Jurisprudence — Tribunal Administratif de Limoges
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N° TA87-2300142(TA87-2300142)
Le Tribunal Administratif de Limoges a examiné la demande de Mme B, qui imputait au centre hospitalier de Châteauroux une faute médicale lors de son accouchement par césarienne le 6 juillet 2020, à l’origine d’une thrombose veineuse profonde. Le tribunal a retenu la responsabilité de l’établissement sur le fondement de l’article L. 1142-1 du code de la santé publique, en raison d’une prescription insuffisante de traitement anticoagulant. La solution retenue consiste à condamner le centre hospitalier à indemniser Mme B et à rembourser les débours de la CPAM du Loir-et-Cher, en appliquant un taux de perte de chance de 50 % comme le proposait l’hôpital.
N° TA87-2401996(TA87-2401996)
Le Tribunal Administratif de Limoges a rejeté la requête de M. C, un ressortissant congolais, qui contestait l'arrêté préfectoral du 26 septembre 2024 lui retirant son attestation de demande d'asile, l'obligeant à quitter le territoire et lui interdisant le retour pour un an. Le tribunal a jugé que la décision de retrait était suffisamment motivée et que le droit au maintien sur le territoire avait pris fin à la date de la décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 19 septembre 2024, conformément à l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En conséquence, l'obligation de quitter le territoire était légale et les autres moyens soulevés, notamment ceux tirés de la méconnaissance des articles L. 422-1, L. 423-23, L. 435-1 et L. 435-3 du même code, ont été écartés.
N° TA87-2402063(TA87-2402063)
Le Tribunal Administratif de Limoges a rejeté la requête de Mme A, ressortissante indienne, qui contestait l'arrêté préfectoral du 27 août 2024 lui retirant son attestation de demande d'asile, l'obligeant à quitter le territoire français, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour d'un an. Le tribunal a écarté le moyen tiré de l'absence de mention des noms et prénoms du signataire, estimant que la signature et la qualité du préfet permettaient de l'identifier sans méconnaître substantiellement l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration. Il a également jugé que le droit d'être entendu de Mme A n'avait pas été violé, celle-ci ayant pu présenter ses observations lors de l'instruction de sa demande d'asile. En conséquence, le tribunal a validé l'ensemble des décisions contestées.
N° TA87-2301724(TA87-2301724)
Le Tribunal Administratif de Limoges a rejeté la requête de M. A, gardien de la paix, qui contestait le refus du ministre de l'intérieur de lui accorder une mutation dérogatoire pour raisons familiales (proche aidant). Le tribunal a écarté le moyen d'incompétence de la signataire de la décision, celle-ci bénéficiant d'une délégation de signature régulière. Il a jugé que si la présence du requérant auprès de ses parents malades était facilitante, elle n'était pas indispensable et ne constituait pas une circonstance grave ou exceptionnelle au sens de l'article 47 du décret du 9 mai 1995. Par conséquent, la décision attaquée n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation et ne méconnaît pas les dispositions de l'article L. 512-19 du code général de la fonction publique.
N° TA87-2500367(TA87-2500367)
Le Tribunal administratif de Limoges, statuant en référé précontractuel, a pris acte du désistement pur et simple de la société SARP Sud-Ouest de sa requête en excès de pouvoir. Celle-ci contestait le rejet de ses offres pour les lots n°1, 2 et 3 d’un marché public d’entretien du CHU de Limoges, motif pris d’une erreur d’appréciation sur le respect des exigences du règlement de consultation. Aucune solution au fond n’a été retenue, le désistement étant accepté sans opposition. La procédure est régie par les articles L. 551-1 et suivants du code de justice administrative.
N° TA87-2500390(TA87-2500390)
Le Tribunal administratif de Limoges, statuant en référé, a été saisi par la commune de Fursac sur le fondement de l’article L. 511-9 du code de la construction et de l’habitation. La commune demandait la désignation d’un expert pour constater l’état d’un bâtiment menaçant ruine, situé au lieu-dit « Cros », appartenant à Mme E C, et proposer des mesures de mise en sécurité. Le juge a fait droit à cette demande en désignant un expert, chargé d’examiner le bâtiment dans les vingt-quatre heures, de déterminer s’il présente un danger grave et imminent, et de proposer les mesures nécessaires pour garantir la sécurité publique. Cette décision s’appuie sur les dispositions du code de la construction et de l’habitation et du code de justice administrative.
N° TA87-2402132(TA87-2402132)
Le Tribunal administratif de Limoges a été saisi par Mme A d’une demande de provision complémentaire de 90 000 euros, en réparation des préjudices esthétique et matériel ainsi que des souffrances endurées, résultant de fautes commises par le centre hospitalier de Tulle lors de sa prise en charge le 26 février 2023. La requérante, qui a subi un choc septique grave ayant entraîné l’amputation partielle de neuf doigts et des deux pieds, se prévaut du rapport d’expertise et d’une précédente ordonnance du 31 juillet 2024 ayant déjà accordé une provision de 77 048 euros. Le tribunal, statuant en référé sur le fondement de l’article R. 541-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande, considérant que la requérante ne justifiait pas d’une obligation non sérieusement contestable pour un montant supplémentaire, eu égard à la provision déjà allouée et à l’absence de consolidation de son état de santé.
N° TA87-2500378(TA87-2500378)
Le Tribunal administratif de Limoges, statuant en référé, rejette la demande de suspension de la décision implicite du ministre de l'intérieur refusant l'enregistrement d'un stage de récupération de points sur le permis de conduire de M. B. Le juge estime que la condition d'urgence n'est pas remplie, car l'administration n'a pas encore invalidé le permis malgré un solde nul, et que M. B peut encore l'utiliser. La requête est rejetée sans examen du doute sérieux sur la légalité, sur le fondement des articles L. 521-1 et L. 522-3 du code de justice administrative.
N° TA87-2500314(TA87-2500314)
Le Tribunal administratif de Limoges, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B, ressortissant algérien, qui demandait la suspension de l’arrêté préfectoral du 7 février 2025 lui faisant obligation de quitter le territoire français. Le juge a constaté que les conclusions à fin d’annulation étaient irrecevables, le référé ne permettant que des mesures provisoires. Les conclusions à fin de suspension ont également été jugées irrecevables pour défaut de présentation par requête distincte et absence de production de l’acte attaqué, en méconnaissance des articles R. 522-1 et R. 412-1 du code de justice administrative.
N° TA87-2500210(TA87-2500210)
Le Tribunal administratif de Limoges, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du 6 janvier 2025 par lequel le préfet de la Haute-Vienne a ordonné l’expulsion de M. A, ressortissant algérien, vers l’Algérie. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas établie, l’exécution de la mesure n’étant pas imminente, et qu’aucun moyen sérieux n’était de nature à créer un doute sur la légalité de la décision, notamment au regard du droit à la vie privée et familiale garanti par l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme. La requête a été rejetée, ainsi que les conclusions accessoires.
N° TA87-2500362(TA87-2500362)
Le Tribunal administratif de Limoges, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de M. A. Ce dernier contestait le refus de France Travail de lui accorder l’allocation de solidarité spécifique (ASS) et le rejet de sa demande de médiation. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, faute pour le requérant d’avoir fourni des justificatifs de sa situation financière. En conséquence, la requête a été rejetée sans examen du doute sérieux sur la légalité des décisions.
N° TA87-2401872(TA87-2401872)
Le Tribunal Administratif de Limoges, statuant en référé sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, a ordonné une mesure d'expertise à la demande de M. B H F. Cette expertise vise à déterminer l'origine des dégradations subies par la propriété du requérant, imputées à un mur de soutènement communal et à l'étang d'un tiers, en vue d'un éventuel litige en responsabilité. Le tribunal a jugé la mesure utile pour établir les responsabilités respectives de la communauté de communes Tulle'Agglo, de la commune de Lagraulière et du propriétaire de l'étang. La demande de la commune de Lagraulière tendant au rejet de la requête a été écartée, l'expertise étant ordonnée dans le respect du contradictoire entre toutes les parties.
N° TA87-2500250(TA87-2500250)
Le Tribunal Administratif de Limoges a examiné le recours de Mme D, agissant pour son fils mineur, contre le refus de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) de lui accorder les conditions matérielles d'accueil. Le tribunal a jugé que la décision de l'Ofii était fondée sur un motif erroné en fait, car la demande d'asile de l'enfant, présentée après le rejet de celle de sa mère, constituait une demande personnelle et non un réexamen. En conséquence, le tribunal a annulé la décision du 31 janvier 2025 et enjoint à l'Ofii de rétablir les conditions matérielles d'accueil dans un délai de huit jours, en application des articles L. 551-8 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
N° TA87-2500255(TA87-2500255)
Le Tribunal Administratif de Limoges a rejeté la requête de Mme A épouse B, ressortissante albanaise, qui contestait les arrêtés préfectoraux du 6 février 2025 lui refusant un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, prononçant une interdiction de retour d'un an et l'assignant à résidence. Le tribunal a estimé que la décision de refus de séjour ne portait pas une atteinte disproportionnée à son droit à une vie privée et familiale normale au sens de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, ni ne méconnaissait les articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Les moyens tirés de l'illégalité des décisions subséquentes et de la violation de la Convention internationale des droits de l'enfant ont également été écartés. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des demandes de la requérante.
N° TA87-2500278(TA87-2500278)
Le Tribunal Administratif de Limoges, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l'exécution d'un commandement de payer émis pour recouvrer un trop-perçu de rémunération de 9 628,81 euros. Le juge a considéré que la requête au fond, déposée parallèlement par M. A pour contester le titre exécutoire, avait un effet suspensif de plein droit en application de l'article 117 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012. Par conséquent, la demande de suspension sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative était manifestement irrecevable, car superfétatoire.
N° TA87-2201453(TA87-2201453)
Le Tribunal Administratif de Limoges, saisi d’un recours pour excès de pouvoir par M. A, détenu, contre un refus de classement dans un emploi, rejette la requête comme irrecevable. Le tribunal juge que le « bulletin de réponse » contesté ne constitue pas une décision faisant grief et qu’un refus opposé à une demande d’emploi est, en principe, insusceptible de recours, sauf atteinte aux droits fondamentaux, ce qui n’est pas établi en l’espèce. La solution retenue se fonde sur les articles 717-3 et D. 432-2 à D. 432-4 du code de procédure pénale, ainsi que sur la jurisprudence relative à la distinction entre décisions de déclassement et refus de classement.
N° TA87-2201463(TA87-2201463)
Le Tribunal Administratif de Limoges a rejeté la requête de M. C. Il a d'abord jugé irrecevables ses conclusions indemnitaires de 60 000 euros, faute de demande préalable auprès de l'administration. Concernant la demande d'annulation de la délibération du 30 juin 2021 approuvant la modification du PLUi, le tribunal a écarté le moyen tiré du défaut d'information personnelle, aucune obligation légale n'existant en ce sens. Il a également estimé que le classement de la parcelle n° 583 en zone agricole n'était pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation, au regard des articles R. 151-22 du code de l'urbanisme et de la situation de la parcelle dans un espace naturel et agricole.
N° TA87-2300372(TA87-2300372)
Le Tribunal Administratif de Limoges annule l'arrêté du 26 août 2022 par lequel la préfète de la Haute-Vienne a refusé de délivrer un titre de séjour "vie privée et familiale" à Mme A, ressortissante chinoise parent d'enfant français. Le tribunal retient un vice de procédure, la préfète n'ayant pas saisi la commission du titre de séjour avant de prendre sa décision, privant ainsi la requérante d'une garantie prévue à l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cette obligation de saisine s'impose même si la présence de l'étranger est considérée comme une menace pour l'ordre public. En conséquence, le tribunal enjoint au préfet de réexaminer la situation de Mme A dans un délai de deux mois.
N° TA87-2201644(TA87-2201644)
Le Tribunal Administratif de Limoges a été saisi par M. A d'une demande indemnitaire de 70 000 euros, fondée sur deux fautes de l'État : l'illégalité de l'arrêté préfectoral du 8 novembre 2018 refusant un titre de séjour (annulé pour défaut d'examen) et le retard dans l'exécution du jugement du 11 avril 2019 ordonnant le réexamen de sa situation. Le tribunal a reconnu que l'illégalité de l'arrêté constitue une faute de nature à engager la responsabilité de l'État. Cependant, il a rejeté la requête, considérant que le préfet aurait pris la même décision de refus même en l'absence de vice, et que les préjudices invoqués (perte de chance professionnelle, préjudice moral) ne présentaient pas de lien de causalité direct et certain avec les fautes alléguées. La décision s'appuie sur les principes de la responsabilité pour faute de l'administration et les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
N° TA87-2201734(TA87-2201734)
Le Tribunal Administratif de Limoges a été saisi par Mme C, agissant pour elle-même et sa fille mineure, d’une demande d’indemnisation fondée sur la responsabilité de l’État pour faute. Cette faute résulte de l’illégalité de l’arrêté préfectoral du 16 mars 2021 refusant un titre de séjour, annulé par la Cour administrative d’appel de Bordeaux le 11 juillet 2022, et du délai anormal de délivrance du titre. Le tribunal a jugé que l’illégalité fautive engage la responsabilité de l’État, car Mme C remplissait les conditions pour obtenir le titre, qui lui a été délivré le 29 juillet 2022. La solution retenue est fondée sur le principe général de responsabilité pour faute, sans application de textes spécifiques mentionnés dans l’extrait.