Jurisprudence — Tribunal Administratif de Montreuil
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N° TA93-2302237(TA93-2302237)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a examiné la requête de M. B..., ressortissant ivoirien, contestant le refus implicite du préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour mention « vie privée et familiale ». Le tribunal a d'abord rejeté l'exception de non-lieu à statuer soulevée par le préfet, au motif que le titre de séjour « étudiant-programme de mobilité » délivré en cours d'instance ne confère pas des droits équivalents à ceux du titre sollicité. Sur le fond, le tribunal a annulé la décision implicite de refus, considérant qu'elle méconnaissait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme, en raison de l'intensité et de l'ancienneté des liens personnels et familiaux de l'intéressé en France.
N° TA93-2302346(TA93-2302346)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a annulé la décision du 27 décembre 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis avait classé sans suite la demande de titre de séjour de M. B, ressortissant algérien. Le tribunal a jugé que ce classement, fondé sur une appréciation du droit au séjour et non sur le caractère incomplet du dossier, constituait un refus de titre de séjour faisant grief. La solution retenue repose sur la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet ayant commis une erreur de droit en exigeant la régularité du séjour d'un parent pour l'admission exceptionnelle au séjour.
N° TA93-2300294(TA93-2300294)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la requête de M. B, ressortissant sri-lankais, qui contestait l'arrêté du 26 décembre 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis lui avait retiré sa carte de séjour pluriannuelle. Le tribunal a écarté le moyen tiré d'un vice de procédure, estimant que la convocation devant la commission du titre de séjour avait été régulièrement adressée. Il a également jugé que la menace pour l'ordre public était caractérisée, en raison de la condamnation pénale de M. B pour des faits graves (blanchiment, travail dissimulé, association de malfaiteurs), confirmée par la cour d'appel de Paris en janvier 2024. La décision de retrait, fondée sur l'article L. 432-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a donc été validée.
N° TA93-2210955(TA93-2210955)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a annulé la décision du 1er juillet 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé d'enregistrer la demande d'asile de M. C... en procédure normale. Le tribunal a jugé que le préfet n'avait pas informé les autorités maltaises de la prolongation du délai de transfert de six mois, en méconnaissance de l'article 9 du règlement (CE) n° 1560/2003. En conséquence, la responsabilité de l'examen de la demande d'asile a été transférée à la France en application de l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013. La solution retenue est l'annulation de la décision attaquée.
N° TA93-2413934(TA93-2413934)
Le Tribunal Administratif de Montreuil, saisi d’un recours pour excès de pouvoir contre une décision de l’inspection du travail autorisant le licenciement de Mme A, se déclare territorialement incompétent. Il estime que l’établissement à l’origine du litige est situé dans les Hauts-de-Seine, relevant ainsi de la compétence du Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, en application des articles R. 312-10 et R. 221-3 du code de justice administrative. En conséquence, l’ordonnance transmet le dossier à cette juridiction.
N° TA93-2303734(TA93-2303734)
Le Tribunal Administratif de Montreuil (11ème chambre) a annulé la décision du 26 janvier 2023 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de délivrer une autorisation de travail à Mme C pour un poste de cheffe de cuisine traiteuse. Le tribunal a jugé que le motif retenu par le préfet, selon lequel l'offre d'emploi n'avait pas été publiée pendant trois semaines, était entaché d'une erreur de droit, la publication sur le site de Pôle Emploi ayant bien duré plus de trois semaines. La demande de substitution de motifs présentée par le préfet a été rejetée. La décision s'appuie sur les articles R. 5221-1 et R. 5221-20 du code du travail.
N° TA93-2412082(TA93-2412082)
Le Tribunal administratif de Montreuil, statuant par ordonnance dans le cadre d’un recours de plein contentieux, a enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis d’assurer le logement de M. C..., reconnu prioritaire et urgent par la commission de médiation le 21 février 2024, en application de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation. Constatant qu’aucune offre de logement adaptée n’avait été faite dans le délai de six mois, le tribunal a assorti cette injonction d’une astreinte de 400 euros par mois de retard à compter du 1er mars 2025, payable au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement.
N° TA93-2417664(TA93-2417664)
Le Tribunal administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B, ressortissante colombienne, qui contestait un refus d'entrée sur le territoire français et son maintien en zone d'attente à l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, dès lors qu'une ordonnance du juge des libertés et de la détention avait déjà mis fin à son maintien en zone d'attente, privant ainsi d'effet la décision de refus d'entrée. En conséquence, la demande de suspension des décisions contestées et les conclusions accessoires ont été rejetées sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3 du même code.
N° TA93-2417425(TA93-2417425)
Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A, ressortissant indien, qui demandait d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction avec autorisation de travail. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas satisfaite, le requérant se bornant à invoquer l'irrégularité de son séjour et la suspension de son contrat de travail sans démontrer la nécessité d'une intervention dans un délai de quarante-huit heures. La solution retenue s'appuie sur les dispositions des articles L. 521-2 et L. 522-3 du code de justice administrative.
N° TA93-2115299(TA93-2115299)
Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en plein contentieux, a rejeté la demande de la SA BNP Paribas tendant à la restitution de 19 395 euros d'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice 2015. La société contestait l'intégration dans son assiette imposable du crédit d'impôt forfaitaire obtenu sur des intérêts de source turque, en application de la convention fiscale franco-turque du 18 février 1987. Le tribunal a jugé que, conformément à la jurisprudence, les stipulations claires de cette convention subordonnent l'imputation du crédit d'impôt à l'inclusion dans l'assiette de l'impôt français du revenu augmenté de cet impôt. Par conséquent, la méthode de calcul retenue par l'administration fiscale était légale et la requête a été rejetée.
N° TA93-2412227(TA93-2412227)
Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en urgence sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, a ordonné au préfet de la Seine-Saint-Denis de loger M. A..., reconnu prioritaire par la commission de médiation le 21 février 2024. Constatant qu'aucune offre de logement adaptée n'avait été faite dans le délai légal de six mois, le juge a enjoint au préfet d'assurer ce logement sous astreinte de 400 euros par mois de retard à compter du 1er mars 2025. La solution retenue applique les dispositions du code de la construction et de l'habitation relatives au droit au logement opposable (DALO).
N° TA93-2412147(TA93-2412147)
Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en urgence sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, a enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis d'assurer le logement de M. B..., reconnu prioritaire et devant être logé d'urgence par la commission de médiation. Le tribunal a constaté qu'aucune offre de logement adaptée n'avait été proposée à l'intéressé dans le délai légal de six mois. Cette injonction est assortie d'une astreinte de 400 euros par mois de retard, payable au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement, à compter du 1er mars 2025.
N° TA93-2206402(TA93-2206402)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a accordé à la SA Crédit Agricole la restitution de 2 696 460 euros d'impôt sur les sociétés et de contribution sociale acquittés au titre de l'exercice 2018. Le litige portait sur l'imposition en France de redevances de crédit-bail perçues de contreparties chinoises. Le tribunal a jugé que, conformément au point 6 du protocole annexé à la convention fiscale franco-chinoise du 26 novembre 2013, ces redevances pour l'usage d'équipements industriels, commerciaux ou scientifiques ne sont imposables en France qu'à hauteur de 60 % de leur montant brut. La solution retenue fait application des articles 12 de la convention et du protocole, rejetant l'argument de l'administration fondé sur les travaux parlementaires.
N° TA93-2416631(TA93-2416631)
Cette requête, examinée par le Tribunal Administratif de Montreuil sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, émane de M. C, ressortissant ivoirien et parent d'un enfant réfugié, qui sollicite une injonction pour obtenir un rendez-vous en préfecture afin de déposer sa demande de titre de séjour. Le tribunal rappelle que l'administration a l'obligation de fixer un rendez-vous dans un délai raisonnable pour examiner la situation d'un étranger, et que le juge des référés peut intervenir si le demandeur établit un dysfonctionnement persistant du site ANEF l'empêchant d'accomplir les formalités préalables. La solution retenue conditionne l'octroi de la mesure à l'urgence, qui est présumée en cas de renouvellement de titre, mais doit être démontrée par des circonstances particulières dans les autres cas, comme celui de M. C. Les textes appliqués sont le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que le code de justice administrative.
N° TA93-2300734(TA93-2300734)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sri lankais, qui demandait l'annulation de l'arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis du 22 novembre 2022 lui refusant un titre de séjour. Le tribunal a écarté l'ensemble des moyens soulevés, notamment l'incompétence de l'auteur de l'acte, l'insuffisance de motivation, et la méconnaissance des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme. La solution retenue est le rejet de la requête.
N° TA93-2301703(TA93-2301703)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a examiné la requête de M. B..., ressortissant serbe, contestant le classement sans suite de sa demande de titre de séjour par le préfet de la Seine-Saint-Denis. Le tribunal a annulé cette décision, estimant que le préfet ne pouvait refuser d'enregistrer la demande au seul motif que l'intéressé faisait l'objet d'une mesure d'éloignement, sans vérifier le caractère abusif ou dilatoire de la demande au regard d'éventuels éléments nouveaux. La solution retenue s'appuie sur les articles R. 431-10 à R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui imposent à l'administration d'enregistrer toute demande complète, sauf abus manifeste.
N° TA93-2303682(TA93-2303682)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la requête de Mme A, ressortissante ivoirienne, contestant le refus d’entrée sur le territoire français et son placement en zone d’attente à l’aéroport de Paris-Charles de Gaulle le 25 mars 2023, faute de document de voyage valide. Le tribunal a écarté l’exception de non-lieu soulevée par le ministre de l’intérieur, la libération ultérieure par le juge judiciaire n’ayant pas annulé la décision administrative. Il a jugé que la perte du passeport en vol ne constituait pas un cas de force majeure et que les décisions attaquées ne méconnaissaient ni les articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, ni les articles L. 311-1, L. 332-1 et L. 341-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ni le code frontières Schengen.
N° TA93-2304814(TA93-2304814)
Le Tribunal administratif de Montreuil annule l'arrêté du 22 mars 2023 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de délivrer un titre de séjour à M. A..., ressortissant malien, en qualité de parent d'enfant français. Le tribunal estime que le préfet a méconnu l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que M. A... justifiait contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de sa fille française. En conséquence, il enjoint au préfet de délivrer le titre de séjour sollicité dans un délai de deux mois et condamne l'État à verser 1 500 euros au requérant au titre des frais de justice.
N° TA93-2305178(TA93-2305178)
Le Tribunal administratif de Montreuil a rejeté la requête de M. C, ressortissant algérien, qui contestait le refus implicite du préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour. Le tribunal a jugé que le requérant ne pouvait pas invoquer l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, car sa situation relève exclusivement de l'accord franco-algérien. Il a également estimé que le refus ne portait pas une atteinte disproportionnée à son droit à la vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, compte tenu de ses attaches limitées en France.
N° TA93-2305930(TA93-2305930)
Le Tribunal Administratif de Montreuil annule la décision du 16 mars 2023 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé d'enregistrer la demande de titre de séjour de M. C, ressortissant malien. Le tribunal juge que le motif tiré de l'existence d'une obligation de quitter le territoire français ne peut légalement fonder un refus d'enregistrement, en application des articles R. 431-10 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En revanche, le second motif, relatif à l'absence d'élément nouveau, est retenu comme valable. La solution retenue est l'annulation partielle de la décision pour erreur de droit sur le premier motif.