Droit européen — EUR-Lex
19 730textes du droit de l'Union européenne — 2024.
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165 048Par année
Arrêt de la Cour (première chambre) du 4 octobre 2024.#X BV contre Staatssecretaris van Financiën.#Renvoi préjudiciel – Liberté d’établissement – Article 49 TFUE – Impôt sur les sociétés – Emprunt transfrontalier intragroupe aux fins du financement de l’acquisition ou de l’augmentation d’une participation dans une société non liée au groupe concerné qui devient, à la suite de cette opération, liée à ce groupe – Déduction des intérêts versés au titre de cet emprunt – Emprunt contracté à des conditions de pleine concurrence – Notion de “montage purement artificiel” – Principe de proportionnalité.#Affaire C-585/22.
Cet arrêt clarifie les conditions dans lesquelles un État membre peut refuser la déduction fiscale d'intérêts sur un emprunt transfrontalier intragroupe. La Cour juge qu'un tel refus constitue une restriction à la liberté d'établissement, sauf si l'opération constitue un montage purement artificiel. Elle précise que le seul fait que l'emprunt finance l'acquisition d'une participation dans une société tierce ne suffit pas à caractériser une telle artificialité.
4 octobre 2024
Arrêt de la Cour (première chambre) du 4 octobre 2024.#thyssenkrupp AG contre Commission européenne.#Pourvoi – Concurrence – Règlement (CE) no 139/2004 – Concentration d’entreprises – Décision déclarant la concentration incompatible avec le marché intérieur et le fonctionnement de l’accord EEE – Détermination des marchés pertinents – Entrave significative à une concurrence effective – Création ou renforcement d’une position dominante – Effets non coordonnés – Niveau de preuve – Notions d’“important moteur de la concurrence” et de “concurrents proches” – Proximité de concurrence entre les parties à la concentration – Indice de Herfindahl-Hirschmann – Demandes de renseignements – Dénaturation.#Affaire C-581/22 P.
Cet arrêt de la Cour de justice confirme l'appréciation de la Commission européenne concernant une concentration qui créerait une position dominante sur le marché. Il précise les critères d'analyse des effets non coordonnés, notamment la notion de "concurrents proches" et l'utilisation de l'indice Herfindahl-Hirschmann, tout en réaffirmant le niveau de preuve requis pour établir une entrave significative à la concurrence.
4 octobre 2024
Arrêt de la Cour (septième chambre) du 4 octobre 2024.#GF contre Schauinsland-Reisen GmbH.#Renvoi préjudiciel – Voyages à forfait et prestations de voyage liées – Directive (UE) 2015/2302 – Article 12, paragraphe 3 – Résiliation d’un contrat de voyage à forfait par l’organisateur – Circonstances exceptionnelles et inévitables – Exécution du voyage empêchée en raison de telles circonstances – Recommandation officielle visant à déconseiller les voyages vers le pays de destination en raison de la propagation de la COVID-19.#Affaire C-546/22.
Cet arrêt précise que la pandémie de COVID-19 peut constituer une "circonstance exceptionnelle et inévitable" permettant à un organisateur de voyages d'annuler un forfait sans payer d'indemnisation, même en l'absence d'une interdiction formelle de voyager. La Cour estime qu'une recommandation officielle déconseillant fortement les voyages vers la destination, émise par les autorités du pays de départ du voyageur, est suffisante pour caractériser l'empêchement d'exécution du contrat.
4 octobre 2024
Arrêt de la Cour (première chambre) du 4 octobre 2024.#Aeris Invest Sàrl contre Commission européenne et Conseil de résolution unique (CRU).#Pourvoi – Politique économique et monétaire – Union bancaire – Règlement (UE) no 806/2014 – Mécanisme de résolution unique des établissements de crédit et de certaines entreprises d’investissement – Procédure de résolution applicable en cas de défaillance avérée ou prévisible d’une entité – Adoption d’un dispositif de résolution à l’égard de Banco Popular Español SA – Article 18, paragraphe 1 – Conditions auxquelles est soumise l’adoption d’un dispositif de résolution – Obligations du Conseil de résolution unique (CRU) – Devoir de diligence – Obligation de motivation – Article 88 – Obligation de confidentialité – Article 14 – Objectifs de la résolution – Cession des activités de l’entité concernée – Conditions de la vente et auxquelles une offre peut être acceptée – Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne – Article 17 – Droit de propriété des actionnaires – Validité du règlement no 806/2014.#Affaire C-535/22 P.
Cet arrêt traite d'un recours contre une décision de résolution bancaire concernant Banco Popular Español SA. Il examine notamment les obligations procédurales du Conseil de résolution unique, notamment son devoir de diligence et de motivation, ainsi que le respect du droit de propriété des actionnaires. La Cour confirme la validité du cadre réglementaire de l'Union bancaire tout en précisant les conditions encadrant l'action des autorités de résolution.
4 octobre 2024
Arrêt de la Cour (première chambre) du 4 octobre 2024.#thyssenkrupp AG contre Commission européenne.#Pourvoi – Concurrence – Règlement (CE) no 139/2004 – Concentration d’entreprises – Décision déclarant la concentration incompatible avec le marché intérieur et le fonctionnement de l’accord EEE – Détermination des marchés pertinents – Entrave significative à une concurrence effective – Création ou renforcement d’une position dominante – Effets non coordonnés – Niveau de preuve – Notions d’“important moteur de la concurrence” et de “concurrents proches” – Proximité de concurrence entre les parties à la concentration – Indice de Herfindahl-Hirschmann – Demandes de renseignements – Dénaturation.#Affaire C-581/22 P.
Cet arrêt concerne le contrôle des concentrations par la Commission européenne et précise les critères d'appréciation d'une entrave significative à la concurrence. La Cour confirme notamment l'importance de l'analyse des effets non coordonnés et des notions de "moteur important de la concurrence" et de "concurrents proches" pour évaluer le renforcement d'une position dominante. Elle apporte également des clarifications sur le niveau de preuve requis et sur l'utilisation des indices de concentration comme l'indice Herfindahl-Hirschmann.
4 octobre 2024
Arrêt de la Cour (neuvième chambre) du 4 octobre 2024.#Autoridade Tributária e Aduaneira contre NT.#Demande de décision préjudicielle, introduite par le Supremo Tribunal Administrativo.#Renvoi préjudiciel – Dumping – Importation de certains éléments de fixation en fer ou en acier originaires de la République populaire de Chine – Importations de certains éléments de fixation en fer ou en acier expédiés de Malaisie – Règlement d’exécution (UE) 2016/278 – Abrogation des droits antidumping institués par le règlement (CE) no 91/2009 – Prise d’effet de cette abrogation – Importations antérieures à cette prise d’effet – Recouvrement a posteriori de droits antidumping.#Affaire C-412/22.
Cet arrêt clarifie les conditions de recouvrement des droits antidumping après l'abrogation d'un règlement les instituant. La Cour précise que les droits restent exigibles pour les importations réalisées avant la date de prise d'effet de l'abrogation, même si le recouvrement intervient postérieurement à cette date. L'arrêt interprète ainsi les effets juridiques de l'abrogation d'un acte de droit dérivé dans le temps, en lien avec le règlement d'exécution (UE) 2016/278.
4 octobre 2024
Affaire C-793/22, Biohemp Concept: Arrêt de la Cour (quatrième chambre) du 4 octobre 2024 (demande de décision préjudicielle de la Curtea de Apel Alba Iulia – Roumanie) – Biohemp Concept SRL / Direcţia pentru Agricultură Judeţeană Alba [Renvoi préjudiciel – Politique agricole commune – Règlement (UE) no 1305/2013 – Règlement (UE) no 1307/2013 – Règlement (UE) no 1308/2013 – Culture du chanvre (Cannabis sativa) – Refus d’autoriser la culture du chanvre dans des systèmes hydroponiques à l’intérieur d’espaces fermés]
Cet arrêt clarifie les conditions d'éligibilité aux aides de la PAC pour la culture du chanvre, en précisant que les cultures hydroponiques en espaces clos peuvent être considérées comme des "surfaces agricoles" si elles remplissent une fonction agricole réelle. La Cour indique que le refus systématique d'autorisation par les autorités nationales doit être justifié au regard des objectifs de la politique agricole commune.
4 octobre 2024
Affaire C-621/22, Koninklijke Nederlandse Lawn Tennisbond: Arrêt de la Cour (neuvième chambre) du 4 octobre 2024 (demande de décision préjudicielle du rechtbank Amsterdam – Pays-Bas) – Koninklijke Nederlandse Lawn Tennisbond / Autoriteit Persoonsgegevens [Renvoi préjudiciel – Protection des personnes physiques à l’égard du traitement de données à caractère personnel – Règlement (UE) 2016/679 – Article 5, paragraphe 1, sous a) – Licéité du traitement – Article 6, paragraphe 1, premier alinéa, sous f) – Nécessité du traitement aux fins des intérêts légitimes poursuivis par le responsable du traitement ou par un tiers – Notion d’intérêts légitimes – Intérêt commercial – Fédération sportive – Communication à titre onéreux des données à caractère personnel des membres d’une fédération sportive à des sponsors sans le consentement de ces membres]
Cet arrêt de la Cour de justice précise les conditions d'application de l'intérêt légitime (article 6, paragraphe 1, sous f), du RGPD) comme base légale pour un traitement de données, notamment dans un contexte commercial. La Cour estime que la communication onéreuse des données personnelles des membres d'une fédération sportive à des sponsors, sans leur consentement, ne peut généralement pas reposer sur cet intérêt légitime, car elle excède les attentes raisonnables des personnes concernées. Cette interprétation restreint l'utilisation de cette base juridique pour des finalités de marketing direct ou de monétisation des données sans un fondement plus solide.
4 octobre 2024
Affaire C-237/22 P: Arrêt de la Cour (huitième chambre) du 4 octobre 2024 – Mylan IRE Healthcare Ltd / Commission européenne, UAB VVB [Pourvoi – Règlement (CE) no 141/2000 – Médicaments orphelins – Articles 3 et 8 – Notion de bénéfice notable – Notion de supériorité clinique – Règlement (CE) no 847/2000 – Article 3 – Autorisation de mise sur le marché du médicament à usage humain Tobramycin VVB – Période d’exclusivité commerciale du médicament Tobi Podhaler, contenant la substance active tobramycine – Dérogation à cette exclusivité commerciale]
La Cour de justice de l'Union européenne précise les conditions de dérogation à l'exclusivité commerciale d'un médicament orphelin, en interprétant les notions de "bénéfice notable" et de "supériorité clinique" au sens des règlements (CE) n° 141/2000 et n° 847/2000. Dans cette affaire, la Cour annule l'arrêt du Tribunal qui avait rejeté le recours de Mylan IRE Healthcare Ltd contre la décision de la Commission autorisant la mise sur le marché du médicament Tobramycin VVB en dérogation à l'exclusivité commerciale du Tobi Podhaler. L'arrêt clarifie ainsi le niveau de preuve requis pour démontrer qu'un médicament similaire apporte un bénéfice notable par rapport à un médicament orphelin déjà autorisé, ce qui a des implications directes pour la stratégie de protection des données d'exclusivité des laboratoires pharmaceutiques.
4 octobre 2024
Arrêt de la Cour (grande chambre) du 4 octobre 2024.#Commission européenne et Conseil de l'Union européenne contre Front populaire pour la libération de la Saguia el-Hamra et du Rio de oro (Front Polisario).#[Tel que rectifié par ordonnance du 15 janvier 2025] Pourvoi – Action extérieure – Accords internationaux – Accord de partenariat dans le domaine de la pêche durable entre l’Union européenne et le Royaume du Maroc – Décision concernant la conclusion de cet accord et de son protocole de mise en œuvre – Allégations tenant à des violations du droit international du fait de l’applicabilité dudit accord aux eaux adjacentes du Sahara occidental – Recours en annulation – Recevabilité – Capacité d’ester en justice – Qualité pour agir – Condition selon laquelle un requérant doit, dans certains cas, être directement et individuellement concerné par la mesure litigieuse – Principe de l’effet relatif des traités – Principe d’autodétermination – Territoires non autonomes – Article 73 de la charte des Nations unies – Pouvoir d’appréciation du Conseil de l’Union européenne – Droit coutumier international – Principes généraux du droit de l’Union – Consentement du peuple d’un territoire non autonome titulaire du droit à l’autodétermination en tant que tiers à un accord international.#Affaires jointes C-778/21 P et C-798/21 P.
La Cour de justice de l'Union européenne, statuant en grande chambre, a rejeté les pourvois de la Commission et du Conseil contre l'arrêt du Tribunal ayant annulé, pour défaut de consentement du peuple sahraoui, les décisions relatives à la conclusion de l'accord de pêche durable entre l'UE et le Maroc en ce qu'elles s'appliquent aux eaux adjacentes au Sahara occidental. La Cour confirme que le Front Polisario a qualité pour agir et que le principe d'autodétermination impose de recueillir le consentement du peuple d'un territoire non autonome avant d'appliquer un accord international à ce territoire. Cette décision réaffirme la primauté du droit international et des principes généraux du droit de l'Union sur la politique commerciale et de pêche de l'UE, imposant une obligation stricte de vérification du consentement des populations concernées.
4 octobre 2024
Arrêt de la Cour (quatrième chambre) du 4 octobre 2024.#Maximilian Schrems contre Meta Platforms Ireland Limited.#Demande de décision préjudicielle, introduite par l'Oberster Gerichtshof.#Renvoi préjudiciel – Protection des personnes physiques à l’égard du traitement de données à caractère personnel – Règlement (UE) 2016/679 – Réseaux sociaux en ligne – Conditions générales d’utilisation relatives aux contrats conclus entre une plateforme numérique et un utilisateur – Publicité personnalisée – Article 5, paragraphe 1, sous b) – Principe de limitation des finalités – Article 5, paragraphe 1, sous c) – Principe de minimisation des données – Article 9, paragraphes 1 et 2 – Traitement portant sur des catégories particulières de données à caractère personnel – Données concernant l’orientation sexuelle – Données rendues publiques par la personne concernée.#Affaire C-446/21.
Cet arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne, rendu dans l'affaire Schrems c. Meta Platforms Ireland, précise les limites du traitement des données personnelles à des fins de publicité ciblée par les réseaux sociaux. Il rappelle que le principe de minimisation des données et la limitation des finalités imposent à la plateforme de ne pas utiliser toutes les données disponibles, y compris celles rendues publiques par l'utilisateur, pour de la publicité personnalisée sans base légale spécifique. La décision souligne également que le simple fait qu'un utilisateur ait mentionné son orientation sexuelle dans un contexte public ne constitue pas un consentement libre et éclairé à un traitement ultérieur à des fins commerciales.
4 octobre 2024
Arrêt de la Cour (grande chambre) du 4 octobre 2024.#C.G. contre Bezirkshauptmannschaft Landeck.#Demande de décision préjudicielle, introduite par le Landesverwaltungsgericht Tirol.#Renvoi préjudiciel – Protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel par les autorités compétentes à des fins de prévention et de détection des infractions pénales, d’enquêtes et de poursuites en la matière – Directive (EU) 2016/680 – Article 3, point 2 – Notion de “traitement” – Article 4 – Principes relatifs au traitement des données à caractère personnel – Article 4, paragraphe 1, sous c) – Principe de la “minimisation des données” – Articles 7, 8 et 47 ainsi que article 52, paragraphe 1, de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne – Exigence selon laquelle une limitation de l’exercice d’un droit fondamental soit « prévue par la loi » – Proportionnalité – Appréciation de la proportionnalité au regard de l’ensemble des éléments pertinents – Contrôle préalable par une juridiction ou une autorité administrative indépendante – Article 13 – Informations à mettre à la disposition de la personne concernée ou à lui fournir – Limites – Article 54 – Droit à un recours juridictionnel effectif contre un responsable du traitement ou un sous-traitant – Enquête policière en matière de trafic de stupéfiants – Tentative de déverrouillage d’un téléphone portable par les autorités de police, en vue d’accéder, aux fins de cette enquête, aux données contenues dans ce téléphone.#Affaire C-548/21.
Cet arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne (grande chambre) précise les conditions dans lesquelles les autorités policières peuvent accéder aux données contenues dans un téléphone portable dans le cadre d'une enquête pénale. Il interprète la directive 2016/680 (protection des données dans le cadre répressif) et la Charte des droits fondamentaux, en jugeant que la tentative de déverrouillage d'un téléphone constitue un traitement de données soumis aux principes de minimisation et de proportionnalité. La Cour impose un contrôle préalable par une juridiction ou une autorité administrative indépendante, et exige que toute limitation des droits fondamentaux soit prévue par une loi accessible, prévisible et proportionnée.
4 octobre 2024
Arrêt de la Cour (grande chambre) du 4 octobre 2024.#République de Lituanie e.a. contre Parlement européen et Conseil de l'Union européenne.#Recours en annulation – Premier train de mesures sur la mobilité (“Paquet mobilité”) – Règlement (UE) 2020/1054 – Durées maximales de conduite journalières et hebdomadaires – Durée minimale des pauses et des temps de repos journaliers et hebdomadaires – Organisation du travail des conducteurs de telle sorte que ceux-ci soient en mesure de retourner toutes les trois ou quatre semaines, selon le cas, à leur lieu de résidence ou au centre opérationnel de leur employeur pour y entamer ou y passer leur temps de repos hebdomadaire normal ou compensatoire – Interdiction du repos hebdomadaire normal ou compensatoire à bord du véhicule – Délai pour l’installation de tachygraphes intelligents de deuxième génération (V2) – Date d’entrée en vigueur – Règlement (UE) 2020/1055 – Conditions relatives à l’exigence d’établissement – Obligation relative au retour des véhicules dans le centre opérationnel de l’État membre d’établissement – Obligation relative au nombre de véhicules et de conducteurs normalement rattachés au centre opérationnel de l’État membre d’établissement – Cabotage – Période de carence de quatre jours pour le cabotage – Dérogation relative au cabotage dans le cadre d’opérations de transports combinés – Directive (UE) 2020/1057 – Règles spécifiques pour le détachement de conducteurs dans le secteur du transport routier – Délai de transposition – Marché intérieur – Régime spécifique applicable à la libre prestation des services de transport – Politique commune des transports – Articles 91 et 94 TFUE – Libertés fondamentales – Principe de proportionnalité – Analyse d’impact – Principes d’égalité de traitement et de non-discrimination – Principes de sécurité juridique et de protection de la confiance légitime – Protection de l’environnement – Article 11 TFUE – Consultation du Comité économique et social européen ainsi que du Comité européen des régions.#Affaires jointes C-541/20 à C-555/20.
La Cour de justice de l'Union européenne, statuant en grande chambre, a rejeté les recours en annulation introduits par plusieurs États membres contre le « Paquet mobilité » (règlements 2020/1054 et 2020/1055, et directive 2020/1057). Elle valide l'essentiel des mesures, notamment l'obligation pour les conducteurs de retourner à leur domicile ou au centre opérationnel de l'employeur toutes les 3 ou 4 semaines, l'interdiction de prendre le repos hebdomadaire normal à bord du véhicule, et les nouvelles règles sur le cabotage (période de carence de 4 jours) et l'établissement (retour des véhicules). La Cour juge ces dispositions proportionnées et conformes aux principes du marché intérieur et de la politique commune des transports.
4 octobre 2024
Accord entre l’Union européenne et la République libanaise sur la coopération entre l’Agence de l’Union européenne pour la coopération judiciaire en matière pénale (Eurojust) et les autorités de la République libanaise compétentes dans le domaine de la coopération judiciaire en matière pénale
Cet accord établit un cadre de coopération entre Eurojust et les autorités libanaises compétentes en matière pénale, permettant l'échange d'informations opérationnelles et de données à caractère personnel pour lutter contre les formes graves de criminalité. Il fixe les modalités de détachement d'officiers de liaison libanais auprès d'Eurojust et précise les règles de protection des données applicables aux échanges. Pour un praticien français, ce texte facilite la coopération judiciaire transfrontalière avec le Liban, notamment dans les enquêtes impliquant des ressortissants ou des intérêts français.
4 octobre 2024
Décision (UE) 2026/1522 du Conseil du 4 juin 2026 relative à la conclusion, au nom de l’Union européenne, de l’accord entre l’Union européenne et la République libanaise sur la coopération entre l’Agence de l’Union européenne pour la coopération judiciaire en matière pénale (Eurojust) et les autorités de la République libanaise compétentes dans le domaine de la coopération judiciaire en matière pénale
Cette décision du Conseil autorise la conclusion d'un accord entre l'UE et le Liban permettant à Eurojust de coopérer avec les autorités judiciaires libanaises en matière pénale. Elle établit un cadre juridique pour l'échange d'informations et la coordination des enquêtes transfrontalières, notamment pour lutter contre la criminalité organisée et le terrorisme. Pour un professionnel du droit français, ce texte facilite l'entraide judiciaire avec le Liban via Eurojust.
4 octobre 2024
Affaire C-412/22, Autoridade Tributária e Aduaneira (Effets de l’abrogation d’un droit antidumping): Arrêt de la Cour (neuvième chambre) du 4 octobre 2024 (demande de décision préjudicielle du Supremo Tribunal Administrativo – Portugal) – Autoridade Tributária e Aduaneira / NT [Renvoi préjudiciel – Dumping – Importation de certains éléments de fixation en fer ou en acier originaires de la République populaire de Chine – Importations de certains éléments de fixation en fer ou en acier expédiés de Malaisie – Règlement d’exécution (UE) 2016/278 – Abrogation des droits antidumping institués par le règlement (CE) no 91/2009 – Prise d’effet de cette abrogation – Importations antérieures à cette prise d’effet – Recouvrement a posteriori de droits antidumping]
La Cour de justice de l'Union européenne précise les effets dans le temps de l'abrogation d'un droit antidumping. Elle juge que l'abrogation, par le règlement d'exécution 2016/278, du droit institué par le règlement n° 91/2009 sur les fixations en fer ou acier chinois, prend effet à la date d'entrée en vigueur de ce règlement abrogatoire. En conséquence, les autorités douanières ne peuvent pas procéder au recouvrement a posteriori de ce droit antidumping pour des importations effectuées avant cette date d'abrogation, même si la dette douanière est née antérieurement.
4 octobre 2024
Affaire C-406/22, Ministerstvo vnitra České republiky, Odbor azylové a migrační politiky: Arrêt de la Cour (Grande chambre) du 4 octobre 2024 (demande de décision préjudicielle du Krajský soud v Brně – République tchèque) – CV / Ministerstvo vnitra České republiky, Odbor azylové a migrační politiky (Renvoi préjudiciel – Politique d’asile – Protection internationale – Directive 2013/32/UE – Procédures communes pour l’octroi et le retrait de la protection internationale – Articles 36 et 37 – Notion de pays d’origine sûr – Désignation – Annexe I – Critères – Article 46 – Droit à un recours effectif – Examen, par le juge, de la désignation d’un pays tiers comme pays d’origine sûr)
La Cour de justice de l'Union européenne, statuant en grande chambre, précise les conditions dans lesquelles un État membre peut désigner un pays tiers comme "pays d'origine sûr" au sens de la directive 2013/32/UE. Elle juge que cette désignation doit reposer sur un examen rigoureux des critères énoncés à l'annexe I de la directive, et que le juge national saisi d'un recours contre une décision de refus de protection internationale doit pouvoir contrôler la légalité de cette désignation, y compris au regard de l'évolution de la situation dans le pays concerné. Pour le professionnel du droit français, cet arrêt renforce l'exigence de contrôle juridictionnel effectif sur les listes nationales de pays d'origine sûrs et leur application concrète dans le cadre de l'examen des demandes d'asile.
4 octobre 2024
Affaire C-399/22, Confédération paysanne (Melons et tomates du Sahara occidental): Arrêt de la Cour (Grande chambre) du 4 octobre 2024 (demande de décision préjudicielle du Conseil d'État – France) – Confédération paysanne / Ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, Ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique [Renvoi préjudiciel – Politique commerciale commune – Accords internationaux – Accord euro-méditerranéen établissant une association entre les Communautés européennes et leurs États membres, d’une part, et le Royaume du Maroc, d’autre part – Modification des protocoles no 1 et no 4 de l’accord euro-méditerranéen – Règlement (UE) no 1169/2011 – Article 9 – Article 26, paragraphe 2 – Règlement d’exécution (UE) no 543/2011 – Article 3, paragraphes 1 et 2 – Article 5, paragraphes 1 et 2 – Article 8 – Article 15, paragraphes 1 et 4 – Annexe I – Annexe IV – Règlement (UE) no 1308/2013 – Article 76 – Information des consommateurs sur les denrées alimentaires – Mention obligatoire du pays d’origine ou du lieu de provenance d’une denrée alimentaire – Fruits et légumes récoltés au Sahara occidental – Demande adressée à un État membre d’interdire unilatéralement les importations de ces produits sur son territoire – Mention obligatoire du Sahara occidental en tant que lieu de provenance des tomates et des melons récoltés sur ce territoire]
La Cour de justice de l'Union européenne, dans son arrêt du 4 octobre 2024, précise que les fruits et légumes récoltés au Sahara occidental ne peuvent être légalement importés dans l'UE sous l'indication « Maroc », car ce territoire n'est pas sous la souveraineté marocaine. Elle juge que le droit de l'UE impose de mentionner le Sahara occidental comme lieu de provenance pour informer correctement les consommateurs, et qu'un État membre ne peut interdire unilatéralement ces importations, cette compétence relevant de l'Union.
4 octobre 2024
Arrêt de la Cour (grande chambre) du 4 octobre 2024.#Commission européenne et Conseil de l'Union européenne contre Front populaire pour la libération de la Saguia el-Hamra et du Rio de oro (Front Polisario).#Pourvoi – Action extérieure – Accords internationaux – Accord euro‑méditerranéen établissant une association entre les Communautés européennes et leurs États membres, d’une part, et le Royaume du Maroc, d’autre part – Accord sur la modification des protocoles n° 1 et n° 4 de cet accord – Acte de conclusion – Allégations tenant à des violations du droit international du fait de l’applicabilité du second accord au territoire du Sahara occidental – Recours en annulation – Recevabilité – Capacité d’ester en justice – Qualité pour agir – Condition selon laquelle un requérant doit, dans certains cas, être directement et individuellement concerné par la mesure litigieuse – Principe de l’effet relatif des traités – Principe d’autodétermination – Territoires non autonomes – Article 73 de la charte des Nations unies – Pouvoir d’appréciation du Conseil de l’Union européenne – Droit coutumier international – Principes généraux du droit de l’Union – Consentement du peuple d’un territoire non autonome titulaire du droit à l’autodétermination en tant que tiers à un accord international.#Affaires jointes C-779/21 P et C-799/21 P.
La Cour de justice de l'Union européenne, statuant en grande chambre, a rejeté les pourvois de la Commission et du Conseil contre l'arrêt du Tribunal ayant annulé la décision de conclusion de l'accord de libéralisation des produits agricoles avec le Maroc, en ce qu'elle s'appliquait au Sahara occidental. La Cour confirme que le peuple du Sahara occidental, en tant que tiers à l'accord, doit consentir à son application sur ce territoire non autonome, faute de quoi l'Union viole le droit international coutumier et le principe d'autodétermination. Cet arrêt impose donc au Conseil et à la Commission de s'assurer du consentement des populations concernées avant d'étendre tout accord commercial à un territoire contesté.
4 octobre 2024
Arrêt de la Cour (grande chambre) du 4 octobre 2024.#C.G. contre Bezirkshauptmannschaft Landeck.#Renvoi préjudiciel – Protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel par les autorités compétentes à des fins de prévention et de détection des infractions pénales, d’enquêtes et de poursuites en la matière – Directive 2016/680/UE – Article 3, point 2 – Notion de “traitement” – Article 4 – Principes relatifs au traitement des données à caractère personnel – Article 4, paragraphe 1, sous c) – Principe de la “minimisation des données” – Articles 7, 8 et 47 ainsi que article 52, paragraphe 1, de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne – Exigence selon laquelle une limitation de l’exercice d’un droit fondamental soit « prévue par la loi » – Proportionnalité – Appréciation de la proportionnalité au regard de l’ensemble des éléments pertinents – Contrôle préalable par une juridiction ou une autorité administrative indépendante – Article 13 – Informations à mettre à la disposition de la personne concernée ou à lui fournir – Limites – Article 54 – Droit à un recours juridictionnel effectif contre un responsable du traitement ou un sous-traitant – Enquête policière en matière de trafic de stupéfiants – Tentative de déverrouillage d’un téléphone portable par les autorités de police, en vue d’accéder, aux fins de cette enquête, aux données contenues dans ce téléphone.#Affaire C-548/21.
Cet arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne précise les conditions dans lesquelles les autorités de police peuvent tenter de déverrouiller un téléphone portable pour accéder aux données qu'il contient dans le cadre d'une enquête pénale. Il rappelle que cette opération constitue un traitement de données soumis aux principes de la directive 2016/680, notamment celui de minimisation, et qu'elle doit être prévue par une loi suffisamment claire et précise, proportionnée et soumise à un contrôle préalable effectif. La Cour exige une appréciation concrète de la proportionnalité au regard de l'ensemble des circonstances de l'espèce, y compris la gravité de l'infraction et les garanties offertes à la personne concernée.
4 octobre 2024