Jurisprudence — Tribunal Administratif de Toulon
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N° TA83-2100613(TA83-2100613)
Le Tribunal Administratif de Toulon a condamné l’État à indemniser M. B, ancien mécanicien de la Marine nationale, pour le préjudice d’anxiété résultant de son exposition aux poussières d’amiante durant sa carrière. La responsabilité de l’État a été engagée pour manquement à son obligation de sécurité envers son agent, en raison de l’absence de mesures de protection efficaces. Le tribunal a évalué ce préjudice à 10 000 euros, somme assortie des intérêts au taux légal à compter de la réception de la demande indemnitaire. Cette décision s’appuie sur les principes de responsabilité administrative et le code de justice administrative.
N° TA83-2102834(TA83-2102834)
Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la requête du département du Var. Le département contestait un arrêté du maire de Toulon du 19 août 2021 le désignant comme propriétaire d’un mur de soutènement et lui ordonnant des travaux de mise en sécurité d’urgence. Le tribunal a écarté les fins de non-recevoir soulevées par les deux parties. Il a jugé que l’arrêté avait été signé par une autorité compétente, en vertu d’une délégation de signature régulière, et que le moyen tiré de l’erreur de fait sur la propriété du mur était inopérant, la qualification de propriétaire relevant du juge judiciaire.
N° TA83-2301870(TA83-2301870)
Le Tribunal Administratif de Toulon a examiné la requête de M. B A, qui demandait la condamnation du centre hospitalier Jean Marcel pour une faute lors de sa prise en charge le 2 décembre 2017, ayant conduit à un retard de diagnostic d'une dissection artérielle. Le tribunal a retenu la responsabilité de l'hôpital sur le fondement de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique, en raison d'un défaut de diagnostic et d'absence de prescription de précautions, constituant une perte de chance d'éviter l'aggravation de l'état de santé. La solution retenue est une indemnisation partielle des préjudices, après évaluation de cette perte de chance.
N° TA83-2301302(TA83-2301302)
Le Tribunal Administratif de Toulon a été saisi par M. B et Mme C d’une demande d’indemnisation suite à un accident de scooter survenu le 19 septembre 2018 sur l’autoroute A50, imputé à un défaut d’entretien de l’ouvrage public concédé à la SA Escota. Le tribunal a retenu la responsabilité de la société concessionnaire, estimant qu’elle n’apportait pas la preuve d’un entretien normal de la chaussée, notamment en raison d’une différence de niveau dangereuse et d’un balisage insuffisant. En conséquence, la SA Escota a été condamnée à réparer intégralement les préjudices subis, sur le fondement du défaut d’entretien normal de l’ouvrage public.
N° TA83-2301160(TA83-2301160)
Le Tribunal Administratif de Toulon annule la décision du 24 mars 2023 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) avait infligé à M. A une contribution spéciale de 15 000 euros pour l'emploi d'un travailleur étranger sans titre. Le tribunal juge que la procédure a méconnu le principe général des droits de la défense, car l'OFII n'a pas informé le requérant de son droit à obtenir la communication du procès-verbal d'infraction avant le prononcé de la sanction. Cette omission constitue une irrégularité privant M. A d'une garantie, entraînant l'annulation de la décision sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens. La solution s'appuie sur les articles L. 8253-1 et L. 8271-17 du code du travail, ainsi que sur le principe général des droits de la défense et l'article L. 122-2 du code des relations entre le public et l'administration.
N° TA83-2502164(TA83-2502164)
Le Tribunal Administratif de Toulon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l'arrêté du 20 mai 2025 par lequel le maire de Puget-sur-Argens a suspendu Mme A, directrice des ressources humaines, de ses fonctions sur le fondement de l'article L. 531-1 du code général de la fonction publique. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, car la suspension conserve le traitement et les indemnités de l'agent, et que les conséquences psychologiques alléguées n'étaient pas suffisamment établies pour caractériser une atteinte grave et immédiate à sa situation. En conséquence, la requête a été rejetée sans qu'il soit nécessaire d'examiner les moyens soulevés par la requérante.
N° TA83-2502188(TA83-2502188)
Le Tribunal Administratif de Toulon, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme C. Celle-ci demandait la suspension de son expulsion et son relogement, invoquant une atteinte grave à sa liberté de disposer de son logement. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, faute pour la requérante d'établir la réalité d'une expulsion imminente, le préfet n'ayant pas été saisi pour requérir la force publique et une procédure de sursis étant pendante devant le juge judiciaire.
N° TA83-2502194(TA83-2502194)
Tribunal Administratif de Toulon, ordonnance du 9 juin 2025. M. B conteste la délibération du conseil municipal de Villecroze arrêtant le projet de plan local d'urbanisme (PLU), invoquant des vices de procédure (participation de conseillères intéressées) et des illégalités de fond. Le juge des réjets rejette la requête comme manifestement irrecevable, mal fondée et dépourvue d'urgence. Il estime que la délibération d'arrêt du PLU est une mesure préparatoire insusceptible de recours, que le requérant ne justifie d'aucune liberté fondamentale ni d'urgence, et qu'il n'apporte pas la preuve des intérêts personnels allégués.
N° TA83-2502034(TA83-2502034)
Le Tribunal Administratif de Toulon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l'arrêté du ministre de l'intérieur infligeant à M. B, gardien de la paix, une exclusion temporaire de fonctions de douze mois dont neuf avec sursis. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés (disproportion de la sanction, non-respect d'un délai raisonnable, insuffisance de motivation) n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition d'urgence. La requête a été rejetée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
N° TA83-2501574(TA83-2501574)
Le Tribunal administratif de Toulon, statuant en référé, a rejeté la demande de M. E, conseiller municipal et contribuable de Roquebrune-sur-Argens, qui sollicitait l'autorisation d'ester en justice au nom de la commune pour engager des poursuites pénales contre le maire. Le juge a estimé que l'action envisagée, fondée sur des allégations de recrutement irrégulier, ne présentait pas de chances de succès suffisantes au regard des dispositions de l'article L. 2132-5 du code général des collectivités territoriales. La solution retenue repose sur l'absence d'éléments probants démontrant un intérêt matériel suffisant pour la commune ou une perspective sérieuse de succès de l'action pénale.
N° TA83-2300711(TA83-2300711)
Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la demande de la SARL Cap Sud, qui contestait des rappels de TVA pour la période 2018-2020. La société soutenait que son activité de location meublée était imposable car elle offrait au moins trois prestations para-hôtelières (accueil, nettoyage, linge). Le tribunal a appliqué l'article 261 D du code général des impôts, estimant que l'activité relevait de l'exonération de TVA, faute pour la société de démontrer que les prestations étaient rendues dans des conditions similaires à celles d'un établissement hôtelier professionnel. Les autres moyens, relatifs au délai de déclaration et aux pénalités, ont également été écartés.
N° TA83-2300999(TA83-2300999)
Le Tribunal Administratif de Toulon a examiné la requête de la SARL SP2I contestant des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés pour 2016 et l'annulation de déficits pour 2017-2018. Le litige portait principalement sur la déductibilité de charges de copropriété, taxes foncières et frais bancaires payées en 2016 mais relatives aux exercices 2012-2015. Le tribunal a rejeté la demande de décharge, considérant que la société n'avait pas justifié de la réalité des charges ni de leur lien avec son activité, et que le principe d'intangibilité du bilan d'ouverture s'opposait à leur déduction au titre de l'exercice 2016. La solution retenue s'appuie sur l'article 38 du code général des impôts et les règles de comptabilisation des charges.
N° TA83-2300996(TA83-2300996)
Le Tribunal Administratif de Toulon a été saisi par l'association Les Musicales d'une demande de décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et de rappels de taxe sur la valeur ajoutée, à la suite d'une vérification de comptabilité. L'association contestait son assujettissement en soutenant que sa gestion était désintéressée, que son activité n'était pas commerciale et qu'elle ne concurrençait pas des entreprises commerciales. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que les moyens soulevés n'étaient pas fondés au regard des articles 206, 207 et 261 du code général des impôts.
N° TA83-2500209(TA83-2500209)
Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la requête de M. B, ressortissant tunisien, qui contestait l'arrêté préfectoral du 13 décembre 2024 refusant son titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire. Le tribunal a jugé que la décision avait été signée par une autorité compétente et que le refus de délivrance d'un titre "salarié" était légal au regard de l'accord franco-tunisien et du code de l'entrée et du séjour des étrangers. Il a également estimé que la mesure d'éloignement et l'interdiction de retour d'un an n'étaient pas entachées d'erreur manifeste d'appréciation. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris celles relatives aux frais de justice.
N° TA83-2502139(TA83-2502139)
Le Tribunal Administratif de Toulon, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A B. Ce dernier demandait la suspension du refus du maire de Grimaud d'exercer ses pouvoirs de police de l'urbanisme et sollicitait des injonctions pour faire cesser des infractions sur un terrain de camping. Le juge a estimé que la demande était manifestement mal fondée, car les mesures sollicitées, notamment le dressement d'un procès-verbal, relevaient d'une compétence liée de l'autorité administrative en vertu des articles L. 480-1 et suivants du code de l'urbanisme, et que le requérant n'établissait pas l'urgence ou l'absence de contestation sérieuse. En conséquence, l'ordonnance a rejeté la requête sans audience, conformément à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
N° TA83-2300644(TA83-2300644)
Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la requête de la SARL Le Hameau de Bonaval, qui contestait des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés pour 2019 et 2020, ainsi que la remise en cause d'un crédit de TVA. La société soutenait que sa comptabilité était probante et que l'administration avait méconnu le principe d'intangibilité du bilan d'ouverture, mais le tribunal a jugé que les moyens soulevés n'étaient pas fondés. La décision confirme les rectifications opérées par l'administration fiscale, sans faire droit aux demandes de décharge ou de rétablissement du crédit de TVA.
N° TA83-2401314(TA83-2401314)
Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la requête de M. B, qui demandait l’annulation du refus du maire de La Seyne-sur-Mer de retirer un permis de construire accordé à la société Prométhée Promotion pour un programme de 9 logements. Le juge a d’abord reconnu l’intérêt à agir de M. B, en tant que propriétaire voisin immédiat du projet. Cependant, après avoir examiné les moyens soulevés (insuffisance du dossier de demande, notamment sur la gestion des eaux pluviales, la stabilité des sols, les déchets et la circulation), le tribunal a estimé que la réalité d’une fraude n’était pas établie et que la décision de refus de retrait n’était pas entachée d’une erreur manifeste d’appréciation. La requête a donc été rejetée, de même que les conclusions à fin d’injonction et celles présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
N° TA83-2501998(TA83-2501998)
Cette ordonnance du Tribunal Administratif de Toulon, prise par un magistrat désigné, concerne une requête de M. A contestant un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français. En application des articles R. 922-2 et R. 922-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le tribunal constate que l'intéressé a été transféré en cours d'instance au centre de rétention administrative du Canet, à Marseille. Par conséquent, le tribunal se déclare incompétent territorialement et transmet le dossier au Tribunal Administratif de Marseille.
N° TA83-2203347(TA83-2203347)
Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la requête de la SCI La Volane, qui contestait le refus de permis de construire opposé par le maire de Carqueiranne pour la démolition-reconstruction d’une maison d’habitation. Le tribunal a écarté le moyen tiré de l’incompétence de l’auteur de l’acte, une délégation régulière ayant été établie. Il a également validé le motif de refus fondé sur le risque incendie, en se rangeant à l’avis conforme défavorable du préfet du Var, pris sur le fondement de l’article R.111-2 du code de l’urbanisme. Enfin, les autres moyens, relatifs à l’insertion paysagère et à l’assainissement, ont été jugés infondés.
N° TA83-2201770(TA83-2201770)
Le Tribunal Administratif de Toulon a examiné la demande de M. C, qui sollicitait la condamnation de l'État à l'indemniser des préjudices résultant de l'illégalité fautive des décisions des 28 janvier 2016 et 18 mars 2019 refusant la reconnaissance de sa maladie professionnelle, ainsi que de la responsabilité sans faute pour risque. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que la demande d'indemnisation préalable de M. C, reçue le 22 avril 2022, était tardive car intervenue après l'expiration du délai de prescription quadriennale, qui avait couru à compter de l'annulation des décisions illégales. En conséquence, la créance de M. C était prescrite, rendant la requête irrecevable sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens.