Jurisprudence — Tribunal Administratif de Toulon
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N° TA83-2302776(TA83-2302776)
Le Tribunal Administratif de Toulon a annulé la décision du 6 juillet 2023 par laquelle le directeur de l'Ehpad Saint-Jacques avait radié des cadres Mme A pour abandon de poste. La juridiction a retenu un vice de procédure, estimant que la mise en demeure adressée à l'agent contenait des informations contradictoires qui ne l'avaient pas informée régulièrement du risque de radiation. Le tribunal a également relevé une erreur de droit, car les arrêts de travail produits par Mme A constituaient des justificatifs valables de son absence, et l'administration n'avait pas levé l'ambiguïté de l'avis d'aptitude du conseil médical supérieur. La décision s'appuie sur les principes généraux de la fonction publique et le décret n°88-386 du 19 avril 1988.
N° TA83-2203593(TA83-2203593)
Le Tribunal Administratif de Toulon était saisi par La Mutuelle Verte de deux requêtes contestant le refus d'autoriser le licenciement de M. C, salarié protégé. La ministre du travail avait, par une décision du 3 mars 2023, annulé la décision initiale de l'inspectrice du travail et refusé le licenciement. Le tribunal a prononcé un non-lieu à statuer sur les conclusions dirigées contre la décision de l'inspectrice du travail et la décision implicite de rejet du recours hiérarchique, ces actes ayant été retirés ou annulés par la décision ministérielle du 3 mars 2023. Sur le fond, le tribunal a rejeté les requêtes de La Mutuelle Verte, estimant que la ministre n'avait pas commis d'erreur d'appréciation en refusant l'autorisation de licenciement, les faits reprochés n'étant pas établis avec une gravité suffisante au regard des dispositions du code du travail.
N° TA83-2303255(TA83-2303255)
Le Tribunal Administratif de Toulon a annulé un avis des sommes à payer émis le 13 juillet 2023 par le directeur de l'Ehpad Saint-Jacques, qui réclamait 614,22 euros à Mme A, agent titulaire, pour un trop-perçu de rémunération. La requérante contestait le bien-fondé de la créance, liée à sa radiation des cadres. En l'absence de mémoire en défense de l'établissement, qui devait prouver le bien-fondé de la somme, le tribunal a fait droit à la demande d'annulation et de décharge. La décision s'appuie sur les articles R. 612-3 et R. 612-6 du code de justice administrative.
N° TA83-2300239(TA83-2300239)
Le Tribunal Administratif de Toulon a examiné la requête de M. B, militaire de la marine nationale, contestant la décision du ministre des armées de ne pas reconnaître le lien au service de son affection (syndrome anxiodépressif) lors de son placement en congé de longue durée pour maladie. Le requérant soutenait que ses conditions de travail (mise à l'écart, rejet d'habilitations, non-renouvellement de contrat) étaient à l'origine de sa pathologie. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que le ministre n'avait pas commis d'erreur d'appréciation en estimant que la maladie n'était pas imputable au service, dès lors que les éléments médicaux produits ne permettaient pas d'établir un lien direct et certain avec les fonctions exercées. La décision s'appuie sur les dispositions du code de la défense, notamment l'article R. 4138-47.
N° TA83-2300124(TA83-2300124)
Le Tribunal Administratif de Toulon a été saisi par la SARL Nador Cott Protection, qui demandait la restitution de retenues à la source de 200 000 euros acquittées en 2020 et 2021 sur des prestations de recherche confiées à des entités marocaines. La société soutenait que ces prestations n'étaient pas imposables en France selon l'article 182 B du code général des impôts et la convention fiscale franco-marocaine du 29 mai 1970. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que la charge de la preuve incombait à la société requérante, qui n'a pas démontré le caractère exagéré de l'imposition. La décision applique les articles R. 194-1 du livre des procédures fiscales et 55 de la Constitution, ainsi que la convention fiscale précitée.
N° TA83-2301251(TA83-2301251)
Le Tribunal administratif de Toulon a rejeté la requête de M. A, qui contestait son assujettissement à la cotisation foncière des entreprises (CFE) pour l'année 2022. Le requérant soutenait avoir cessé son activité de débit de boissons en avril 2022 et demandait un calcul au prorata temporis. Le tribunal a jugé que la reprise de l'activité par un autre exploitant constituait un changement d'exploitant au sens de l'article 1478 IV du code général des impôts, et non une cessation d'activité, ce qui justifie le maintien de l'imposition pour l'année entière. Les difficultés financières et l'accès au compte fiscal par un comptable ont été écartés comme sans incidence sur le bien-fondé de l'imposition.
N° TA83-2402331(TA83-2402331)
Le Tribunal Administratif de Toulon (4ème chambre) était saisi par la SA Thalgo TCH d’une demande en décharge d’une amende fiscale de 55 000 euros infligée sur le fondement de l’article 1763 du code général des impôts. L’administration fiscale a prononcé un dégrèvement total de cette amende en cours d’instance, reconnaissant l’irrégularité de la procédure. La société requérante étant réputée s’être désistée de ses conclusions à fin de décharge, le tribunal donne acte de ce désistement. En revanche, la demande de versement d’intérêts moratoires, fondée sur l’article L. 208 du livre des procédures fiscales, est rejetée comme irrecevable, ces intérêts étant payés d’office par le comptable public sans qu’il soit besoin d’une décision juridictionnelle.
N° TA83-2203170(TA83-2203170)
Le Tribunal Administratif de Toulon a examiné la requête de Mme A contestant le refus du maire de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume de lui délivrer un certificat de non-opposition à déclaration préalable pour un lotissement. La requérante soutenait qu'une décision tacite de non-opposition était née le 24 juin 2022, faute de demande de pièces complémentaires valablement formulée. Le tribunal a rejeté la demande d'annulation de l'arrêté du 3 octobre 2022, considérant que les moyens soulevés n'étaient pas fondés. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'urbanisme, notamment les articles R. 423-23, R. 424-13 et L. 424-5, ainsi que sur le code général des collectivités territoriales.
N° TA83-2202968(TA83-2202968)
Le Tribunal Administratif de Toulon (2ème chambre) a rejeté la requête de M. B, agent du département du Var, qui contestait le refus implicite de lui verser des indemnités de repas. Le tribunal a jugé que, selon la note de service départementale du 13 juin 2018, l’indemnité de repas est due lorsque l’agent est en mission hors de ses résidences administrative et familiale entre 11h et 14h, et que son versement est subordonné à la prise effective d’un repas sur cette plage horaire. En l’espèce, M. B n’a pas démontré avoir pris un repas durant cette période, ce qui justifie le refus. La décision s’appuie sur les décrets n° 2001-654 du 19 juillet 2001 et n° 2006-781 du 3 juillet 2006 relatifs aux frais de déplacement des personnels territoriaux.
N° TA83-2501525(TA83-2501525)
Le Tribunal Administratif de Toulon, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a examiné la demande de suspension de la décision du centre hospitalier de Hyères refusant de titulariser Mme A et la radiant des effectifs. Le juge a considéré que la condition d'urgence était remplie, la privation de traitement et les conséquences sociales et psychologiques constituant un préjudice grave et immédiat. Cependant, aucun des moyens soulevés, notamment ceux tirés du défaut de motivation, de l'irrégularité de la procédure devant la commission administrative paritaire, de l'erreur manifeste d'appréciation et de la violation de l'article 11 du décret du 19 avril 1988, n'a été jugé propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. En conséquence, la requête aux fins de suspension a été rejetée.
N° TA83-2501570(TA83-2501570)
Le Tribunal Administratif de Toulon, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 24 octobre 2024 interdisant définitivement à M. A C d'exercer auprès de mineurs. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés par le requérant, notamment l'absence de poursuites judiciaires et l'erreur manifeste d'appréciation, n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision, sans qu'il soit nécessaire d'examiner la condition d'urgence. La requête a donc été intégralement rejetée.
N° TA83-2501717(TA83-2501717)
Le Tribunal Administratif de Toulon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l'exécution d'un permis de construire délivré par le maire de Saint-Tropez pour l'extension d'une villa. Les requérants, copropriétaires avec le pétitionnaire, invoquaient notamment l'absence d'accord préalable de la copropriété et une fraude. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés n'était, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. En conséquence, les requérants ont été condamnés solidairement à verser 2 000 euros à la commune au titre des frais de justice.
N° TA83-2501721(TA83-2501721)
Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la requête en référé suspension de la SAS Free Mobile contestant la décision du maire de Ramatuelle de surseoir à statuer sur sa déclaration préalable pour l’implantation d’un relais de radiotéléphonie mobile. Le juge a estimé qu’aucun des moyens soulevés, notamment l’incompétence de l’auteur de l’acte ou la violation des articles L. 153-11 et R. 111-27 du code de l’urbanisme, n’était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée. En conséquence, la demande de suspension et les conclusions accessoires ont été rejetées, et Free Mobile a été condamnée à verser 3 000 euros à la commune au titre des frais de justice.
N° TA83-2400709(TA83-2400709)
Le Tribunal Administratif de Toulon a examiné la requête de M. B, adjoint-gestionnaire, contestant son déplacement d'office prononcé par la rectrice de l'académie de Nice pour des manquements professionnels. Le tribunal a jugé que les faits reprochés, notamment des négligences dans la gestion financière et un défaut de loyauté hiérarchique, étaient matériellement établis et constituaient des fautes disciplinaires. Estimant que la sanction du déplacement d'office n'était pas disproportionnée au regard de la gravité des fautes commises, le tribunal a rejeté l'ensemble des conclusions de M. B, y compris ses demandes d'injonction et de frais de justice. La décision s'appuie sur les articles L. 530-1, L. 533-1, L. 121-1, L. 121-2, L. 121-7, L. 121-9 et L. 121-10 du code général de la fonction publique.
N° TA83-2400310(TA83-2400310)
Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la requête de la SCI Immo Luxe visant à annuler l'arrêté du préfet du Var du 30 novembre 2023. Cet arrêté mettait en demeure le liquidateur de la société Azura BTP de sécuriser et remettre en état un site de stockage illégal de déchets, exploité sans autorisation. Le tribunal a jugé que la requérante ne justifiait pas d'un intérêt à agir suffisant, car elle n'était pas directement concernée par les mesures de police environnementale prises sur le fondement du code de l'environnement. Par conséquent, les conclusions indemnitaires et les demandes de modification de l'arrêté ont également été déclarées irrecevables.
N° TA83-2300247(TA83-2300247)
Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la requête de M. B, qui contestait des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux pour 2019. Le tribunal a jugé que la proposition de rectification était suffisamment motivée au regard des articles L. 57 et R. 57-1 du livre des procédures fiscales, permettant au contribuable de présenter utilement ses observations. Sur le fond, le tribunal a considéré que l'administration avait correctement déterminé la plus-value de cession et que la remise en cause du bénéfice du dispositif "Scellier" était justifiée, la vente judiciaire ne constituant pas un cas de force majeure. En conséquence, la demande de décharge et la demande de frais de justice ont été rejetées.
N° TA83-2300231(TA83-2300231)
Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la requête de la SAS Sport MG, qui contestait des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés pour 2018 et 2019, ainsi que des rappels de taxe sur les véhicules des sociétés. Concernant l'impôt sur les sociétés, le tribunal a jugé que la société avait commis une erreur de calcul dans ses déclarations rectificatives de TVA, ce qui lui avait procuré un profit sur le Trésor, justifiant les rectifications opérées par l'administration sur le fondement du code général des impôts. S'agissant de la taxe sur les véhicules des sociétés, le tribunal a estimé que les véhicules en cause entraient dans le champ d'application de la taxe et que la doctrine administrative invoquée n'était pas applicable. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de la requérante.
N° TA83-2300173(TA83-2300173)
Cette décision du Tribunal Administratif de Toulon (4ème chambre) concerne un litige fiscal relatif à la cotisation foncière des entreprises (CFE). Le requérant, M. B, loueur de meublés saisonniers, contestait son imposition au titre de l'année 2022 en sollicitant une exonération sur le fondement de l'article 1647 D du code général des impôts, en raison de ses faibles recettes (3 870 euros). Le tribunal a rejeté sa demande, jugeant que l'activité de location de meublés est imposable à la CFE par nature (article 1447 du CGI) et que l'exonération de la cotisation minimum prévue à l'article 1647 D ne s'applique qu'aux redevables dont le chiffre d'affaires est inférieur ou égal à 5 000 euros, ce qui n'exonère pas du principe même de l'imposition.
N° TA83-2300172(TA83-2300172)
Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la demande de M. et Mme D, qui contestaient des rehaussements d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux pour les années 2017 à 2019 dans la catégorie des revenus fonciers. Les requérants sollicitaient la déduction de diverses charges (frais d'administration, provisions, dépenses d'entretien et acquisition d’un groupe électrogène). Le tribunal a jugé que les époux D ne justifiaient pas, par des pièces probantes, le montant des frais d'administration restés à leur charge, et a appliqué les articles 14, 28 et 31 du code général des impôts. La solution retenue est le rejet de la requête.
N° TA83-2301769(TA83-2301769)
Le Tribunal administratif de Toulon a rejeté la requête de M. D, professeur certifié, qui contestait un arrêté du recteur de l'académie de Nice lui infligeant une exclusion temporaire de fonctions de trois jours pour une altercation violente avec un collègue. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que les faits de comportement agressif et de geste violent étaient matériellement établis. Il a estimé que la sanction, relevant du premier groupe prévu par l'article 66 de la loi du 11 janvier 1984, n'était pas disproportionnée au regard des obligations de dignité et de discipline imposées par la loi du 13 juillet 1983.