Droit européen — EUR-Lex
46 746textes du droit de l'Union européenne — Jurisprudence UE.
46 746
Total documents
435 176
Avec texte intégral
275 757
Résumés IA
0
En vigueur
Grandes catégories
Législation
Règlement · Directive · Décision · Recommandation
87 727Jurisprudence UE
Arrêt CJUE · Ordonnance · Conclusions
46 746Textes consolidés
Versions consolidées des textes
28 719Actes préparatoires
Propositions · Communications · Initiatives
83 771Relations extérieures
Accord international · PESC · Traité
23 166Autres
Budget · Avis · Résolution · Divers
165 047Par année
Ordonnance de la Cour (huitième chambre) du 18 décembre 2025.#RT.#Renvoi préjudiciel – Article 99 du règlement de procédure de la Cour – Réponse pouvant être clairement déduite de la jurisprudence – Espace de liberté, de sécurité et de justice – Coopération judiciaire en matière pénale – Décision-cadre 2002/584/JAI – Mandat d’arrêt européen émis aux fins d’exécution d’une peine privative de liberté – Article 4, point 6 – Motif de non-exécution facultative du mandat d’arrêt européen – Décision-cadre 2008/909/JAI – Article 8, paragraphe 1 – Reconnaissance d’un jugement prononçant une peine privative de liberté aux fins de l’exécution de la condamnation – Article 25 – Respect des conditions et de la procédure prévues par cette décision-cadre dans le cas où un État membre s’engage à exécuter une condamnation prononcée par un jugement rendu par une juridiction de l’État d’émission du mandat d’arrêt européen – Consentement de l’État d’émission quant à la prise en charge de l’exécution d’une telle condamnation par un État membre – Application de la décision-cadre 2008/909 à la procédure de reconnaissance dans cet État membre.#Affaire C-293/25.
Cette ordonnance de la Cour de justice de l'Union européenne précise, dans le cadre d'un renvoi préjudiciel, les conditions dans lesquelles un État membre peut refuser d'exécuter un mandat d'arrêt européen (MAE) émis aux fins d'exécution d'une peine, lorsque cet État s'engage à exécuter lui-même la condamnation. La Cour rappelle que cet engagement doit respecter les conditions et la procédure prévues par la décision-cadre 2008/909 relative à la reconnaissance des jugements en matière pénale, et nécessite le consentement de l'État d'émission du MAE. Pour un professionnel du droit français, cette décision confirme que le motif facultatif de non-exécution prévu à l'article 4, point 6, de la décision-cadre 2002/584 est subordonné au respect strict des mécanismes de transfert des personnes condamnées.
18 décembre 2025
Ordonnance de la Cour (sixième chambre) du 18 décembre 2025.#« YETTEL BULGARIA » EAD contre FB.#Demande de décision préjudicielle, introduite par le Sofiyski rayonen sad.#Renvoi préjudiciel – Article 53, paragraphe 2, et article 94 du règlement de procédure de la Cour – Exigence d’indication des raisons justifiant la nécessité d’une réponse par la Cour ainsi que du lien entre les dispositions du droit de l’Union dont l’interprétation est demandée et la législation nationale applicable – Absence de précisions suffisantes – Irrecevabilité manifeste.#Affaire C-502/25.
La Cour de justice de l'Union européenne a déclaré manifestement irrecevable la demande de décision préjudicielle introduite par le Sofiyski rayonen sad (Bulgarie) dans l'affaire C-502/25, faute pour la juridiction de renvoi d'avoir suffisamment exposé les raisons justifiant la nécessité d'une réponse de la Cour et le lien entre les dispositions du droit de l'Union invoquées et la législation nationale applicable. Cette ordonnance rappelle l'importance du respect des exigences de motivation prévues à l'article 94 du règlement de procédure de la Cour pour la recevabilité d'un renvoi préjudiciel.
18 décembre 2025
Affaire C-560/23, Tang: Arrêt de la Cour (première chambre) du 18 décembre 2025 (demande de décision préjudicielle de la Flygtningenævnet – Danemark) – H (ved DRC Dansk Flygtningehjælp) / Udlændingestyrelsen [Renvoi préjudiciel – Règlement (UE) no 604/2013 – Détermination de l’État membre responsable de l’examen d’une demande de protection internationale – Article 29, paragraphe 1 – Délai de transfert – Détermination du point de départ du délai de six mois – Introduction d’un recours juridictionnel assorti d’un effet suspensif – Circonstance nouvelle portée à la connaissance de l’autorité juridictionnelle saisie de ce recours – Annulation de la décision de transfert initiale et renvoi de l’affaire à l’autorité administrative compétente – Adoption d’une seconde décision de transfert faisant également l’objet d’un recours en annulation – Incidence sur la computation du délai de transfert]
Dans l'arrêt C-560/23, la Cour de justice de l'Union européenne précise le point de départ du délai de six mois pour le transfert d'un demandeur d'asile vers l'État membre responsable, en application du règlement Dublin III. Elle juge que lorsqu'une première décision de transfert est annulée par un juge et que l'affaire est renvoyée à l'autorité administrative, le délai de transfert court à nouveau à compter de l'adoption de la seconde décision de transfert, et non à compter de la notification de la décision initiale. Cette solution s'applique même si la seconde décision fait elle-même l'objet d'un recours suspensif, sous réserve que la circonstance nouvelle ayant justifié l'annulation ait été portée à la connaissance de l'autorité juridictionnelle.
18 décembre 2025
Affaire C-161/24, OSA: Arrêt de la Cour (troisième chambre) du 18 décembre 2025 (demande de décision préjudicielle du Krajský soud v Brně – République tchèque) – OSA, z.s., anciennement OSA – Ochranný svaz autorský pro práva k dílům hudebním, z.s. / Úřad pro ochranu hospodářské soutěže (Renvoi préjudiciel – Concurrence – Article 102 TFUE – Abus de position dominante – Organisme de gestion collective des droits d’auteur – Tarification des redevances pour l’octroi d’une licence de mise à disposition d’œuvres protégées par le droit d’auteur – Établissements hôteliers – Méthode de calcul – Absence de prise en compte du taux d’occupation des chambres – Prix non équitables)
Dans l'affaire C-161/24, la Cour de justice de l'Union européenne précise les conditions dans lesquelles la méthode de calcul des redevances perçues par un organisme de gestion collective des droits d'auteur (OSA) peut constituer un abus de position dominante au sens de l'article 102 TFUE. Elle juge qu'une tarification forfaitaire appliquée aux établissements hôteliers, sans prendre en compte le taux d'occupation réel des chambres, est susceptible d'imposer des prix non équitables si elle ne reflète pas la valeur économique de l'utilisation effective des œuvres. Cette décision a une portée directe pour les professionnels français, car elle encadre les pratiques tarifaires des sociétés de gestion collective (comme la SACEM) et impose une corrélation entre le montant des redevances et l'intensité réelle de l'exploitation des droits.
18 décembre 2025
Affaire C-184/24, Sidi Bouzid: Arrêt de la Cour (cinquième chambre) du 18 décembre 2025 (demande de décision préjudicielle du Tribunale amministrativo regionale per la Lombardia – Italie) – AF, agissant en son nom propre et en sa qualité de représentant légal de son enfant mineur BF / Ministero dell’Interno – U.T.G. – Prefettura di Milano (Renvoi préjudiciel – Espace de liberté, de sécurité et de justice – Politique d’asile – Directive 2013/33/UE – Personnes demandant la protection internationale – Article 7 – Lieu de résidence – Article 18 – Conditions matérielles d’accueil – Logement – Centres d’hébergement – Transfert – Refus du demandeur – Article 20, paragraphe 1, sous a) – Limitation du bénéfice des conditions matérielles d’accueil ou retrait de ce bénéfice dans des cas exceptionnels et dûment justifiés – Abandon du lieu de résidence sans information ou sans autorisation – Article 20, paragraphe 4 – Manquement grave au règlement du centre d’hébergement – Article 20, paragraphe 5 – Proportionnalité – Niveau de vie digne – Article 21 – Demandeurs relevant de la catégorie des personnes vulnérables – Article 23 – Mineurs – Faculté, pour un État membre, de retirer le bénéfice des conditions matérielles d’accueil, en cas de refus du demandeur d’être transféré dans un autre centre d’hébergement)
Cet arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne, rendu sur renvoi préjudiciel d'un tribunal italien, précise les limites du pouvoir des États membres de retirer ou de limiter les conditions matérielles d'accueil (notamment le logement) à un demandeur d'asile qui refuse d'être transféré dans un autre centre d'hébergement. La Cour interprète l'article 20 de la directive 2013/33/UE, en jugeant qu'un tel refus ne constitue pas automatiquement un « abandon du lieu de résidence » ou un « manquement grave au règlement » justifiant une sanction, et rappelle l'obligation de garantir un niveau de vie digne, en particulier pour les demandeurs vulnérables et les mineurs.
18 décembre 2025
Affaire C-550/24 P: Arrêt de la Cour (neuvième chambre) du 18 décembre 2025 – Société générale / BCE [Pourvoi – Politique économique et monétaire – Surveillance prudentielle des établissements de crédit – Mécanisme de surveillance unique – Règlement (UE) no 1024/2013 – Missions spécifiques de surveillance confiées à la Banque centrale européenne (BCE) – Article 4 – Fixation des exigences prudentielles – Article 16 – Risque lié aux engagements de paiement irrévocables (EPI) souscrits en faveur des systèmes de garantie des dépôts et des fonds de résolution – Déduction intégrale des sommes versées en tant que garantie des EPI des fonds propres de base de catégorie 1 – Pouvoir discrétionnaire de la BCE – Contrôle juridictionnel]
La Cour de justice de l'Union européenne confirme le pouvoir discrétionnaire de la Banque centrale européenne (BCE) d'imposer la déduction intégrale des engagements de paiement irrévocables (EPI) des fonds propres de base de catégorie 1 des établissements de crédit, dans le cadre de sa mission de surveillance prudentielle. L'arrêt précise que cette exigence, fondée sur l'article 16 du règlement (UE) n° 1024/2013, relève d'une appréciation discrétionnaire de la BCE soumise à un contrôle juridictionnel restreint, et non d'une simple application mécanique des règles prudentielles. Cette décision a une portée significative pour les banques françaises soumises au Mécanisme de surveillance unique, en clarifiant les limites du contrôle juridictionnel sur les décisions de la BCE en matière de fonds propres.
18 décembre 2025
Affaire C-481/24, E. (Compensation de créances): Arrêt de la Cour (quatrième chambre) du 18 décembre 2025 (demande de décision préjudicielle du Sąd Rejonowy dla m.st. Warszawy w Warszawie – Pologne) – E. sp.j. / C. sp. z o.o. (Renvoi préjudiciel – Directive 2011/7/UE – Lutte contre le retard de paiement dans les transactions commerciales – Article 3, paragraphe 1, et paragraphe 3, sous a) – Intérêts pour retard de paiement – Article 6, paragraphes 1 et 2 – Indemnisation pour les frais de recouvrement – Conditions – Réglementation nationale prévoyant la compensation de créances réciproques par déclaration ayant un effet rétroactif – Extinction simultanée des créances à concurrence de la moins élevée – Effets sur les intérêts et sur l’indemnisation)
Cet arrêt de la CJUE précise que la compensation de créances réciproques, lorsqu'elle produit un effet rétroactif en droit national, ne peut priver le créancier de son droit aux intérêts de retard et à l'indemnisation forfaitaire pour frais de recouvrement prévus par la directive 2011/7/UE. La Cour juge que ces droits naissent dès l'expiration du délai de paiement et ne peuvent être anéantis par une déclaration de compensation ultérieure, même rétroactive. Cette décision impose donc au juge national de vérifier que l'application des règles de compensation ne vide pas de leur substance les objectifs de la directive en matière de lutte contre les retards de paiement.
18 décembre 2025
Affaire C-422/24, Storstockholms Lokaltrafik: Arrêt de la Cour (première chambre) du 18 décembre 2025 (demande de décision préjudicielle du Högsta förvaltningsdomstolen – Suède) – Integritetsskyddsmyndigheten / AB Storstockholms Lokaltrafik [Renvoi préjudiciel – Protection des données à caractère personnel – Règlement (UE) 2016/679 – Articles 13 et 14 – Champ d’application – Données à caractère personnel collectées au moyen d’une caméra-piéton portée par des contrôleurs dans les transports publics – Base juridique de l’obligation d’information de la personne concernée pesant sur le responsable du traitement]
La Cour de justice de l'Union européenne interprète les articles 13 et 14 du RGPD dans le cadre de l'utilisation de caméras-piétons par des contrôleurs dans les transports publics. Elle précise le champ d'application de l'obligation d'information due à la personne concernée lorsque les données sont collectées via un tel dispositif, ainsi que la base juridique sur laquelle repose cette obligation pour le responsable du traitement. Cet arrêt clarifie les conditions dans lesquelles un responsable du traitement doit informer les personnes filmées, notamment en situation de contrôle.
18 décembre 2025
Affaire C-366/24, Amazon EU (Tarifs minimaux de livraison de livres): Arrêt de la Cour (troisième chambre) du 18 décembre 2025 (demande de décision préjudicielle du Conseil d'État – France) – Amazon EU Sàrl / Ministre de la Culture, Ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique (Renvoi préjudiciel – Marché intérieur – Libre prestation de services – Libre circulation des marchandises – Protection ou promotion de la diversité culturelle – Service de livraison à domicile de livres – Mesure nationale prévoyant une tarification minimale pour un tel service – Directive 2006/123/CE – Applicabilité – Articulation avec les articles 34 et 56 TFUE)
La Cour de justice de l'Union européenne, dans l'affaire C-366/24, se prononce sur la compatibilité avec le droit de l'Union de la réglementation française imposant un tarif minimal pour la livraison de livres à domicile. Elle examine si cette mesure nationale, visant à protéger la diversité culturelle, constitue une restriction à la libre prestation de services et à la libre circulation des marchandises au regard de la directive 2006/123/CE et des articles 34 et 56 TFUE. L'arrêt précise les conditions dans lesquelles un État membre peut justifier une telle entrave par des objectifs culturels impérieux d'intérêt général.
18 décembre 2025
Affaire C-353/24, Europark Latvia et Skidata: Arrêt de la Cour (septième chambre) du 18 décembre 2025 (demande de décision préjudicielle de l’administratīvā rajona tiesa, Rīgas tiesu nams – Lettonie) – SIA EUROPARK LATVIA, SKIDATA GmbH / Valsts ieņēmumu dienests [Renvoi préjudiciel – Politique industrielle – Procédure d’information dans le domaine des normes et réglementations techniques et des règles relatives aux services de la société de l’information – Directive (UE) 2015/1535 – Notion de règle technique – Réglementation nationale obligeant à fournir le code source d’un logiciel enregistré dans la base de données de l’administration fiscale à un organisme d’évaluation de la conformité des exigences techniques fiscales – Article 34 TFUE – Mesure d’effet équivalent à la restriction quantitative à l’importation – Principe de proportionnalité]
Cet arrêt de la CJUE précise qu'une réglementation nationale imposant la communication du code source d'un logiciel à un organisme d'évaluation de la conformité fiscale constitue une "règle technique" au sens de la directive (UE) 2015/1535, devant être notifiée à la Commission. Il examine également si une telle obligation peut constituer une mesure d'effet équivalent à une restriction quantitative à l'importation au sens de l'article 34 TFUE, en la soumettant à un contrôle de proportionnalité.
18 décembre 2025
Affaire C-345/24, AGCOM: Arrêt de la Cour (cinquième chambre) du 18 décembre 2025 (demande de décision préjudicielle du Consiglio di Stato – Italie) – Autorità per le Garanzie nelle Comunicazioni (AGCOM) / BRT SpA, Federazione Italiana Trasportatori (FEDIT), e.a. [Renvoi préjudiciel – Services de livraison de colis postaux au public – Directive 97/67/CE – Articles 22 et 22 bis – Règlement (UE) 2018/644 – Article 4 – Décision de l’autorité nationale réglementaire mettant des obligations d’information à la charge des prestataires de services de livraison de colis – Fondement juridique de la compétence de cette autorité pour imposer des obligations d’information spécifiques à l’égard d’opérateurs n’effectuant pas de livraison transfrontière de colis – Proportionnalité]
La Cour de justice de l'Union européenne interprète les articles 22 et 22 bis de la directive 97/67/CE ainsi que l'article 4 du règlement (UE) 2018/644 pour déterminer si une autorité nationale de régulation (l'AGCOM italienne) peut imposer des obligations d'information à des prestataires de services de livraison de colis qui n'effectuent pas de livraisons transfrontières. L'arrêt précise le fondement juridique de cette compétence et examine si de telles obligations sont proportionnées, notamment au regard de la finalité de transparence du marché postal.
18 décembre 2025
Affaire C-325/24, Bissilli: Arrêt de la Cour (troisième chambre) du 18 décembre 2025 (demande de décision préjudicielle du Tribunale Ordinario di Firenze – Italie) – procédure pénale contre HG (Renvoi préjudiciel – Espace de liberté, de sécurité et de justice – Coopération judiciaire en matière pénale – Directive 2014/41/UE – Décision d’enquête européenne en matière pénale – Article 3 – Champ d’application matériel – Notion de mesure d’enquête – Finalité – Obtention de preuves – Article 10 – Recours à un type différent de mesure d’enquête – Article 11 – Motifs de non-reconnaissance ou de non-exécution – Droits fondamentaux – Article 22 – Transfèrement temporaire de la personne détenue vers l’État membre d’émission aux fins de la réalisation d’une mesure d’enquête – Article 24 – Audition par vidéoconférence de la personne poursuivie – Article 24, paragraphe 2, sous b) – Principes fondamentaux du droit de l’État membre d’exécution)
L'arrêt C-325/24, Bissilli, précise le champ d'application de la directive 2014/41/UE relative à la décision d'enquête européenne (DEE). La Cour y clarifie notamment la notion de "mesure d'enquête" et les conditions dans lesquelles l'État d'exécution peut recourir à un type différent de mesure, en particulier pour l'audition par vidéoconférence d'une personne poursuivie. Il encadre également les motifs de non-reconnaissance ou de non-exécution d'une DEE, en les articulant avec le respect des droits fondamentaux et des principes fondamentaux du droit de l'État membre d'exécution.
18 décembre 2025
Affaire C-323/24, Deity Shoes: Arrêt de la Cour (deuxième chambre) du 18 décembre 2025 (demande de décision préjudicielle du Juzgado de lo Mercantil no 1 de Alicante – Espagne) – Deity Shoes, S.L. / Mundorama Confort, S.L., Stay Design, S.L [Renvoi préjudiciel – Propriété intellectuelle – Dessins ou modèles communautaires – Règlement (CE) no 6/2002 – Articles 4 à 6 et 14 – Conditions de protection du dessin ou modèle – Nouveauté – Caractère individuel – Caractéristiques d’apparence prédéterminées par un tiers – Liberté du créateur dans l’élaboration du dessin ou modèle – Notion d’utilisateur averti – Influence des caractéristiques liées aux tendances de la mode]
L'arrêt Deity Shoes (C-323/24) précise les conditions de protection des dessins ou modèles communautaires, notamment l'appréciation de la nouveauté et du caractère individuel. La Cour juge que les caractéristiques d'apparence prédéterminées par un tiers limitent la liberté du créateur, ce qui influence l'évaluation de l'utilisateur averti, et que les tendances de la mode ne sont pas un critère autonome pour écarter la protection. Cette décision clarifie la marge d'appréciation des juges nationaux dans le contentieux de la contrefaçon de dessins ou modèles.
18 décembre 2025
Affaire C-320/24, Soledil: Arrêt de la Cour (quatrième chambre) du 18 décembre 2025 (demande de décision préjudicielle de la Corte suprema di cassazione – Italie) – CR, TP / Soledil Srl, sous concordat préventif (Renvoi préjudiciel – Protection des consommateurs – Clauses abusives dans les contrats conclus avec les consommateurs – Directive 93/13/CEE – Article 6, paragraphe 1, et article 7, paragraphe 1 – Pouvoir de contrôle et obligations du juge national – Clause pénale – Absence de contrôle d’office du caractère abusif de cette clause – Autorité de la chose jugée – Principe d’effectivité – Article 47 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne – Invocation du caractère abusif d’une clause contractuelle dans le cadre d’une procédure sur renvoi après cassation)
Dans l'arrêt C-320/24, la CJUE précise que le principe d'effectivité et l'article 47 de la Charte imposent au juge national saisi sur renvoi après cassation de contrôler d'office le caractère abusif d'une clause pénale, même si ce moyen n'a pas été soulevé en première instance ou en appel et que la décision de première instance est passée en force de chose jugée sur d'autres points. Cette solution limite l'autorité de la chose jugée pour garantir la protection effective du consommateur, conformément aux articles 6 et 7 de la directive 93/13.
18 décembre 2025
Affaire C-260/24, Lukoil Bulgaria: Arrêt de la Cour (troisième chambre) du 18 décembre 2025 (demande de décision préjudicielle de l’Administrativen sad Sofia-oblast – Bulgarie) – Lukoil Bulgaria EOOD / Komisia za zashtita na konkurentsiata (Renvoi préjudiciel – Concurrence – Article 102 TFUE – Abus de position dominante – Marché du commerce de gros des carburants en Bulgarie – Compression des marges des concurrents ou effet de ciseaux tarifaires – Définition du marché de produits – Marché divisé verticalement – Prise en compte du régime des droits d’accise)
Dans l'affaire C-260/24, Lukoil Bulgaria, la Cour de justice de l'Union européenne précise les critères d'appréciation d'un abus de position dominante par effet de ciseaux tarifaires sur un marché de gros des carburants verticalement intégré, en application de l'article 102 TFUE. L'arrêt clarifie notamment la méthode de définition du marché de produits pertinent dans un tel contexte, en tenant compte du régime spécifique des droits d'accise. Cette décision fournit des orientations importantes pour les autorités de concurrence et les juridictions nationales dans l'analyse des pratiques de compression des marges.
18 décembre 2025
Affaire C-245/24, Lukoil Bulgaria et Lukoil Neftohim Burgas: Arrêt de la Cour (troisième chambre) du 18 décembre 2025 (demande de décision préjudicielle de l’Administrativen sad Sofia-oblast – Bulgarie) – Lukoil Bulgaria EOOD, Lukoil Neftohim Burgas AD / Komisia za zashtita na konkurentsiata (Renvoi préjudiciel – Concurrence – Article 102 TFUE – Abus de position dominante – Marché du stockage de carburants pour véhicules automobiles – Exploitation abusive – Refus d’accès à une infrastructure essentielle opposé à des entreprises tierces – Infrastructure financée par des fonds publics – Privatisation de cette infrastructure)
Cet arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne (C-245/25), rendu sur renvoi préjudiciel d'une juridiction bulgare, précise les conditions dans lesquelles le refus d'accès à une infrastructure de stockage de carburants, financée par des fonds publics puis privatisée, peut constituer un abus de position dominante au sens de l'article 102 TFUE. La Cour examine notamment si la circonstance que l'infrastructure a été initialement financée par des fonds publics et ensuite privatisée affecte l'appréciation de son caractère "essentiel" et l'existence d'un refus abusif. Pour le praticien français, cet arrêt est utile pour apprécier les obligations d'accès aux infrastructures essentielles dans les secteurs de l'énergie et des transports, en particulier lorsque ces infrastructures ont connu un changement de propriétaire public à privé.
18 décembre 2025
Affaire C-433/23: Arrêt de la Cour (deuxième chambre) du 18 décembre 2025 – Commission / Espagne (Calcul de l’EH) [Manquement d’État – Article 258 TFUE – Directive 91/271/CEE – Collecte et traitement des eaux urbaines résiduaires – Articles 3 à 5 et 15 – Actualisation de la charge polluante générée par les agglomérations, exprimée en équivalent habitant (EH) – Rejet]
La Cour de justice de l'UE condamne l'Espagne pour manquement à ses obligations en matière de collecte et de traitement des eaux urbaines résiduaires, en raison du défaut d'actualisation de la charge polluante (exprimée en équivalent habitant) de certaines agglomérations. Cet arrêt précise que les États membres doivent réévaluer périodiquement cette donnée pour garantir l'application correcte des seuils prévus par la directive 91/271/CEE. Pour un professionnel du droit français, il confirme l'obligation de mise à jour constante des données techniques conditionnant le régime de traitement des eaux usées.
18 décembre 2025
Jurisprudence CJUE — 62023CJ0448
18 décembre 2025
Arrêt de la Cour (grande chambre) du 18 décembre 2025.#Slagelse Almennyttige Boligselskab Afdeling Schackenborgvænge e.a. contre MV e.a.#Demande de décision préjudicielle, introduite par l'Østre Landsret.#Renvoi préjudiciel – Égalité de traitement entre les personnes sans distinction de race ou d’origine ethnique – Directive 2000/43/CE – Notions d’“origine ethnique”, de “discrimination directe” et de “discrimination indirecte” – Réglementation nationale exigeant l’adoption de plans d’aménagement destinés à réduire le pourcentage de logements publics familiaux dans certaines zones d’habitation – Identification de ces zones en fonction de la proportion d’“immigrés originaires de pays non occidentaux et de leurs descendants” – Justification – Cohésion sociale et intégration – Politique du logement – Article 7 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne – Droit au respect du domicile – Proportionnalité.#Affaire C-417/23.
Cet arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne, rendu en grande chambre, précise les notions de discrimination directe et indirecte fondée sur l'origine ethnique au sens de la directive 2000/43/CE. Il juge qu'une réglementation nationale qui identifie des zones d'habitation sur la seule base de la proportion d'immigrés originaires de pays non occidentaux et de leurs descendants, en vue d'y réduire le nombre de logements sociaux, constitue une discrimination indirecte, sauf si elle est objectivement justifiée par un objectif légitime de cohésion sociale et d'intégration et proportionnée, notamment au regard du droit au respect du domicile (article 7 de la Charte). Pour le professionnel du droit français, cet arrêt impose un contrôle strict de proportionnalité sur toute mesure de politique du logement utilisant un critère ethnique ou assimilé, même indirectement, et rappelle que la simple référence à l'origine géographique peut être constitutive d'une discrimination prohibée.
18 décembre 2025
Arrêt de la Cour (quatrième chambre) du 18 décembre 2025.#Electrabel SA e.a. contre Commission de Régulation de l’Electricité et du Gaz (CREG).#Renvoi préjudiciel – Marché intérieur de l’électricité – Règlement (UE) 2022/1854 – Intervention d’urgence pour faire face aux prix élevés de l’énergie – Article 2, points 5 et 9 – Articles 6 à 8 – Plafond sur les recettes issues du marché obtenues par les producteurs d’électricité utilisant certaines sources d’énergie – Détermination des “recettes issues du marché” – Réglementation nationale prévoyant le recours à des présomptions soit irréfragables, soit réfragables au moyen d’autres présomptions – Principe de proportionnalité – Article 22, paragraphe 2, sous c) – Période d’application des articles 6 à 8 de ce règlement – Application d’une mesure de plafonnement des recettes pour une période antérieure à celle prévue par ledit règlement, en vertu d’une réglementation nationale adoptée postérieurement à l’entrée en vigueur du même règlement – Principes de primauté et d’effectivité du droit de l’Union – Principe de coopération loyale.#Affaire C-633/23.
La Cour de justice de l'Union européenne interprète le règlement d'urgence 2022/1854 sur les prix élevés de l'énergie. Elle précise que les États membres ne peuvent pas appliquer un plafonnement des recettes des producteurs d'électricité pour une période antérieure à celle prévue par ce règlement, même via une réglementation nationale adoptée après son entrée en vigueur. La décision encadre également les méthodes de calcul des "recettes issues du marché", en prohibant les présomptions irréfragables qui porteraient atteinte au principe de proportionnalité.
18 décembre 2025