Droit européen — EUR-Lex
19 730textes du droit de l'Union européenne — 2024.
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165 048Par année
Arrêt de la Cour (troisième chambre) du 26 septembre 2024.#Commission européenne contre HB.#Pourvoi – Marchés publics de services – Irrégularités dans la procédure de passation d’un marché public – Décision de recouvrement de la Commission européenne adoptée après la signature du contrat – Nature juridique – Décision ne produisant pas exclusivement des effets dans le cadre de ce contrat – Protection des intérêts financiers de l’Union européenne – Mesures administratives – Exercice de prérogatives de puissance publique – Recours en annulation – Article 263 TFUE – Compétence du juge de l’Union.#Affaires jointes C-160/22 P et C-161/22 P.
Cet arrêt clarifie la nature juridique des décisions de recouvrement adoptées par la Commission après la signature d'un contrat de marché public. La Cour juge que de telles décisions, prises pour protéger les intérêts financiers de l'Union, constituent des actes administratifs unilatéraux relevant de prérogatives de puissance publique. Par conséquent, elles sont ouvertes à un recours en annulation devant la Cour de justice de l'Union européenne sur le fondement de l'article 263 TFUE, et ne se limitent pas à produire des effets dans le seul cadre contractuel.
26 septembre 2024
Affaire C-627/24 P: Pourvoi formé le 26 septembre 2024 par Bytedance Ltd contre l’arrêt du Tribunal (huitième chambre) rendu le 17 juillet 2024 dans l’affaire T-1077/23, Bytedance/Commission
Il s'agit d'un pourvoi devant la Cour de justice de l'Union européenne contre un arrêt du Tribunal de première instance, concernant un litige entre Bytedance Ltd et la Commission européenne. Ce recours porte sur l'interprétation et l'application du droit de l'Union, notamment en matière de concurrence ou de régulation du marché numérique. La décision de la Cour aura une incidence sur la manière dont les obligations européennes s'imposent aux acteurs majeurs de l'économie numérique.
26 septembre 2024
Ordonnance de la Cour (septième chambre) du 26 septembre 2024.#NV contre Agentsia za darzhavna finansova inspektsia.#Demande de décision préjudicielle, introduite par le Sofiyski rayonen sad.#Renvoi préjudiciel – Article 99 du règlement de procédure de la Cour – Directive 2014/24/UE – Procédures de passation des marchés publics de travaux, de fournitures et de services – Pouvoir adjudicateur – Notion d’“organisme de droit public” – Application à un marché public dont la valeur estimée est inférieure aux seuils d’application de la directive.#Affaire C-550/23.
Cette ordonnance de la Cour de justice de l'UE précise que la notion d'« organisme de droit public », au sens de la directive 2014/24/UE sur les marchés publics, doit être interprétée uniformément. Cette qualification s'applique indépendamment de la valeur estimée du marché, même lorsque celle-ci est inférieure aux seuils d'application de la directive. La réponse guide ainsi le juge national sur les critères à utiliser pour déterminer si une entité est soumise aux règles de passation des marchés publics.
26 septembre 2024
Ordonnance de la Cour (septième chambre) du 26 septembre 2024.#NV contre Agentsia za darzhavna finansova inspektsia.#Renvoi préjudiciel – Article 99 du règlement de procédure de la Cour – Directive 2014/24/UE – Procédures de passation des marchés publics de travaux, de fournitures et de services – Pouvoir adjudicateur – Notion d’“organisme de droit public” – Application à un marché public dont la valeur estimée est inférieure aux seuils d’application de la directive.#Affaire C-550/23.
Cette ordonnance de la Cour de justice de l'UE clarifie que la notion d'« organisme de droit public », au sens de la directive 2014/24/UE sur les marchés publics, doit être interprétée uniformément. Cette qualification est déterminante pour établir si une entité est un pouvoir adjudicateur soumis aux règles de l'Union, et ce, indépendamment du fait que la valeur estimée du marché spécifique soit inférieure aux seuils d'application de la directive.
26 septembre 2024
Arrêt de la Cour (deuxième chambre) du 26 septembre 2024.#F et Ordre des avocats du barreau de Luxembourg contre Administration des contributions directes.#Renvoi préjudiciel – Coopération administrative dans le domaine fiscal – Directive 2011/16/UE – Échange d’informations sur demande – Injonction faite à un avocat de communiquer des informations – Secret professionnel de l’avocat – Article 7 et article 52, paragraphe 1, de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.#Affaire C-432/23.
Cet arrêt clarifie les limites de l'échange d'informations fiscales sur demande concernant les avocats. La Cour juge que l'obligation de communication prévue par la directive 2011/16/UE doit être conciliée avec le secret professionnel de l'avocat, protégé par la Charte des droits fondamentaux. Elle précise les conditions dans lesquelles une autorité peut enjoindre à un avocat de fournir des informations, notamment lorsque son client invoque la protection du secret professionnel.
26 septembre 2024
Arrêt de la Cour (huitième chambre) du 26 septembre 2024.#Luxone Srl et Sofein SpA contre Consip SpA.#Renvoi préjudiciel – Marchés publics – Directive 2004/18/CE – Article 47, paragraphe 3 – Article 48, paragraphe 4 – Exclusion de la procédure d’adjudication d’un soumissionnaire – Exclusion de la possibilité de réduire la composition initiale du groupement temporaire d’entreprises ayant présenté une offre – Incompatibilité – Durée de validité d’une offre – Absence de caducité de l’offre arrivée à échéance – Obligation prétorienne de retirer cette offre expressément – Perte de la garantie provisoire accompagnant ladite offre – Application automatique de cette mesure – Article 2 – Principes relatifs à la passation des marchés publics – Principe de proportionnalité – Principe d’égalité de traitement – Obligation de transparence – Violation.#Affaires jointes C-403/23 et C-404/23.
Cet arrêt de la Cour de justice précise les conditions d'exclusion d'un groupement d'entreprises dans une procédure de marchés publics, en interprétant la directive 2004/18/CE. Il établit qu'une offre arrivée à son terme de validité ne devient pas automatiquement caduque et que le pouvoir adjudicateur ne peut pas appliquer automatiquement la perte de la garantie provisoire sans respecter les principes de proportionnalité, d'égalité de traitement et de transparence. La Cour rappelle ainsi l'obligation pour l'adjudicateur de retirer expressément une offre expirée et d'examiner au cas par cas les conséquences d'une modification de la composition d'un groupement.
26 septembre 2024
Arrêt de la Cour (huitième chambre) du 26 septembre 2024.#Verbraucherzentrale Baden-Württemberg eV contre Aldi Süd Dienstleistungs-SE & Co. OHG.#Demande de décision préjudicielle, introduite par le Landgericht Düsseldorf.#Renvoi préjudiciel – Protection des consommateurs – Indication des prix des produits – Directive 98/6/CE – Article 6 bis – Annonces de réduction de prix – Conditions – Notion de “prix antérieur” – Obligation de déterminer la réduction de prix annoncée sur la base du prix antérieur.#Affaire C-330/23.
Ce texte concerne l'interprétation des règles européennes sur l'indication des prix et les annonces de réduction pour les consommateurs. Il précise notamment les conditions d'utilisation d'un "prix antérieur" comme référence pour calculer et communiquer une remise. L'arrêt guide les professionnels sur les exigences de transparence à respecter pour éviter les pratiques commerciales trompeuses.
26 septembre 2024
Arrêt de la Cour (troisième chambre) du 26 septembre 2024.#VOLÁNBUSZ Zrt. contre Bács-Kiskun Vármegyei Kormányhivatal.#Demande de décision préjudicielle, introduite par la Szegedi Törvényszék.#Renvoi préjudiciel – Transports par route – Harmonisation de certaines dispositions de la législation sociale – Règlement (CE) nº 561/2006 – Article 9, paragraphe 3 – Notion d’“établissement de l’employeur auquel le conducteur est normalement rattaché” – Lieu de prise en charge, par un conducteur, d’un véhicule entrant dans le champ d’application de ce règlement – Notion d’“autre tâche” – Temps passé par ce conducteur à conduire un véhicule n’entrant pas dans le champ d’application dudit règlement pour se rendre à cet établissement ou pour en revenir.#Affaire C-164/23.
Cet arrêt clarifie l'interprétation de la notion d'« établissement de rattachement normal » du conducteur au sens du règlement social européen des transports. La Cour précise que le lieu de prise en charge du véhicule ne constitue pas nécessairement cet établissement, et que les trajets effectués au volant d'un véhicule exclu du champ d'application du règlement pour rejoindre son établissement de rattachement ne sont pas considérés comme du « temps de conduite ».
26 septembre 2024
Conclusions de l'avocat général M. M. Campos Sánchez-Bordona, présentées le 26 septembre 2024.#Česká republika – Generální finanční ředitelství contre Úřad pro ochranu hospodářské soutěže.#Demande de décision préjudicielle, introduite par le Nejvyšší správní soud.#Renvoi préjudiciel – Marchés publics – Directive 2004/18/CE – Article 31, point 1, sous b) – Procédure négociée sans publication préalable d’un avis de marché – Conditions – Raisons techniques – Raisons tenant à la protection de droits d’exclusivité – Imputabilité au pouvoir adjudicateur – Circonstances de fait et de droit à prendre en considération.#Affaire C-578/23.
Cet avis de l'avocat général concerne l'interprétation des conditions permettant de recourir à une procédure négociée sans publicité préalable dans le cadre des marchés publics. Il analyse notamment si des raisons techniques ou la protection de droits d'exclusivité peuvent justifier ce recours, et dans quelle mesure ces circonstances doivent être imputables au pouvoir adjudicateur. L'avis vise à éclairer le juge national sur l'appréciation des faits et du droit au regard de la directive 2004/18/CE.
26 septembre 2024
Affaire C-330/23, Aldi Süd: Arrêt de la Cour (huitième chambre) du 26 septembre 2024 (demande de décision préjudicielle du Landgericht Düsseldorf – Allemagne) – Verbraucherzentrale Baden-Württemberg e.V. / Aldi Süd Dienstleistungs-SE & Co. OHG (Renvoi préjudiciel – Protection des consommateurs – Indication des prix des produits – Directive 98/6/CE – Article 6 bis – Annonces de réduction de prix – Conditions – Notion de prix antérieur – Obligation de déterminer la réduction de prix annoncée sur la base du prix antérieur)
Cet arrêt interprète les conditions de licéité des annonces de réduction de prix pour les produits alimentaires, en précisant la notion de "prix antérieur" au sens de la directive 98/6/CE. La Cour juge que le prix de référence pour calculer une réduction doit être le dernier prix pratiqué antérieurement pour le produit identique, et non un prix théorique ou appliqué à un produit différent. Cette décision renforce la protection des consommateurs contre les pratiques promotionnelles trompeuses dans le commerce de détail.
26 septembre 2024
Arrêt de la Cour (troisième chambre) du 26 septembre 2024.#Commission européenne contre HB.#Pourvoi – Marchés publics de services – Irrégularités dans la procédure d’attribution du marché – Décision de recouvrement de montants indûment versés – Décision formant titre exécutoire – Article 299 TFUE – Compétence du juge de l’Union.#Affaire C-597/22 P.
Cet arrêt précise les conditions d'exécution forcée des décisions de recouvrement de l'Union européenne. La Cour confirme que le juge de l'Union est compétent pour autoriser l'exécution forcée sur le territoire d'un État membre, conformément à l'article 299 TFUE, y compris lorsque la décision sanctionne des irrégularités dans une procédure de marchés publics.
26 septembre 2024
Affaire C-792/22, Energotehnica: Arrêt de la Cour (première chambre) du 26 septembre 2024 (demande de décision préjudicielle de la Curtea de Apel Braşov – Roumanie) – procédure pénale contre MG (Renvoi préjudiciel – Politique sociale – Protection de la sécurité et de la santé des travailleurs – Directive 89/391/CEE – Obligations d’ordre général en matière de protection de la sécurité et de la santé – Procédures nationales parallèles – Jugement d’une juridiction administrative revêtu de l’autorité de la chose jugée devant la juridiction pénale – Qualification d’un événement en tant qu’accident du travail – Effectivité de la protection des droits garantis par la directive 89/391 – Article 47 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne – Droit d’être entendu – Poursuites disciplinaires contre un juge de droit commun en cas de non-respect d’une décision d’une cour constitutionnelle contraire au droit de l’Union – Primauté du droit de l’Union)
Cet arrêt clarifie que les juridictions pénales nationales ne sont pas liées par les décisions des juridictions administratives ayant acquis l'autorité de la chose jugée lorsqu'elles qualifient un événement en tant qu'accident du travail, afin de garantir l'effectivité des droits de protection des travailleurs prévus par la directive 89/391/CEE. La Cour rappelle également le principe de primauté du droit de l'Union, qui s'impose même face à une décision contraire d'une cour constitutionnelle nationale, et souligne que le droit à un procès équitable (article 47 de la Charte) peut être invoqué dans le cadre de poursuites disciplinaires contre un juge.
26 septembre 2024
Affaire C-387/22, Nord Vest Pro Sani Pro: Arrêt de la Cour (première chambre) du 26 septembre 2024 (demande de décision préjudicielle du Tribunalul Satu Mare – Roumanie) – Nord Vest Pro Sani Pro SRL / Administraţia Judeţeană a Finanţelor Publice Satu Mare, Direcţia Generală Regională a Finanţelor Publice Cluj-Napoca (Renvoi préjudiciel – Article 56 TFUE – Libre prestation des services – Secteur de la construction – Détachement des travailleurs – Avantages fiscaux et sociaux octroyés aux salariés et aux entreprises de construction – Exonération de l’impôt sur le revenu – Exemption de cotisations à l’assurance maladie – Allègement de cotisations à la sécurité sociale – Réglementation nationale réservant le bénéfice de ces avantages aux seules prestations de construction effectuées sur le territoire national – Réglementation visant à maintenir la main-d’œuvre sur le territoire national et à éviter le travail dissimulé pour des raisons salariales – Comparabilité des situations – Raisons impérieuses d’intérêt général – Protection sociale des travailleurs – Lutte contre la fraude fiscale – Proportionnalité)
La Cour de justice de l'Union européenne a jugé que la réglementation roumaine réservant des avantages fiscaux et sociaux (exonération d'impôt sur le revenu et exemption de cotisations sociales) aux seules prestations de construction réalisées sur le territoire national est contraire à la libre prestation des services (article 56 TFUE). Cette différence de traitement constitue une restriction injustifiée, car les objectifs de maintien de la main-d'œuvre sur le territoire national et de lutte contre le travail dissimulé ne sont pas proportionnés et ne justifient pas une telle discrimination entre prestations nationales et transfrontalières.
26 septembre 2024
Arrêt de la Cour (troisième chambre) du 26 septembre 2024.#AZ et République fédérale d'Allemagne contre Commission européenne.#Pourvoi – Aides d’État – Régime d’aides mis à exécution par la République fédérale d’Allemagne en faveur de grands consommateurs d’électricité – Exonération des redevances de réseau pour la période 2012-2013 – Décision déclarant le régime d’aides incompatible avec le marché intérieur – Recours en annulation – Délai de recours – Recevabilité – Article 107, paragraphe 1, TFUE – Notion d’“aide d’État” – Ressources d’État – Taxe parafiscale ou autres prélèvements obligatoires.#Affaires jointes C-792/21 P et C-793/21 P.
La Cour de justice de l'Union européenne rejette les pourvois formés par l'Allemagne et un grand consommateur d'électricité contre l'arrêt du Tribunal ayant confirmé la qualification d'aide d'État incompatible de l'exonération des redevances de réseau accordée aux grands consommateurs d'électricité pour 2012-2013. Elle confirme que cette exonération, financée par une majoration des redevances pour les autres consommateurs, constitue une intervention au moyen de ressources d'État, car elle résulte d'un prélèvement obligatoire imposé par la loi et géré par des organismes publics. Pour le praticien français, cet arrêt précise la notion de ressources d'État dans le cadre des aides d'État, en assimilant à une taxe parafiscale un mécanisme de péréquation des charges de réseau imposé par la loi, même si les fonds transitent par des entités privées.
26 septembre 2024
Notification préalable d’une concentration (Affaire M.11729 – TAV / FRAPORT / FTA I JV) — Cas susceptible d’être traité selon la procédure simplifiée
La Commission européenne a reçu notification d'un projet de concentration par lequel TAV Havalimanlari Holding A.S. (Turquie) et Fraport AG (Allemagne) acquièrent le contrôle conjoint de la société nouvellement créée FTA I JV. Cette opération, qui concerne le secteur des services aéroportuaires, est susceptible d'être examinée selon la procédure simplifiée de contrôle des concentrations, ce qui indique qu'elle ne soulève probablement pas de problèmes de concurrence significatifs.
26 septembre 2024
Autorisation des aides d’État dans le cadre des dispositions des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Cas à l’égard desquels la Commission ne soulève pas d’objections — SA.115493
La Commission européenne a autorisé, sans soulever d'objections, une aide d'État notifiée sous le numéro SA.115493, estimant qu'elle est compatible avec le marché intérieur au sens des articles 107 et 108 du TFUE. Cette décision signifie que le régime d'aide en question ne fausse pas indûment la concurrence et peut être mis en œuvre par l'État membre concerné. Pour un professionnel du droit français, cet avis confirme la validité du dispositif au regard du droit européen des aides d'État.
26 septembre 2024
Rectificatif à l’avis du Comité européen des régions — Paquet «Élargissement» 2023 — Balkans occidentaux et Turquie (JO C, C/2024/3671, 26.6.2024)
Ce rectificatif corrige des erreurs matérielles dans l'avis du Comité européen des régions sur le paquet « Élargissement » 2023 concernant les Balkans occidentaux et la Turquie. Il modifie des passages spécifiques du texte initial publié au Journal officiel, sans en altérer la portée politique ou juridique. Pour le professionnel du droit français, ce document est utile pour disposer de la version exacte et officielle de l'avis.
26 septembre 2024
Affaire C-255/22 P: Arrêt de la Cour (deuxième chambre) du 26 septembre 2024 – Orlen S.A., anciennement Polski Koncern Naftowy Orlen S.A., anciennement Polskie Górnictwo Naftowe i Gazownictwo S.A. / Commission européenne [Pourvoi – Concurrence – Marchés gaziers d’Europe centrale et orientale – Article 102 TFUE – Article 54 de l’accord sur l’Espace économique européen (EEE) – Abus de position dominante – Approvisionnement en gaz en amont en Europe centrale et orientale – Règlement (CE) no 1/2003 – Article 9, paragraphe 1 – Décision de la Commission européenne rendant obligatoires les engagements individuels offerts par une entreprise – Recours en annulation – Adéquation de ces engagements au regard des préoccupations en matière de concurrence identifiées dans la communication des griefs – Nature du contrôle du juge de l’Union – Renonciation de la Commission à exiger des engagements concernant certaines des préoccupations initiales – Principe de bonne administration – Principe de proportionnalité – Obligation de motivation – Objectifs de la politique énergétique de l’Union européenne – Article 194 TFUE – Principe de solidarité énergétique]
La Cour de justice de l'Union européenne a rejeté le pourvoi d'Orlen (anciennement PGNiG) contre l'arrêt du Tribunal confirmant la décision de la Commission européenne qui avait rendu obligatoires les engagements de Gazprom pour remédier aux abus de position dominante sur les marchés gaziers d'Europe centrale et orientale. L'arrêt précise que le contrôle du juge de l'Union sur l'adéquation des engagements est limité à la vérification qu'ils ne sont pas manifestement inappropriés au regard des préoccupations de concurrence identifiées, et que la Commission peut renoncer à exiger des engagements sur certaines préoccupations sans violer le principe de proportionnalité ou de bonne administration. Enfin, la Cour confirme que la solidarité énergétique, consacrée à l'article 194 TFUE, constitue un objectif de politique énergétique de l'Union que la Commission peut prendre en compte dans l'appréciation des engagements.
26 septembre 2024
Affaires jointes C-160/22 P et C-161/22 P: Arrêt de la Cour (troisième chambre) du 26 septembre 2024 – Commission européenne / HB (Pourvoi – Marchés publics de services – Irrégularités dans la procédure de passation d’un marché public – Décision de recouvrement de la Commission européenne adoptée après la signature du contrat – Nature juridique – Décision ne produisant pas exclusivement des effets dans le cadre de ce contrat – Protection des intérêts financiers de l’Union européenne – Mesures administratives – Exercice de prérogatives de puissance publique – Recours en annulation – Article 263 TFUE – Compétence du juge de l’Union)
La Cour de justice de l'Union européenne a jugé qu'une décision de recouvrement adoptée par la Commission européenne après la signature d'un marché public, en raison d'irrégularités dans la procédure de passation, constitue un acte attaquable devant le juge de l'Union au titre de l'article 263 TFUE. Cette décision ne produit pas exclusivement des effets dans le cadre du contrat, car elle relève de l'exercice de prérogatives de puissance publique visant à protéger les intérêts financiers de l'Union. Pour le professionnel du droit français, cet arrêt clarifie la frontière entre le contentieux contractuel et le contentieux de la légalité administrative européenne, en affirmant la compétence du juge de l'Union pour contrôler de telles mesures.
26 septembre 2024
Arrêt de la Cour (troisième chambre) du 26 septembre 2024.#WEPA Hygieneprodukte GmbH e.a. contre Commission européenne.#Pourvoi – Aides d’État – Régime d’aides mis à exécution par la République fédérale d’Allemagne en faveur de grands consommateurs d’électricité – Exonération des redevances de réseau pour la période 2012-2013 – Décision déclarant le régime d’aides incompatible avec le marché intérieur – Recours en annulation – Délai de recours – Recevabilité – Article 107, paragraphe 1, TFUE – Notion d’“aide d’État” – Ressources d’État – Taxe parafiscale ou autres prélèvements obligatoires.#Affaires jointes C-795/21 P et C-796/21 P.
La Cour de justice de l'Union européenne confirme que l'exonération des redevances de réseau électrique accordée par l'Allemagne aux grands consommateurs d'électricité pour 2012-2013 constitue une aide d'État au sens de l'article 107, §1, TFUE, car elle est financée par des ressources d'État via un mécanisme de taxe parafiscale. Elle rejette les pourvois formés contre l'arrêt du Tribunal ayant validé la décision de la Commission déclarant ce régime incompatible avec le marché intérieur. Cette décision précise les critères de qualification d'une mesure comme aide d'État, notamment en matière de financement par prélèvements obligatoires.
26 septembre 2024