Droit européen — EUR-Lex
19 730textes du droit de l'Union européenne — 2024.
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165 048Par année
Jurisprudence CJUE — 62022CJ0585
4 octobre 2024
Arrêt de la Cour (troisième chambre) du 4 octobre 2024.#AH et FN contre Bundesamt für Fremdenwesen und Asyl.#Demandes de décision préjudicielle, introduites par le Verwaltungsgerichtshof.#Renvoi préjudiciel – Espace de liberté, de sécurité et de justice – Politique commune en matière d’asile – Directive 2011/95/UE – Conditions que doivent remplir les ressortissants des pays tiers pour pouvoir bénéficier du statut de réfugié – Article 2, sous d) et e) – Notion d’“acte de persécution” – Niveau de gravité requis – Article 9 – Accumulation suffisamment grave de mesures discriminatoires à l’égard des femmes – Article 9, paragraphe 1, sous b) – Formes des actes de persécution – Article 9, paragraphe 2 – Évaluation des demandes de protection internationale – Article 4, paragraphe 3 – Obligation d’évaluation individuelle – Portée.#Affaires jointes C-608/22 et C-609/22.
Cet arrêt précise que l'accumulation de mesures discriminatoires à l'égard des femmes peut constituer un acte de persécution au sens de la directive 2011/95/UE, si elle atteint un niveau de gravité suffisant. La Cour rappelle que cette qualification nécessite une évaluation individuelle des circonstances spécifiques de chaque demandeuse, conformément à l'obligation d'examen au cas par cas prévue par le droit d'asile européen.
4 octobre 2024
Jurisprudence CJUE — 62022CJ0621
4 octobre 2024
Arrêt de la Cour (deuxième chambre) du 4 octobre 2024.#Fédération internationale de football association (FIFA) contre BZ.#Renvoi préjudiciel – Marché intérieur – Concurrence – Réglementation instituée par une association sportive internationale et mise en œuvre par celle-ci avec le concours de ses membres – Football professionnel – Entités de droit privé investies de pouvoirs de réglementation, de contrôle et de sanction – Réglementation relative au statut et au transfert des joueurs – Règles relatives aux contrats de travail conclus entre des clubs et des joueurs – Rupture anticipée d’un contrat de travail par le joueur – Indemnité imposée au joueur – Responsabilité solidaire et conjointe du nouveau club – Sanctions – Interdiction de délivrer le certificat international de transfert du joueur et de l’enregistrer tant qu’un litige lié à la rupture anticipée du contrat de travail est pendant – Interdiction d’enregistrer d’autres joueurs – Article 45 TFUE – Entrave à la liberté de circulation des travailleurs – Justification – Article 101 TFUE – Décision d’une association d’entreprises ayant pour objet d’empêcher ou de restreindre la concurrence – Marché du travail – Recrutement des joueurs par les clubs – Marché des compétitions de football interclubs – Participation des clubs et des joueurs aux compétitions sportives – Restriction de la concurrence par objet – Exemption.#Affaire C-650/22.
Cet arrêt examine la compatibilité du règlement FIFA sur le statut et le transfert des joueurs avec le droit de l'Union, notamment les règles sur la libre circulation des travailleurs et la concurrence. La Cour précise les conditions dans lesquelles les sanctions solides imposées aux joueurs et aux clubs en cas de rupture anticipée de contrat peuvent constituer une restriction justifiée. Elle analyse également si ces règles, émanant d'une association sportive, peuvent relever de l'article 101 TFUE et bénéficier d'une exemption.
4 octobre 2024
Jurisprudence CJUE — 62022CJ0727
4 octobre 2024
Arrêt de la Cour (première chambre) du 4 octobre 2024.#1Dream OÜ e.a. contre Latvijas Republikas Saeima.#Demandes de décision préjudicielle, introduites par la Latvijas Republikas Satversmes tiesa.#Renvoi préjudiciel – Coopération judiciaire en matière pénale – Confiscation des produits, des instruments et des biens en rapport avec le crime – Décision-cadre 2005/212/JAI – Directive 2014/42/UE – Champs d’application – Procédure pénale nationale pouvant aboutir à une confiscation de biens illégalement acquis – Absence de constatation d’une infraction pénale – Confiscation sans condamnation – Raisons autres que la maladie ou la fuite.#Affaires jointes C-767/22, C-49/23 et C-161/23.
Ce renvoi préjudiciel concerne la possibilité de prononcer une confiscation d'avoirs illicites dans le cadre d'une procédure pénale nationale, même en l'absence de condamnation pénale pour une infraction spécifique. La Cour précise les conditions d'application des règles européennes en matière de confiscation, notamment celles de la directive 2014/42/UE, à ce type de procédure autonome. L'arrêt délimite ainsi le champ d'application du droit de l'Union en matière de coopération judiciaire pénale par rapport aux régimes nationaux de confiscation de biens d'origine illicite.
4 octobre 2024
Ordonnance de rectification du 4 octobre 2024.#Procédures pénales contre CU et ND.#Rectification d’arrêt.#Affaires jointes C-112/22 et C-223/22.
Cette ordonnance rectifie formellement des erreurs matérielles dans l'arrêt initial des affaires jointes C-112/22 et C-223/22. Elle concerne des questions de procédure pénale et de coopération judiciaire européenne, sans modifier le sens de la décision de la Cour de justice.
4 octobre 2024
Ordonnance de la Cour (sixième chambre) du 4 octobre 2024.##Demande en interprétation – Irrecevabilité manifeste.#Affaire C-332/22 INT.
Cette ordonnance rejette une demande d'interprétation d'un arrêt antérieur de la Cour de justice, la jugeant manifestement irrecevable. Elle confirme ainsi que les juridictions nationales ne peuvent solliciter une nouvelle interprétation que pour trancher un litige en cours, et non pour obtenir un avis général sur l'application du droit de l'Union.
4 octobre 2024
Arrêt CJUE — 62023CC0181
4 octobre 2024
Affaires jointes C-29/23 P et C-30/23 P: Arrêt de la Cour (sixième chambre) du 4 octobre 2024 – Ferriera Valsabbia SpA, Valsabbia Investimenti SpA (C-29/23 P), Alfa Acciai SpA (C-30/23 P) / Commission européenne [Pourvoi – Concurrence – Ententes – Marché des ronds à béton – Décision de la Commission européenne constatant une infraction à l’article 65 CA, après l’expiration du traité CECA, sur le fondement du règlement (CE) no 1/2003 – Décision prise à la suite de l’annulation de décisions antérieures – Tenue d’une nouvelle audition en présence des autorités de concurrence des États membres – Droits de la défense – Principe de bonne administration – Exigence d’impartialité – Délai raisonnable – Obligation de motivation]
Cet arrêt traite de la légalité d'une décision de la Commission européenne en matière d'entente sur le marché des ronds à béton, prise après l'expiration du traité CECA. La Cour confirme que la Commission pouvait fonder sa décision sur le règlement (CE) n° 1/2003 et examine le respect des droits de la défense, notamment le principe d'impartialité et l'obligation de motivation, dans le cadre d'une procédure de reprise consécutive à l'annulation d'une décision antérieure.
4 octobre 2024
Affaire C-134/23, Elliniko Symvoulio gia tous Prosfyges et Ypostirixi Prosfygon sto Aigaio: Arrêt de la Cour (quatrième chambre) du 4 octobre 2024 (demande de décision préjudicielle du Symvoulio tis Epikrateias – Grèce) – Somateio Elliniko Symvoulio gia tous Prosfyges, Astiki Mi Kerdoskopiki Etaireia Ypostirixi Prosfygon sto Aigaio / Ypourgos Exoterikon, Ypourgos Metanastefsis kai Asylou (Renvoi préjudiciel – Octroi de la protection internationale – Directive 2013/32/UE – Article 38 – Article 18 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne – Concept de pays tiers sûr – Qualification de la République de Turquie comme étant un pays tiers sûr – Réadmission des demandeurs de protection internationale dans le pays tiers – Refus)
Cet arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne précise les conditions strictes d'application du concept de "pays tiers sûr", en l'occurrence la Turquie, pour le refus et la réadmission de demandeurs de protection internationale. Il interprète l'article 38 de la directive 2013/32/UE à la lumière de l'article 18 de la Charte des droits fondamentaux, en soulignant que cette qualification ne peut être utilisée pour contourner l'examen individuel de la demande d'asile et les obligations de non-refoulement. La décision rappelle que le renvoi vers un pays tiers considéré comme sûr n'est possible que si des garanties concrètes et individualisées assurent que le demandeur aura effectivement accès à une procédure d'asile et ne sera pas exposé à des traitements inhumains ou dégradants.
4 octobre 2024
Affaire C-171/23, UP CAFFE: Arrêt de la Cour (quatrième chambre) du 4 octobre 2024 (demande de décision préjudicielle du Upravni sud u Zagrebu – Croatie) – UP CAFFE d.o.o. / Ministarstvo financija Republike Hrvatske [Renvoi préjudiciel – Fiscalité – Système commun de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) – Directive 2006/112/CE – Article 287, point 19 – Régime de franchise de TVA pour les petits assujettis – Pratique abusive par la constitution d’une nouvelle société]
Cet arrêt de la Cour de justice de l'UE interprète les conditions du régime de franchise de TVA pour les petits assujettis prévu par la directive 2006/112/CE. Il précise qu'une autorité fiscale peut refuser ce régime lorsqu'une société est constituée dans le but principal de fractionner artificiellement des activités économiques pour en bénéficier, constituant ainsi une pratique abusive. La Cour rappelle que les États membres peuvent adopter des mesures pour prévenir la fraude et l'abus de droit en matière de TVA.
4 octobre 2024
Affaire C-242/23, Tecno*37: Arrêt de la Cour (première chambre) du 4 octobre 2024 (demande de décision préjudicielle du Consiglio di Stato – Italie) – Tecno*37 / Ministero dello Sviluppo Economico, Camera di Commercio Industria Artigianato e Agricoltura di Bologna (Renvoi préjudiciel – Libre prestation de services – Directive 2006/123/CE – Article 25, paragraphe 1 – Restrictions aux activités pluridisciplinaires – Profession réglementée – Réglementation nationale prévoyant, de manière générale, une incompatibilité entre l’exercice conjoint de l’activité d’intermédiation immobilière et celle de syndic de copropriété d’immeubles – Exigences d’indépendance et d’impartialité – Proportionnalité de la restriction – Conséquences de la clôture d’une procédure d’infraction de la Commission européenne contre un État membre)
Cet arrêt de la Cour de justice précise les conditions dans lesquelles une interdiction générale d'exercice pluridisciplinaire, comme celle entre la gestion de copropriétés et l'intermédiation immobilière, peut être justifiée au regard du droit de l'Union sur la libre prestation de services. La Cour rappelle que toute restriction doit être proportionnée et répondre à des exigences impérieuses d'intérêt général, telles que garantir l'indépendance et l'impartialité du professionnel. Elle indique également que la clôture d'une procédure d'infraction engagée par la Commission contre un État membre ne prive pas les juridictions nationales de leur obligation de vérifier la compatibilité de la législation nationale avec le droit de l'Union.
4 octobre 2024
Affaire C-262/23 P: Arrêt de la Cour (neuvième chambre) du 4 octobre 2024 – UPL Europe Ltd, Indofil Industries (Netherlands) BV / Commission européenne [Pourvoi – Produits phytopharmaceutiques – Règlement d’exécution (UE) 2020/2087 – Non-renouvellement de l’approbation de la substance active mancozèbe – Règlement (CE) no 1107/2009 – Règlement d’exécution (UE) no 844/2012 – Recours en annulation]
Cet arrêt concerne le pourvoi formé contre le non-renouvellement de l'approbation du mancozèbe, une substance active phytopharmaceutique. La Cour statue sur l'interprétation des procédures et des critères d'évaluation des risques définis par le règlement (CE) n° 1107/2009. Elle précise les obligations de la Commission et des États membres lors de l'examen du renouvellement d'une substance, notamment concernant l'évaluation des données scientifiques et le respect du principe de précaution.
4 octobre 2024
Affaire C-268/23: Arrêt de la Cour (neuvième chambre) du 4 octobre 2024 – Commission européenne / République française (Manquement d’État – Environnement – Directive 91/271/CEE – Traitement des eaux urbaines résiduaires – Article 4 – Obligation de veiller au traitement secondaire ou à un traitement équivalent des eaux urbaines résiduaires qui pénètrent dans les systèmes de collecte – Article 5 – Zones sensibles – Article 10 – Obligation de veiller à ce que les stations d’épuration soient conçues, construites, exploitées et entretenues de manière à avoir un rendement suffisant – Article 15 – Obligation de surveillance – Annexe I, points B et D – Contrôle des rejets provenant des stations d’épuration)
La Cour de justice de l'UE constate un manquement de la France pour non-respect de la directive sur le traitement des eaux urbaines résiduaires. Le manquement porte sur l'obligation d'assurer un traitement secondaire ou équivalent des eaux usées et sur les règles de conception, de performance et de surveillance des stations d'épuration dans les zones sensibles. Cet arrêt confirme les exigences strictes de la directive en matière de protection des milieux aquatiques contre la pollution.
4 octobre 2024
Jurisprudence CJUE — 62023CJ0175
4 octobre 2024
Affaire C-438/23, Protéines France e.a.: Arrêt de la Cour (deuxième chambre) du 4 octobre 2024 (demande de décision préjudicielle du Conseil d'État – France) – Protéines France e.a. / Ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique [Renvoi préjudiciel – Règlement (UE) no 1169/2011 – Information des consommateurs sur les denrées alimentaires – Article 2, paragraphe 2, sous n) à p), et articles 7, 9 et 17 – Pratiques loyales concernant la dénomination des denrées alimentaires – Dénominations légales, noms usuels et noms descriptifs – Remplacement de composants ou d’ingrédients d’une denrée alimentaire – Article 38, paragraphe 1 – Questions expressément harmonisées – Mesures nationales interdisant l’utilisation de dénominations carnées pour désigner un produit contenant des protéines végétales]
Cet arrêt précise que le règlement (UE) n° 1169/2011 sur l'information des consommateurs constitue un cadre d'harmonisation exhaustive pour les dénominations des denrées alimentaires, y compris celles contenant des protéines végétales. Il en découle que les États membres ne peuvent pas adopter des mesures nationales, comme une interdiction générale, restreignant l'utilisation de noms usuels ou descriptifs pour ces produits, dès lors que l'étiquetage respecte les exigences européennes en matière de loyauté et de non-tromperie du consommateur.
4 octobre 2024
Affaire C-475/23, Voestalpine Giesserei Linz: Arrêt de la Cour (neuvième chambre) du 4 octobre 2024 (demande de décision préjudicielle de la Curtea de Apel Cluj – Roumanie) – Voestalpine Giesserei Linz / Administraţia Judeţeană a Finanţelor Publice Cluj, Direcţia Generală Regională a Finanţelor Publice Cluj-Napoca [Renvoi préjudiciel – Système commun de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) – Directive 2006/112/CE – Article 168, sous a) – Droit à déduction de la TVA – Acquisition d’un bien par un assujetti – Mise à disposition, à titre gratuit, de ce bien en faveur d’un sous-traitant en vue de la réalisation de travaux au profit de l’assujetti – Refus de la déduction de la TVA afférente audit bien]
Cet arrêt précise les conditions de déduction de la TVA sur un bien acquis par une entreprise et mis à disposition gratuite d'un sous-traitant pour l'exécution de travaux. La Cour juge que le droit à déduction subsiste si le bien est utilisé pour les besoins de l'activité économique taxable de l'entreprise, même sans transfert de propriété au sous-traitant. Elle rappelle que le refus de déduction doit rester une mesure exceptionnelle, justifiée par un risque d'évasion fiscale avéré.
4 octobre 2024
Affaire C-494/23, Mahá: Arrêt de la Cour (septième chambre) du 4 octobre 2024 (demande de décision préjudicielle du Nejvyšší soud – République tchèque) – QE, IJ / DP, EB [Renvoi préjudiciel – Coopération judiciaire en matière civile – Compétence judiciaire et exécution des décisions en matière civile et commerciale – Règlement (UE) no 1215/2012 – Article 1er, paragraphe 1 – Champ d’application – Matière civile et commerciale – Notion – Procédure visant à remplacer le consentement du défendeur à la mainlevée du séquestre judiciaire d’un bien saisi par les autorités répressives – Article 8, point 2 – Demande en intervention – Notion de tiers]
Cette affaire concerne l'interprétation du champ d'application matériel du règlement Bruxelles I bis en matière de coopération judiciaire civile. La Cour de justice précise si une procédure visant à substituer un consentement pour la mainlevée d'une saisie pénale relève de la notion de "matière civile et commerciale" au sens du règlement. Elle examine également les conditions dans lesquelles une telle demande peut être qualifiée de demande en intervention d'un tiers, ce qui est déterminant pour l'application des règles de compétence juridictionnelle.
4 octobre 2024
Affaire C-507/23, Patērētāju tiesību aizsardzības centrs: Arrêt de la Cour (huitième chambre) du 4 octobre 2024 (demande de décision préjudicielle de la Augstākā tiesa (Senāts) – Lettonie) – A / Patērētāju tiesību aizsardzības centrs [Renvoi préjudiciel – Protection des données à caractère personnel – Règlement (UE) 2016/679 – Article 82, paragraphe 1 – Droit à réparation et responsabilité – Traitement illicite de données – Violation du droit à la protection des données à caractère personnel – Notion de dommage – Réparation d’un dommage moral sous forme de présentation d’excuses – Admissibilité – Principe d’effectivité – Appréciation de la forme et du niveau de la réparation – Prise en compte éventuelle de l’attitude et de la motivation du responsable du traitement]
Cet arrêt de la Cour de justice précise les conditions de la réparation du préjudice moral en cas de violation du RGPD. Il juge qu'une simple présentation d'excuses peut constituer une réparation adéquate, à condition que le juge national vérifie son effectivité au regard de la gravité de l'infraction et du comportement du responsable du traitement. La Cour rappelle que le niveau de réparation doit être proportionné et dissuasif, en laissant aux juridictions nationales le soin d'apprécier concrètement ces éléments.
4 octobre 2024