145 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
145
Décisions totales
383 581
Ordonnances
263 617
Avec résumé IA
Avocat : GOUACHE
Avocat : CABINET MAXIME GOUACHE
Le Tribunal Administratif de Nantes a annulé l'arrêté du 27 juin 2024 par lequel le préfet de Maine-et-Loire avait ordonné le transfert de M. B, ressortissant congolais demandeur d'asile, aux autorités espagnoles. La solution retenue repose sur la méconnaissance de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013, dit "clause discrétionnaire", permettant à un État membre d'examiner une demande d'asile même s'il n'est pas responsable selon les critères habituels. Le tribunal a estimé que la vulnérabilité particulière de M. B, liée à son état de santé psychiatrique et aux risques de traitements inhumains ou dégradants en cas de transfert en Espagne, justifiait l'application de cette clause. En conséquence, l'arrêté a été annulé pour erreur manifeste d'appréciation.
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme D B, ressortissante soudanaise, qui contestait l'arrêté du préfet de Maine-et-Loire ordonnant son transfert aux autorités polonaises pour l'examen de sa demande d'asile. Le tribunal a écarté les moyens tirés de la méconnaissance des articles 4 et 5 du règlement (UE) n° 604/2013 (Dublin III), estimant que la procédure d'information et l'entretien individuel avaient été régulièrement menés. Il a également jugé que les risques de traitements inhumains et dégradants en Pologne, invoqués sur le fondement des articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'UE, n'étaient pas établis, et que l'état de santé et la vulnérabilité de la requérante ne justifiaient pas l'application de la clause discrétionnaire de l'article 17 du règlement Dublin III. En conséquence, le tribunal a rejeté l'ensemble des demandes, y compris celles à fin d'injonction et au titre des frais de justice.
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. D. Celui-ci demandait d'enjoindre au département de la Loire-Atlantique de lui fournir un hébergement d'urgence, invoquant une atteinte grave à ses libertés fondamentales en raison de sa minorité et de sa situation de rue. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, M. D ayant attendu près de deux mois après la fin de sa prise en charge pour saisir le tribunal, sans justifier d'une aggravation récente de sa situation. La solution retenue est donc le rejet de la requête pour défaut d'urgence, sans qu'il soit nécessaire d'examiner le bien-fondé des autres moyens.