Jurisprudence — Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise
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N° TA95-2113590(TA95-2113590)
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en excès de pouvoir, a annulé la décision du 2 avril 2021 par laquelle l'OFII avait refusé à M. B A, demandeur d'asile somalien, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Le tribunal a jugé que ce refus, fondé sur l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), était illégal car l'administration n'avait pas établi que le requérant avait présenté sa demande d'asile au-delà du délai de 90 jours sans motif légitime. La solution retenue s'appuie sur les dispositions du CESEDA et de la directive 2013/33/UE, et le tribunal a enjoint à l'OFII de rétablir rétroactivement les conditions matérielles d'accueil à compter du 2 avril 2021.
N° TA95-2113825(TA95-2113825)
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise (8ème chambre) a rejeté la requête de M. B, qui contestait des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux pour 2017. Le tribunal a jugé que l'administration n'avait pas commis d'erreur en estimant les revenus fonciers du requérant à 2 945 euros, faute de justificatifs suffisants sur la perception réelle des loyers. Il a également refusé la déduction de dépenses de grosses réparations, faute pour le contribuable de démontrer sa qualité de nu-propriétaire au sens des articles 156 du code général des impôts et 605 du code civil. La décision s'appuie sur le code général des impôts et le livre des procédures fiscales.
N° TA95-2114346(TA95-2114346)
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la demande de la SAS Martek Promotion, qui contestait des rappels de TVA pour 2016-2017. La société, active en promotion immobilière, soutenait que son activité de location en réméré était accessoire et devait être exclue du calcul du coefficient de déduction de TVA. Le tribunal a jugé que cette activité n'était pas liée à l'activité principale et ne pouvait être qualifiée d'accessoire au sens de l'article 206 de l'annexe II du code général des impôts. La société n'ayant pas justifié l'affectation intégrale de certaines dépenses à son activité principale, le tribunal a confirmé l'application du coefficient de déduction par l'administration. La requête a été rejetée, y compris les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
N° TA95-2114599(TA95-2114599)
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de la SAS Investia, qui demandait l'annulation de la délibération du 24 juin 2021 approuvant le plan local d'urbanisme (PLU) de Montigny-Lès-Cormeilles. La société invoquait notamment l'incompétence de l'auteur de la décision de rejet de son recours gracieux, l'insuffisance du rapport de présentation, une méconnaissance des articles L. 131-4 et L. 151-4 du code de l'urbanisme, ainsi qu'une incohérence entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables (PADD). Le tribunal a jugé que les moyens soulevés n'étaient pas fondés, considérant que la procédure d'élaboration du PLU était régulière et que le rapport de présentation était suffisamment motivé. En conséquence, la demande d'annulation a été rejetée, de même que les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
N° TA95-2115188(TA95-2115188)
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a été saisi par Mme B, attachée territoriale, contestant le montant de son indemnité de fonctions, de sujétions et d’expertise (IFSE) fixé à 740 euros par le centre communal d’action sociale (CCAS) de Sarcelles. Elle invoquait une erreur manifeste d’appréciation et une inégalité de traitement par rapport à d’autres agents. Le tribunal a joint les deux requêtes, l’une dirigée contre la décision implicite de rejet de sa demande préalable et l’autre contre l’arrêté du 1er septembre 2022 fixant l’IFSE. La solution retenue n’est pas explicitée dans l’extrait, mais le tribunal a examiné les moyens au regard des textes applicables, notamment le code général de la fonction publique et les décrets relatifs au régime indemnitaire des fonctionnaires territoriaux.
N° TA95-2101432(TA95-2101432)
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a examiné la requête de M. E D contestant des mises en demeure de payer un total de 41 543 euros, émis par l'administration fiscale pour diverses taxes (foncières, d'habitation, sur les locaux vacants, impôt sur le revenu et contributions sociales) dues par la succession de M. C A, dont M. D est le légataire universel. Le tribunal a d'abord constaté un non-lieu à statuer sur les impositions de l'année 2019, déjà annulées par l'administration. Sur le fond, il a rappelé que, selon l'article L. 281 du livre des procédures fiscales, les contestations en matière de recouvrement ne peuvent porter sur le bien-fondé de la créance, ce qui rend irrecevable le moyen de M. D contestant sa qualité de redevable légal, relevant du contentieux de l'assiette. Par conséquent, la requête a été rejetée.
N° TA95-2213575(TA95-2213575)
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de la SASU Babylone, qui contestait l'arrêté du préfet du Val-d'Oise du 25 juillet 2022 ordonnant la fermeture administrative temporaire pour deux mois de l'établissement "Smoky Bar". La société invoquait notamment une insuffisance de motivation, une erreur manifeste d'appréciation et un défaut de base légale. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé en droit et en fait, et que la matérialité des infractions (travail dissimulé, emploi d'étrangers sans titre) était établie. La solution retenue est fondée sur l'article L. 8272-2 du code du travail, permettant la fermeture administrative en cas d'infractions graves, et les conclusions indemnitaires ont été rejetées comme irrecevables faute de liaison du contentieux.
N° TA95-2214265(TA95-2214265)
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. A B, ressortissant vénézuélien, qui contestait la clôture de l'instruction de sa demande de titre de séjour "étudiant" par le préfet des Hauts-de-Seine. Le tribunal a jugé que le refus d'enregistrer une demande de titre de séjour pour dossier incomplet ne constitue pas une décision faisant grief, car l'absence d'un visa de long séjour "étudiant", pièce obligatoire selon l'annexe 10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), rendait l'instruction impossible. La solution retenue s'appuie sur les articles R. 431-10, R. 431-11 et R. 431-12 du CESEDA.
N° TA95-2214547(TA95-2214547)
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. C A, qui contestait la décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) du 6 octobre 2022 mettant fin à ses conditions matérielles d'accueil. Le tribunal a jugé que la décision était suffisamment motivée et que la procédure contradictoire avait été respectée, l'intéressé ayant été informé et ayant pu présenter ses observations. Il a également estimé que l'OFII avait légalement fondé sa décision sur l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en raison du non-respect par le requérant des exigences des autorités chargées de l'asile, notamment son absence aux convocations. Par conséquent, les conclusions à fin d'annulation, d'injonction et celles relatives aux frais de justice ont été rejetées.
N° TA95-2216156(TA95-2216156)
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. A, un ressortissant afghan, qui contestait le refus de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de lui accorder les conditions matérielles d'accueil. Le refus était motivé par le fait qu'il n'avait pas sollicité l'asile dans le délai de 90 jours suivant son entrée en France, sans motif légitime, en application des articles L. 551-15 et D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a jugé que la décision était suffisamment motivée et que les moyens soulevés, notamment l'insuffisance de motivation, le défaut d'examen de sa vulnérabilité et l'erreur d'appréciation, n'étaient pas fondés.
N° TA95-2217643(TA95-2217643)
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a été saisi d’un recours en excès de pouvoir contre un permis de construire délivré par le maire de Sceaux pour un projet de démolition et de construction de 85 logements avec commerces et parking. Le syndicat de copropriété requérant s’est désisté de l’instance. Le tribunal a rejeté la requête du Groupe d’études d’urbanisme des habitants de Sceaux, après avoir examiné les moyens soulevés, notamment ceux tirés de l’insuffisance de consultation de l’architecte des Bâtiments de France et de la méconnaissance des articles du code de l’urbanisme et du plan local d’urbanisme. La solution retenue est le rejet de la demande d’annulation, sans qu’il soit fait droit aux conclusions des parties au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
N° TA95-2300431(TA95-2300431)
Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. B, ressortissant pakistanais, qui contestait le refus de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Le tribunal a jugé que la décision de l'OFII était suffisamment motivée et fondée sur les dispositions de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui permet de refuser ces conditions en cas de demande de réexamen d'asile. Il a également estimé que la situation de vulnérabilité de M. B ne constituait pas une erreur manifeste d'appréciation, compte tenu de son comportement (présentation d'une nouvelle demande après transfert vers l'Autriche). En conséquence, les conclusions à fin d'annulation, d'injonction et au titre des frais de justice ont été rejetées.
N° TA95-2301308(TA95-2301308)
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de la SAS Elgea, qui demandait l'annulation de l'arrêté du maire de Clamart refusant un permis de construire pour un immeuble de neuf logements et un commerce. Le tribunal a écarté le moyen tiré de l'incompétence de la signataire, estimant que la 9ème adjointe au maire était légalement habilitée à signer l'acte en raison de l'absence du maire et des huit premiers adjoints, conformément à l'article L. 2122-17 du code général des collectivités territoriales. La solution retenue confirme la légalité du refus de permis de construire.
N° TA95-2317296(TA95-2317296)
Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 30 octobre 2023 retirant le certificat de résidence de dix ans de M. A, ressortissant algérien. Le tribunal a jugé que l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, seul applicable, ne prévoit pas la possibilité de retirer un tel titre pour un motif d'ordre public, contrairement à ce qu'avait fait le préfet en se fondant sur une condamnation pénale. Cette erreur de droit a entraîné l'annulation de la décision de retrait. Le tribunal a enjoint au préfet de restituer le certificat de résidence à M. A dans un délai d'un mois.
N° TA95-2317412(TA95-2317412)
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a examiné la requête de M. B, ressortissant ivoirien, contestant l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 30 octobre 2023 qui, tout en lui délivrant un titre de séjour annuel, a retiré sa carte de résident de dix ans et refusé son renouvellement pour un motif d'ordre public. Le tribunal a jugé irrecevables les conclusions contre le retrait de la carte et du récépissé, ces décisions étant superfétatoires car postérieures à leur expiration. Sur le refus de renouvellement, il a annulé la décision, estimant que le préfet ne pouvait légalement se fonder sur l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lequel ne s'applique qu'aux titres de séjour de moins de dix ans, et non à la carte de résident de dix ans.
N° TA95-2317490(TA95-2317490)
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise annule l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 15 novembre 2023 retirant à M. B, ressortissant algérien, son certificat de résidence de dix ans. Le préfet avait fondé ce retrait sur l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relatif à la menace pour l'ordre public. Le tribunal juge que cet article est inapplicable aux ressortissants algériens, dont la situation est régie de manière complète par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. En conséquence, la décision de retrait est annulée pour méconnaissance du champ d'application de la loi, et le préfet doit restituer le titre de séjour à M. B.
N° TA95-2400824(TA95-2400824)
Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de Mme B, ressortissante gabonaise, qui demandait l'annulation de la décision implicite de refus de renouvellement de son titre de séjour "vie privée et familiale". Le tribunal a d'abord écarté l'exception de non-lieu soulevée par le préfet, la délivrance d'un récépissé n'ayant pas pour effet de retirer le refus de séjour contesté. Sur le fond, il a jugé que l'obtention d'un diplôme d'aide-soignante et l'absence d'éléments circonstanciés sur sa vie privée et familiale en France ne suffisaient pas à démontrer une erreur manifeste d'appréciation. La décision a été rendue sur le fondement du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
N° TA95-2401524(TA95-2401524)
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de Mme A, ressortissante ivoirienne, qui contestait l'arrêté du préfet du Val-d'Oise refusant de lui délivrer un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire. Le tribunal a écarté le moyen d'insuffisance de motivation et a jugé que, même si le motif de radiation d'office de son employeur était contesté, les autres faits relevés par le préfet suffisaient à justifier le refus. Il a également estimé que la décision ne méconnaissait ni l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme. En conséquence, la requête a été rejetée dans son intégralité.
N° TA95-2403095(TA95-2403095)
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a examiné la requête de M. B, ressortissant sénégalais, contestant l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 11 décembre 2023 qui retirait sa carte de résident de dix ans (expirée en 2021) et en refusait le renouvellement, tout en lui délivrant un titre de séjour annuel. Le tribunal a jugé irrecevables les conclusions contre le retrait de la carte, cette décision étant superfétatoire car postérieure à son expiration. En revanche, il a annulé le refus de renouvellement de la carte de résident, estimant que le préfet ne pouvait légalement se fonder sur l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui ne s'applique pas aux cartes de résident de dix ans. Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer la demande de renouvellement dans un délai de deux mois.
N° TA95-2403499(TA95-2403499)
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a annulé l'arrêté du 5 février 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise avait retiré sa carte de résident à Mme A B épouse C, ressortissante sri lankaise. La décision de retrait, fondée sur l'article L. 432-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour emploi d'un étranger sans titre, a été jugée disproportionnée. Le tribunal a estimé que cette mesure portait une atteinte excessive au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressée, garanti par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, compte tenu de sa résidence continue en France depuis 26 ans, de la régularité de sa famille (mari titulaire d'une carte de résident, trois enfants français) et de l'absence de condamnation pénale.