Droit européen — EUR-Lex
46 746textes du droit de l'Union européenne — Jurisprudence UE.
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165 047Par année
Arrêt de la Cour (première chambre) du 18 décembre 2025.#RB e.a. contre Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques (SACD) e.a.#Demande de décision préjudicielle, introduite par le tribunal judiciaire de Paris.#Renvoi préjudiciel – Propriété intellectuelle – Droit d’auteur et droits voisins – Directive 2001/29/CE – Articles 2 à 4 et 8 – Directive 2004/48/CE – Articles 1er à 3 – Directive 2006/115/CE – Directive 2006/116/CE – Articles 1er, 2 et 9 – Articles 17 et 47 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne – Voies de recours – Droit à un recours effectif – Réglementation nationale subordonnant la recevabilité d’une action en contrefaçon exercée par l’un des cotitulaires du droit d’auteur d’une œuvre cinématographique à la mise en cause de tous les cotitulaires de ce droit.#Affaire C-182/24.
Cet arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) précise que le droit de l'Union, notamment les directives 2001/29 et 2004/48, lues à la lumière des articles 17 et 47 de la Charte des droits fondamentaux, s'oppose à une réglementation nationale qui subordonne la recevabilité d'une action en contrefaçon intentée par un seul cotitulaire de droits d'auteur sur une œuvre cinématographique à la mise en cause obligatoire de tous les autres cotitulaires. Une telle exigence est jugée disproportionnée car elle peut priver le cotitulaire d'un recours effectif pour défendre ses droits de propriété intellectuelle.
18 décembre 2025
Arrêt de la Cour (cinquième chambre) du 18 décembre 2025.#AF contre Ministero dell’Interno - U.T.G. - Prefettura di Milano.#Renvoi préjudiciel – Espace de liberté, de sécurité et de justice – Politique d’asile – Directive 2013/33/UE – Personnes demandant la protection internationale – Article 7 – Lieu de résidence – Article 18 – Conditions matérielles d’accueil – Logement – Centres d’hébergement – Transfert – Refus du demandeur ‑ Article 20, paragraphe 1, sous a) – Limitation du bénéfice des conditions matérielles d’accueil ou retrait de ce bénéfice dans des cas exceptionnels et dûment justifiés – Abandon du lieu de résidence sans information ou sans autorisation – Article 20, paragraphe 4 – Manquement grave au règlement du centre d’hébergement – Article 20, paragraphe 5 – Proportionnalité – Niveau de vie digne – Article 21 – Demandeurs relevant de la catégorie des personnes vulnérables – Article 23 – Mineurs – Faculté, pour un État membre, de retirer le bénéfice des conditions matérielles d’accueil, en cas de refus du demandeur d’être transféré dans un autre centre d’hébergement.#Affaire C-184/24.
La Cour de justice de l'Union européenne précise les limites du pouvoir des États membres de retirer ou de limiter les conditions matérielles d'accueil (notamment le logement) d'un demandeur d'asile qui refuse son transfert dans un autre centre d'hébergement. Elle juge qu'un tel refus ne constitue pas automatiquement un « abandon du lieu de résidence » ou un « manquement grave au règlement » justifiant une sanction, et que toute décision de retrait doit respecter le principe de proportionnalité et garantir un niveau de vie digne, en tenant compte de la situation particulière des personnes vulnérables et des mineurs.
18 décembre 2025
Arrêt de la Cour (neuvième chambre) du 18 décembre 2025.#S.A.S. Tenergie Development contre Directeur Régional des Douanes de Marseille e.a.#Renvoi préjudiciel – Union douanière – Procédures d’importation et d’exportation – Remboursement ou remise des droits à l’importation ou à l’exportation – Transmission du dossier de demande de remise à la Commission européenne – Remise automatique des droits – Responsabilité de l’État membre – Irrecevabilité de la demande de décision préjudicielle.#Affaire C-259/24.
La Cour de justice de l'Union européenne, dans son arrêt du 18 décembre 2025 (affaire C-259/24), a jugé irrecevable la demande de décision préjudicielle relative à l'interprétation des règles sur le remboursement ou la remise des droits à l'importation. L'affaire portait sur la transmission du dossier de demande de remise à la Commission européenne et la question d'une éventuelle remise automatique des droits, mais la Cour a estimé que les conditions de recevabilité n'étaient pas remplies. Cet arrêt rappelle les strictes exigences procédurales pour saisir la CJUE d'un renvoi préjudiciel en matière douanière.
18 décembre 2025
Arrêt de la Cour (neuvième chambre) du 18 décembre 2025.#SAS Tenergie Development contre Directeur Régional des Douanes de Marseille e.a.#Renvoi préjudiciel – Union douanière – Procédures d’importation et d’exportation – Remboursement ou remise des droits à l’importation ou à l’exportation – Transmission du dossier de demande de remise à la Commission européenne – Remise automatique des droits – Responsabilité de l’État membre – Irrecevabilité de la demande de décision préjudicielle.#Affaire C-259/24.
La Cour de justice de l'Union européenne, dans son arrêt du 18 décembre 2025 (affaire C-259/24, *Tenergie Development*), précise les conditions de la transmission du dossier de demande de remise de droits à la Commission européenne et écarte l'existence d'une remise automatique des droits. Elle juge que la demande de décision préjudicielle est irrecevable, ce qui a pour effet de ne pas trancher au fond la question de la responsabilité de l'État membre dans ce contexte. Pour le professionnel du droit français, cet arrêt rappelle les strictes limites procédurales du renvoi préjudiciel et l'absence d'obligation de remise automatique des droits douaniers en cas de transmission du dossier à la Commission.
18 décembre 2025
Arrêt de la Cour (troisième chambre) du 18 décembre 2025.#« Lukoil Bulgaria » EOOD contre Komisia za zashtita na konkurentsiata.#Renvoi préjudiciel – Concurrence – Article 102 TFUE – Abus de position dominante – Marché du commerce de gros des carburants en Bulgarie – Compression des marges des concurrents ou effet de “ciseaux tarifaires” – Définition du marché de produits – Marché divisé verticalement – Prise en compte du régime des droits d’accise.#Affaire C-260/24.
Cet arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne, rendu sur renvoi préjudiciel bulgare, précise les conditions de caractérisation d'un abus de position dominante par effet de ciseaux tarifaires (ou compression des marges) sur un marché de gros des carburants. Il clarifie que, pour apprécier cet abus sur un marché verticalement intégré, il convient d'inclure le régime des droits d'accise dans le calcul des coûts et des prix de l'opérateur dominant, afin de déterminer si une entreprise aussi efficace que ses concurrents aurait pu opérer de manière rentable. La décision apporte ainsi un éclairage utile sur la méthode d'analyse économique à retenir pour qualifier une pratique tarifaire abusive au sens de l'article 102 TFUE.
18 décembre 2025
Arrêt de la Cour (quatrième chambre) du 18 décembre 2025.#SM e.a. contre Caisse pour l'avenir des enfants.#Renvoi préjudiciel – Article 45 TFUE – Libre circulation des travailleurs – Égalité de traitement – Règlement (UE) no 492/2011 – Article 7, paragraphe 2 – Avantages sociaux – Allocation familiale – Condition d’octroi de cette allocation à un travailleur non-résident pour un enfant de son conjoint ou de son partenaire enregistré – Exigence selon laquelle ce travailleur doit “pourvoir à l’entretien” de cet enfant – Critères d’appréciation – Présomption fondée sur l’existence d’un domicile commun – Directive 2004/38/CE – Article 2, point 2, sous c) – Notion de “membre de la famille”.#Affaires jointes C-296/24 à C-306/24.
La Cour de justice de l'Union européenne précise que l'article 7, paragraphe 2, du règlement n° 492/2011 s'oppose à une réglementation nationale qui subordonne l'octroi d'une allocation familiale à un travailleur non-résident pour l'enfant de son conjoint ou partenaire enregistré à une condition de "pourvoi à l'entretien" appréciée uniquement sur la base d'une présomption fondée sur l'existence d'un domicile commun. Une telle présomption, qui ne tient pas compte de la situation individuelle du travailleur, constitue une discrimination indirecte injustifiée au détriment des travailleurs migrants.
18 décembre 2025
Arrêt de la Cour (quatrième chambre) du 18 décembre 2025.#SM e.a. contre Caisse pour l'avenir des enfants.#Renvoi préjudiciel – Article 45 TFUE – Libre circulation des travailleurs – Égalité de traitement – Règlement (UE) no 492/2011 – Article 7, paragraphe 2 – Avantages sociaux – Allocation familiale – Condition d’octroi de cette allocation à un travailleur non-résident pour un enfant de son conjoint ou de son partenaire enregistré – Exigence selon laquelle ce travailleur doit “pourvoir à l’entretien” de cet enfant – Critères d’appréciation – Présomption fondée sur l’existence d’un domicile commun – Directive 2004/38/CE – Article 2, point 2, sous c) – Notion de “membre de la famille”.#Affaires jointes C-296/24 à C-306/24.
La Cour de justice de l'Union européenne interprète l'article 7, paragraphe 2, du règlement n° 492/2011 relatif à la libre circulation des travailleurs. Elle précise que, pour l'octroi d'une allocation familiale à un travailleur non-résident pour un enfant de son conjoint ou partenaire enregistré, l'exigence de "pourvoir à l'entretien" de l'enfant ne peut pas être présumée uniquement sur la base de l'existence d'un domicile commun. Les autorités nationales doivent procéder à une appréciation concrète de la situation, en tenant compte de l'ensemble des éléments pertinents, pour vérifier si le travailleur contribue effectivement à l'entretien de l'enfant.
18 décembre 2025
Arrêt de la Cour (quatrième chambre) du 18 décembre 2025.#Pesticide Action Network Europe (PAN Europe) contre Commission européenne.#Pourvoi – Agriculture – Produits phytopharmaceutiques – Article 4 – Règlement (CE) no 1107/2009 – Règlement d’exécution (UE) 2021/2049 – Renouvellement de l’approbation de la substance active “cyperméthrine” – Demande de réexamen interne – Règlement (CE) no 1367/2006 – Article 10, paragraphe 1 – Décision de rejet de la demande – Évaluation et gestion des risques – Identification de domaines critiques de préoccupation – Conditions réalistes d’utilisation – Principe de précaution.#Affaire C-316/24 P.
La Cour de justice de l'Union européenne rejette le pourvoi de PAN Europe et confirme la validité du renouvellement de l'approbation de la cyperméthrine par la Commission. Elle juge que la Commission a correctement appliqué le règlement n° 1107/2009 en se fondant sur des conditions réalistes d'utilisation et en identifiant des domaines critiques de préoccupation sans pour autant violer le principe de précaution. Cet arrêt précise les limites du contrôle juridictionnel sur l'évaluation des risques et la marge d'appréciation de la Commission dans la gestion des substances actives phytopharmaceutiques.
18 décembre 2025
Arrêt de la Cour (quatrième chambre) du 18 décembre 2025.#Pesticide Action Network Europe (PAN Europe) contre Commission européenne.#Pourvoi – Agriculture – Produits phytopharmaceutiques – Article 4 – Règlement (CE) no 1107/2009 – Règlement d’exécution (UE) 2021/2049 – Renouvellement de l’approbation de la substance active “cyperméthrine” – Demande de réexamen interne – Règlement (CE) no 1367/2006 – Article 10, paragraphe 1 – Décision de rejet de la demande – Évaluation et gestion des risques – Identification de domaines critiques de préoccupation – Conditions réalistes d’utilisation – Principe de précaution.#Affaire C-316/24 P.
La Cour de justice de l'Union européenne rejette le pourvoi de PAN Europe contre le refus de la Commission de réexaminer le renouvellement de l'approbation de la cyperméthrine. Elle confirme que la Commission peut valablement identifier des "domaines critiques de préoccupation" tout en approuvant une substance, dès lors que l'évaluation des risques repose sur des conditions d'utilisation réalistes et que la gestion des risques, incluant des mesures d'atténuation, est jugée suffisante au regard du principe de précaution. Cet arrêt précise ainsi l'étendue du contrôle juridictionnel sur les décisions de la Commission en matière de produits phytopharmaceutiques et la portée de l'obligation de réexamen interne prévue par le règlement d'Aarhus.
18 décembre 2025
Arrêt de la Cour (quatrième chambre) du 18 décembre 2025.#CR et TP contre Soledil Srl, sous concordat préventif.#Renvoi préjudiciel – Protection des consommateurs – Clauses abusives dans les contrats conclus avec les consommateurs – Directive 93/13/CEE – Article 6, paragraphe 1, et article 7, paragraphe 1 – Pouvoir de contrôle et obligations du juge national – Clause pénale – Absence de contrôle d’office du caractère abusif de cette clause – Autorité de la chose jugée – Principe d’effectivité – Article 47 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne – Invocation du caractère abusif d’une clause contractuelle dans le cadre d’une procédure sur renvoi après cassation.#Affaire C-320/24.
La Cour de justice de l'Union européenne précise que le juge national saisi sur renvoi après cassation doit, en vertu du principe d'effectivité et de l'article 47 de la Charte, examiner d'office le caractère abusif d'une clause pénale, même si ce moyen n'a pas été soulevé dans le délai de la procédure initiale. L'autorité de la chose jugée ne peut pas faire obstacle à ce contrôle lorsque la décision antérieure n'a pas procédé à un tel examen. Cette solution garantit la protection effective du consommateur contre les clauses abusives, conformément aux articles 6 et 7 de la directive 93/13.
18 décembre 2025
Arrêt de la Cour (deuxième chambre) du 18 décembre 2025.#Deity Shoes, S.L. contre Mundorama Confort, S.L. et Stay Design, S.L.#Renvoi préjudiciel – Propriété intellectuelle – Dessins ou modèles communautaires – Règlement (CE) no 6/2002 – Articles 4 à 6 et 14 – Conditions de protection du dessin ou modèle – Nouveauté – Caractère individuel – Caractéristiques d’apparence prédéterminées par un tiers – Liberté du créateur dans l’élaboration du dessin ou modèle – Notion d’“utilisateur averti” – Influence des caractéristiques liées aux tendances de la mode.#Affaire C-323/24.
La Cour de justice de l'Union européenne précise les conditions de protection d'un dessin ou modèle communautaire, notamment la notion de "caractère individuel" et d'"utilisateur averti". Elle juge que les caractéristiques d'apparence prédéterminées par un tiers (comme un donneur d'ordre) limitent la liberté du créateur, ce qui doit être pris en compte pour évaluer le caractère individuel. En outre, les tendances de la mode peuvent influencer la perception de l'utilisateur averti, mais ne suffisent pas à écarter automatiquement le caractère individuel si l'impression globale diffère.
18 décembre 2025
Arrêt de la Cour (troisième chambre) du 18 décembre 2025.#Procédure pénale contre HG.#Renvoi préjudiciel – Espace de liberté, de sécurité et de justice – Coopération judiciaire en matière pénale – Directive 2014/41/UE – Décision d’enquête européenne en matière pénale – Article 3 – Champ d’application matériel – Notion de “mesure d’enquête” – Finalité – Obtention de preuves – Article 10 – Recours à un type différent de mesure d’enquête – Article 11 – Motifs de non-reconnaissance ou de non-exécution – Droits fondamentaux – Article 22 – Transfèrement temporaire de la personne détenue vers l’État membre d’émission aux fins de la réalisation d’une mesure d’enquête – Article 24 – Audition par vidéoconférence de la personne poursuivie – Article 24, paragraphe 2, sous b) – Principes fondamentaux du droit de l’État membre d’exécution.#Affaire C-325/24.
La Cour de justice de l'Union européenne précise le champ d'application de la directive 2014/41/UE relative à la décision d'enquête européenne (DEE), en jugeant que le transfèrement temporaire d'une personne détenue vers l'État d'émission pour y être entendue constitue une "mesure d'enquête" au sens de l'article 3. Elle encadre les conditions de ce transfèrement, notamment par rapport aux droits fondamentaux et à l'obligation de recourir à la vidéoconférence prévue à l'article 24 lorsque cela est possible et conforme aux principes fondamentaux de l'État d'exécution.
18 décembre 2025
Arrêt de la Cour (cinquième chambre) du 18 décembre 2025.#Autorità per le Garanzie nelle Comunicazioni (AGCOM) contre BRT SpA e.a.#Demande de décision préjudicielle, introduite par le Consiglio di Stato.#Renvoi préjudiciel – Services de livraison de colis postaux au public – Directive 97/67/CE – Articles 22 et 22 bis – Règlement (UE) 2018/644 – Article 4 – Décision de l’autorité nationale réglementaire mettant des obligations d’information à la charge des prestataires de services de livraison de colis – Fondement juridique de la compétence de cette autorité pour imposer des obligations d’information spécifiques à l’égard d’opérateurs n’effectuant pas de livraison transfrontière de colis – Proportionnalité.#Affaire C-345/24.
La Cour de justice de l'Union européenne précise, dans cette affaire, l'étendue des pouvoirs des autorités nationales de régulation (ANR) en matière de services de livraison de colis. Elle juge que la directive 97/67 et le règlement 2018/644 n'habilitent pas une ANR à imposer des obligations d'information spécifiques à des prestataires de services de livraison de colis qui n'effectuent pas de livraisons transfrontalières, sauf si ces obligations sont nécessaires et proportionnées pour assurer le contrôle du respect des obligations de service universel ou pour garantir la transparence du marché. L'arrêt rappelle ainsi que la compétence des ANR pour imposer de telles obligations doit reposer sur une base légale claire et respecter le principe de proportionnalité.
18 décembre 2025
Arrêt de la Cour (cinquième chambre) du 18 décembre 2025.#Autorità per le Garanzie nelle Comunicazioni (AGCOM) contre BRT SpA e.a.#Renvoi préjudiciel – Services de livraison de colis postaux au public – Directive 97/67/CE – Articles 22 et 22 bis – Règlement (UE) 2018/644 – Article 4 – Décision de l’autorité nationale réglementaire mettant des obligations d’information à la charge des prestataires de services de livraison de colis – Fondement juridique de la compétence de cette autorité pour imposer des obligations d’information spécifiques à l’égard d’opérateurs n’effectuant pas de livraison transfrontière de colis – Proportionnalité.#Affaire C-345/24.
La Cour de justice de l'Union européenne a jugé que la directive 97/67 et le règlement 2018/644 ne confèrent pas à une autorité nationale de régulation le pouvoir d'imposer des obligations d'information spécifiques à des prestataires de services de livraison de colis qui n'effectuent pas de livraisons transfrontalières. Une telle compétence doit reposer sur un fondement juridique national distinct et respecter le principe de proportionnalité.
18 décembre 2025
Arrêt de la Cour (troisième chambre) du 18 décembre 2025.#Amazon EU Sàrl contre Ministre de la Culture et Ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique.#Renvoi préjudiciel – Marché intérieur – Libre prestation de services – Libre circulation des marchandises – Protection ou promotion de la diversité culturelle – Service de livraison à domicile de livres – Mesure nationale prévoyant une tarification minimale pour un tel service – Directive 2006/123/CE – Applicabilité – Articulation avec les articles 34 et 56 TFUE.#Affaire C-366/24.
La Cour de justice de l'Union européenne interprète la directive "services" (2006/123/CE) et les articles 34 et 56 TFUE à propos d'une mesure française imposant un prix minimal pour la livraison de livres à domicile. Elle examine si cette réglementation, visant à protéger la diversité culturelle, constitue une restriction injustifiée à la libre prestation de services et à la libre circulation des marchandises. L'arrêt précise les conditions de compatibilité de telles mesures nationales avec le droit de l'UE, en particulier leur proportionnalité au regard de l'objectif culturel poursuivi.
18 décembre 2025
Arrêt de la Cour (première chambre) du 18 décembre 2025.#Integritetsskyddsmyndigheten contre AB Storstockholms Lokaltrafik.#Demande de décision préjudicielle, introduite par le Högsta förvaltningsdomstolen.#Renvoi préjudiciel – Protection des données à caractère personnel – Règlement (UE) 2016/679 – Articles 13 et 14 – Champ d’application – Données à caractère personnel collectées au moyen d’une caméra‑piéton portée par des contrôleurs dans les transports publics – Base juridique de l’obligation d’information de la personne concernée pesant sur le responsable du traitement.#Affaire C-422/24.
La Cour de justice de l'Union européenne précise, dans cette affaire, que l'obligation d'information prévue aux articles 13 et 14 du RGPD s'applique à la collecte de données à caractère personnel via des caméras-piétons portées par des contrôleurs dans les transports publics. Elle clarifie que le responsable du traitement doit fournir ces informations, même si la base juridique du traitement est une obligation légale nationale, et que cette obligation d'information ne peut être limitée que dans les conditions strictes prévues à l'article 14, paragraphe 5, du RGPD.
18 décembre 2025
Arrêt de la Cour (quatrième chambre) du 18 décembre 2025.#E. sp.j. contre C. sp. z o.o.#Renvoi préjudiciel – Directive 2011/7/UE – Lutte contre le retard de paiement dans les transactions commerciales – Article 3, paragraphe 1, et paragraphe 3, sous a) – Intérêts pour retard de paiement – Article 6, paragraphes 1 et 2 – Indemnisation pour les frais de recouvrement – Conditions – Réglementation nationale prévoyant la compensation de créances réciproques par déclaration ayant un effet rétroactif – Extinction simultanée des créances à concurrence de la moins élevée – Effets sur les intérêts et sur l’indemnisation.#Affaire C-481/24.
La Cour de justice de l'Union européenne interprète la directive 2011/7/UE concernant la lutte contre le retard de paiement. Elle précise qu'une réglementation nationale permettant la compensation de créances réciproques avec un effet rétroactif ne peut priver le créancier des intérêts de retard et de l'indemnisation forfaitaire pour frais de recouvrement, dus avant la compensation. En conséquence, le droit à ces sommes est maintenu malgré l'extinction rétroactive des créances.
18 décembre 2025
Arrêt de la Cour (neuvième chambre) du 18 décembre 2025.#Crédit agricole SA e.a. contre Banque centrale européenne (BCE).#Pourvoi – Politique économique et monétaire – Surveillance prudentielle des établissements de crédit – Mécanisme de surveillance unique – Règlement (UE) no 1024/2013 – Missions spécifiques de surveillance confiées à la Banque centrale européenne (BCE) – Article 4 – Fixation des exigences prudentielles – Article 16 – Risque lié aux engagements de paiement irrévocables (EPI) souscrits en faveur des systèmes de garantie des dépôts et des fonds de résolution – Déduction intégrale des sommes versées en tant que garantie des EPI des fonds propres de base de catégorie 1 – Pouvoir discrétionnaire de la BCE – Contrôle juridictionnel.#Affaire C-548/24 P.
La Cour de justice de l'Union européenne a rejeté le pourvoi de Crédit agricole SA contre la BCE, confirmant que cette dernière dispose d'un pouvoir discrétionnaire pour imposer la déduction intégrale des sommes versées en garantie des engagements de paiement irrévocables (EPI) des fonds propres de base de catégorie 1 (CET1). Ce faisant, la Cour valide l'approche prudentielle de la BCE, qui considère que ces garanties constituent un risque de perte effective, et précise que le contrôle juridictionnel de cette décision se limite à vérifier l'absence d'erreur manifeste d'appréciation. Pour un professionnel du droit français, cet arrêt confirme la marge de manœuvre de la BCE dans la fixation des exigences prudentielles, notamment pour les EPI souscrits en faveur des systèmes de garantie des dépôts et des fonds de résolution.
18 décembre 2025
Arrêt de la Cour (neuvième chambre) du 18 décembre 2025.#Confédération nationale du Crédit mutuel e.a. contre Banque centrale européenne (BCE).#Pourvoi – Politique économique et monétaire – Surveillance prudentielle des établissements de crédit – Mécanisme de surveillance unique – Règlement (UE) no 1024/2013 – Missions spécifiques de surveillance confiées à la Banque centrale européenne (BCE) – Article 4 – Fixation des exigences prudentielles – Article 16 – Risque lié aux engagements de paiement irrévocables (EPI) souscrits en faveur des systèmes de garantie des dépôts et des fonds de résolution – Déduction intégrale des sommes versées en tant que garantie des EPI des fonds propres de base de catégorie 1 – Pouvoir discrétionnaire de la BCE – Contrôle juridictionnel.#Affaire C-552/24 P.
La Cour de justice de l'Union européenne valide le pouvoir discrétionnaire de la Banque centrale européenne (BCE) d'exiger des banques la déduction intégrale de leurs fonds propres de base de catégorie 1 des sommes versées en garantie d'engagements de paiement irrévocables (EPI) souscrits en faveur des systèmes de garantie des dépôts et des fonds de résolution. Cet arrêt confirme que la BCE peut, dans le cadre de sa mission de surveillance prudentielle, imposer un traitement plus strict que le droit dérivé pour couvrir le risque de liquidité et de crédit associé à ces EPI. Le contrôle juridictionnel de cette décision se limite à vérifier l'absence d'erreur manifeste d'appréciation, la BCE disposant d'une large marge d'appréciation technique en matière prudentielle.
18 décembre 2025
Arrêt de la Cour (sixième chambre) du 18 décembre 2025.#CJ contre Service fédéral des Pensions (SFP).#Demande de décision préjudicielle, introduite par le tribunal du travail francophone de Bruxelles.#Renvoi préjudiciel – Fonctionnaires – Statut des fonctionnaires de l’Union européenne – Annexe VIII – Pensions – Droits à pension acquis avant l’entrée au service de l’Union européenne – Transfert au régime de pension des institutions de l’Union européenne – Demande de transfert du travailleur – Irrévocabilité de ce transfert – Enrichissement sans cause.#Affaire C-776/24.
Cet arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne (sixième chambre) du 18 décembre 2025, rendu sur renvoi préjudiciel du tribunal du travail francophone de Bruxelles, interprète le statut des fonctionnaires de l'UE (annexe VIII) concernant le transfert des droits à pension acquis antérieurement au régime de pension de l'Union. Il précise les conditions de l'irrévocabilité de ce transfert, décidé par le travailleur, et examine si un éventuel enrichissement sans cause de l'institution peut être invoqué pour remettre en cause cette opération.
18 décembre 2025