Jurisprudence — Tribunal Administratif de MELUN
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N° TA77-2309397(TA77-2309397)
Le Tribunal administratif de Melun a annulé l'arrêté du 4 septembre 2023 par lequel le préfet de Seine-et-Marne refusait de renouveler le titre de séjour de M. A, ressortissant ivoirien, et l'obligeait à quitter le territoire. Le tribunal a jugé que le préfet avait commis une erreur d'appréciation en considérant que l'intéressé représentait une menace pour l'ordre public, ses condamnations pénales étant insuffisamment graves pour justifier un tel refus. Il a estimé que la décision portait une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de M. A, garanti par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, compte tenu de sa présence en France depuis 2016, de sa vie familiale stable avec sa compagne titulaire d'une carte de résident et de leur enfant né en 2020, ainsi que de son insertion professionnelle durable. En conséquence, le tribunal a enjoint au préfet de délivrer à M. A un titre de séjour portant la mention "vie privée et familiale" dans un délai d'un mois.
N° TA77-2307209(TA77-2307209)
Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de M. E, ressortissant tunisien, qui contestait un arrêté du 30 juin 2023 de la préfète du Val-de-Marne lui refusant un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire et fixant son pays de destination. Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence, d'insuffisance de motivation, de défaut de saisine de la commission du titre de séjour, d'erreur de fait et de droit, ainsi que ceux tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
N° TA77-2301997(TA77-2301997)
Le Tribunal administratif de Melun a été saisi par des propriétaires voisins d’un projet de construction d’un immeuble de quatorze logements à Vincennes, contestant le permis de construire initial du 19 octobre 2022 et son transfert du 9 janvier 2023. Les requérants invoquaient notamment une méconnaissance des règles du plan local d’urbanisme relatives aux hauteurs, aux espaces libres et à la protection des espaces verts. Le tribunal a constaté le désistement de deux requérants et a examiné la recevabilité de la requête. Il a rejeté la requête comme irrecevable, faute pour les requérants de justifier d’un intérêt à agir suffisant, les simples allégations de voisinage immédiat n’étant pas accompagnées de la démonstration d’une atteinte aux conditions de jouissance de leurs biens. Les conclusions relatives au transfert du permis ont également été rejetées comme irrecevables.
N° TA77-2301324(TA77-2301324)
Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de M. A, qui demandait une expertise sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. M. A souhaitait faire déterminer si des travaux d'installation de fibre optique, réalisés pour le compte d'Orange sur autorisation de la commune de Poigny, constituaient une emprise irrégulière sur sa propriété. Le juge des référés a estimé que cette demande portait sur des questions de droit et non sur des constatations de fait, ce que les dispositions de l'article R. 532-1 n'autorisent pas. La solution retenue est le rejet de la requête, sans application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
N° TA77-2212254(TA77-2212254)
Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la demande indemnitaire de M. C, qui sollicitait la condamnation du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) pour le retard dans le renouvellement de sa carte professionnelle d'agent de sécurité privée. Le tribunal a estimé que le délai de quatre mois entre la date à laquelle le dossier de M. C était complet (22 novembre 2021) et la délivrance de la carte (22 mars 2022) ne constituait pas un délai anormalement long, compte tenu des exigences de l'enquête administrative prévue à l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure. Aucune faute de nature à engager la responsabilité du CNAPS n'a donc été retenue, et la requête a été rejetée, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
N° TA77-2209492(TA77-2209492)
Le Tribunal administratif de Melun a été saisi par la société "14 LB Promotion" de deux recours en excès de pouvoir contre des arrêtés de la maire de Fresnes s'opposant à des déclarations préalables de travaux pour l'aménagement d'une terrasse extérieure. Le tribunal a joint les deux requêtes. Il a rejeté les moyens soulevés, notamment celui tiré de la méconnaissance de l'article UE 5.1.2 du plan local d'urbanisme, en jugeant que l'aménagement d'une terrasse ne constitue pas une amélioration de la construction existante au sens de cette disposition. En conséquence, le tribunal a rejeté les demandes d'annulation des arrêtés et des décisions implicites de rejet, ainsi que les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
N° TA77-2209450(TA77-2209450)
Le Tribunal administratif de Melun a rejeté les requêtes de la société "14 LB Promotion" dirigées contre deux arrêtés de la maire de Fresnes (5 avril et 1er août 2022) s'opposant à des déclarations préalables pour l'aménagement d'une terrasse extérieure. Le tribunal a jugé que le projet, qui réduisait la surface d'espaces verts, ne constituait pas une simple amélioration de la construction existante au sens de l'article UE 5.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme, et que la règle de surface minimale d'espaces verts devait donc être respectée. Les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de l'acte et de la méconnaissance du principe d'interprétation stricte des exclusions ont été écartés. La solution est fondée sur les dispositions du code de l'urbanisme et du code général des collectivités territoriales.
N° TA77-2408922(TA77-2408922)
Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par une ressortissante turque majeure qui n'arrivait pas à obtenir un rendez-vous en préfecture pour déposer sa demande de titre de séjour. En cours d'instance, la préfète du Val-de-Marne a convoqué l'intéressée pour ce dépôt. Le juge a constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur la demande d'injonction, faute d'élément démontrant que ce rendez-vous n'avait pas été honoré. Il a toutefois condamné l'État à verser 1 500 euros à la requérante au titre des frais de justice, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
N° TA77-2409982(TA77-2409982)
Le Tribunal administratif de Melun a examiné la requête de M. B C, qui contestait l'arrêté du 11 juillet 2024 du préfet de police de Paris suspendant son habilitation d'accès aux zones de sûreté aéroportuaires pour deux mois. Le tribunal a d'abord écarté l'exception de non-lieu à statuer soulevée par le préfet, au motif que l'arrêté attaqué avait déjà produit ses effets avant la délivrance d'une nouvelle habilitation en septembre 2024. Sur le fond, le tribunal a rejeté les conclusions en annulation, en se fondant sur les articles L. 6332-2, L. 6342-2 et L. 6342-3 du code des transports, ainsi que sur les dispositions du code des relations entre le public et l'administration relatives à la motivation des décisions. La solution retenue est le rejet de la requête de M. C.
N° TA77-2408909(TA77-2408909)
Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par une ressortissante laotienne d'une demande d'injonction visant à obtenir un rendez-vous en préfecture pour déposer une demande de titre de séjour. En cours d'instance, la préfète du Val-de-Marne a convoqué la requérante, rendant la demande sans objet. Le juge a donc constaté un non-lieu à statuer sur les conclusions principales et rejeté les conclusions accessoires relatives aux frais de justice.
N° TA77-2409213(TA77-2409213)
Le Tribunal Administratif de Melun annule l'arrêté du 22 juillet 2024 par lequel le préfet de Seine-et-Marne avait obligé M. A, ressortissant sénégalais, à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de trois ans. Le tribunal estime que le préfet a commis une erreur de droit en se fondant sur l'entrée irrégulière de l'intéressé, alors que la délivrance antérieure d'un titre de séjour avait régularisé sa situation et qu'il avait déposé une demande de renouvellement dans les délais légaux. La décision est annulée, ainsi que, par voie de conséquence, les décisions fixant le pays de destination et prononçant l'interdiction de retour.
N° TA77-2408940(TA77-2408940)
Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par une ressortissante vietnamienne demandant qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une convocation pour le dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour en qualité de conjoint de français. En cours d'instance, la préfète a mis à disposition de la requérante une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 29 octobre 2024. Le juge a constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur les conclusions principales, la mesure sollicitée étant devenue sans objet, et a rejeté la demande de frais irrépétibles.
N° TA77-2415476(TA77-2415476)
Le Tribunal Administratif de MELUN a examiné la requête de M. B, ressortissant congolais, contestant l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 7 juin 2024 lui retirant sa carte de résident et l'obligeant à quitter le territoire français. Le tribunal a rejeté la fin de non-recevoir du préfet, estimant que la notification de l'arrêté à une adresse qui n'était plus celle de M. B rendait le délai de recours inopposable. Sur le fond, la décision ne statue pas explicitement sur les moyens soulevés, mais le rejet de la requête est implicite, le tribunal ayant appliqué les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment les articles L. 614-1 et L. 614-6.
N° TA77-2400692(TA77-2400692)
Le Tribunal administratif de Melun a examiné les recours de M. D et Mme E, ressortissants algériens, contre les arrêtés du 29 septembre 2023 leur refusant un certificat de résidence "vie privée et familiale" et les obligeant à quitter le territoire. Les requérants invoquaient notamment la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a rejeté leurs demandes d'annulation, considérant que les décisions attaquées étaient légales au regard des stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et des textes conventionnels invoqués.
N° TA77-2302559(TA77-2302559)
Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de M. A, ressortissant ivoirien, qui contestait un arrêté du préfet de police l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour de douze mois. Le tribunal a estimé que les moyens soulevés, tirés notamment de l'insuffisance de motivation, de la violation du droit d'être entendu, de la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant, n'étaient pas fondés. La décision a été prise en application des articles L. 611-1, L. 612-2 et L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
N° TA77-2209968(TA77-2209968)
Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la demande de la société ALS, qui sollicitait la condamnation de l’État à lui verser 340 959,52 euros en réparation du préjudice résultant de l’illégalité fautive de l’arrêté du 24 novembre 2020 du maire de Cachan, la mettant en demeure d’interrompre des travaux. La société s’étant désistée de son recours en annulation contre cet arrêté, le tribunal a jugé que l’autorité de la chose jugée faisait obstacle à ce qu’elle invoque l’illégalité de l’acte pour engager la responsabilité de l’État. La requête a été rejetée, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens, sur le fondement des principes régissant l’autorité de la chose jugée et des dispositions du code de justice administrative.
N° TA77-2212560(TA77-2212560)
Le Tribunal administratif de Melun a annulé l'arrêté du 10 novembre 2022 par lequel le maire de Villejuif avait retiré le permis de construire tacite accordé à la société Premium Immobilier pour la réalisation de cinq pavillons. Le tribunal a jugé que le retrait était intervenu après l'expiration du délai de trois mois prévu à l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme, le permis tacite étant né le 28 juillet 2022. La solution retenue est l'annulation de l'arrêté de retrait pour méconnaissance des dispositions de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme.
N° TA77-2415998(TA77-2415998)
Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Madame A B, ressortissante camerounaise, qui demandait qu'il soit enjoint au préfet de Seine-et-Marne de lui fixer un rendez-vous pour le renouvellement de son titre de séjour pour raisons de santé. Le juge a relevé que, conformément à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et à l'arrêté du 28 septembre 2023, la demande de renouvellement de ce titre doit être effectuée par voie dématérialisée via un téléservice, et non par un rendez-vous physique en préfecture. En l'absence de démonstration d'une impossibilité d'utiliser ce téléservice, la condition d'urgence n'était pas caractérisée, et la requête a été rejetée, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
N° TA77-2415905(TA77-2415905)
Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a pris acte du désistement de M. B, ressortissant tunisien, qui demandait une injonction de délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour "passeport talent". La condition d'urgence invoquée a été satisfaite par la délivrance par le préfet du Val-de-Marne, en cours d'instance, d'une nouvelle attestation valable jusqu'au 23 mars 2025. Les conclusions relatives aux frais de justice ont été rejetées.
N° TA77-2415858(TA77-2415858)
Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a enjoint au préfet du Val-de-Marne de convoquer Madame A, ressortissante vietnamienne victime de violences conjugales, afin d’enregistrer sa demande de titre de séjour « vie privée et familiale », dans un délai de quinze jours sous astreinte de 50 euros par jour de retard. Le juge a retenu l’urgence et l’utilité de la mesure, face à l’impossibilité technique pour la requérante d’accéder à la plateforme numérique dédiée, malgré ses démarches depuis novembre 2023. Cette solution s’appuie sur les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ainsi que sur la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique.