Jurisprudence — Tribunal Administratif de Grenoble
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N° TA38-2208559(TA38-2208559)
Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la demande de la SASU MB4807, qui sollicitait l'indemnisation de la rupture de ses contrats de nettoyage conclus avec l'Ehpad de la Barre. Le tribunal a jugé que la résiliation unilatérale des contrats administratifs par l'Ehpad n'était pas fautive, car ces contrats, conclus en 2005 sans terme fixe, étaient illégaux. Le moyen tiré de l'incompétence de la directrice pour signer la résiliation a été écarté comme n'ouvrant pas droit à indemnité, et l'application du code de commerce a été jugée inopérante pour un contrat administratif. En conséquence, la requête a été rejetée, y compris la demande subsidiaire fondée sur des conditions générales de vente non opposables.
N° TA38-2300005(TA38-2300005)
Le Tribunal Administratif de Grenoble a été saisi par M. B..., surveillant pénitentiaire, d’une demande d’annulation de l’arrêté du 30 octobre 2022 prononçant sa radiation des cadres pour abandon de poste. Le requérant soutenait que l’administration avait méconnu l’avis du médecin de prévention préconisant un poste « hors détention » et n’avait pas satisfait à son obligation de reclassement. Le tribunal a rappelé le principe général du droit imposant à l’employeur public de chercher à reclasser un agent déclaré inapte à son emploi avant tout licenciement. Il a jugé que l’administration, en proposant un poste d’agent « bulle promenade » sans démontrer qu’il était compatible avec les préconisations médicales et sans justifier de l’impossibilité d’un reclassement sur un poste « hors détention », a méconnu son obligation de reclassement. Par conséquent, le tribunal a annulé l’arrêté de radiation des cadres pour abandon de poste, en application des principes généraux du droit et des dispositions du décret n°84-1051 du 30 novembre 1984.
N° TA38-2300146(TA38-2300146)
Le Tribunal Administratif de Grenoble annule la décision du 3 octobre 2022 refusant l’attribution d’un complément indemnitaire annuel (CIA) à Mme Chapdaniel, secrétaire administrative au centre pénitentiaire de Valence. La décision est annulée pour deux motifs : d’une part, l’incompétence de la signataire, la cheffe de l’unité de gestion administrative et financière des personnels, non justifiée ; d’autre part, une erreur manifeste d’appréciation, l’agent ayant obtenu une évaluation « très bon » dans son compte rendu d’entretien professionnel mais un CIA de niveau « insuffisant » (0 euro). Le tribunal s’appuie notamment sur le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 et la note ministérielle du 22 juin 2022.
N° TA38-2400850(TA38-2400850)
Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de M. C... qui demandait l'annulation de l'arrêté du maire de Vaulx-Milieu refusant un permis de construire trois maisons individuelles. Le tribunal a jugé que, bien que le règlement écrit de la zone Ue soit silencieux, le rapport de présentation du PLU précise que cette zone est réservée aux équipements publics, excluant ainsi les constructions à usage d'habitation. Le refus du maire a donc été considéré comme légal, sur le fondement du code de l'urbanisme.
N° TA38-2402693(TA38-2402693)
Le Tribunal Administratif de Grenoble a condamné l'État à verser 6 200 euros à M. A... C... pour n'avoir pas exécuté, dans le délai imparti, la décision de la commission de médiation le reconnaissant prioritaire pour un hébergement d'urgence. Cette carence fautive a engagé la responsabilité de l'État sur le fondement des articles L. 300-1 et L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, causant des troubles dans les conditions d'existence du requérant. Le tribunal a également alloué 1 000 euros à son avocate au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle.
N° TA38-2403860(TA38-2403860)
Le Tribunal Administratif de Grenoble a condamné l'État à verser 5 000 euros à Mme C... pour la carence fautive à exécuter la décision de la commission de médiation de l'Isère du 17 octobre 2022, qui l'avait reconnue prioritaire pour un logement. La responsabilité de l'État a été engagée sur le fondement des articles L. 300-1 et L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, en raison du non-respect du délai imparti pour proposer un logement adapté. L'indemnisation couvre la période du 18 avril 2023 au 11 juillet 2024, date d'entrée dans les lieux, et répare les troubles dans les conditions d'existence résultant du maintien de la situation de logement précaire.
N° TA38-2404260(TA38-2404260)
Le Tribunal administratif de Grenoble annule la décision du 10 juin 2024 par laquelle la préfète de l'Isère a rejeté la demande de certificat de résidence de Mme B..., ressortissante algérienne, en qualité d'ascendante à charge d'un ressortissant français. Le tribunal juge que la condition de présentation d'un visa de long séjour n'est pas exigée par l'article 7 bis b) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 pour ce type de titre. En conséquence, il enjoint à la préfète de réexaminer la demande dans un délai de deux mois et condamne l'État à verser 1 200 euros à la requérante au titre des frais de justice.
N° TA38-2405622(TA38-2405622)
Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de Mme D... contestant la décision du 30 mai 2024 par laquelle la commission de médiation de l'Isère a refusé de reconnaître sa demande d'hébergement comme prioritaire et urgente. Le tribunal a jugé que la décision était suffisamment motivée et que le moyen tiré de l'irrégularité de la composition de la commission était insuffisamment précis. Il a également estimé qu'à la date de la décision, Mme D..., en tant que demandeur d'asile, relevait du régime spécifique prévu pour les demandeurs d'asile et non du droit à l'hébergement opposable prévu par le code de la construction et de l'habitation. La solution retenue est donc le rejet de l'ensemble des conclusions de la requérante.
N° TA38-2512432(TA38-2512432)
Le Tribunal administratif de Grenoble a pris acte du désistement de M. B... de ses conclusions en référé visant à obtenir le retrait d'une décision "48 SI" invalidant son permis de conduire, après que le ministre de l'intérieur a supprimé cette décision et rétabli les douze points. Le juge des référés a rejeté la demande de frais de justice (article L. 761-1 du code de justice administrative) au motif que les circonstances de l'espèce ne justifiaient pas de condamner l'Etat. L'ordonnance a été rendue sur le fondement des articles R. 222-1 et L. 521-3 du code de justice administrative.
N° TA38-2407191(TA38-2407191)
Le Tribunal Administratif de Grenoble a annulé la décision implicite de la préfète de l’Isère refusant le renouvellement du titre de séjour de Mme B..., ressortissante congolaise présente en France depuis plus de 20 ans. La juridiction a estimé que ce refus portait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, garanti par l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme. En conséquence, le tribunal a enjoint à la préfète de délivrer un titre de séjour à Mme B... dans un délai de trois mois, ainsi qu’une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans un délai de quinze jours. L’État a également été condamné à verser 900 euros à Mme B... au titre des frais de justice.
N° TA38-2408262(TA38-2408262)
Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la demande d'indemnisation de Mme C..., qui sollicitait 20 000 euros en réparation des préjudices subis du fait de la non-exécution de la décision de la commission de médiation de l'Isère du 7 mars 2022 la reconnaissant prioritaire pour un logement. Le tribunal a estimé que la carence fautive de l'État n'était pas établie, car Mme C... avait refusé deux propositions de logement sans motif légitime, notamment un T1 à Poisat et un autre à Grenoble. En conséquence, aucun préjudice indemnisable n'a été retenu, et la requête a été rejetée dans son intégralité, y compris les conclusions fondées sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative. La décision s'appuie sur les articles L. 441-2-3 et R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation.
N° TA38-2512193(TA38-2512193)
Le Tribunal administratif de Grenoble a rejeté la requête de M. B... contestant la décision 48 SI du ministre de l'intérieur invalidant son permis de conduire pour solde de points nul. Le requérant invoquait l'absence de notification d'une décision 48 M et le caractère tardif de l'inscription des infractions. Le tribunal a jugé ces deux moyens inopérants, rappelant qu'aucun texte n'impose la notification d'une décision 48 M et qu'aucun délai n'est fixé pour le retrait de points. La requête, ne comportant que des moyens inopérants, a été rejetée sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
N° TA38-2408612(TA38-2408612)
Le Tribunal administratif de Grenoble a été saisi par M. E..., reconnu prioritaire et urgent à reloger par la commission de médiation de l’Isère le 19 janvier 2023, afin d’obtenir réparation du préjudice subi en raison du retard de l’État à lui proposer un logement dans le délai imparti. Le tribunal a écarté l’exception de prescription soulevée par la préfète, la créance n’étant pas prescrite au moment de la demande indemnitaire préalable. Sur le fond, il a jugé que la carence fautive de l’État à exécuter la décision de la commission de médiation engage sa responsabilité pour les troubles dans les conditions d’existence subis par le requérant, en application des articles L. 300-1 et L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation. La solution retenue est donc une condamnation de l’État à indemniser M. E... pour la période de carence ayant perduré jusqu’à son relogement le 18 juin 2024.
N° TA38-2408749(TA38-2408749)
Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en juge unique, a rejeté la requête de M. C... qui demandait l'annulation du refus d'enregistrement de sa demande d'hébergement d'insertion. Le tribunal a considéré que le requérant, se maintenant sans droit ni titre sur le territoire français, ne pouvait pas contester cette décision par un recours pour excès de pouvoir, mais devait, le cas échéant, présenter des conclusions indemnitaires distinctes pour réparer un préjudice lié à la carence de l'État dans le cadre du droit au logement opposable. La solution retenue s'appuie sur les dispositions de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation.
N° TA38-2511835(TA38-2511835)
Le Tribunal Administratif de Grenoble a été saisi par Mme A... épouse B... d’un recours en excès de pouvoir contre le rejet implicite de sa demande de renouvellement d’un certificat de résidence de 10 ans. La requérante s’est désistée de sa requête en cours d’instance. Par ordonnance, le tribunal a donné acte de ce désistement pur et simple sur le fondement de l’article R.222-1 du code de justice administrative. Il a également rejeté les conclusions de Mme B... tendant à la condamnation de l’État aux frais d’instance, estimant qu’il n’y avait pas lieu d’y faire droit dans les circonstances de l’espèce.
N° TA38-2501731(TA38-2501731)
Le Tribunal Administratif de Grenoble a été saisi par M. B... d'une demande d'exécution d'un jugement du 28 mars 2024 annulant sa notation pour l'année 2020. Le requérant estimait que la nouvelle notation attribuée (note de 9) et l'absence de modification des appréciations littérales ne respectaient pas les motifs du jugement. Le tribunal a constaté que le ministre de l'intérieur avait pris une nouvelle décision de notation le 9 août 2024, et que le jugement initial n'imposait pas de modification spécifique des appréciations littérales ni de reconstitution de carrière. En conséquence, le tribunal a jugé que le jugement était pleinement exécuté et a prononcé un non-lieu à statuer sur la demande d'exécution, sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative.
N° TA38-2503247(TA38-2503247)
Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en formation collégiale, a rejeté les requêtes de Mme A... dirigées contre l'arrêté du 10 juin 2025 par lequel la préfète de l'Isère lui a refusé un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français. Le tribunal a jugé que la notification de l'arrêté à l'adresse connue de l'administration était régulière, malgré le retour du pli avec la mention "non réclamé", et que la requérante n'apportait pas la preuve d'un déménagement effectif antérieur. La solution retenue est le rejet des conclusions aux fins d'annulation et d'injonction, ainsi que des demandes présentées au titre de l'aide juridictionnelle. Les textes appliqués sont le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment son article L. 423-23, et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme.
N° TA38-2205845(TA38-2205845)
Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de Mme Majri, secrétaire administrative à la préfecture de l’Isère, qui demandait l’annulation de son compte-rendu d’entretien professionnel pour l’année 2021. Le tribunal a écarté les moyens de procédure, jugeant que la fiche d’entretien avait été transmise dans les délais réglementaires et que l’entretien avait été valablement conduit par sa supérieure hiérarchique directe, sans nécessité de formation préalable spécifique. La solution retenue est le rejet de la requête, fondée notamment sur le décret n°2010-888 du 28 juillet 2010 et l’arrêté du 11 janvier 2013 relatifs à l’entretien professionnel dans la fonction publique.
N° TA38-2507476(TA38-2507476)
Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en formation de la 2ème Chambre, a examiné les recours pour excès de pouvoir de Mme A..., ressortissante camerounaise, contre le refus de séjour et l'obligation de quitter le territoire français pris par la préfète de l'Isère. Le tribunal a joint les deux requêtes, la première dirigée contre une décision implicite de rejet, la seconde contre l'arrêté explicite du 29 juillet 2025. La solution retenue par le tribunal n'est pas explicitée dans l'extrait fourni, mais les moyens soulevés incluent l'insuffisance de motivation, l'erreur manifeste d'appréciation, et la méconnaissance des articles 2, 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, ainsi que des vices de procédure concernant l'avis du collège des médecins de l'OFII. Les textes appliqués sont le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 425-9, et la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme.
N° TA38-2206332(TA38-2206332)
Le Tribunal Administratif de Grenoble a examiné les requêtes de M. B... et de la SCI La Baisse contestant les arrêtés du maire de Pont-Evêque liquidant des astreintes pour non-respect d’une mise en demeure de démolir des constructions illégales, ainsi que les titres de perception correspondants. Les requérants invoquaient notamment l’illégalité de l’arrêté de mise en demeure initial du 3 janvier 2022, l’absence de base légale des astreintes, et des vices de forme. Le tribunal a rejeté l’ensemble des demandes, considérant que les moyens soulevés n’étaient pas fondés, et a mis à la charge des requérants les frais de justice. La décision s’appuie sur les dispositions du code de l’urbanisme, notamment les articles L. 481-1 et L. 481-2, ainsi que sur le code des relations entre le public et l’administration.