Jurisprudence — Tribunal Administratif de Nantes
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N° TA44-2210965(TA44-2210965)
Le Tribunal administratif de Nantes annule la décision du ministre de l'intérieur du 27 juin 2022 confirmant l'ajournement à deux ans de la demande de naturalisation de Mme B. Le ministre s'était fondé sur une condamnation pour défaut d'assurance datant de 2016, mais le juge estime que ces faits anciens et isolés ne justifient pas un tel ajournement, constituant une erreur manifeste d'appréciation. Le tribunal enjoint au ministre de réexaminer la demande dans un délai de deux mois. La décision s'appuie sur l'article 21-15 du code civil et l'article 48 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993.
N° TA44-2210403(TA44-2210403)
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme A, ressortissante libanaise, qui contestait le refus du ministre de l’intérieur de lui accorder la naturalisation. Le tribunal a jugé que la décision ministérielle était suffisamment motivée et que le moyen tiré du défaut de motivation du rejet du recours gracieux était inopérant. Sur le fond, il a estimé que le ministre n’avait commis ni erreur de fait ni erreur manifeste d’appréciation, dès lors que Mme A résidait en Arabie Saoudite depuis 1994, que sa famille y vivait et qu’elle ne démontrait pas que le centre de ses intérêts privés se situait en France, en application des articles 21-16 et 21-26 du code civil.
N° TA44-2210325(TA44-2210325)
Le Tribunal Administratif de Nantes annule la décision du 1er juin 2022 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé d'enregistrer la demande de titre de séjour "vie privée et familiale" de M. B, ressortissant nigérian. Le tribunal juge que le préfet a commis une erreur de droit en opposant la tardiveté de la demande, fondée sur l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sans tenir compte de la circonstance nouvelle invoquée (naissance d'un enfant en France). La solution retenue est l'annulation de la décision préfectorale, avec injonction de réexaminer la demande de M. B dans un délai d'un mois.
N° TA44-2316791(TA44-2316791)
Le Tribunal Administratif de Nantes annule la décision du 23 août 2023 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa a rejeté le recours de M. B, ressortissant tunisien marié à une Française, contre un refus de visa de long séjour. Le tribunal estime que l'administration n'a pas établi par un faisceau d'indices suffisamment précis et concordants le caractère frauduleux ou complaisant du mariage, seule circonstance permettant de refuser le visa en application de l'article L. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il enjoint au ministre de l'intérieur de délivrer le visa dans un délai de deux mois et met à la charge de l'État une somme de 1 200 euros au titre des frais de justice.
N° TA44-2317360(TA44-2317360)
Le Tribunal Administratif de Nantes a examiné les recours de M. et Mme C, ressortissants algériens, contestant les décisions implicites de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, qui avaient rejeté leurs demandes de visa de long séjour en qualité de visiteur. Le tribunal a jugé que ces décisions de la commission se substituent aux décisions consulaires, rendant inopérants les moyens dirigés contre ces dernières. Il a également rappelé que les autorités disposent d'un large pouvoir d'appréciation pour refuser un visa de long séjour, sous le contrôle du juge. La solution retenue est le rejet des requêtes, sans qu'il soit nécessaire de statuer sur les autres moyens. Les textes appliqués incluent l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, la convention européenne des droits de l'homme, et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
N° TA44-2205865(TA44-2205865)
Le Tribunal administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme C, ressortissante guinéenne, qui contestait la décision de l'OFII du 8 mars 2022 mettant fin à ses conditions matérielles d'accueil. La requérante invoquait notamment l'incompétence de l'auteur de l'acte, un défaut de motivation, l'absence d'examen de sa vulnérabilité et une erreur manifeste d'appréciation. Le tribunal a écarté l'ensemble de ces moyens, jugeant que la décision était signée par une autorité compétente, suffisamment motivée, et que la procédure avait respecté les obligations d'information prévues à l'article L. 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La solution retenue est le rejet de la demande d'annulation et des conclusions accessoires.
N° TA44-2317504(TA44-2317504)
Le Tribunal Administratif de Nantes a annulé la décision du 20 septembre 2023 par laquelle le sous-directeur des visas avait refusé un visa de court séjour à Mme C, ressortissante malienne résidant à Cuba. La juridiction a jugé que le motif de refus, fondé sur un risque de détournement de l'objet du visa à des fins migratoires, était entaché d'une erreur manifeste d'appréciation. Le tribunal a relevé que la requérante, étudiante en médecine, justifiait d'attaches matérielles au Mali et avait respecté les termes de précédents visas français. La décision s'appuie notamment sur l'article 21 du règlement (CE) n° 810/2009 et l'article 32 du code communautaire des visas.
N° TA44-2406913(TA44-2406913)
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de M. D, ressortissant tadjik, contestant l'arrêté du préfet de la Loire-Atlantique du 29 février 2024. Cet arrêté refusait de lui délivrer un titre de séjour, l'obligeait à quitter le territoire français et fixait le pays de destination. Le tribunal a écarté les moyens soulevés, notamment l'incompétence du signataire et le défaut de motivation, en se fondant sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du code des relations entre le public et l'administration.
N° TA44-2500069(TA44-2500069)
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme F visant à suspendre la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa (CRRV) du 22 août 2024. Cette décision confirmait le refus de délivrance d'un visa de long séjour à ses deux enfants au titre de la réunification familiale. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, en raison du manque de diligence de la requérante et de l'absence de preuves suffisantes établissant une situation de précarité ou de risque imminent pour les enfants. Il a également considéré qu'aucun des moyens soulevés, notamment ceux tirés de l'insuffisance de motivation, de l'erreur de droit concernant l'article L.561-5 du CESEDA, ou de la méconnaissance de l'article 8 de la CESDH, n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
N° TA44-2406185(TA44-2406185)
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de M. B, ressortissant tunisien, contestant l'arrêté du préfet de la Vendée refusant son titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire. Le tribunal a jugé que la décision de refus était suffisamment motivée et que le préfet avait examiné sa situation personnelle. Il a estimé que le comportement de M. B constituait une menace pour l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement des articles L. 432-1 et L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Enfin, la décision n'a pas méconnu l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, compte tenu de l'absence de liens familiaux stables en France.
N° TA44-2418307(TA44-2418307)
Le Tribunal Administratif de Nantes a été saisi par Mme A, mère isolée de six enfants, afin d’obtenir une injonction à l’encontre du préfet de la Loire-Atlantique pour lui attribuer un logement adapté (type 5-6), conformément à une décision de la commission de médiation du 5 mars 2024. Le tribunal a fait droit à sa demande, en application des articles L. 300-1 et L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation, constatant qu’aucune offre de logement n’avait été faite dans le délai de six mois. Il a enjoint au préfet de proposer un logement dans un délai d’un mois, sous astreinte de 300 euros par mois de retard.
N° TA44-2317635(TA44-2317635)
Le Tribunal Administratif de Nantes a annulé la décision du 26 octobre 2023 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France avait rejeté la demande de visa de long séjour de M. D C, présentée au titre de la réunification familiale avec son épouse, Mme E, bénéficiaire de la protection subsidiaire. Le tribunal a jugé que la commission avait commis une erreur d'appréciation en estimant que les documents d'état civil produits n'étaient pas probants, alors que les éléments de possession d'état et les documents établis par l'OFPRA permettaient d'établir l'identité du demandeur et son lien familial. La solution retenue s'appuie sur les articles L. 561-2, L. 561-4 et L. 561-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que sur l'article 311-1 du code civil.
N° TA44-2420400(TA44-2420400)
Cette décision du Tribunal Administratif de Nantes, rendue en référé sur le fondement de l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative, fait droit à la demande de l'établissement public foncier de Loire-Atlantique. Le juge ordonne une expertise préventive pour constater l'état des immeubles riverains, notamment la propriété de Mme D, avant des travaux de démolition et de réhabilitation dans le centre-bourg de Saffré. La solution retenue est motivée par l'utilité de la mesure, les travaux étant susceptibles de provoquer des désordres sur la propriété voisine. En revanche, la demande de l'établissement public tendant à ce que l'expert soumette un pré-rapport aux parties est rejetée, le juge rappelant que cette modalité relève de la libre appréciation de l'expert dans le respect du contradictoire.
N° TA44-2420398(TA44-2420398)
Cette décision du Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé sur le fondement de l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative, fait droit à la demande de l'établissement public foncier de Loire-Atlantique. Le juge ordonne une expertise préventive pour constater l'état des immeubles riverains (parcelle BR 144, propriété de M. A) avant des travaux de démolition et de réhabilitation prévus par la commune de Saffré, ces travaux étant susceptibles de causer des désordres. En revanche, la demande visant à imposer à l'expert la rédaction d'un pré-rapport est rejetée, cette modalité relevant de sa libre appréciation dans le respect du contradictoire. Les conclusions relatives aux dépens sont également rejetées, leur fixation incombant au président de la juridiction.
N° TA44-2420395(TA44-2420395)
Cette décision du Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé sur le fondement de l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative, fait droit à la demande de l'établissement public foncier de Loire-Atlantique. Le juge ordonne une expertise préventive pour constater l'état des immeubles riverains, notamment la propriété de M. A, avant des travaux de démolition et de réhabilitation dans le centre-bourg de Saffré, et pour évaluer d'éventuels désordres futurs. La solution retenue est l'utilité de la mesure, justifiée par la nature et l'importance des travaux publics susceptibles d'affecter les propriétés voisines. En revanche, la demande de soumettre un pré-rapport aux parties est rejetée, et les dépens sont réservés à la phase de liquidation par le président de la juridiction.
N° TA44-2420399(TA44-2420399)
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé sur le fondement de l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative, a fait droit à la demande de l'établissement public foncier de Loire-Atlantique. Cette demande visait à ordonner une expertise préventive avant des travaux de démolition et de réhabilitation dans le centre-bourg de Saffré, afin de constater l'état des immeubles riverains et d'identifier d'éventuels dommages. Le tribunal a jugé la mesure utile compte tenu de la nature et de l'importance des travaux, mais a rejeté la demande d'imposer à l'expert la rédaction d'un pré-rapport, cette modalité relevant de sa libre appréciation dans le respect du contradictoire.
N° TA44-2114363(TA44-2114363)
Le Tribunal Administratif de Nantes a été saisi par M. A, détenu à la maison d'arrêt de Nantes du 9 avril 2018 au 18 août 2020, qui demandait réparation de son préjudice moral en raison de conditions de détention indignes (inadaptation à son handicap, vétusté, absence d'intimité). Le tribunal a rejeté sa requête, estimant que les éléments fournis ne caractérisaient pas une atteinte à la dignité humaine constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'État. La décision s'appuie sur l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme et les articles D. 349 à D. 351 du code de procédure pénale.
N° TA44-2500595(TA44-2500595)
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision implicite de refus de visa long séjour pour l'épouse du requérant. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, le stress et l'incertitude invoqués par le requérant étant insuffisants pour caractériser une urgence justifiant une suspension. La requête a été rejetée sans examen du doute sérieux sur la légalité de la décision.
N° TA44-2500603(TA44-2500603)
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision implicite de la commission de recours contre les décisions de refus de visa, qui avait refusé des visas de long séjour pour réunification familiale à trois enfants mineurs afghans. Le juge a considéré que la condition d'urgence n'était pas établie, les requérants ne démontrant pas une situation de précarité ou de risque imminent justifiant une intervention rapide. La demande a été rejetée sur le seul fondement de l'absence d'urgence, sans examen des moyens de légalité, en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
N° TA44-2417952(TA44-2417952)
Le Tribunal administratif de Nantes, statuant en urgence sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, a enjoint au préfet de la Vendée de proposer à Mme A un logement de type 1 adapté à ses besoins et capacités, dans un délai d'un mois. La requérante, reconnue prioritaire par la commission de médiation le 20 juin 2024, n'avait reçu aucune offre de logement, malgré l'obligation de résultat pesant sur l'État. Le tribunal a assorti cette injonction d'une astreinte de 300 euros par mois de retard, payable au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement.