Jurisprudence — Tribunal Administratif de Grenoble
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N° TA38-2208031(TA38-2208031)
Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de Mme D, factrice, qui contestait la décision de La Poste la déclarant guérie de son accident de service au 13 juin 2022. Le tribunal a estimé que l’employeur s’était fondé sur une expertise médicale et l’avis de la commission de réforme, et que la requérante n’apportait pas d’éléments suffisants pour remettre en cause cette appréciation. Il a également jugé inopérant le moyen relatif à une erreur sur le versement de l’indemnité de résidence, cette mention ne faisant pas grief. La décision s’appuie notamment sur les lois n° 83-634 du 13 juillet 1983 et n° 84-16 du 11 janvier 1984 relatives à la fonction publique.
N° TA38-2208073(TA38-2208073)
Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de M. A, un fonctionnaire de police, qui contestait le refus de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre de lui délivrer le titre de reconnaissance de la nation. Le tribunal a écarté le moyen d'incompétence, jugeant que la directrice de l'Office disposait d'une délégation de pouvoir régulière du ministre pour statuer sur ce titre. Il a également estimé que la décision était suffisamment motivée et que les dispositions de l'article L. 311-4 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, relatives à l'attribution exceptionnelle de la carte du combattant, étaient inopérantes pour contester le refus du titre de reconnaissance de la nation. Enfin, le tribunal a considéré que le requérant ne remplissait pas les conditions de service requises par les articles D. 331-1 à D. 331-4 du même code pour obtenir ce titre.
N° TA38-2506299(TA38-2506299)
Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en référé, a examiné la demande de M. B visant à modifier les injonctions prononcées dans une précédente ordonnance (n°2500025 du 24 janvier 2025) qui avait suspendu le refus implicite de regroupement familial et enjoint à la préfète de l'Isère de réexaminer sa demande. Constatant l'inexécution de cette première ordonnance, le juge avait déjà, par une ordonnance ultérieure (n°2504264), enjoint à la préfète de statuer sous astreinte de 200 euros par jour. Le tribunal a rejeté la demande de modification des mesures, estimant que les injonctions déjà prononcées étaient suffisantes pour assurer l'exécution de la décision initiale. Il a également rejeté la demande de liquidation de l'astreinte, faute pour le requérant de démontrer que la préfète n'avait pas pris de mesures équivalentes. La décision se fonde sur les articles L. 521-1 et L. 521-4 du code de justice administrative.
N° TA38-2206996(TA38-2206996)
Le Tribunal Administratif de Grenoble a été saisi par Mme C, agent contractuel de la commune de Saint-Laurent-du-Pont, qui demandait réparation pour le recours abusif aux contrats à durée déterminée (CDD) sur une période de dix ans (2012-2022). La requérante soutenait que ses contrats successifs, conclus pour pourvoir un emploi permanent, étaient constitutifs d'une faute de l'administration et lui avaient causé des préjudices financier et moral. Le tribunal a rejeté sa demande, estimant que la commune avait légalement recouru à des CDD sur le fondement des articles 3, 3-1 et 3-2 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984, pour faire face à des besoins temporaires (remplacements et vacances d'emploi). Aucune faute de nature à engager la responsabilité de la commune n'a été retenue.
N° TA38-2207246(TA38-2207246)
Le Tribunal Administratif de Grenoble a été saisi par Mme C D, enseignante, d’un recours en excès de pouvoir contre le rejet de sa demande d’allocation temporaire d’invalidité (ATI) suite à un accident de service ayant affecté son oreille droite, malgré un état antérieur de surdité gauche. L’administration avait estimé que le taux d’incapacité permanente partielle imputable à l’accident était inférieur à 10 %, seuil requis par l’article 65 de la loi du 11 janvier 1984 et le décret du 6 octobre 1960. La requérante contestait cette appréciation, soutenant que l’expertise médicale avait retenu un taux de 15 % pour la perte auditive droite et 5 % pour les acouphènes. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que l’administration n’avait pas commis d’erreur d’appréciation en se fondant sur le barème indicatif prévu à l’article L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite et en tenant compte de l’état antérieur pour évaluer le taux d’incapacité rémunérable.
N° TA38-2205058(TA38-2205058)
Le Tribunal Administratif de Grenoble a été saisi par M. B d’une demande d’indemnisation de 102 971,74 euros pour les dommages causés à sa propriété par des eaux de ruissellement provenant d’ouvrages de la commune de Saint-Sulpice et du département de la Savoie. La commune a soulevé l’incompétence de la juridiction administrative, arguant que le chemin rural litigieux relève de son domaine privé. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que les désordres ne résultaient pas d’un défaut d’entretien des ouvrages publics mais d’un écoulement naturel des eaux, et que M. B, en tant que propriétaire riverain, était tenu de les recevoir. La décision s’appuie sur les principes de la responsabilité pour dommages de travaux publics et les règles de droit civil relatives aux eaux de ruissellement.
N° TA38-2300817(TA38-2300817)
Le Tribunal Administratif de Grenoble, saisi en plein contentieux par Mme B, agent du centre hospitalier Luzy-Dufeillant, a examiné le refus de l'établissement de reconnaître l'imputabilité au service d'un accident survenu le 5 janvier 2022. Le tribunal a jugé que la matérialité de l'accident était établie par un faisceau d'indices, incluant le témoignage oculaire d'une collègue, et que le délai entre l'accident et la première constatation médicale n'était pas de nature à remettre en cause sa crédibilité. Appliquant l'article L. 822-18 du code général de la fonction publique, qui pose une présomption d'imputabilité au service pour tout accident survenu dans le temps et le lieu du service, le tribunal a annulé la décision de refus et enjoint au centre hospitalier de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident.
N° TA38-2206039(TA38-2206039)
Le Tribunal Administratif de Grenoble a été saisi par Mme G, gardien de la paix de la police nationale, d’un recours en excès de pouvoir contre la décision du préfet de la zone de défense et de sécurité Sud-Est du 8 juillet 2022 la déclarant définitivement inapte à ses fonctions. La requérante invoquait notamment un vice de procédure, une incompétence de l’autorité, une erreur de droit et une erreur manifeste d’appréciation. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que les conclusions dirigées contre les avis médicaux étaient irrecevables, ces avis étant des mesures préparatoires ne faisant pas grief. La solution retenue s’appuie sur les dispositions du décret n°86-442 du 14 mars 1986 et du code général de la fonction publique.
N° TA38-2302170(TA38-2302170)
Le Tribunal Administratif de Grenoble a annulé la sanction d'avertissement infligée le 26 octobre 2022 par le maire de Saint-Martin-d'Hères à M. C, agent communal. La juridiction a jugé que les faits reprochés, liés à un discours d'hommage lors d'obsèques, n'étaient pas matériellement établis, faute de preuve d'un lien entre le décès et les conditions de travail. Cette illégalité a engagé la responsabilité de la commune, condamnée à verser 500 euros à M. C pour préjudice moral. La décision s'appuie sur les articles L. 533-1 du code général de la fonction publique et 36-1 du décret n° 88-145 du 15 février 1988.
N° TA38-2506997(TA38-2506997)
Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation, a fait droit à la demande de la commune d'Aouste sur Sye. Il a désigné un expert pour examiner un immeuble situé au 12 lotissement des Lilas, constater les désordres et l'état des bâtiments mitoyens, et proposer des mesures de nature à mettre fin à un éventuel péril imminent. L'expert devra accomplir sa mission dans un délai de 24 heures et déposer son rapport sous cinq jours.
N° TA38-2506302(TA38-2506302)
Le Tribunal administratif de Grenoble, saisi par le préfet de la Drôme d’une demande de liquidation de l’astreinte prononcée le 21 octobre 2024, a condamné l’État à verser 2 000 euros au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement. Cette somme sanctionne le retard pris dans l’exécution de l’injonction d’assurer le logement de M. A, lequel a finalement signé un bail le 17 avril 2025. La décision se fonde sur les articles L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation et R. 778-8 du code de justice administrative.
N° TA38-2506624(TA38-2506624)
Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision implicite de la préfète de l'Isère refusant un titre de séjour "vie privée et familiale" à Mme A, ressortissante comorienne et mère d’un enfant français. Le juge a estimé que la condition d’urgence prévue à l’article L. 521-1 du code de justice administrative n’était pas remplie, faute pour la requérante de justifier de circonstances particulières démontrant une atteinte grave et immédiate à sa situation. Mme A a néanmoins été admise provisoirement à l’aide juridictionnelle.
N° TA38-2505965(TA38-2505965)
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision de la préfète de l'Isère refusant de délivrer un récépissé à M. B, ressortissant britannique. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, dès lors que l'attestation de dépôt délivrée au requérant lui permettait, en application de l'article 27 du décret 2020-1417, de séjourner et de voyager. En conséquence, la requête a été intégralement rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles relatives aux frais de justice.
N° TA38-2506803(TA38-2506803)
Le Tribunal Administratif de Grenoble, saisi d’un recours en excès de pouvoir par Mme et M. A contre une décision de la CDAPH refusant un accompagnement pour leur enfant handicapé, se déclare incompétent. Il estime que le litige, relatif à l’aide humaine pour l’insertion scolaire (AESH), relève de la compétence du juge judiciaire en application des articles L. 142-1 et L. 142-8 du code de la sécurité sociale, ainsi que de l’article L. 241-9 du code de l’action sociale et des familles. En conséquence, l’ordonnance transmet le dossier au tribunal judiciaire territorialement compétent.
N° TA38-2506684(TA38-2506684)
Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant par ordonnance, a rejeté la requête de Mme A qui demandait un aménagement de la suspension de son permis de conduire pour raisons professionnelles. La requête a été jugée manifestement irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions à fin d’annulation d’une décision administrative, comme l’exige l’article R. 411-1 du code de justice administrative. En conséquence, le tribunal a appliqué l’article R. 222-1 (4°) du même code pour rejeter la demande sans débat contradictoire.
N° TA38-2506665(TA38-2506665)
Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision 48 SI du ministre de l'intérieur invalidant le permis de conduire de M. B pour solde de points nul. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, compte tenu du comportement dangereux du requérant ayant perdu vingt points en quatre ans, ce qui prime sur son besoin professionnel de chauffeur VTC. Aucun des moyens soulevés, notamment l'absence de notification régulière des retraits de points et le défaut d'information sur le solde, n'a été jugé de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. La requête a été rejetée sur le fondement des articles L. 521-1 et L. 522-3 du code de justice administrative.
N° TA38-2506509(TA38-2506509)
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté préfectoral du 22 mai 2025 ordonnant la fermeture administrative d’un mois de la SAS Boucherie Trésor. La société invoquait l’urgence économique et un doute sérieux sur la légalité de la décision, notamment en raison du caractère isolé et marginal de l’emploi d’un salarié sans autorisation de travail. Le juge a estimé qu’aucun des moyens soulevés n’était de nature à créer un doute sérieux, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’urgence. La décision est fondée sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative et l’article L. 8272-1 du code du travail.
N° TA38-2506695(TA38-2506695)
Le Tribunal Administratif de Grenoble a été saisi par M. A B d’une demande de suspension de l’exécution d’une saisie administrative à tiers détenteur, émise par la caisse d’allocations familiales de l’Isère pour le recouvrement d’un indu de revenu de solidarité active. Le tribunal a rejeté la requête comme portée devant une juridiction manifestement incompétente. Il a jugé que cette saisie constitue un acte de recouvrement d’une créance non fiscale d’une collectivité territoriale, relevant du contentieux du recouvrement, dont la compétence appartient au juge de l’exécution, et non au juge administratif. Cette solution est fondée sur les articles L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales et L. 281 du livre des procédures fiscales.
N° TA38-2506928(TA38-2506928)
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision implicite de rejet du préfet de l'Isère refusant de délivrer une carte de résident de dix ans à Mme A. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, la requérante ne justifiant pas de circonstances particulières, sa demande étant considérée comme une première délivrance de titre et non un renouvellement. La solution retenue est le rejet de la requête, sans application des textes relatifs au code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
N° TA38-2506200(TA38-2506200)
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a été saisi par Mme A d'une demande de modification des injonctions prononcées dans une précédente ordonnance du 11 avril 2025, au motif de leur inexécution par la préfète de l'Isère. Constatant que le défaut d'exécution constitue un élément nouveau justifiant une modification sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, le juge a enjoint à la préfète de déterminer les modalités de prise en charge de la requérante dans le parcours de sortie de prostitution sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'action sociale et des familles et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Enfin, l'État a été condamné à verser 600 euros à l'avocate de Mme A au titre de l'aide juridictionnelle.