Jurisprudence — Tribunal Administratif de Toulon
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N° TA83-2202462(TA83-2202462)
Le Tribunal Administratif de Toulon a examiné la demande de la SAS Mer Estérel Développement visant à obtenir la décharge de rappels de taxe sur les salaires pour les années 2017 à 2019. La société contestait la procédure d'imposition, arguant que l'administration avait émis un avis de mise en recouvrement sans avoir préalablement répondu à sa demande de saisine de l'interlocuteur départemental, ce qui constitue une garantie substantielle prévue par la charte des droits et obligations du contribuable vérifié. Le tribunal a jugé que cette omission rendait la procédure irrégulière, car l'administration n'avait pas respecté cette garantie avant d'émettre l'avis de mise en recouvrement. En conséquence, il a prononcé la décharge des rappels de taxe sur les salaires et des pénalités correspondantes, sans avoir à se prononcer sur le bien-fondé des rectifications. Cette décision s'appuie sur les dispositions du livre des procédures fiscales et la charte des droits du contribuable.
N° TA83-2201353(TA83-2201353)
Le Tribunal administratif de Toulon a rejeté la requête de Mme C et M. A, qui demandaient l'annulation de l'arrêté du 8 décembre 2021 par lequel le maire de Garéoult ne s'était pas opposé à la déclaration préalable de M. H pour l'édification d'un portail et d'un mur-bahut. Le tribunal a d'abord reconnu l'intérêt à agir des requérants en tant que voisins immédiats, puis a examiné les moyens soulevés, notamment la méconnaissance des articles Ud 11 et Ud 3 du plan local d'urbanisme et l'insuffisance du dossier de déclaration. La solution retenue est le rejet de la requête, les moyens étant jugés infondés, sans qu'il soit fait droit aux demandes de frais de justice.
N° TA83-2403842(TA83-2403842)
Saisi par Mme A B, le juge des référés du Tribunal Administratif de Toulon a rejeté sa demande de suspension de la décision du 1er août 2024 de la commission de médiation DALO du Var, qui lui refusait la reconnaissance comme prioritaire pour un logement d'urgence. La requérante invoquait l'urgence en raison de sa situation de sans-domicile avec deux enfants à charge. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, car la requête a été introduite plus de trois mois après la décision contestée, sans justification d'un changement de circonstances. La demande a été rejetée sur le fondement des articles L. 521-1 et L. 522-3 du code de justice administrative.
N° TA83-2403660(TA83-2403660)
Le Tribunal Administratif de Toulon, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté les demandes du préfet du Var visant à ordonner l'expulsion de deux frères, M. A et M. B, d'un hébergement pour demandeurs d'asile géré par l'association ADOMA à Bormes-les-Mimosas. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas suffisamment établie, faute pour le préfet de démontrer une saturation actuelle du dispositif d'accueil dans le département. Il a également relevé que la mesure d'expulsion porterait une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale des intéressés, garanti par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, compte tenu de la situation particulière de M. A, handicapé, et de l'absence de solution d'hébergement alternative proposée par l'État. Les requêtes ont donc été rejetées, sans application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
N° TA83-2403659(TA83-2403659)
Le Tribunal Administratif de Toulon, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté les demandes du préfet du Var tendant à l'expulsion de deux frères, M. A et M. B, d'un hébergement pour demandeurs d'asile géré par l'association ADOMA à Bormes-les-Mimosas. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas suffisamment établie, le préfet n'ayant pas démontré de manière actualisée la saturation du dispositif d'accueil dans le département. Il a également relevé que la mesure d'expulsion porterait une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale des intéressés, protégé par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, compte tenu de la situation de handicap de l'un des frères et de l'absence de solution de relogement proposée par l'État. Les décisions s'appuient notamment sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du code de l'action sociale et des familles.
N° TA83-2300242(TA83-2300242)
Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la requête de M. C, professeur certifié de mathématiques, qui contestait son arrêté de révocation pris par le ministre de l'éducation nationale. Le requérant invoquait des vices de procédure, la prescription de certains faits, une erreur sur la matérialité des faits et une absence de discernement due à des troubles psychiatriques. Le tribunal a écarté l'ensemble de ces moyens, jugeant que la procédure disciplinaire était régulière et que les faits, notamment une relation avec une ancienne élève mineure, constituaient des fautes graves. Il a estimé que la sanction de révocation n'était pas disproportionnée, compte tenu de la nature des agissements et de l'absence d'altération suffisante du discernement.
N° TA83-2402733(TA83-2402733)
Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la requête de M. B, ressortissant marocain, qui contestait l'arrêté du préfet du Var refusant son titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire. Le tribunal a estimé que le préfet avait légalement justifié le refus en se fondant sur la menace pour l'ordre public, au regard des sept condamnations pénales de l'intéressé, dont plusieurs pour des faits graves (violences, stupéfiants, port d'arme). La décision s'appuie sur l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et le tribunal a écarté les moyens tirés de la violation de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'erreur manifeste d'appréciation.
N° TA83-2201704(TA83-2201704)
Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la requête de M. et Mme B. Les requérants demandaient la décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux pour les années 2010 à 2012, ainsi que des dommages et intérêts. Le tribunal a jugé que M. B ne remplissait pas les conditions de l'article 81 A du code général des impôts pour bénéficier de l'exonération, car il n'avait pas été envoyé par un employeur établi en France ou dans un État membre de l'UE/EEE. En conséquence, les conclusions aux fins de décharge ont été rejetées, et les conclusions indemnitaires ont été déclarées irrecevables faute de demande préalable.
N° TA83-2403700(TA83-2403700)
Le Tribunal Administratif de Toulon, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la sanction d'exclusion temporaire de fonctions prononcée le 6 novembre 2024 par le centre hospitalier intercommunal de Fréjus-Saint-Raphaël à l'encontre de Mme A. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés par la requérante, notamment ceux tirés de l'urgence, du détournement de procédure, du défaut de motivation ou de la disproportion de la sanction, n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée. Les conclusions accessoires ont été rejetées, et aucune somme n'a été allouée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
N° TA83-2201650(TA83-2201650)
Le Tribunal Administratif de Toulon a examiné la requête de M. B, ingénieur des travaux publics de l’État, contestant un arrêté du 22 avril 2022 du ministre de la transition écologique modifiant rétroactivement son affectation au 1er octobre 2019. Le tribunal a rejeté la fin de non-recevoir soulevée par le ministre, jugeant que cette décision, entraînant un changement de résidence administrative, n’était pas une simple mesure d’ordre intérieur. Sur le fond, il a annulé l’arrêté contesté au motif que l’administration ne peut légalement prendre une mesure rétroactive que pour assurer la continuité de la carrière d’un agent ou régulariser sa situation, ce qui n’était pas établi en l’espèce. La solution retenue s’appuie sur le principe général d’application des décisions administratives pour l’avenir.
N° TA83-2201652(TA83-2201652)
Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la requête de la SARL Blue Jaticua contestant des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés pour les exercices 2014 à 2016. La société invoquait une irrégularité de l'avis de mise en recouvrement, une insuffisance de motivation de la proposition de rectification, et contestait le bien-fondé des rehaussements. Le tribunal a jugé que l'avis de mise en recouvrement, bien que mentionnant un montant supérieur à celui notifié après l'avis de la commission, était régulier car il faisait référence aux actes de la procédure et que la différence résultait de l'absence de prise en compte d'un dégrèvement partiel ultérieur. Il a également écarté les autres moyens, considérant la proposition de rectification suffisamment motivée et le loyer pratiqué anormalement bas, et a confirmé les impositions.
N° TA83-2201173(TA83-2201173)
Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la demande de Mme A, qui contestait l'imposition d'une indemnité d'occupation de 115 500 euros reçue de son ex-époux. La requérante soutenait que cette somme devait être imposée dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) et non des revenus fonciers, et seulement pour l'année 2020 à hauteur de 9 000 euros. Le tribunal a jugé que l'indemnité d'occupation, versée en une seule fois en 2020, constituait un revenu foncier imposable au titre de cette même année, conformément aux articles 14 et 28 du code général des impôts. La solution retenue confirme l'imposition initiale, Mme A n'ayant pas apporté la preuve de son caractère exagéré.
N° TA83-2201462(TA83-2201462)
Le Tribunal Administratif de Toulon a annulé la décision du 5 janvier 2022 par laquelle la commune de Draguignan s'était opposée à la déclaration préalable de M. B pour la création de deux fenêtres. Le tribunal a jugé que la demande de pièces complémentaires adressée par simple courriel était irrégulière, car elle aurait dû être envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception ou via une téléprocédure, conformément aux articles R. 423-38 et R. 423-48 du code de l'urbanisme. En conséquence, le dossier étant réputé complet, une décision tacite de non-opposition était née, et la commune ne pouvait la retirer sans respecter une procédure contradictoire prévue à l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration.
N° TA83-2200393(TA83-2200393)
Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la requête de M. C, ressortissant tunisien, qui demandait l'annulation de l'arrêté du préfet du Var refusant le regroupement familial pour son épouse. Le tribunal a estimé que le préfet avait légalement fondé son refus sur l'insuffisance des ressources de M. C, dont la moyenne mensuelle de 1 045 euros était inférieure au SMIC, en application de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il a également écarté le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, considérant que la décision ne portait pas une atteinte disproportionnée au droit à la vie privée et familiale.
N° TA83-2403679(TA83-2403679)
Le Tribunal Administratif de Toulon, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de M. C visant à suspendre la décision du 2 octobre 2024 par laquelle France Travail l'a radié de la liste des demandeurs d'emploi pour six mois et lui a supprimé ses allocations. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, malgré la situation financière précaire du requérant, et qu'aucun des moyens soulevés (notamment le défaut de motivation, l'incompétence de l'auteur de l'acte, et la violation du principe contradictoire) n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. La requête a été rejetée.
N° TA83-2403647(TA83-2403647)
Le Tribunal Administratif de Toulon, statuant en référé, rejette la requête de M. A B, ressortissant tunisien, qui contestait un arrêté préfectoral du 27 octobre 2024 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai et lui interdisant d’y retourner pour une durée de deux ans. Le juge estime que la décision d’éloignement est fondée sur l’entrée irrégulière de l’intéressé et l’absence de titre de séjour, conformément aux articles L. 611-1 et L. 612-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Il considère que le préfet n’a pas commis d’erreur manifeste d’appréciation, M. A B ne justifiant pas d’une intégration suffisante en France et conservant des attaches familiales en Tunisie. Enfin, l’interdiction de retour est jugée proportionnée au regard du risque de soustraction à la mesure d’éloignement et de l’absence de circonstances humanitaires.
N° TA83-2402508(TA83-2402508)
Le Tribunal Administratif de Toulon (2ème chambre) annule l'arrêté du 2 juillet 2024 par lequel le préfet du Var a refusé de délivrer un titre de séjour "conjoint de français" à M. A, ressortissant algérien, et l'a obligé à quitter le territoire. Le juge estime que le préfet a méconnu l'article 6 de l'accord franco-algérien de 1968, car M. A justifiait d'un titre de séjour italien valable lors de sa demande, rendant son entrée en France régulière. Par conséquent, l'obligation de quitter le territoire français et la fixation du pays de destination sont également annulées.
N° TA83-2402358(TA83-2402358)
Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la requête de M. B, ressortissant marocain, qui contestait l'arrêté du préfet du Var refusant son titre de séjour pour raisons médicales et l'obligeant à quitter le territoire. Le tribunal a jugé que l'avis du collège des médecins de l'OFII était régulier, le médecin rapporteur n'ayant pas participé à la délibération, et a écarté les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation et de la méconnaissance des articles 2 et 3 de la Convention européenne des droits de l'homme. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 425-9.
N° TA83-2200725(TA83-2200725)
Le Tribunal Administratif de Toulon a examiné la requête de M. B, adjoint administratif, contestant la sanction de rétrogradation qui lui a été infligée par le directeur du crédit municipal de Toulon. Le tribunal a d'abord écarté la fin de non-recevoir soulevée par l'administration, estimant que la requête, bien que rédigée sans avocat, contenait des conclusions suffisamment claires. Sur le fond, le juge a rappelé les principes applicables en matière de sanction disciplinaire et de harcèlement moral, notamment l'obligation de réserve et le droit de dénonciation. La décision a été rendue en application des lois n° 83-634 du 13 juillet 1983 et n° 84-53 du 26 janvier 1984.
N° TA83-2200718(TA83-2200718)
Le Tribunal Administratif de Toulon, saisi d’un recours pour excès de pouvoir par Mme C, a examiné la légalité de l’arrêté du 27 octobre 2021 prononçant sa rétrogradation. Après avoir écarté la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête, le tribunal a exercé un contrôle normal sur la matérialité des faits et la proportionnalité de la sanction. Il a rappelé que les fonctionnaires ne peuvent être sanctionnés pour avoir dénoncé un harcèlement moral, sous réserve du respect de l’obligation de réserve. La solution retenue par le tribunal n’est pas explicitée dans l’extrait fourni, mais l’analyse s’appuie sur les articles 29 et 6 quinquies de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983.