Jurisprudence — Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise
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N° TA95-2403489(TA95-2403489)
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise annule la décision du 11 janvier 2024 par laquelle le préfet du Val-d’Oise a refusé de délivrer un titre de séjour à M. A..., ressortissant ivoirien. Le tribunal estime que le préfet a commis une erreur manifeste d’appréciation en se fondant uniquement sur la menace pour l’ordre public (usage d’une fausse carte d’identité) sans examiner les motifs exceptionnels liés à sa situation personnelle et familiale, en méconnaissance des articles L. 435-1 et L. 432-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Il enjoint au préfet de réexaminer la demande de M. A... dans un délai de deux mois.
N° TA95-2403195(TA95-2403195)
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a été saisi par Mme B..., ressortissante mauritanienne, d’un recours pour excès de pouvoir contre le refus implicite du préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un titre de séjour en qualité de parent d’enfant réfugié. En cours d’instance, le préfet a finalement délivré à l’intéressée une carte de résident valable dix ans. Le tribunal a constaté que les conclusions à fin d’annulation et d’injonction avaient perdu leur objet et a prononcé un non-lieu à statuer. Les frais d’instance ont été rejetés, la requérante bénéficiant de l’aide juridictionnelle totale.
N° TA95-2303851(TA95-2303851)
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de Mme C... contestant le refus du département des Hauts-de-Seine de modifier la cotation de son poste pour la période du 1er janvier 2020 au 30 juin 2021. La requérante soutenait que ses missions étaient restées identiques et qu'elle aurait dû percevoir une indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise (IFSE) pour un poste coté 6.2. Le tribunal a jugé que la décision attaquée n'était pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation, les fonctions exercées correspondant à la cotation 7.2 attribuée. Les conclusions indemnitaires ont été déclarées irrecevables faute de demande préalable à l'administration, en application des articles R. 421-1 et R. 412-1 du code de justice administrative.
N° TA95-2301648(TA95-2301648)
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise (12ème Chambre) a rejeté la requête de Mme B..., animatrice territoriale, qui demandait la condamnation de la commune de Clichy-la-Garenne pour un préjudice lié à son affiliation à une mutuelle de prévoyance. La requérante soutenait que la commune avait commis une faute en ne prenant pas en compte son affiliation au contrat de prévoyance collective à compter de janvier 2020. Le tribunal a jugé qu'aucune faute de nature à engager la responsabilité de la commune n'était établie, dès lors que Mme B... avait elle-même renoncé à adhérer à la garantie proposée par la mutuelle « Territoria Mutuelle » par un courriel du 5 février 2020. La solution retenue est le rejet de l'intégralité des demandes indemnitaires et accessoires de Mme B..., sur le fondement des articles L. 827-9 et L. 827-10 du code général de la fonction publique.
N° TA95-2216584(TA95-2216584)
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de Mme A... contre le retrait de son agrément d'assistante maternelle par le département du Val-d'Oise. La décision du 7 octobre 2022 était signée par une autorité compétente bénéficiant d'une délégation de signature régulière. Le tribunal a jugé que les manquements reprochés, notamment le dépassement de la capacité d'accueil et le non-respect des règles de sécurité, étaient établis et justifiaient le retrait sur le fondement des articles L. 421-4, L. 421-6 et R. 421-26 du code de l'action sociale et des familles.
N° TA95-2216140(TA95-2216140)
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. C... qui demandait l'annulation du refus du directeur du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) de lui délivrer une carte professionnelle d'agent privé de sécurité. Le tribunal a écarté le moyen tiré de l'incompétence du signataire, ce dernier bénéficiant d'une délégation de signature régulière. Il a également jugé que la procédure contradictoire prévue à l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration n'était pas applicable, la décision étant intervenue sur demande de l'intéressé. Enfin, le tribunal a considéré que le moyen fondé sur l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure n'était pas fondé.
N° TA95-2400199(TA95-2400199)
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. A..., ressortissant malien, qui demandait l'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande de carte de résident de dix ans. Le tribunal a jugé la requête irrecevable, car M. A... n'a pas justifié avoir présenté une demande préalable de carte de résident susceptible de faire naître une décision implicite, en application de l'article R. 421-1 du code de justice administrative. La solution retenue est le rejet de la requête pour irrecevabilité.
N° TA95-2113019(TA95-2113019)
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a été saisi par Mme A... d’une demande indemnitaire visant à obtenir réparation des préjudices subis du fait des décisions illégales de la région Île-de-France refusant de reconnaître l’imputabilité au service de sa rechute d’accident de travail. La requérante sollicite notamment des indemnités compensatrices pour perte de traitement, de droits sociaux et de retraite, ainsi que des dommages et intérêts pour préjudices financiers, moraux et corporels. Le tribunal est amené à statuer sur le fondement de la responsabilité pour faute de l’administration, en application des principes généraux de la fonction publique et du code de la sécurité sociale. La solution retenue par le tribunal consistera à évaluer les préjudices allégués et à déterminer si la région doit être condamnée à verser les sommes demandées, après avoir éventuellement ordonné une expertise médicale pour fixer la date de consolidation et le taux d’incapacité.
N° TA95-2211128(TA95-2211128)
Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé la décision du 13 juin 2022 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine avait refusé de délivrer une carte professionnelle de conducteur VTC à M. A.... Le préfet estimait que l'intéressé ne justifiait pas d'une expérience professionnelle d'un an comme conducteur de transport de personnes, au sens des articles L. 3120-2-1 et R. 3122-11 du code des transports. Le tribunal a jugé que M. A... établissait, par ses bulletins de salaire et son contrat de travail, avoir exercé une activité de chauffeur pendant plus d'un an, et que la décision était entachée d'une erreur d'appréciation. La solution retenue est l'annulation de la décision préfectorale.
N° TA95-2216941(TA95-2216941)
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant sur deux requêtes de M. C..., agent territorial, a annulé la décision du 13 octobre 2022 et l'arrêté du 15 novembre 2023 par lesquels le maire de Levallois-Perret refusait de reconnaître l'imputabilité au service de son accident du 7 octobre 2014. Le tribunal a jugé que ces actes étaient entachés d'une erreur manifeste d'appréciation, l'agression subie par l'agent sur son lieu de travail présentant un lien direct avec le service. La solution retenue fait application des dispositions du code général de la fonction publique et de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires.
N° TA95-2302229(TA95-2302229)
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a examiné la requête de M. B..., agent territorial, contestant le montant de son indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise (IFSE) attribué par la commune de Boulogne-Billancourt à compter du 1er avril 2019, et demandant réparation pour négligence et manque de considération. La juridiction a rejeté la requête comme irrecevable, en application des articles R. 421-1 et R. 412-1 du code de justice administrative. Les conclusions indemnitaires ont été jugées irrecevables faute de réclamation préalable et de chiffrage des préjudices, tandis que les conclusions à fin d'annulation étaient tardives.
N° TA95-2304119(TA95-2304119)
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a annulé la décision du 25 janvier 2023 par laquelle la présidente du conseil départemental du Val-d’Oise avait suspendu l’agrément d’assistante familiale de Mme B... pour quatre mois. Le tribunal a jugé que les faits invoqués, à savoir un incident à caractère sexuel entre deux enfants accueillis au domicile de la requérante, ne caractérisaient pas une situation d’urgence justifiant une suspension de l’agrément au sens de l’article L. 421-6 du code de l’action sociale et des familles. La solution retenue est fondée sur l’absence de preuve d’une urgence suffisamment grave et vraisemblable, la requérante ayant immédiatement mis fin à l’incident. Le département a été condamné à verser 1 500 euros à Mme B... au titre des frais de justice.
N° TA95-2305618(TA95-2305618)
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de Mme A... qui contestait le refus de la CNRACL de lui accorder une bonification de huit trimestres pour ses deux enfants. La requérante soutenait que ses congés maternité en 1997 ouvraient droit à cette bonification, mais le tribunal a jugé qu'elle ne remplissait pas les conditions prévues par l'article 15 du décret n°2003-1306 et l'article R. 13 du code des pensions civiles et militaires de retraite. En application de l'article R. 173-15 du code de la sécurité sociale, la bonification pour enfant relève prioritairement du régime général de la sécurité sociale lorsque l'assuré y a été affilié, ce qui était le cas de Mme A... La solution retenue est donc le rejet de la demande d'annulation des décisions de la CNRACL.
N° TA95-2311724(TA95-2311724)
Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en formation collégiale, a examiné les requêtes de la SAS Le Nettoyage contestant une décision de l'OFII du 16 juin 2023 et les titres exécutoires subséquents. Ces actes mettaient à sa charge une contribution spéciale (article L. 8253-1 du code du travail) et une contribution forfaitaire (ancien article L. 822-2 du CESEDA) pour l'emploi de deux ressortissants marocains sans titre de travail. Le tribunal a rejeté les moyens de la société, notamment l'absence de matérialité des faits et la méconnaissance du contradictoire. Il a toutefois fait application de la loi n°2024-42 du 26 janvier 2024, plus douce, pour réduire le montant de la contribution spéciale à 1 000 fois le taux horaire du minimum garanti, soit 3 940 euros, et a annulé la contribution forfaitaire des frais d'éloignement, abrogée par cette même loi.
N° TA95-2312119(TA95-2312119)
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en excès de pouvoir, a examiné la requête de M. B..., exploitant "Le Sunlight", contestant les contributions spéciale et forfaitaire mises à sa charge par l'OFII pour l'emploi d'un travailleur étranger sans titre. Le tribunal a appliqué la loi n°2024-42 du 26 janvier 2024, qui a abrogé l'article L. 822-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, constituant une loi plus douce. En conséquence, la contribution forfaitaire représentative des frais d'éloignement a été supprimée, tandis que la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail a été maintenue dans sa rédaction en vigueur à la date des faits. La solution retenue est donc l'annulation partielle de la décision de l'OFII pour la contribution forfaitaire, tout en rejetant les autres moyens de la requête.
N° TA95-2406347(TA95-2406347)
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. B..., ressortissant algérien, qui contestait le refus du préfet des Hauts-de-Seine d’autoriser le regroupement familial pour son épouse. Le tribunal a jugé que la décision était suffisamment motivée et que le préfet avait procédé à un examen complet de la situation. Il a également écarté le moyen tiré de l’erreur de droit, estimant que le préfet ne s’était pas estimé en situation de compétence liée. La solution retenue s’appuie notamment sur l’article 4 de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et l’article R. 434-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
N° TA95-2417604(TA95-2417604)
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. A... contestant la décision du préfet du Val-d'Oise du 18 octobre 2024 classant sans suite sa demande de naturalisation. Le tribunal a jugé que cette décision, prise au motif que le requérant n'avait pas produit les documents nécessaires à l'instruction de son dossier, ne faisait pas grief et était donc insusceptible de recours pour excès de pouvoir. En conséquence, la requête a été déclarée irrecevable, sans qu'il soit besoin d'examiner les moyens soulevés.
N° TA95-2418923(TA95-2418923)
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de Mme A... contestant la décision du préfet du Val-d'Oise du 8 novembre 2024 classant sans suite sa demande de naturalisation. Le tribunal a d'abord écarté le moyen d'incompétence, la délégation de signature étant régulière. Il a ensuite jugé que le préfet avait légalement classé la demande sans suite, faute pour la requérante d'avoir produit, malgré une mise en demeure, les documents justifiant de son niveau de langue française requis par les articles 37 et 37-1 du décret n°93-1362 du 30 décembre 1993. La solution retenue est donc le rejet de la demande d'annulation et des conclusions accessoires.
N° TA95-2503127(TA95-2503127)
Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de Mme B... contestant le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français pris par le préfet du Val-d'Oise. Le tribunal a écarté le moyen d'incompétence du signataire et a jugé la décision suffisamment motivée au regard des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Il a considéré que le préfet n'avait pas méconnu les articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, en raison de la durée et des conditions de séjour de l'intéressée. Enfin, le tribunal a estimé que la décision n'était pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation et ne violait pas l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant.
N° TA95-2504370(TA95-2504370)
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. C... contestant le classement sans suite de sa demande de naturalisation par le préfet du Val-d'Oise. Le tribunal a jugé que le préfet avait légalement appliqué l'article 40 du décret n°93-1362 du 30 décembre 1993, qui permet de classer une demande sans suite si le demandeur ne produit pas les pièces complémentaires demandées dans le délai imparti. Il a été établi que M. C... n'avait pas fourni la copie intégrale de son acte de naissance avec filiation, comme exigé, et avait seulement versé un acte en malgache non traduit. Par conséquent, la décision de classement sans suite n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.