Jurisprudence — Tribunal Administratif de Montreuil
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N° TA93-2304286(TA93-2304286)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a annulé la décision du 7 février 2023 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis avait refusé le regroupement familial de M. B au profit de son épouse. Le tribunal a jugé que le préfet ne pouvait pas légalement fonder son refus sur l'absence de M. B lors de visites de l'OFII, car la condition de logement normal prévue à l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'exige pas une occupation effective. Il a enjoint au préfet de réexaminer la demande après une nouvelle visite du logement.
N° TA93-2304244(TA93-2304244)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a été saisi par M. C, ressortissant algérien, d’un recours en excès de pouvoir contre la décision implicite du préfet de la Seine-Saint-Denis refusant de lui délivrer un certificat de résidence de dix ans en qualité de conjoint de Français. Le tribunal a rejeté l’exception de non-lieu à statuer soulevée par le préfet, estimant que la simple délivrance d’un récépissé de demande de titre de séjour ne faisait pas disparaître la décision implicite de refus. La solution retenue est fondée sur l’analyse des effets juridiques distincts du récépissé et du titre de séjour, sans que le jugement ne précise le sort des moyens soulevés au fond. Les textes appliqués incluent l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et le code de justice administrative.
N° TA93-2501789(TA93-2501789)
Le Tribunal administratif de Montreuil, saisi d’un recours pour excès de pouvoir contre un arrêté du préfet de police du 28 janvier 2025 interdisant à M. A de retourner sur le territoire français pendant un an, se déclare incompétent territorialement. Il estime que, en application des articles R. 922-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et R. 221-3 du code de justice administrative, la compétence revient au Tribunal administratif de Paris, siège de l’autorité ayant pris la décision. En conséquence, il transmet le dossier à cette juridiction par ordonnance.
N° TA93-2303433(TA93-2303433)
Le Tribunal administratif de Montreuil annule la décision implicite du préfet de la Seine-Saint-Denis refusant le renouvellement du titre de séjour de M. A, ressortissant guinéen. Le tribunal estime que le préfet a méconnu l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, car M. A justifie contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de ses deux enfants français. En conséquence, le tribunal enjoint au préfet de délivrer un titre de séjour à M. A dans un délai de deux mois, sans astreinte, et met à la charge de l'État une somme de 1 000 euros au titre des frais de justice.
N° TA93-2303334(TA93-2303334)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la requête de M. A, ressortissant camerounais, qui contestait le refus du préfet de la Seine-Saint-Denis de renouveler son titre de séjour. Le tribunal a d'abord écarté les moyens de procédure, jugeant la décision suffisamment motivée et prise par une autorité compétente. Sur le fond, il a estimé que le préfet avait légalement pu refuser le titre sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en raison de la menace pour l'ordre public que constituait la condamnation de M. A pour des violences sur un mineur. Le tribunal a également jugé que la décision ne portait pas une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
N° TA93-2303332(TA93-2303332)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a annulé la décision du 18 janvier 2023 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis avait refusé d'enregistrer la demande de titre de séjour de M. C, un ressortissant mauritanien. Le tribunal a jugé que le motif initialement invoqué par le préfet, tiré de la non-exécution d'une mesure d'éloignement, n'était pas légalement fondé pour refuser l'enregistrement. Cependant, le tribunal a substitué ce motif par celui du caractère abusif ou dilatoire de la demande, compte tenu des multiples demandes d'asile rejetées de M. C et de l'absence d'éléments nouveaux. En conséquence, la requête de M. C a été rejetée.
N° TA93-2303181(TA93-2303181)
Le Tribunal administratif de Montreuil a rejeté la requête de Mme C, ressortissante marocaine, qui contestait le refus du préfet de la Seine-Saint-Denis d’autoriser le regroupement familial pour son époux. Le tribunal a estimé que la décision préfectorale était fondée sur l’insuffisance des ressources du foyer, conformément aux articles L. 434-7 et L. 434-8 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, et que Mme C ne justifiait pas de ressources suffisantes sur la période de référence. Il a également jugé que le refus ne portait pas une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale garanti par l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, compte tenu des possibilités de visites ou de dépôt d’une nouvelle demande. La requête a donc été rejetée dans son intégralité.
N° TA93-2303146(TA93-2303146)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a annulé la décision du 6 février 2023 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé d'enregistrer la demande de titre de séjour de M. C. Le tribunal a jugé que le préfet ne pouvait opposer un refus d'enregistrement au seul motif que l'étranger faisait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, sans caractériser le caractère abusif ou dilatoire de la demande. Cette solution s'appuie sur les articles R. 431-10 à R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer la demande de M. C dans un délai d'un mois.
N° TA93-2303029(TA93-2303029)
Le Tribunal administratif de Montreuil a annulé la décision du 25 janvier 2023 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis avait refusé la demande de regroupement familial de Mme C au bénéfice de son époux. Le tribunal a jugé que le motif invoqué par le préfet, selon lequel l’intéressée avait acquis la nationalité française, reposait sur une erreur de fait, cette acquisition n’étant pas établie. En conséquence, il a enjoint au préfet de réexaminer la demande dans un délai de quatre mois et a condamné l’État à verser 1 100 euros à la requérante au titre des frais de justice. La décision s’appuie notamment sur l’article L. 434-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
N° TA93-2302933(TA93-2302933)
Le Tribunal Administratif de Montreuil (11ème chambre) a annulé la décision du 12 janvier 2023 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis avait classé sans suite la demande de titre de séjour de M. C, ressortissant algérien. Le tribunal a jugé que le préfet ne pouvait refuser d'enregistrer la demande au seul motif que l'intéressé faisait l'objet d'une mesure d'éloignement, dès lors que le dépôt n'était ni abusif ni dilatoire et que la situation de M. C avait évolué (séjour de plus de huit ans, contrat de travail à durée indéterminée). La décision a été annulée pour défaut d'examen de la situation personnelle du requérant. Les textes appliqués sont l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
N° TA93-2501838(TA93-2501838)
Le Tribunal administratif de Montreuil, saisi d’un recours en excès de pouvoir par M. A contre un arrêté préfectoral d’obligation de quitter le territoire français, s’est déclaré incompétent territorialement. Constatant que le requérant résidait à Paris à la date de la décision attaquée, il a ordonné, sur le fondement de l’article R. 312-8 du code de justice administrative, la transmission du dossier au Tribunal administratif de Paris. La solution retenue est donc un renvoi pour compétence territoriale, sans examen au fond.
N° TA93-2204558(TA93-2204558)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la demande de la Caisse régionale du Crédit agricole mutuel d'Ille-et-Vilaine, qui sollicitait la restitution partielle de la taxe sur les salaires acquittée en 2014 pour la rémunération de son directeur général. Le tribunal a jugé que, bien que les caisses régionales soient assujetties à cette taxe en vertu de l'article 53 bis de l'annexe III du code général des impôts, la rémunération du directeur général entre dans l'assiette de la taxe. Cette solution est fondée sur l'article 231 du code général des impôts, renvoyant aux règles d'assiette de la contribution sociale généralisée prévues à l'article L. 136-2 du code de la sécurité sociale, et sur l'article L. 311-2 du même code, qui inclut les dirigeants dans le régime général des salariés.
N° TA93-2203815(TA93-2203815)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la requête de la SA Natixis, qui contestait la non-déductibilité de la taxe annuelle sur les bureaux (article 231 ter du CGI) de l'assiette de l'impôt sur les sociétés pour les exercices 2015 à 2018. La société invoquait une violation des stipulations combinées de l'article 14 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 1er du premier protocole additionnel. Le tribunal a jugé que la requête était irrecevable pour l'exercice 2015 et, sur le fond, a estimé que la différence de traitement entre les sociétés assujetties à cette taxe en Île-de-France et celles qui ne le sont pas était justifiée et proportionnée, ne constituant pas une discrimination prohibée.
N° TA93-2203811(TA93-2203811)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la requête de la SA Natixis, qui demandait la restitution partielle de l'impôt sur les sociétés et des contributions sociales acquittés suite à la réintégration de la taxe annuelle sur les bureaux (article 231 ter du CGI) dans son résultat imposable. La société invoquait une violation des articles 14 de la Convention européenne des droits de l'homme et 1er du premier protocole additionnel, estimant que la non-déductibilité de cette taxe créait une discrimination. Le tribunal a jugé que la requête était irrecevable pour l'exercice 2015 faute de réclamation préalable et, sur le fond, a considéré que la différence de traitement entre les sociétés assujetties ou non à cette taxe en Île-de-France était justifiée par un objectif d'intérêt général, sans méconnaître les stipulations conventionnelles invoquées.
N° TA93-2203808(TA93-2203808)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la demande de la SAS Lor Matignon, qui contestait la non-déductibilité de la taxe annuelle sur les bureaux (article 231 ter du CGI) de l'assiette de l'impôt sur les sociétés pour l'exercice 2017. La société invoquait une violation des articles 14 de la Convention européenne des droits de l'homme et 1er du premier protocole additionnel. Le tribunal a jugé que la différence de traitement entre les sociétés assujetties à cette taxe en Île-de-France et celles qui ne le sont pas est justifiée par un motif d'intérêt général, et que la non-déductibilité est proportionnée à l'objectif poursuivi. En conséquence, la requête a été rejetée, ainsi que les demandes d'intérêts moratoires et de frais de justice.
N° TA93-2201375(TA93-2201375)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la requête de la Caisse régionale du Crédit agricole mutuel Centre France, qui demandait la décharge d’un rappel de taxe sur les salaires de 89 343 euros pour 2017. La requérante contestait l’inclusion de la rémunération de son directeur général dans l’assiette de la taxe, invoquant notamment l’application du code rural et de la sécurité sociale. Le tribunal a jugé que les caisses régionales de Crédit agricole mutuel sont assujetties à la taxe sur les salaires en vertu de l’article 53 bis de l’annexe III du code général des impôts. Il a également considéré que la rémunération du directeur général entre dans l’assiette de la taxe conformément aux articles 231 du code général des impôts et L. 136-2 du code de la sécurité sociale, sans que les moyens tirés du code rural ou de la doctrine administrative soient fondés.
N° TA93-2412390(TA93-2412390)
Le Tribunal administratif de Montreuil a été saisi par M. A d’un recours pour excès de pouvoir contre le rejet implicite de son recours amiable par la commission de médiation de la Seine-Saint-Denis, qui demandait la reconnaissance de son caractère prioritaire et urgent pour un hébergement. Par une décision du 27 novembre 2024, la commission a finalement reconnu M. A comme prioritaire et devant être logé d’urgence. Le tribunal a constaté que la requête était devenue sans objet et a prononcé un non-lieu à statuer, en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
N° TA93-2416341(TA93-2416341)
Le Tribunal administratif de Montreuil a rejeté la requête de Mme A contestant le refus de remise de dettes de prime d'activité (588,97 € et 223,73 €). La requérante n'a pas fourni d'éléments précis sur sa bonne foi ou sa précarité, malgré une invitation à régulariser son argumentation. Faute de précisions suffisantes, les moyens invoqués ont été jugés manifestement insusceptibles de venir au soutien de sa demande. La décision est fondée sur les articles L. 845-3 du code de la sécurité sociale et R. 222-1 du code de justice administrative.
N° TA93-2306124(TA93-2306124)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a annulé la décision implicite de rejet du préfet de la Seine-Saint-Denis refusant la délivrance d'un titre de séjour à une ressortissante congolaise. Le tribunal a jugé que ce refus méconnaissait l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, compte tenu de la présence continue en France de la requérante depuis 2005 et de sa vie commune avec un réfugié statutaire. En conséquence, il a enjoint au préfet de lui délivrer une carte de séjour "vie privée et familiale".
N° TA93-2417275(TA93-2417275)
Le Tribunal administratif de Montreuil a rejeté la requête de Mme B A, qui contestait un permis de construire délivré par le maire de Noisy-le-Grand à son voisin. La requête a été jugée manifestement irrecevable car elle n'était pas accompagnée de l'acte attaqué, en violation de l'article R. 412-1 du code de justice administrative. Malgré une demande de régularisation notifiée le 19 décembre 2024, la requérante n'a pas fourni le document manquant dans le délai imparti. En application du 4° de l'article R. 222-1 du même code, le premier vice-président a donc rejeté l'affaire par ordonnance, sans instruction contradictoire ni audience.