Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2614159
mercredi 1 juillet 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2614159 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 juin 2026, M. D... E..., agissant en son nom personnel et au nom de sa mère, Mme C... A..., demande au juge des référés, statuant par application de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°)
d’ordonner la suspension immédiate de l’exécution de l’arrêté préfectoral n° MVCS/NB/9 du 2 juin 2026 portant mise en demeure de quitter les lieux, et ce jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur sa légalité ;
2°)
d’enjoindre strictement au préfet des Hauts-de-Seine, dès notification de l’ordonnance à intervenir, de s’abstenir de toute mesure d’évacuation forcée, d’affichage coercitif ou de recours à la force publique à son encontre et à l’encontre de sa mère au titre de l’arrêté suspendu ;
3°)
à titre accessoire, d’enjoindre à l’Etat (préfecture des Hauts-de-Seine), d’une part, de diligenter, sous un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une évaluation sociale complète et contradictoire de la situation de sa situation familiale, en tenant expressément compte du handicap lourd de Mme A..., et, d’autre part, de produire aux débats l’arrêté justifiant de la compétence de M. B... F... à signer l’arrêté litigieux ;
4°)
de mettre à la charge de l’Etat (préfecture des Hauts-de-Seine) et de la commune de Nanterre la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Il soutient que :
l’urgence est caractérisée au regard de l’imminence d’une expulsion destructrice pour la cellule familiale ; en effet, le délai imposé pour l’évacuation expire le 17 juin 2026 et l’exécution de la décision contestée jettera à la rue, de manière irrémédiable, une personne lourdement handicapée, à savoir Mme A..., sans aucune solution de relogement, ni prise en charge préalable par les services de l’Etat ; par ailleurs, l’exécution de cette décision aura pour effet d’anéantir l’outil de travail, le domicile constituant le siège matériel exclusif de son activité professionnelle et de celle de sa mère ; enfin, il y a une absence totale d’urgence ou d’intérêt public à procéder à l’expulsion, l’urgence à réaliser un projet d’aménagement invoquée par la préfecture étant fictive ;
il existe plusieurs moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté attaqué :
il est entaché d’un détournement de pouvoir et de procédure ; en effet, la mairie de Nanterre a saisi le juge civil d’une procédure d’expulsion dont l’audience est fixée en février 2025 et l’utilisation soudaine, par le préfet, des pouvoirs de police de l’article 38 de la loi DALO n’a d’autre but que de court-circuiter le juge judiciaire et de priver les occupants de leurs garanties légales et constitutionnelles ;
il est entaché d’un vice de procédure, dès lors que le préfet a ordonné l’expulsion sans diligenter la moindre évaluation sociale préalable, ignorant délibérément la présence d’une personne lourdement handicapée dans les lieux et les obligations étatiques de mise à l’abri ;
il est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation et d’une erreur de fait, dès lors que la collectivité instrumentalise l’article 38 de la loi DALO pour vider une réserve foncière « dormante », sans financement public assuré, sans promoteur privé et sans aucune possibilité matérielle d’engager des travaux à court terme en raison de la lourde pollution des sols et du classement archéologique du site ;
il a été pris en violation de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, dès lors qu’expulser en sept jours une cellule familiale comportant une personne invalide pour faire place à un projet d’aménagement urbain abandonné, gelé et inopérant à court terme, constitue une ingérence manifestement disproportionnée au respect du domicile.
Vu :
les autres pièces du dossier ;
la requête n° 2613464, enregistrée le 16 juin 2026, par laquelle M. E... demande l’annulation de l’arrêté attaqué.
Vu :
la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
la loi n° 2007-290 du 5 mars 2007 instituant le droit au logement opposable et portant diverses mesures en faveur de la cohésion sociale ;
le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Chabauty, premier conseiller, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
Par un arrêté du 2 juin 2026, le préfet des Hauts-de-Seine a mis en demeure tous les occupants du local à usage d’habitation situé au 79, rue Ernest Renan à Nanterre (Hauts-de-Seine) de quitter les lieux occupés dans un délai de sept jours à compter de la notification dudit arrêté. Par ce même arrêté, il a indiqué qu’à défaut d’avoir quitté les lieux dans ce délai, il procédera à l’évacuation forcée de tous les occupants du logement qu’ils occupent illégalement en recourant à la force publique. Par la présente requête, M. D... E..., agissant en son nom personnel et au nom de sa mère, Mme C... A..., demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, d’ordonner la suspension de l’exécution de cet arrêté.
Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (…) ». Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».
Sur la qualité pour agir de M. E... au nom de Mme A... :
Aux termes de l’article R. 431-2 du code de justice administrative : « Les requêtes et les mémoires doivent, à peine d'irrecevabilité, être présentés soit par un avocat, soit par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, lorsque les conclusions de la demande tendent au paiement d'une somme d'argent, à la décharge ou à la réduction de sommes dont le paiement est réclamé au requérant ou à la solution d'un litige né de l'exécution d'un contrat (...) ». Aux termes de l’article R. 431-4 de ce code : « Dans les affaires où ne s'appliquent pas les dispositions de l'article R. 431-2, les requêtes et les mémoires doivent être signés par leur auteur et, dans le cas d'une personne morale, par une personne justifiant de sa qualité pour agir ». Enfin, aux termes de l’article R. 431-5 du même code : « Les parties peuvent également se faire représenter : 1° Par l'un des mandataires mentionnés à l'article R. 431-2 (...) ».
Il résulte des dispositions citées au point précédent que les personnes physiques non privées de la capacité juridique ne peuvent recourir aux services d’un mandataire autre que ceux mentionnés à l'article R. 431-2 du code de justice administrative pour les représenter devant une juridiction.
En l’espèce, M. E... n’établit, ni même n’allègue, que sa mère, Mme A..., serait privée de la capacité juridique. Dans ces conditions, le requérant ne peut agir devant le présent tribunal en tant que mandataire de Mme A.... Par suite, les conclusions présentées au nom de Mme A... sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin de suspension présentées par M. E... :
En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par M. E..., visés ci-dessus, ne paraît propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté contesté.
Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. E... doit être rejetée en toutes ses conclusions, par application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er :
La requête de M. E... est rejetée.
Article 2 :
La présente ordonnance sera notifiée à M. D... E....
Copie en sera adressée, pour information, au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 1er juillet 2026.
Le juge des référés,
signé
C. Chabauty
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Par une requête enregistrée le 25 juin 2026, M. D... E..., agissant en son nom personnel et au nom de sa mère, Mme C... A..., demande au juge des référés, statuant par application de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°)
d’ordonner la suspension immédiate de l’exécution de l’arrêté préfectoral n° MVCS/NB/9 du 2 juin 2026 portant mise en demeure de quitter les lieux, et ce jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur sa légalité ;
2°)
d’enjoindre strictement au préfet des Hauts-de-Seine, dès notification de l’ordonnance à intervenir, de s’abstenir de toute mesure d’évacuation forcée, d’affichage coercitif ou de recours à la force publique à son encontre et à l’encontre de sa mère au titre de l’arrêté suspendu ;
3°)
à titre accessoire, d’enjoindre à l’Etat (préfecture des Hauts-de-Seine), d’une part, de diligenter, sous un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une évaluation sociale complète et contradictoire de la situation de sa situation familiale, en tenant expressément compte du handicap lourd de Mme A..., et, d’autre part, de produire aux débats l’arrêté justifiant de la compétence de M. B... F... à signer l’arrêté litigieux ;
4°)
de mettre à la charge de l’Etat (préfecture des Hauts-de-Seine) et de la commune de Nanterre la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Il soutient que :
l’urgence est caractérisée au regard de l’imminence d’une expulsion destructrice pour la cellule familiale ; en effet, le délai imposé pour l’évacuation expire le 17 juin 2026 et l’exécution de la décision contestée jettera à la rue, de manière irrémédiable, une personne lourdement handicapée, à savoir Mme A..., sans aucune solution de relogement, ni prise en charge préalable par les services de l’Etat ; par ailleurs, l’exécution de cette décision aura pour effet d’anéantir l’outil de travail, le domicile constituant le siège matériel exclusif de son activité professionnelle et de celle de sa mère ; enfin, il y a une absence totale d’urgence ou d’intérêt public à procéder à l’expulsion, l’urgence à réaliser un projet d’aménagement invoquée par la préfecture étant fictive ;
il existe plusieurs moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté attaqué :
il est entaché d’un détournement de pouvoir et de procédure ; en effet, la mairie de Nanterre a saisi le juge civil d’une procédure d’expulsion dont l’audience est fixée en février 2025 et l’utilisation soudaine, par le préfet, des pouvoirs de police de l’article 38 de la loi DALO n’a d’autre but que de court-circuiter le juge judiciaire et de priver les occupants de leurs garanties légales et constitutionnelles ;
il est entaché d’un vice de procédure, dès lors que le préfet a ordonné l’expulsion sans diligenter la moindre évaluation sociale préalable, ignorant délibérément la présence d’une personne lourdement handicapée dans les lieux et les obligations étatiques de mise à l’abri ;
il est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation et d’une erreur de fait, dès lors que la collectivité instrumentalise l’article 38 de la loi DALO pour vider une réserve foncière « dormante », sans financement public assuré, sans promoteur privé et sans aucune possibilité matérielle d’engager des travaux à court terme en raison de la lourde pollution des sols et du classement archéologique du site ;
il a été pris en violation de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, dès lors qu’expulser en sept jours une cellule familiale comportant une personne invalide pour faire place à un projet d’aménagement urbain abandonné, gelé et inopérant à court terme, constitue une ingérence manifestement disproportionnée au respect du domicile.
Vu :
les autres pièces du dossier ;
la requête n° 2613464, enregistrée le 16 juin 2026, par laquelle M. E... demande l’annulation de l’arrêté attaqué.
Vu :
la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
la loi n° 2007-290 du 5 mars 2007 instituant le droit au logement opposable et portant diverses mesures en faveur de la cohésion sociale ;
le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Chabauty, premier conseiller, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
Par un arrêté du 2 juin 2026, le préfet des Hauts-de-Seine a mis en demeure tous les occupants du local à usage d’habitation situé au 79, rue Ernest Renan à Nanterre (Hauts-de-Seine) de quitter les lieux occupés dans un délai de sept jours à compter de la notification dudit arrêté. Par ce même arrêté, il a indiqué qu’à défaut d’avoir quitté les lieux dans ce délai, il procédera à l’évacuation forcée de tous les occupants du logement qu’ils occupent illégalement en recourant à la force publique. Par la présente requête, M. D... E..., agissant en son nom personnel et au nom de sa mère, Mme C... A..., demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, d’ordonner la suspension de l’exécution de cet arrêté.
Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (…) ». Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».
Sur la qualité pour agir de M. E... au nom de Mme A... :
Aux termes de l’article R. 431-2 du code de justice administrative : « Les requêtes et les mémoires doivent, à peine d'irrecevabilité, être présentés soit par un avocat, soit par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, lorsque les conclusions de la demande tendent au paiement d'une somme d'argent, à la décharge ou à la réduction de sommes dont le paiement est réclamé au requérant ou à la solution d'un litige né de l'exécution d'un contrat (...) ». Aux termes de l’article R. 431-4 de ce code : « Dans les affaires où ne s'appliquent pas les dispositions de l'article R. 431-2, les requêtes et les mémoires doivent être signés par leur auteur et, dans le cas d'une personne morale, par une personne justifiant de sa qualité pour agir ». Enfin, aux termes de l’article R. 431-5 du même code : « Les parties peuvent également se faire représenter : 1° Par l'un des mandataires mentionnés à l'article R. 431-2 (...) ».
Il résulte des dispositions citées au point précédent que les personnes physiques non privées de la capacité juridique ne peuvent recourir aux services d’un mandataire autre que ceux mentionnés à l'article R. 431-2 du code de justice administrative pour les représenter devant une juridiction.
En l’espèce, M. E... n’établit, ni même n’allègue, que sa mère, Mme A..., serait privée de la capacité juridique. Dans ces conditions, le requérant ne peut agir devant le présent tribunal en tant que mandataire de Mme A.... Par suite, les conclusions présentées au nom de Mme A... sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin de suspension présentées par M. E... :
En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par M. E..., visés ci-dessus, ne paraît propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté contesté.
Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. E... doit être rejetée en toutes ses conclusions, par application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er :
La requête de M. E... est rejetée.
Article 2 :
La présente ordonnance sera notifiée à M. D... E....
Copie en sera adressée, pour information, au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 1er juillet 2026.
Le juge des référés,
signé
C. Chabauty
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.