Jurisprudence — Tribunal Administratif de MELUN
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N° TA77-2202937(TA77-2202937)
Le Tribunal administratif de Melun a partiellement fait droit à la demande de M. B, détenu ayant travaillé au centre pénitentiaire Sud Francilien, qui contestait le taux horaire appliqué à sa rémunération entre novembre 2020 et janvier 2021. Le tribunal a jugé que l'administration avait commis une erreur de liquidation en appliquant un taux horaire inférieur à celui prévu par l'article D. 432-1 du code de procédure pénale, fixé à 45 % du SMIC. Toutefois, le montant du préjudice a été réduit à 60,96 euros, après déduction des cotisations sociales obligatoires (CSG, CRDS et cotisations de sécurité sociale) auxquelles le requérant est assujetti, conformément à l'article R. 381-105 du code de la sécurité sociale. L'État a ainsi été condamné à verser cette somme à M. B, assortie des intérêts au taux légal à compter du 2 novembre 2021.
N° TA77-2306686(TA77-2306686)
Le Tribunal administratif de Melun annule la décision implicite de rejet née le 27 février 2023, par laquelle le préfet de Seine-et-Marne a refusé de délivrer un titre de séjour à M. B, ressortissant comorien. Le tribunal retient que cette décision est illégale en raison d’un défaut de motivation, le préfet n’ayant pas répondu à la demande de communication des motifs formulée par l’intéressé en application des articles L. 211-2, L. 211-5 et L. 232-4 du code des relations entre le public et l’administration. Il enjoint au préfet de réexaminer la demande de M. B dans un délai de trois mois et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l’attente.
N° TA77-2112043(TA77-2112043)
Le Tribunal Administratif de MELUN a rejeté la requête de M. B A, qui contestait des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales pour les années 2014 à 2016, issues d’un contrôle fiscal de la société Eco Déco Plus dont il était gérant. Le tribunal a jugé inopérants les moyens relatifs à la procédure suivie contre la société, en raison du principe d’indépendance des procédures fiscales. Il a également écarté le moyen tiré de la méconnaissance de l’article L. 55 du livre des procédures fiscales, sans autre précision dans l’extrait fourni. La solution retenue est le rejet de la demande de décharge des impositions et de l’obligation de payer.
N° TA77-2203731(TA77-2203731)
Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de M. B, agent technique communal, qui contestait son exclusion temporaire de fonctions de cinq jours pour comportement agressif et insultant envers la secrétaire de mairie et une enseignante. Le tribunal a écarté le moyen tiré de l’erreur de droit, jugeant qu’un congé maladie ne fait pas obstacle à une sanction disciplinaire. Il a estimé que les faits étaient établis par des témoignages concordants et que la sanction, fondée sur les articles L. 530-1 et L. 533-1 du code général de la fonction publique, n’était pas disproportionnée.
N° TA77-2105851(TA77-2105851)
Le Tribunal Administratif de Melun a rejeté la requête de Mme B, qui contestait des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales pour 2015 et 2016. La requérante invoquait notamment une irrégularité de procédure liée à l'absence d'information sur la charte du contribuable, mais le tribunal a constaté que l'avis de vérification mentionnait bien cette possibilité. Le tribunal a également écarté le moyen tiré d'un début anticipé du contrôle, les opérations ayant débuté après la réception de l'avis. Sur le fond, les sommes créditées sur ses comptes bancaires ont été considérées comme des revenus imposables, non comme des prêts ou donations, et les rectifications ont été maintenues. La décision s'appuie sur les dispositions du livre des procédures fiscales et du code général des impôts.
N° TA77-2103096(TA77-2103096)
Le Tribunal administratif de Melun a été saisi par M. A, agent contractuel de la commune de Champigny-sur-Marne, contestant le refus de cette dernière de lui verser l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) suite à la fin de son contrat. Le tribunal a examiné la recevabilité des conclusions indemnitaires du requérant, constatant qu'elles n'avaient pas été précédées d'une demande préalable auprès de l'administration, en méconnaissance de l'article R. 421-1 du code de justice administrative. En conséquence, ces conclusions ont été jugées irrecevables. La solution retenue s'appuie sur les règles de procédure administrative contentieuse, sans se prononcer sur le fond du litige relatif au droit à l'ARE.
N° TA77-2112132(TA77-2112132)
Le Tribunal Administratif de Melun a rejeté la demande de M. et Mme B tendant à la décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales pour 2016 et 2017. Ces impositions faisaient suite à la réintégration par l'administration fiscale de charges (frais de déplacement, dépenses personnelles, frais de réception) considérées comme non professionnelles et qualifiées de revenus distribués. Le tribunal a validé la substitution de base légale opérée par l'administration, fondant les rectifications sur l'article 111 c) du code général des impôts relatif aux avantages occultes, et a jugé que les dépenses litigieuses ne présentaient pas un caractère professionnel. Il a également confirmé le bien-fondé des pénalités pour manquement délibéré, l'intention d'éluder l'impôt étant établie.
N° TA77-2203907(TA77-2203907)
Le Tribunal Administratif de Melun a rejeté la requête de Mme A, agent territorial de la commune de Charenton-le-Pont, qui demandait réparation pour harcèlement moral, manquements à l'obligation de sécurité et illégalité d'une procédure disciplinaire. Le tribunal a estimé que les éléments présentés par la requérante ne permettaient pas de présumer l'existence d'un harcèlement moral au sens de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 (repris à l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique). En conséquence, aucune faute de nature à engager la responsabilité de la commune n'a été retenue, et les conclusions indemnitaires de Mme A ont été rejetées.
N° TA77-2304154(TA77-2304154)
Le Tribunal administratif de Melun a annulé l'arrêté du 18 décembre 2022 par lequel la préfète du Val-de-Marne avait refusé de délivrer un titre de séjour à Mme B, ressortissante marocaine, et l'avait obligée à quitter le territoire français. Le tribunal a d'abord écarté la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête, estimant que les informations erronées fournies par la préfecture avaient créé une ambiguïté sur l'existence de la décision. Sur le fond, il a jugé que la décision de refus de titre de séjour était illégale, sans préciser le fondement exact dans cet extrait, mais en se référant aux articles L. 423-14 et L. 423-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En conséquence, l'obligation de quitter le territoire français a également été annulée par voie de conséquence.
N° TA77-2304211(TA77-2304211)
Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de M. B contestant l'arrêté du préfet de Seine-et-Marne du 28 février 2023 lui refusant un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi. Le tribunal a écarté l'ensemble des moyens soulevés, notamment ceux tirés de l'irrégularité de l'avis du collège de médecins de l'OFII et de la méconnaissance des articles L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. La solution retenue confirme la légalité des décisions préfectorales, fondées sur l'absence de démonstration par le requérant de l'impossibilité d'accéder à un traitement approprié dans son pays d'origine.
N° TA77-2308985(TA77-2308985)
Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de Mme A, ressortissante marocaine, qui contestait un arrêté préfectoral de refus de séjour et d'obligation de quitter le territoire français. La requête a été jugée irrecevable car, en application de l'article R. 411-1 du code de justice administrative, la requérante n'a pas présenté de moyens dans le délai de recours contentieux, malgré la notification des voies et délais de recours. Le tribunal s'est fondé sur ce moyen d'ordre public, après avoir invité les parties à présenter leurs observations.
N° TA77-2402106(TA77-2402106)
Le Tribunal administratif de Melun, saisi d’un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral d’obligation de quitter le territoire français, se déclare territorialement incompétent. Constatant que le requérant résidait à Paris à la date de la décision attaquée, il applique les articles R. 312-8 et R. 221-3 du code de justice administrative pour transmettre l’affaire au Tribunal administratif de Paris, seul compétent.
N° TA77-2312169(TA77-2312169)
Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de M. A, ressortissant bangladais, contestant le refus de titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire et la fixation du pays de destination pris par le préfet de Seine-et-Marne le 10 octobre 2023. Le tribunal a examiné les moyens soulevés, notamment l'insuffisance de motivation, la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que l'erreur manifeste d'appréciation. Il a jugé que la décision de refus de séjour était suffisamment motivée et que M. A ne justifiait pas d'une vie privée et familiale suffisamment établie en France pour bénéficier d'une admission exceptionnelle au séjour. En conséquence, le tribunal a également rejeté les conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire et la décision fixant le pays de destination, les considérant comme légales.
N° TA77-2404918(TA77-2404918)
Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de M. B D, ressortissant congolais, qui contestait l'arrêté du 24 mars 2024 de la préfète de l'Essonne l'obligeant à quitter le territoire français. Le tribunal a d'abord jugé irrecevables les conclusions dirigées contre un prétendu refus de séjour, cette décision n'étant pas contenue dans l'arrêté attaqué. Sur le fond, il a écarté les moyens d'incompétence, d'insuffisance de motivation et de violation de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, estimant que l'arrêté était suffisamment motivé et que le requérant ne justifiait pas d'une vie privée et familiale stable en France. La décision a été prise sur le fondement des articles L. 611-1, L. 612-12 et L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
N° TA77-2414735(TA77-2414735)
Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement des articles R. 532-1 et R. 532-1-1 du code de justice administrative, a fait droit à la demande de la commune de Chennevières-sur-Marne. Cette dernière sollicitait la désignation d’un expert pour constater l’état des immeubles voisins avant des travaux de démolition liés à l’agrandissement d’un parking. La juridiction a jugé la mesure utile et a ordonné une expertise préventive, avec possibilité de prolongation pour analyser les causes et l’étendue d’éventuels dommages survenant pendant le chantier.
N° TA77-2406419(TA77-2406419)
Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B, ressortissante marocaine, qui demandait à ce qu'il soit enjoint au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer une attestation de prolongation de séjour. La requérante, épouse d'un titulaire d'une carte "passeport talent", avait sollicité un titre de séjour "passeport talent (famille)" le 12 décembre 2023, mais n'avait reçu aucune réponse. Le juge a constaté que le silence de l'administration pendant quatre mois avait fait naître une décision implicite de rejet le 12 avril 2024, conformément aux articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, la demande de Mme B, qui tendait à obtenir une mesure utile et à ne pas faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, a été jugée dépourvue d'utilité et a été rejetée comme manifestement mal fondée.
N° TA77-2406425(TA77-2406425)
Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B, ressortissant malien, qui demandait qu'il soit enjoint au préfet de Seine-et-Marne de statuer sur sa demande de titre de séjour. Le juge a estimé que la demande était dépourvue d'utilité et faisait obstacle à l'exécution d'une décision administrative, dès lors que le silence gardé par l'administration pendant quatre mois avait fait naître une décision implicite de rejet, conformément aux articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La solution retenue est le rejet de la requête, l'intéressé étant invité à contester la décision implicite par un recours en excès de pouvoir, éventuellement assorti d'un référé suspension.
N° TA77-2406421(TA77-2406421)
Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête en référé de M. A, ressortissant guinéen, qui demandait, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui fixer un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour en qualité de membre de famille de réfugié. Le juge a estimé que cette demande était dépourvue d'utilité et faisait obstacle à l'exécution de décisions administratives explicites de rejet (clôture) déjà intervenues. La solution retenue est le rejet de la requête par ordonnance motivée, sans examen au fond, en application de l'article L. 522-3 du même code.
N° TA77-2405522(TA77-2405522)
Le Tribunal administratif de Melun, saisi en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la demande de M. A, ressortissant malien, qui sollicitait la délivrance sous astreinte d’une attestation de prolongation d’instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour. Le juge constate que le silence gardé par la préfète du Val-de-Marne pendant quatre mois a fait naître une décision implicite de rejet le 8 juin 2024, conformément aux articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Dès lors, la mesure demandée est dépourvue d’utilité et ferait obstacle à l’exécution de cette décision administrative. La requête est donc rejetée.
N° TA77-2410330(TA77-2410330)
Le Tribunal administratif de Melun annule la décision du 18 juillet 2024 par laquelle le directeur du CNAPS a retiré la carte professionnelle d'agent privé de sécurité de M. B. La décision attaquée est insuffisamment motivée en fait, car elle se borne à évoquer un comportement "de nature à porter atteinte à la sécurité publique" sans préciser les éléments concrets, et ne justifie pas d'une "urgence absolue" au sens de l'article L. 211-6 du code des relations entre le public et l'administration. Le tribunal applique les articles L. 211-2 et L. 211-5 du même code, ainsi que l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure.