Jurisprudence — Tribunal Administratif de la Martinique
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N° TA102-2400303(TA102-2400303)
Refus d'agrément de dirigeant de société de sécurité privée annulé par le Tribunal Administratif de la Martinique (1ère chambre). Le tribunal a jugé que le CNAPS avait méconnu la procédure contradictoire prévue aux articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration, en opposant à M. B des motifs tirés de son comportement personnel sans l'avoir préalablement mis en mesure de présenter ses observations. La décision du 23 février 2024 est annulée, et il est enjoint au directeur du CNAPS de réexaminer la demande dans un délai de deux mois.
N° TA102-2400291(TA102-2400291)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a examiné la requête de M. B, professeur, contestant deux sanctions disciplinaires (un blâme du 14 septembre 2021 et une exclusion temporaire de 9 mois du 6 février 2024) ainsi qu’un changement d’affectation du 13 novembre 2024. La requête a été jugée irrecevable pour tardiveté concernant le blâme de 2021 et le changement d’affectation de 2024. Sur le fond, le tribunal a rejeté les conclusions dirigées contre la sanction d’exclusion temporaire de 2024, estimant la procédure régulière et la sanction proportionnée, et a également rejeté les conclusions indemnitaires faute de demande préalable. La décision s’appuie notamment sur le code général de la fonction publique et le décret n° 84-961 du 25 octobre 1984.
N° TA102-2500210(TA102-2500210)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a été saisi par Mme A d’une requête tendant au dépôt d’une plainte pour vol contre la société OPS, en lien avec la réhabilitation de sa résidence principale. Le tribunal a rejeté cette requête comme portée devant une juridiction incompétente, au motif que l’enregistrement d’une plainte relève de la compétence de la juridiction judiciaire et non administrative. Cette solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative et l’article 40 du code de procédure pénale.
N° TA102-2400017(TA102-2400017)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a annulé l'arrêté du 11 septembre 2023 par lequel le maire du Carbet avait refusé à la société Plantation Lajus un permis de construire pour une micro-distillerie. Le tribunal a jugé que la société était bénéficiaire d'un permis de construire tacite, né du silence de l'administration à l'issue du délai d'instruction, et que l'arrêté de refus constituait un retrait illégal de ce permis, faute de procédure contradictoire préalable. En conséquence, l'arrêté attaqué a été annulé. Le tribunal a également enjoint à la commune de délivrer un certificat de permis tacite, sur le fondement des articles L. 424-2 et R. 424-13 du code de l'urbanisme.
N° TA102-2500209(TA102-2500209)
Le Tribunal Administratif de la Martinique, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B. Celle-ci demandait le remboursement d'un trop-perçu de 2 538 euros résultant de saisies administratives à tiers détenteur, ainsi que des frais bancaires et une indemnisation. Le juge a estimé que la demande ne présentait pas un caractère d'urgence suffisamment justifié et que les mesures sollicitées pouvaient être obtenues par d'autres voies de droit, notamment après la naissance d'une décision implicite de refus de l'administration fiscale. La requête a été rejetée comme manifestement mal fondée en application de l'article L. 522-3 du même code.
N° TA102-2300630(TA102-2300630)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a rejeté la requête de M. A, inspecteur de l'éducation nationale, qui contestait l'arrêté du 1er août 2023 du ministre de l'éducation nationale lui infligeant une exclusion temporaire de fonctions de deux ans pour des faits de harcèlement sexuel et moral. Le tribunal a écarté l'ensemble des moyens soulevés, notamment ceux tirés de l'irrégularité de la procédure disciplinaire (violation de la confidentialité lors de l'audition d'un témoin par visioconférence, communication d'un rapport d'enquête anonymisé), du défaut d'impartialité de l'enquête administrative, de la méconnaissance du principe non bis in idem, et de l'absence de matérialité des faits. Il a jugé que la sanction n'était pas disproportionnée au regard des manquements commis par l'agent. La décision s'appuie notamment sur les dispositions du code général de la fonction publique et du décret n° 84-961 du 25 octobre 1984.
N° TA102-2400325(TA102-2400325)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a rejeté la requête de M. B, un sous-officier de gendarmerie, qui contestait le refus du ministre de l'intérieur de lui accorder le complément d'indemnité d'installation en outre-mer pour son affectation en Martinique. Le tribunal a jugé irrecevables les conclusions dirigées contre le courrier de notification du 20 décembre 2023, ce dernier n'étant pas une décision faisant grief. Sur le fond, les moyens soulevés par M. B, notamment l'incompétence de l'autorité, le défaut de motivation et la méconnaissance du principe d'égalité, ont été écartés. La décision s'appuie sur le décret n° 50-1258 du 6 octobre 1950 et le code de justice administrative.
N° TA102-2400417(TA102-2400417)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a rejeté la requête de Mme A contestant le refus de la société Orange de lui accorder l’allocation temporaire d’invalidité. Le juge a d’abord déclaré irrecevables les conclusions visant à réformer l’avis du médecin agréé ou à obtenir la composition du conseil médical, ces demandes n’entrant pas dans son office. Sur le fond, statuant en plein contentieux, le tribunal a examiné la régularité de la procédure et le bien-fondé de la décision du 26 avril 2024, prise après avis du conseil médical. La solution retenue est le rejet de l’ensemble des conclusions de Mme A, sans qu’aucun texte spécifique ne soit cité comme fondement de l’annulation.
N° TA102-2400374(TA102-2400374)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a examiné la requête de Mme B et M. C demandant l'annulation de la délibération du 27 décembre 2023 par laquelle le conseil municipal de Sainte-Anne a approuvé son plan local d'urbanisme (PLU). Les requérants contestaient notamment le classement partiel de leurs parcelles en zone naturelle N1, invoquant des vices de procédure (défaut de note explicative de synthèse, irrégularité de l'enquête publique) et une erreur manifeste d'appréciation. Le tribunal a rejeté l'ensemble des moyens soulevés, considérant que la commune avait respecté les obligations prévues par le code général des collectivités territoriales, le code de l'urbanisme et le code de l'environnement. En conséquence, il a rejeté la requête et mis à la charge solidaire des requérants une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
N° TA102-2300612(TA102-2300612)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a été saisi par Mme A d’un recours pour excès de pouvoir contre des arrêtés du ministre de l’agriculture modifiant son affectation, ainsi que de demandes indemnitaires et d’injonction liées à son avancement. Le ministre a fait valoir que la situation de l’agent avait été régularisée par un arrêté du 13 juin 2024 prenant en compte la bonification d’ancienneté litigieuse. En application des articles R. 612-5-1 et R. 222-1 du code de justice administrative, le tribunal a constaté que Mme A, invitée à confirmer le maintien de ses conclusions, ne l’a pas fait dans le délai imparti. Par ordonnance du 3 avril 2025, il lui a donc été donné acte de son désistement d’instance.
N° TA102-2400412(TA102-2400412)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a rejeté la requête de Mme B D, qui demandait la décharge de l'obligation de payer 33 887 euros de taxes foncière et d'habitation dues par les héritiers de M. A E. Le juge a relevé d'office que Mme D, simple concubine et non héritière ou propriétaire, n'avait ni la qualité de redevable ni d'intérêt à agir, rendant sa requête irrecevable. L'intervention volontaire des héritiers a également été jugée irrecevable. La décision s'appuie sur les articles L. 281 et R. 281-1 du livre des procédures fiscales.
N° TA102-2400535(TA102-2400535)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a rejeté la requête de M. B, sapeur-pompier volontaire, qui contestait l'arrêté du 3 juin 2024 mettant fin à son engagement pour inaptitude médicale définitive et refusant son maintien en activité au-delà de 60 ans. Le tribunal a relevé d'office que M. B avait présenté sa demande de maintien en activité le 29 juin 2023, soit après avoir atteint la limite d'âge de 60 ans le 13 mai 2021. En application de l'article R. 723-52 du code de la sécurité intérieure, l'engagement prend fin de plein droit à cet âge, plaçant ainsi l'administration en situation de compétence liée pour rejeter la demande, sans pouvoir d'appréciation. Par conséquent, les moyens soulevés par M. B, tirés de l'irrégularité de la procédure médicale et de l'erreur d'appréciation, ont été écartés comme inopérants.
N° TA102-2400603(TA102-2400603)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a rejeté les requêtes de M. H et Mme C contestant le refus d'autorisation d'instruction dans la famille pour leurs deux fils. Les requérants soulevaient notamment un moyen d'incompétence du signataire des décisions de la commission académique. Le tribunal a écarté ce moyen, jugeant que les décisions attaquées émanaient de la commission elle-même, et non du signataire, et que ses membres avaient été régulièrement désignés. La solution retenue est le rejet des demandes d'annulation, fondée sur les articles D. 131-11-10 et D. 131-11-11 du code de l'éducation.
N° TA102-2400576(TA102-2400576)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a examiné les recours de Mme B et M. A contre les refus de la rectrice de l’académie de Martinique de les autoriser à instruire leurs deux enfants dans la famille pour l’année 2024-2025. Les requérants contestaient notamment la légalité des décisions de la commission académique, invoquant des vices de procédure, un défaut de motivation et une erreur d’appréciation. Le tribunal a rejeté l’ensemble de leurs demandes, estimant que les moyens soulevés n’étaient pas fondés. Les décisions attaquées ont été jugées conformes aux dispositions du code de l’éducation et aux conventions internationales invoquées.
N° TA102-2400478(TA102-2400478)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a été saisi par Mme A B, assistante de service social, pour contester deux décisions de la directrice du centre hospitalier du Marin et du centre hospitalier EHPAD des Trois-Ilets. La première décision (n° 75-2024) refusait de reconnaître comme imputables au service des malaises survenus les 6 et 12 octobre 2023, et la seconde (n° 33-2024) refusait de reconnaître l'imputabilité d'un arrêt de travail à compter du 12 décembre 2023 comme rechute d'un accident de service de 2012. Le tribunal a examiné les moyens d'irrégularité de procédure (absence de saisine du conseil médical) et d'erreur d'appréciation soulevés par la requérante, en application du code général de la fonction publique et du décret n° 88-386 du 19 avril 1988. La solution retenue par le tribunal n'est pas explicitée dans l'extrait fourni, mais les parties ont été informées de la possibilité d'une injonction d'office en faveur de la reconnaissance de l'imputabilité des accidents et de la rechute.
N° TA102-2400495(TA102-2400495)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a été saisi par M. B, éducateur, d’une demande d’indemnisation pour l’agression subie le 12 décembre 2017 de la part d’un mineur confié à un établissement de la protection judiciaire de la jeunesse. Le tribunal a jugé que la responsabilité sans faute de la collectivité territoriale de Martinique était engagée, car celle-ci avait la charge d’organiser et de contrôler la vie du mineur auteur des faits. En l’absence de défense de la collectivité, les faits ont été considérés comme établis, et la responsabilité n’a été ni atténuée ni supprimée par un cas de force majeure ou une faute de la victime. La solution retenue s’appuie sur les principes de la responsabilité sans faute des personnes publiques pour les dommages causés par les mineurs dont elles ont la garde, en application des articles 375 et suivants du code civil et du code de la justice pénale des mineurs.
N° TA102-2400346(TA102-2400346)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a rejeté la demande de la SAS Menfenil, qui sollicitait la restitution de crédits d'impôt pour investissements outre-mer (CIOP) d’un montant total de 457 852 euros au titre des exercices 2022 et 2023. La société invoquait l’éligibilité de ses filiales exerçant une activité de blanchisserie industrielle, ainsi que l’opposabilité d’une position administrative antérieure sur le fondement de l’article L. 80 A du livre des procédures fiscales. Le tribunal a estimé que les demandes n’étaient pas justifiées, faute pour la société d’avoir produit les déclarations fiscales requises (notamment les formulaires n° 2079 et n° 2083) et les justificatifs d’investissements. La solution retenue s’appuie sur les articles 244 quater W et 199 undecies B du code général des impôts, ainsi que sur les règles de procédure fiscale.
N° TA102-2400460(TA102-2400460)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a rejeté la requête de M. B, technicien territorial, qui contestait le refus implicite du maire de Fort-de-France de lui accorder la protection fonctionnelle pour harcèlement moral. Le tribunal a estimé que les éléments fournis par M. B, notamment son changement de poste et le refus d’une formation, ne constituaient pas des présomptions de harcèlement moral, l’administration ayant démontré que ces décisions étaient justifiées par des considérations étrangères à tout harcèlement. En conséquence, les conclusions indemnitaires et celles relatives à la protection fonctionnelle ont été rejetées, sur le fondement des articles L. 133-2 et L. 134-5 du code général de la fonction publique.
N° TA102-2500204(TA102-2500204)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de Mme B épouse A, qui contestait une saisie administrative à tiers détenteur pour le recouvrement de l'impôt sur le revenu 2016 et de la taxe d'habitation 2022. La requérante avait saisi le tribunal avant l'expiration du délai de deux mois suivant sa réclamation préalable auprès de l'administration fiscale, sans attendre une décision explicite ou implicite de cette dernière. En application des articles L. 281 et R. 281-4 du livre des procédures fiscales, une telle contestation est prématurée et ne peut être régularisée. La requête a donc été rejetée en toutes ses conclusions, y compris la demande indemnitaire.
N° TA102-2400715(TA102-2400715)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a été saisi par la société Usine du Marin d’une demande d’annulation du refus implicite du préfet d’accorder le concours de la force publique pour exécuter une expulsion ordonnée par le tribunal judiciaire. L’expulsion ayant finalement eu lieu le 11 février 2025, la société s’est désistée de ses conclusions principales. Le tribunal a donné acte de ce désistement et a rejeté la demande de frais de justice présentée au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.