Jurisprudence — Tribunal Administratif de Montreuil
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N° TA93-2215151(TA93-2215151)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a condamné l'État à indemniser M. A pour la carence fautive à exécuter la décision de la commission de médiation du 15 avril 2020 le reconnaissant comme prioritaire pour un logement d'urgence. La responsabilité de l'État est engagée sur le fondement de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation, en raison de l'absence de proposition de logement dans le délai de six mois, malgré une injonction du tribunal. Le préjudice subi par M. A, lié au maintien de conditions de logement indignes pour lui et sa famille, a été évalué à 8 000 euros, somme assortie des intérêts au taux légal à compter de la demande préalable.
N° TA93-2217528(TA93-2217528)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la requête de M. B A contestant l'amende de 5 000 euros infligée par le préfet de la Seine-Saint-Denis pour défaut d'autorisation préalable de mise en location de son logement à Montfermeil. Le tribunal a jugé que la procédure contradictoire spécifique prévue à l'article L. 635-7 du code de la construction et de l'habitation avait été respectée, écartant le moyen tiré de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration. Il a également estimé que le montant de l'amende, fixé au maximum légal, était proportionné à la gravité des manquements, notamment l'absence de demande et l'état d'insalubrité du logement. La solution retenue confirme la légalité de la sanction administrative fondée sur les articles L. 635-1 et suivants du code de la construction et de l'habitation.
N° TA93-2413965(TA93-2413965)
Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme D épouse B, ressortissante marocaine mariée à un Français, qui demandait à être convoquée pour déposer une demande de titre de séjour. Le juge a relevé qu'une décision implicite de rejet de sa demande était née du silence gardé par le préfet pendant quatre mois, ce qui faisait obstacle à la mesure sollicitée. Il a également estimé que la demande n'était pas utile, car la procédure de dépôt via le téléservice ANEF n'implique pas de convocation physique. La requête a été rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles relatives aux frais de justice.
N° TA93-2211946(TA93-2211946)
Le Tribunal administratif de Montreuil, saisi de deux requêtes concernant le licenciement d’une salariée protégée, a pris acte du désistement de Mme B dans l’instance n° 2211946, dirigée contre la décision de l’inspection du travail autorisant son licenciement. Dans l’instance n° 2216501, la société La Romainville contestait la décision du ministre du travail ayant annulé cette autorisation et rejeté sa demande de licenciement. Le tribunal a rejeté la requête de la société, jugeant que la procédure de licenciement était irrégulière faute pour l’employeur d’avoir consulté le comité social et économique (CSE) sur les postes de reclassement proposés, en méconnaissance des articles L. 1226-10 et L. 1226-12 du code du travail. Il a ainsi confirmé la légalité de la décision ministérielle et mis à la charge de la société le versement de 1 500 euros à Mme B au titre des frais de justice.
N° TA93-2215145(TA93-2215145)
Cette décision du Tribunal Administratif de Montreuil concerne la responsabilité de l'État pour carence fautive dans le relogement de M. A C, reconnu prioritaire par la commission de médiation le 11 décembre 2019. Le tribunal juge que l'État a engagé sa responsabilité en n'exécutant pas la décision de relogement dans le délai légal, causant des troubles dans les conditions d'existence du requérant. La solution retenue est fondée sur les articles L. 300-1 et L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, ainsi que sur l'ordonnance du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais pendant l'urgence sanitaire. Le tribunal condamne l'État à indemniser le préjudice subi à compter du 23 septembre 2020.
N° TA93-2413044(TA93-2413044)
Le Tribunal administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A, ressortissant nigérian, qui demandait d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui fixer un rendez-vous pour déposer une demande de renouvellement de son titre de séjour. Le juge a estimé que la condition d’utilité de la mesure n’était pas remplie, faute pour le requérant d’avoir démontré, par des preuves suffisantes, avoir été dans l’impossibilité d’obtenir un rendez-vous en ligne malgré plusieurs tentatives. La solution retenue s’appuie sur l’interprétation des conditions de mise en œuvre de l’article L. 521-3 du code de justice administrative.
N° TA93-2408012(TA93-2408012)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la requête de M. A, ressortissant bangladais, qui demandait l'annulation de l'arrêté préfectoral du 13 mai 2024 rejetant sa demande d'asile et lui faisant obligation de quitter le territoire français. Le tribunal a écarté le moyen d'incompétence du signataire de l'acte et a jugé que le requérant n'apportait pas la preuve des risques de traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine, en méconnaissance de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme. La décision d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an a été considérée comme suffisamment motivée et proportionnée. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de la requête.
N° TA93-2403482(TA93-2403482)
Le Tribunal administratif de Montreuil a été saisi par la société Gestion de prevision y pensiones EGFP S.A. d'une demande en restitution de retenues à la source sur des dividendes de source française perçus entre 2006 et 2008. En cours d'instance, la société requérante s'est désistée purement et simplement de sa requête. Par ordonnance du 27 décembre 2024, le tribunal a donné acte de ce désistement en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Aucune autre disposition légale ou fiscale n'a été appliquée au fond.
N° TA93-2215144(TA93-2215144)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a condamné l’État à verser 2 800 euros à Mme B, reconnue prioritaire par la commission de médiation du droit au logement opposable le 27 mars 2019, en raison de l’absence de relogement dans le délai de six mois. La responsabilité de l’État a été engagée sur le fondement des articles L. 300-1 et L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation, pour troubles dans les conditions d’existence subis entre le 27 septembre 2019 et le 19 août 2023. La somme accordée inclut tous intérêts confondus, et 1 100 euros ont été mis à la charge de l’État au titre des frais d’instance. Les conclusions présentées pour le fils de la requérante ont été rejetées, seule Mme B étant demandeuse de logement prioritaire.
N° TA93-2414001(TA93-2414001)
Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A. Ce dernier demandait au juge d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de le convoquer pour lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler. La solution retenue est motivée par le fait qu'une décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour était née du silence gardé par l'administration pendant quatre mois, en application des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers. Par conséquent, la mesure sollicitée aurait fait obstacle à l'exécution de cette décision implicite, ce que le juge des référés ne peut ordonner.
N° TA93-2210340(TA93-2210340)
Le Tribunal Administratif de Montreuil était saisi par Mme A d'un recours contre un indu d'allocations de logement familial et d'allocations familiales de 6 959,45 euros notifié par la CAF de Seine-Saint-Denis, ainsi que contre une pénalité administrative de 1 850 euros. Le tribunal a rejeté les conclusions relatives à la pénalité administrative comme portées devant une juridiction incompétente, celles-ci relevant du juge judiciaire en application des articles L. 114-17 et L. 114-17-2 du code de la sécurité sociale. Sur le fond, le tribunal a examiné le litige sous l'angle du code de la construction et de l'habitation et du code de la sécurité sociale, et a rejeté la requête de Mme A, estimant que ses moyens n'étaient pas fondés.
N° TA93-2214999(TA93-2214999)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a été saisi par Mme B épouse C, reconnue prioritaire pour un logement d'urgence le 13 mai 2020, qui demandait réparation pour l'absence de relogement. Le tribunal a jugé que la carence fautive de l'État engage sa responsabilité pour les troubles dans les conditions d'existence subis, en application des articles L. 300-1 et L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. La solution retenue est la condamnation de l'État à verser 3 000 euros à la requérante pour les préjudices subis entre l'expiration du délai de six mois suivant la décision de la commission de médiation et la date du jugement.
N° TA93-2214953(TA93-2214953)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a examiné la requête de Mme A, reconnue prioritaire et devant être logée d'urgence par la commission de médiation le 31 août 2018. Constatant la carence fautive de l'État à lui fournir un logement jusqu'au 14 février 2024, le tribunal a engagé sa responsabilité sur le fondement des articles L. 300-1 et suivants du code de la construction et de l'habitation. Pour réparer les troubles dans ses conditions d'existence, subis du 28 février 2019 au 14 février 2024, l'État a été condamné à verser à Mme A une indemnité de 3 000 euros.
N° TA93-2413973(TA93-2413973)
Le Tribunal Administratif de Montreuil annule l'arrêté du préfet de police du 13 mai 2024 obligeant un ressortissant sénégalais, arrivé en France à 12 ans, à quitter le territoire sans délai, avec interdiction de retour de deux ans. La juridiction estime que cette mesure porte une atteinte disproportionnée au droit à la vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, compte tenu de ses attaches familiales en France, de sa scolarité continue et de l'obtention de son baccalauréat. Le tribunal enjoint au préfet de réexaminer sa situation dans un délai de quatre mois et condamne l'État à verser 1 100 euros au requérant au titre des frais de justice.
N° TA93-2413971(TA93-2413971)
Le Tribunal Administratif de Montreuil annule l'arrêté du 8 mai 2024 par lequel le préfet de police avait obligé M. A, ressortissant moldave, à quitter le territoire français. Le juge retient un défaut d'examen de la situation personnelle et familiale du requérant, qui vit en France avec ses trois enfants scolarisés, justifie d'un emploi de maçon et d'une demande de titre de séjour, et est dispensé de visa en application du règlement (UE) 2018/1806. En conséquence, il enjoint au préfet de réexaminer la situation de l'intéressé dans un délai de quatre mois et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour. L'Etat est condamné à verser 1 100 euros à M. A au titre des frais de justice.
N° TA93-2417438(TA93-2417438)
Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B..., ressortissant congolais, qui demandait l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Essonne du 25 avril 2024 lui refusant un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour de trois ans. Le juge a estimé que les moyens soulevés, notamment la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, n'étaient pas fondés, compte tenu de la menace à l'ordre public représentée par les condamnations pénales du requérant et de l'absence de liens personnels et familiaux suffisamment stables et intenses en France. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA).
N° TA93-2202959(TA93-2202959)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a été saisi par Mme A, mère de quatre enfants, contestant la décision du département de la Seine-Saint-Denis de mettre fin à la prise en charge de son hébergement d'urgence à compter du 11 janvier 2022. En cours d'instance, le département a prolongé cette prise en charge jusqu'au 6 janvier 2024. Le tribunal a constaté que les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête avaient perdu leur objet et a prononcé un non-lieu à statuer. Les conclusions accessoires présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ont été rejetées.
N° TA93-2413760(TA93-2413760)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la requête de M. B, ressortissant tunisien, qui contestait un arrêté du préfet de police de Paris l'obligeant à quitter le territoire français. Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence de l'auteur de l'acte, d'erreur de droit (absence de document de voyage) et d'erreur de fait, ainsi que la violation de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Il a jugé que l'atteinte à la vie privée et familiale n'était pas disproportionnée, compte tenu de l'entrée récente en France (2022) et de l'absence d'attaches familiales. La décision s'appuie notamment sur le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
N° TA93-2215626(TA93-2215626)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a condamné l’État à verser 4 000 euros à M. B pour la carence fautive dans l’exécution d’une décision de la commission de médiation du droit au logement opposable du 12 mars 2014, le reconnaissant prioritaire. La responsabilité de l’État a été engagée sur le fondement des articles L. 300-1 et L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation, pour la période du 13 juillet 2020 au 15 juin 2022, durant laquelle la famille est restée dans un logement suroccupé et insalubre. Les demandes de Mme B et des enfants mineurs ont été rejetées, seul M. B étant le demandeur prioritaire.
N° TA93-2212998(TA93-2212998)
Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté l'opposition formée par Mme E contre une contrainte émise par la CAF de la Seine-Saint-Denis pour le recouvrement d'un indu d'aide personnalisée au logement de 1 466,48 euros. Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence et de vice de forme, la délégation de signature étant valable et la contrainte étant lisible. Il a également jugé que l'indu était fondé, car il résultait de la reprise d'une activité salariée non déclarée par l'allocataire, ce qui justifiait la suppression de l'abattement de 30 % sur ses ressources. La décision s'appuie sur les articles L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation et L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale.