Jurisprudence — Tribunal Administratif de Montreuil
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N° TA93-2411620(TA93-2411620)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a annulé l'arrêté du 11 juillet 2024 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis refusait un titre de séjour à Mme B, ressortissante soudanaise, et l'obligeait à quitter le territoire. La juridiction a estimé que cette décision méconnaissait l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant, l'intérêt supérieur de son enfant né en France en 2023 étant de vivre auprès de ses deux parents, son père résidant régulièrement sur le territoire. Le tribunal a enjoint au préfet de délivrer à Mme B un titre de séjour "vie privée et familiale" dans un délai de deux mois.
N° TA93-2311888(TA93-2311888)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a annulé l'arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis du 26 mai 2023 refusant un titre de séjour à Mme B, ressortissante tunisienne, et l'obligeant à quitter le territoire. La juridiction a jugé que cette décision méconnaissait l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, compte tenu de la vie familiale établie en France de l'intéressée, mariée depuis 2013 à un résident de longue durée et mère de quatre enfants nés entre 2014 et 2022. Le tribunal a considéré que le refus portait une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de Mme B.
N° TA93-2415438(TA93-2415438)
Le Tribunal administratif de Montreuil, statuant en urgence sur le fondement de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation, a enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis d’assurer le logement de M. A..., reconnu prioritaire par la commission de médiation. Constatant qu’aucune offre de logement adaptée n’avait été proposée dans le délai légal de six mois, le juge a ordonné le relogement sous astreinte de 400 euros par mois de retard à compter du 1er mai 2025. La décision s’appuie sur le constat que la situation du demandeur n’avait pas évolué depuis la décision de la commission de médiation.
N° TA93-2310283(TA93-2310283)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a examiné la requête de M. B, ressortissant ivoirien, contestant l'arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis du 11 août 2023 lui refusant un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire, fixant le pays de renvoi et prononçant une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a annulé l'arrêté, considérant que le refus de titre de séjour méconnaissait l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, en raison de l'ancienneté de sa résidence en France, de son mariage avec une ressortissante titulaire d'un titre de séjour, et de la présence de ses deux jeunes enfants et d'un enfant français de son épouse vivant avec eux. Par voie de conséquence, les décisions portant obligation de quitter le territoire, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour ont également été annulées.
N° TA93-2201022(TA93-2201022)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a statué sur la demande de la SA Natixis relative à la restitution d’impôt sur les sociétés pour l’exercice 2016, concernant l’imposition de redevances de source turque et chinoise. Le tribunal a jugé que le crédit d’impôt pour les redevances turques doit être calculé sur la base du revenu brut, et non net, et que le revenu brut reconstitué ne doit pas être intégré dans le résultat imposable en France, conformément à la jurisprudence du Conseil d’État. Concernant les redevances chinoises, il a estimé que le point 6 du protocole de la convention fiscale franco-chinoise de 2013 ne s’applique pas pour réduire l’assiette imposable en France. En conséquence, la requête a été partiellement admise, avec une restitution limitée à 326 948 euros après compensation, et le surplus des conclusions (intérêts moratoires et dépens) a été rejeté. Les décisions s’appuient sur les conventions fiscales franco-turque et franco-chinoise, ainsi que sur le code général des impôts et le livre des procédures fiscales.
N° TA93-2207657(TA93-2207657)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a annulé le compte rendu d’entretien professionnel et la notation de M. A, gardien de la paix, pour l’année 2021. La décision a été censurée en raison d’un vice de procédure, l’entretien n’ayant pas été conduit par son supérieur hiérarchique direct, en méconnaissance de l’article 2 du décret du 28 juillet 2010. De plus, la fiche d’entretien était incomplète, avec des rubriques non renseignées, et la notation, en baisse par rapport à l’année précédente sans explication, était entachée d’erreur manifeste d’appréciation. Le tribunal a appliqué les dispositions du code général de la fonction publique et des décrets relatifs à l’évaluation des fonctionnaires de la police nationale.
N° TA93-2208122(TA93-2208122)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a été saisi par Mme B, fonctionnaire de l'université Paris 8, d’un recours en excès de pouvoir contre l’arrêté la radiant des cadres pour abandon de poste à compter du 1er avril 2022. La requérante invoquait notamment une insuffisance de motivation, un vice de procédure et une erreur d’appréciation. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que la procédure d’abandon de poste était régulière et que la décision était fondée sur l’absence de reprise effective du service après mise en demeure. La solution s’appuie sur les dispositions du code de l’éducation et de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 relative à la fonction publique de l’État.
N° TA93-2418007(TA93-2418007)
Le Tribunal administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par Mme A, agent communal, d'une demande d'injonction visant à obtenir le versement d'un demi-traitement pour novembre 2024 et d'un plein traitement pour décembre 2024, ainsi que la reconnaissance de l'imputabilité au service de son accident. La commune de Bagnolet a régularisé la situation en versant les sommes dues en janvier 2025, rendant sans objet les conclusions pécuniaires. Le juge a rejeté la demande relative à l'imputabilité au service, car elle ne relève pas du pouvoir du juge des référés, qui ne peut ordonner que des mesures provisoires. Enfin, les conclusions indemnitaires ont été déclarées irrecevables, le juge des référés n'étant pas compétent pour statuer sur ce type de demande.
N° TA93-2213539(TA93-2213539)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la requête de Mme A, qui contestait à la fois la rupture de son contrat à durée déterminée par le centre hospitalier de Saint-Denis et le titre de perception émis pour récupérer un trop-perçu de traitement. La rupture de la période d'essai a été jugée régulière, l'administration ayant motivé sa décision par l'inadaptation de l'agent au poste, conformément à l'article 7 du décret n° 91-155 du 6 février 1991. Le tribunal a également validé l'avis de sommes à payer, considérant que le trop-perçu était établi. La solution s'appuie sur les dispositions du code général de la fonction publique et de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986.
N° TA93-2403660(TA93-2403660)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a été saisi d’un recours en excès de pouvoir par M. C, ressortissant ivoirien, contre un arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis du 28 juillet 2023 lui refusant un titre de séjour et l’obligeant à quitter le territoire. Le tribunal a jugé que le recours était recevable, car la notification de l’arrêté à une adresse incomplète n’avait pas fait courir le délai de recours, et que la demande d’aide juridictionnelle déposée le 4 décembre 2023 avait valablement prorogé ce délai en application de l’article 43 du décret du 28 décembre 2020. La solution retenue porte sur la recevabilité du recours, sans trancher le fond du litige, et s’appuie sur les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (articles L. 614-1 et L. 911-1) ainsi que sur le décret relatif à l’aide juridictionnelle.
N° TA93-2214902(TA93-2214902)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la requête de la société Jima Car, qui contestait un titre exécutoire de 13 550 euros émis pour obtenir le remboursement d’aides Covid-19 perçues à tort. La société, exerçant une activité de transport de voyageurs, n’a pas démontré qu’elle remplissait les conditions de perte de chiffre d’affaires prévues par le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 pour bénéficier des aides sollicitées. Le tribunal a jugé que l’administration avait correctement limité le montant des aides à 4 990 euros, le surplus étant indu. La demande de décharge de la somme et les conclusions accessoires ont été rejetées.
N° TA93-2217858(TA93-2217858)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a été saisi par Mme B, reconnue prioritaire pour un logement par la commission de médiation en 2017, afin d'obtenir réparation pour l'absence de relogement malgré une injonction judiciaire de 2018. La responsabilité pour faute de l'État a été engagée sur le fondement des articles L. 300-1 et suivants du code de la construction et de l'habitation, en raison de la carence persistante du préfet à exécuter la décision. Le tribunal a condamné l'État à verser à Mme B une somme de 6 000 euros en réparation des troubles dans les conditions d'existence subis, appréciés en fonction de la durée de la carence et de l'inadaptation du logement occupé jusqu'en 2019. La solution retenue applique les principes de responsabilité administrative pour carence fautive dans l'exécution du droit au logement opposable.
N° TA93-2218012(TA93-2218012)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a condamné l'État à verser 1 500 euros à M. B C pour les troubles dans ses conditions d'existence, en raison de l'absence de relogement suite à sa reconnaissance comme prioritaire par la commission de médiation le 11 septembre 2019. La carence fautive de l'État a été établie à compter du 11 mars 2020, sur le fondement des articles L. 300-1 et L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. La solution retenue est une indemnisation partielle, inférieure aux 10 000 euros demandés, tenant compte de la durée de la carence et de la situation du requérant.
N° TA93-2409964(TA93-2409964)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la requête de M. A, qui contestait l'arrêté du préfet de police de Paris refusant de lui délivrer une habilitation d'accès aux zones de sûreté des plates-formes aéroportuaires. Le tribunal a estimé que le préfet n'avait pas commis d'erreur d'appréciation en se fondant sur les antécédents judiciaires de M. A (usage de stupéfiants, violences conjugales), conformément à l'article R. 6342-20 du code des transports. La solution retenue confirme que la moralité et le comportement du requérant ne présentent pas les garanties requises pour la sûreté et la sécurité publique.
N° TA93-2405307(TA93-2405307)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la requête de M. G, ressortissant algérien, qui contestait le refus de renouvellement de son titre de séjour en qualité de conjoint de Française, assorti d'une obligation de quitter le territoire. Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence, d'insuffisance de motivation et de défaut d'examen, en se fondant sur l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers. La solution retenue confirme la légalité de l'arrêté préfectoral du 21 novembre 2023.
N° TA93-2403659(TA93-2403659)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la requête de Mme E, ressortissante serbe, qui contestait le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Seine-Saint-Denis. La requérante invoquait notamment la méconnaissance des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Le tribunal a estimé que Mme E ne justifiait pas d'une résidence habituelle en France depuis plus de dix ans, rendant la saisine de la commission du titre de séjour non obligatoire, et que les éléments fournis ne constituaient ni des considérations humanitaires ni des motifs exceptionnels. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des demandes, incluant l'annulation de l'arrêté et les conclusions accessoires.
N° TA93-2403642(TA93-2403642)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a annulé l'arrêté du 14 novembre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé un titre de séjour à une ressortissante cap-verdienne et l'a obligée à quitter le territoire. La juridiction a estimé que cette décision portait une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale, garanti par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Le tribunal a relevé que l'intéressée, entrée en France à 17 ans, vivait avec son père portugais et sa belle-mère, justifiait d'une intégration sociale et professionnelle, et n'avait plus d'attaches familiales dans son pays d'origine. En conséquence, l'arrêté préfectoral a été annulé, et il a été enjoint au préfet de délivrer un titre de séjour "vie privée et familiale".
N° TA93-2403522(TA93-2403522)
Le Tribunal administratif de Montreuil a rejeté la requête de M. A, ressortissant malien, qui contestait l'arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis refusant de lui délivrer un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire. Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence et d'insuffisance de motivation, jugeant que l'arrêté était régulièrement signé par une autorité délégataire et suffisamment motivé. Sur le fond, il a rappelé que l'admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile nécessite des motifs exceptionnels ou des considérations humanitaires, ce que le requérant, entré en France en 2019, n'a pas démontré. La solution retenue est le rejet de la requête.
N° TA93-2415378(TA93-2415378)
Le Tribunal administratif de Montreuil, statuant en urgence sur le fondement de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation, a enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis d’assurer le logement de M. A..., reconnu prioritaire par la commission de médiation. Constatant qu’aucune offre de logement adaptée n’avait été proposée dans le délai légal de six mois, le juge a ordonné le relogement sous astreinte de 400 euros par mois de retard à compter du 1er mai 2025. La solution retenue applique les dispositions précitées imposant au juge d’ordonner le logement dès lors que les conditions de priorité et d’urgence sont réunies et que l’offre fait défaut.
N° TA93-2415373(TA93-2415373)
Le Tribunal administratif de Montreuil a été saisi par M. B..., reconnu prioritaire par la commission de médiation de la Seine-Saint-Denis, afin d'obtenir une injonction de logement. Constatant qu'aucune offre de logement adaptée ne lui avait été faite dans le délai légal, le tribunal a fait droit à sa demande sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. Par une ordonnance du 14 février 2025, le magistrat désigné a enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis d'assurer le logement de M. B..., sous astreinte de 400 euros par mois de retard à compter du 1er mai 2025.