Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2614157

mercredi 1 juillet 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2614157
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête enregistrée le 24 juin 2026, M. B... C... A... demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°)
de suspendre l’exécution de la mise en demeure de payer du 8 juin 2026 ;

2°)
d’enjoindre à l’administration de surseoir à toute procédure de recouvrement forcé jusqu’au jugement au fond ;

3°)
de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Il soutient que :

la condition d’urgence est caractérisée, dès lors que la mise en demeure contestée engage immédiatement une procédure de recouvrement forcé susceptible d’entraîner des mesures d’exécution, notamment des saisies ou majorations, ce qui porte une atteinte grave et immédiate à sa situation financière, alors même que la créance est contestée dans son principe et qu’elle résulte d’une erreur de l’administration déjà corrigée par avis rectificatifs ; en outre, le maintien de cette procédure crée une insécurité juridique immédiate, l’administration poursuivant l’exécution d’une dette déjà neutralisée par ses propres décisions rectificatives ;

il existe plusieurs moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
elle est entachée d’une erreur de fait sur la composition de son foyer fiscal ;
elle est en contradiction avec les décisions fiscales rectificatives ;
elle porte atteinte au principe de sécurité juridique et est entachée d’une erreur de droit en l’absence de base légale.

Vu :
les autres pièces du dossier ;
la requête n° 2614173, enregistrée le 24 juin 2026, par laquelle M. A... demande l’annulation de la décision attaquée.

Vu :
le livre des procédures fiscales ;
le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné M. Chabauty, premier conseiller, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.




Considérant ce qui suit :


Par la présente requête, M. B... C... A... demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, d’ordonner la suspension de l’exécution de la mise en demeure de payer la somme de 250 euros en date du 8 juin 2026 que lui a adressée le comptable public du centre des finances publiques de Cergy-Pontoise (Val-d’Oise) pour obtenir le recouvrement de cotisations d’impôt sur le revenu et prélèvements sociaux dus au titre de l’année 2024.

D’une part, aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (…) ». Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

D’autre part, aux termes du premier alinéa de l’article L. 281 du livre des procédures fiscales : « Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites ». Aux termes de l’article R. 281-1 du même code : « Les contestations relatives au recouvrement prévues par l'article L. 281 peuvent être formulées par le redevable lui-même ou la personne tenue solidairement ou conjointement. / Elles font l'objet d'une demande qui doit être adressée, appuyée de toutes les justifications utiles, au chef de service compétent suivant : / a) Le directeur départemental ou régional des finances publiques du département dans lequel a été prise la décision d'engager la poursuite ou le responsable du service à compétence nationale si le recouvrement incombe à un comptable de la direction générale des finances publiques ; (…) ».

En l’espèce, M. A... ne justifie pas avoir adressé une réclamation préalable à l’administration fiscale, conformément aux dispositions précitées des articles L. 281 et R. 281-1 du livre des procédures fiscales, afin de contester la mise en demeure de payer émise à son encontre le 8 juin 2026. Par suite, les conclusions à fin de suspension qu’il présente doivent être rejetées comme irrecevables.

Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu de rejeter la requête de M. A... en toutes ses conclusions, par application des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.



O R D O N N E :



Article 1er :
La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 :
La présente ordonnance sera notifiée à M. B... C... A....


Fait à Cergy, le 1er juillet 2026.

Le juge des référés,


signé


C. Chabauty

La République mande et ordonne au ministre de l’action et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.