Jurisprudence — Tribunal Administratif de Bordeaux
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N° TA33-2405054(TA33-2405054)
Le Tribunal Administratif de Bordeaux annule la décision implicite de rejet du préfet de la Gironde concernant la demande de titre de séjour "salarié" de M. A, ressortissant albanais. Le tribunal retient que le préfet a méconnu l'obligation de motivation prévue à l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration en ne communiquant pas les motifs de sa décision dans le délai d'un mois suivant la demande de l'intéressé. En conséquence, il enjoint au préfet de réexaminer la situation de M. A dans un délai de quatre mois et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente.
N° TA33-2502101(TA33-2502101)
Le Tribunal administratif de Bordeaux annule la décision du 11 mars 2025 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé à Mme A, ressortissante guinéenne, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Le tribunal juge que cette décision, prise en raison d'une demande de réexamen de l'asile, est entachée d'un défaut d'examen réel de la situation personnelle et familiale de l'intéressée, en méconnaissance des articles L. 522-1 et L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il enjoint à l'OFII de réexaminer la demande dans un délai de quinze jours.
N° TA33-2307168(TA33-2307168)
Le Tribunal administratif de Bordeaux annule le refus implicite du préfet de la Gironde de délivrer un titre de séjour à M. B, ressortissant nigérian entré en France à l’âge de 8 ans. Le tribunal juge que ce refus porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, compte tenu de la durée de son séjour, de ses liens familiaux en France et de son insertion professionnelle. Il enjoint au préfet de lui délivrer un titre de séjour mention « vie privée et familiale » dans un délai de deux mois et condamne l’État à lui verser 1 200 euros au titre des frais de justice.
N° TA33-2307093(TA33-2307093)
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête de Mme A B, qui contestait le refus du département de Lot-et-Garonne d’étendre son agrément d’assistante familiale. La décision attaquée, signée par une autorité compétente, a été jugée suffisamment motivée en droit. Le tribunal a estimé que le département n’avait pas commis d’erreur d’appréciation en considérant que les conditions d’accueil proposées par Mme B ne garantissaient pas la sécurité et l’épanouissement des enfants, conformément aux articles L. 421-3 et R. 421-3 du code de l’action sociale et des familles.
N° TA33-2407509(TA33-2407509)
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête de M. E, ressortissant portugais, qui demandait l'annulation du refus implicite du préfet de la Gironde d'abroger un arrêté du 10 mars 2024 l'obligeant à quitter le territoire français. Le tribunal a jugé que M. E n'avait pas démontré l'existence d'un changement de circonstances de fait ou de droit postérieur à l'arrêté initial, condition nécessaire pour obtenir son abrogation en application de l'article L. 243-2 du code des relations entre le public et l'administration. En conséquence, la requête a été rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais de justice.
N° TA33-2301214(TA33-2301214)
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a examiné la requête de M. A, brigadier de police, contestant le refus de reconnaissance de l'imputabilité au service de son état anxiodépressif. Le tribunal a rejeté le moyen tiré de l'incompétence du signataire, la délégation de signature étant régulière. Sur le fond, il a rappelé les conditions de l'article L. 822-20 du code général de la fonction publique pour la reconnaissance d'une maladie professionnelle. La solution retenue est le rejet de la requête, confirmant la légalité de la décision de la préfète de la zone de défense et de sécurité Sud-Ouest.
N° TA33-2301524(TA33-2301524)
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête de Mme A B, attachée d’administration d’État, qui contestait un titre de perception de 7 437,23 euros émis pour récupérer un indu de rémunération versé entre mai et décembre 2020. La requérante invoquait la prescription extinctive de deux ans prévue par l’article 37-1 de la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000. Le tribunal a jugé que le délai de prescription n’était pas applicable en l’espèce, car l’indu résultait d’une erreur de l’administration et non d’une absence d’information ou d’informations inexactes de la part de l’agent. Par conséquent, la demande de décharge et les conclusions indemnitaires, irrecevables faute de liaison du contentieux, ont été rejetées.
N° TA33-2302030(TA33-2302030)
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête de la SARL Sepibat, qui contestait un titre de recette exécutoire émis par l'EHPAD Henri Frugier pour un montant de 256 125,24 euros. Le tribunal a jugé que ce titre, émis pour recouvrer une provision accordée par une ordonnance de référé, était dépourvu de portée juridique propre et donc insusceptible de recours, en application de l'article L. 111-3 du code des procédures civiles d'exécution. La solution retenue est l'irrecevabilité de la requête, sans examen au fond.
N° TA33-2302377(TA33-2302377)
Le Tribunal Administratif de Bordeaux annule l'avertissement infligé le 8 février 2023 par le préfet de la Gironde à une exploitante de taxis, ainsi que le rejet de son recours gracieux. Le tribunal juge que cette sanction disciplinaire, fondée sur des communications publicitaires jugées ambiguës quant à la commune d'exploitation de l'autorisation de stationnement, est dépourvue de base légale. Aucune disposition du code des transports ou autre texte ne réglemente en effet la communication publicitaire des taxis, rendant la sanction illégale.
N° TA33-2406147(TA33-2406147)
Le Tribunal Administratif de Bordeaux rejette la requête de M. A, ressortissant turc, qui contestait l'arrêté du préfet de la Gironde du 5 septembre 2024 l'obligeant à quitter le territoire français. Le requérant invoquait des risques de persécutions en Turquie en raison de son appartenance à la communauté kurde et de ses liens présumés avec le HDP. Le tribunal estime que les éléments fournis (photographies, mandat d'arrêt) sont insuffisants pour établir la réalité des risques allégués, et écarte le moyen tiré d'une erreur manifeste d'appréciation. La décision se fonde sur l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme.
N° TA33-2406126(TA33-2406126)
Le Tribunal administratif de Bordeaux, statuant en référé, a ordonné une expertise médicale à la demande de Mme C D, fonctionnaire du Centre communal d'action sociale de Bordeaux, victime d'un grave accident de service en 2015. La requérante sollicite cette mesure pour évaluer l'ensemble de ses préjudices (notamment dentaires, ORL, esthétiques et psychiatriques) en vue d'un futur recours indemnitaire contre son employeur. Le juge a fait droit à la demande sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, estimant la mesure utile pour déterminer l'imputabilité des séquelles à l'accident et les préjudices subis, sans préjuger des responsabilités. L'expert devra notamment décrire l'état de santé antérieur et actuel de Mme D, et évaluer son incapacité permanente partielle.
N° TA33-2406053(TA33-2406053)
Le Tribunal administratif de Bordeaux, saisi en référé sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, a ordonné une expertise médicale à la demande de Mme F, fonctionnaire victime d'un accident de service reconnu imputable. La requérante, qui conteste le lien entre ses pathologies et l'accident établi par l'administration, souhaite obtenir une réparation intégrale de ses préjudices. Le juge a estimé que cette mesure d'expertise était utile et ne préjugeait pas des responsabilités, et a désigné un expert pour évaluer l'ensemble des préjudices subis.
N° TA33-2406041(TA33-2406041)
Le Tribunal administratif de Bordeaux a rejeté la requête de Mme F, ressortissante togolaise, contestant l'arrêté du préfet de la Gironde du 20 juin 2024 lui refusant un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi. Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence du signataire et d'insuffisance de motivation du refus de séjour, en se fondant sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du code des relations entre le public et l'administration.
N° TA33-2304165(TA33-2304165)
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête de M. B C, gardien de la paix et maire de Lavardac, qui contestait un titre exécutoire de 932,77 euros émis pour récupérer un trop-perçu de rémunération lié à ses absences pour crédit électif. La requête a été jugée irrecevable car M. C n'avait pas, conformément aux articles 117 et 118 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012, adressé sa contestation préalable au comptable chargé du recouvrement avant de saisir le tribunal. Le tribunal a également rappelé que les dispositions du code des relations entre le public et l'administration sur le recours administratif préalable ne sont pas applicables aux relations entre l'administration et ses agents.
N° TA33-2404493(TA33-2404493)
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a été saisi par M. B, ressortissant nigérian, pour contester le refus implicite de renouvellement de sa carte de résident de dix ans. Le tribunal a constaté que le requérant avait fait l'objet d'un arrêté ministériel d'expulsion le 4 août 2024, le rendant inéligible à l'entrée sur le territoire français en application de l'article L. 311-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En conséquence, la demande de renouvellement étant devenue impossible à satisfaire, le tribunal a prononcé un non-lieu à statuer sur les conclusions principales et à fin d'injonction. Les conclusions accessoires ont été rejetées.
N° TA33-2202984(TA33-2202984)
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a examiné la requête de M. A, qui demandait réparation des préjudices résultant de l'illégalité fautive de la décision du 18 juin 1990 refusant de lui concéder une pension militaire d'invalidité, ainsi que des décisions de 2019 et 2020 ayant abrogé ce refus sans effet rétroactif. Le tribunal a relevé d'office un moyen d'irrecevabilité, tiré de la jurisprudence selon laquelle les conclusions indemnitaires fondées sur l'illégalité de décisions individuelles à objet pécuniaire devenues définitives sont irrecevables. En conséquence, la requête de M. A a été rejetée, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens, sur le fondement des dispositions du code des pensions militaires d'invalidité et du code de justice administrative.
N° TA33-2403571(TA33-2403571)
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête de Mme C, ressortissante algérienne, contestant l'arrêté préfectoral du 5 mars 2024 refusant son titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire. La décision retient que l'erreur de fait alléguée n'est pas établie et que le refus ne méconnaît ni l'article 6-5° de l'accord franco-algérien ni l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, faute de preuves suffisantes de liens familiaux intenses et récents en France. Le tribunal a ainsi validé la solution du préfet de la Gironde.
N° TA33-2407335(TA33-2407335)
Le Tribunal Administratif de Bordeaux, saisi par M. E, ressortissant congolais, annule l'arrêté du 28 août 2024 du préfet de la Gironde portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire et fixation du pays de destination, ainsi que l'arrêté du 9 octobre 2024 portant interdiction de retour de trois ans. La solution retenue se fonde sur la reconnaissance ultérieure de la qualité de réfugié à M. E par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 6 mars 2025. En application des articles L. 424-1 et L. 613-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, cette reconnaissance implique l'abrogation des mesures d'éloignement et la délivrance d'une carte de résident.
N° TA33-2301915(TA33-2301915)
Le Tribunal Administratif de Bordeaux annule la décision du préfet de la Gironde du 25 janvier 2023 classant sans suite la demande de naturalisation de M. A C, ainsi que le rejet implicite de son recours gracieux. Le tribunal retient que le préfet a commis une erreur de fait en estimant que le demandeur n'avait pas fourni les pièces complémentaires demandées, alors que M. A C justifie les avoir envoyées par courrier recommandé. En application de l'article 40 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993, le tribunal enjoint au préfet de reprendre l'instruction de la demande dans un délai de deux mois. L'État est condamné à verser 1 200 euros à M. A C au titre des frais de justice.
N° TA33-2302376(TA33-2302376)
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête de la Société Faun Environnement contestant le rejet de son offre par le SMICOTOM pour un marché de bennes à ordures ménagères. Le tribunal a substitué au motif initial d'offre inacceptable celui de l'insuffisance de concurrence, justifiant légalement la déclaration d'appel d'offres infructueux. Cette substitution, fondée sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative et le code de la commande publique, a été jugée recevable car elle ne privait pas la requérante de garanties procédurales. En conséquence, toutes les demandes de la société, y compris l'annulation de la procédure et l'injonction de relancer un appel d'offres, ont été rejetées.