de réponse de l’administration dans le délai de quatre mois prévu par l’article R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour est née. Par la présente requête, M. A... demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ». Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».
3. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation des requérants ou aux intérêts qu’ils entendent défendre, qu’il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications apportées par les requérants, si les effets de l’acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.
4. Pour justifier de la condition d’urgence, M. A... soutient que l’absence de décision expresse sur sa demande de titre de séjour le place dans une situation de précarité administrative et financière dès lors que, faute de document justifiant de la régularité de son séjour en France, ses dépenses de santé ne sont pas couvertes et qu’il est dans l’impossibilité d’exercer une activité professionnelle. Il fait également valoir qu’il risque de faire l’objet d’une décision de clôture de sa demande et qu’il est porté atteinte à sa liberté d’aller et venir dès lors qu’il ne peut se rendre en Argentine en septembre 2026 dans le cadre d’une démarche officielle de nationalité. Toutefois, outre que s’agissant d’une première demande de titre de séjour, l’urgence n’est pas présumée, ces circonstances ne sont pas assorties d’éléments justificatifs, hormis les documents de voyage, de nature à en établir le bien-fondé. Par suite, la condition d’urgence exigée à l'article L. 521-1 du code de justice administrative n’est pas satisfaite.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée en toutes ses conclusions par application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Fait à Cergy, le 01 juillet 2026.
Le juge des référés,
signé
J. Belhadj
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.