Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2612793
mercredi 1 juillet 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2612793 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL AEQUAE |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées le 5 juin 2026, le 8 juin 2026 et le 11 juin 2026, M. B... C... A..., représenté par Me Touglo, demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise de le convoquer à un rendez-vous et de lui remettre un récépissé dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
la condition d’urgence est remplie dès lors qu’il existe une présomption d’urgence en matière de demande de renouvellement de titre de séjour, qu’il n’a reçu de convocation que postérieurement à la date du rendez-vous, qu’il n’a pas pu se voir délivrer de récépissé ;
la mesure sollicitée est utile dès lors qu’elle constitue l’unique voie lui permettant d’obtenir l’enregistrement de sa demande de renouvellement et un récépissé ;
la mesure sollicitée ne se heurte à aucune contestation sérieuse et ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juin 2026, le préfet du Val-d’Oise conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête de M. A....
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Rolin, vice-présidente, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B... C... A..., ressortissant togolais, né le 10 juillet 1997 à Lome (Togo), est entré sur le territoire français le 2 août 2013 muni d’un visa D portant la mention « mineur scolarisé ». Le 12 novembre 2018, il s’est vu délivrer un titre de séjour temporaire portant la mention « étudiant-élève » l’autorisant à travailler, valable jusqu’au 30 septembre 2019. Le 29 novembre 2024, il a obtenu une admission exceptionnelle au séjour « vie privée et familiale » l’autorisant à travailler, valable jusqu’au 28 novembre 2025. Enfin, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour par voie de pli recommandé avec avis de réception, reçu le 29 octobre 2025 par la sous-préfecture de Sarcelles. Par la présente requête, M. A... demande à la juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise de le convoquer à un rendez-vous et de lui remettre un récépissé dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Sur le non-lieu à statuer :
2. Le préfet du Val-d’Oise indique que M. A... recevra une convocation à un rendez-vous en préfecture fixé le 2 juillet 2026. Toutefois, le préfet du Val-d’Oise n’a pas produit ladite convocation. Par suite, l’exception de non-lieu opposée par le préfet du Val-d’Oise doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d’injonction :
3. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ».
4. Saisi sur le fondement de ces dispositions d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.
5. Eu égard aux conséquences qu’a sur la situation d’un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l’enregistrement de sa demande et au droit qu’il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l’autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l’enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
6. Il est constant que la demande déposée par M. A... tend au renouvellement du titre de séjour dont il était précédemment titulaire et que la condition d’urgence est donc, en principe, constatée. Par ailleurs, cette présomption n’est pas contestée par le préfet du Val-d’Oise. Par suite, la condition d’urgence doit, en l’espèce, être regardée comme satisfaite.
7. La mesure sollicitée par M. A... présente un caractère utile, dès lors que, d’une part, elle lui permettra de justifier de son droit au séjour et au travail en France et que, d’autre part, les services de la préfecture du Val-d’Oise n’ont pas donné suite à sa demande de renouvellement de titre de séjour. Dans ces conditions, la demande du requérant revêt les caractéristiques d’une situation d’urgence, présente un caractère d’utilité et, le préfet du Val-d’Oise n’ayant pas produit d’observations, ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
8. D’autre part, aux termes de l’article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Le silence gardé par l’autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. » Selon l’article R. 432-2 du même code : « La décision implicite de rejet mentionnée à l’article R. 432-1 naît au terme d’un délai de quatre mois. (…) ».
9. Il résulte de l’instruction que M. A... a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour le 29 octobre 2025 et que, faute d’indication contraire en défense, son dossier est réputé complet et présenté selon les formes requises. En ne statuant pas sur la demande du 29 octobre 2025 dans un délai de quatre mois, conformément aux dispositions des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, une décision implicite de rejet de la demande de M. A... est née le 1er mars 2026. Dès lors que la mesure demandée n’aurait pas pour effet de prévenir un péril grave, la condition posée à l’article L. 521-3 du code de justice administrative, tenant à ce que la mesure demandée ne fasse pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative, n’est pas remplie.
10. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
La requête de M. A... est rejetée.
La présente ordonnance sera notifiée à M. A... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet du Val-d’Oise.
Fait à Cergy, le 1er juillet 2026.
La juge des référés,
signé
E. Rolin
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées le 5 juin 2026, le 8 juin 2026 et le 11 juin 2026, M. B... C... A..., représenté par Me Touglo, demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise de le convoquer à un rendez-vous et de lui remettre un récépissé dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
la condition d’urgence est remplie dès lors qu’il existe une présomption d’urgence en matière de demande de renouvellement de titre de séjour, qu’il n’a reçu de convocation que postérieurement à la date du rendez-vous, qu’il n’a pas pu se voir délivrer de récépissé ;
la mesure sollicitée est utile dès lors qu’elle constitue l’unique voie lui permettant d’obtenir l’enregistrement de sa demande de renouvellement et un récépissé ;
la mesure sollicitée ne se heurte à aucune contestation sérieuse et ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juin 2026, le préfet du Val-d’Oise conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête de M. A....
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Rolin, vice-présidente, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B... C... A..., ressortissant togolais, né le 10 juillet 1997 à Lome (Togo), est entré sur le territoire français le 2 août 2013 muni d’un visa D portant la mention « mineur scolarisé ». Le 12 novembre 2018, il s’est vu délivrer un titre de séjour temporaire portant la mention « étudiant-élève » l’autorisant à travailler, valable jusqu’au 30 septembre 2019. Le 29 novembre 2024, il a obtenu une admission exceptionnelle au séjour « vie privée et familiale » l’autorisant à travailler, valable jusqu’au 28 novembre 2025. Enfin, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour par voie de pli recommandé avec avis de réception, reçu le 29 octobre 2025 par la sous-préfecture de Sarcelles. Par la présente requête, M. A... demande à la juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise de le convoquer à un rendez-vous et de lui remettre un récépissé dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Sur le non-lieu à statuer :
2. Le préfet du Val-d’Oise indique que M. A... recevra une convocation à un rendez-vous en préfecture fixé le 2 juillet 2026. Toutefois, le préfet du Val-d’Oise n’a pas produit ladite convocation. Par suite, l’exception de non-lieu opposée par le préfet du Val-d’Oise doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d’injonction :
3. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ».
4. Saisi sur le fondement de ces dispositions d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.
5. Eu égard aux conséquences qu’a sur la situation d’un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l’enregistrement de sa demande et au droit qu’il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l’autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l’enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
6. Il est constant que la demande déposée par M. A... tend au renouvellement du titre de séjour dont il était précédemment titulaire et que la condition d’urgence est donc, en principe, constatée. Par ailleurs, cette présomption n’est pas contestée par le préfet du Val-d’Oise. Par suite, la condition d’urgence doit, en l’espèce, être regardée comme satisfaite.
7. La mesure sollicitée par M. A... présente un caractère utile, dès lors que, d’une part, elle lui permettra de justifier de son droit au séjour et au travail en France et que, d’autre part, les services de la préfecture du Val-d’Oise n’ont pas donné suite à sa demande de renouvellement de titre de séjour. Dans ces conditions, la demande du requérant revêt les caractéristiques d’une situation d’urgence, présente un caractère d’utilité et, le préfet du Val-d’Oise n’ayant pas produit d’observations, ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
8. D’autre part, aux termes de l’article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Le silence gardé par l’autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. » Selon l’article R. 432-2 du même code : « La décision implicite de rejet mentionnée à l’article R. 432-1 naît au terme d’un délai de quatre mois. (…) ».
9. Il résulte de l’instruction que M. A... a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour le 29 octobre 2025 et que, faute d’indication contraire en défense, son dossier est réputé complet et présenté selon les formes requises. En ne statuant pas sur la demande du 29 octobre 2025 dans un délai de quatre mois, conformément aux dispositions des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, une décision implicite de rejet de la demande de M. A... est née le 1er mars 2026. Dès lors que la mesure demandée n’aurait pas pour effet de prévenir un péril grave, la condition posée à l’article L. 521-3 du code de justice administrative, tenant à ce que la mesure demandée ne fasse pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative, n’est pas remplie.
10. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
La requête de M. A... est rejetée.
La présente ordonnance sera notifiée à M. A... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet du Val-d’Oise.
Fait à Cergy, le 1er juillet 2026.
La juge des référés,
signé
E. Rolin
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.