Jurisprudence — Tribunal Administratif de la Martinique
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N° TA102-2300661(TA102-2300661)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a examiné la requête de la SCI Dorwling Carter Immobilier contestant une saisie administrative à tiers détenteur du 8 août 2023 pour le recouvrement de taxes foncières (2019-2022) et d'habitation (2019-2021). Le juge a partiellement déclaré irrecevables les conclusions relatives aux taxes foncières 2019-2020 et d'habitation 2019-2021, faute de nouvel acte de poursuite après la mainlevée partielle accordée par l'administration. Sur le fond, le tribunal a rejeté la demande de décharge pour les taxes foncières 2021-2022, estimant que les avis d'imposition avaient été régulièrement notifiés, en application des articles L. 281 et R. 281-1 du livre des procédures fiscales.
N° TA102-2300656(TA102-2300656)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a examiné la requête de Mme A contestant la réduction de ses droits au revenu de solidarité active (RSA) depuis octobre 2019, au motif qu'elle n'avait pas fait valoir ses droits à une pension alimentaire, ainsi que la décision de septembre 2023 lui réclamant un indu de 1 050 euros pour la période de janvier 2022 à septembre 2023. Statuant en tant que juge de plein contentieux, le tribunal a estimé que son office n'était pas de se prononcer sur les vices propres de la décision de réduction des droits, mais de déterminer les droits de Mme A au RSA. La solution retenue n'est pas explicitement formulée dans l'extrait, mais le tribunal a appliqué les dispositions du code de l'action sociale et des familles et du code civil, en tenant compte des remises de dette intervenues en cours d'instance pour partie de l'indu.
N° TA102-2300592(TA102-2300592)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a été saisi d’un recours en excès de pouvoir contre un arrêté du maire de Fort-de-France délivrant à la SAS Ecologik un permis de construire un ensemble immobilier de grande ampleur (logements, hôtel, bureaux, commerces) dans la zone de l’Étang Z’Abricots. Les requérants, copropriétaires voisins, invoquaient des irrégularités de procédure (absence de consultation de la DEAL et de l’ONF, défaut d’enquête publique et d’évaluation environnementale) et des violations de la légalité interne, notamment au regard du plan de prévention des risques naturels (risque de submersion marine) et des règles de stationnement du plan local d’urbanisme. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que les requérants ne justifiaient pas d’un intérêt à agir suffisant, sans examiner le fond des moyens soulevés. Aucun texte spécifique n’a été appliqué au fond, la décision étant fondée sur les règles de recevabilité du code de justice administrative.
N° TA102-2300533(TA102-2300533)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a été saisi d’un recours en excès de pouvoir par des contribuables de la commune du Diamant, demandant l’annulation d’un protocole transactionnel conclu le 6 août 2021 entre la commune et la SARL COFIC, relatif à l’implantation d’une station d’épuration. Les requérants invoquaient notamment l’absence d’avis du service des domaines, l’incompétence du maire et le caractère déséquilibré de la transaction. Le tribunal a toutefois constaté que les requérants n’avaient pas confirmé leur requête dans le délai d’un mois suivant le rejet de leur demande de suspension par le juge des référés, conformément à l’article R. 612-5-2 du code de justice administrative. En conséquence, il a prononcé le désistement d’office de la requête.
N° TA102-2300468(TA102-2300468)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a rejeté la requête de Mme B contestant le refus du préfet de la Guadeloupe de lui accorder une rente viagère d'invalidité après le décès de son époux, fonctionnaire de police. Le tribunal a d'abord confirmé sa compétence territoriale, le paiement de la pension relevant de la Martinique. Sur le fond, il a jugé que la décision attaquée avait été signée par une autorité compétente, le directeur de cabinet adjoint bénéficiant d'une délégation de signature régulière. Enfin, le tribunal a estimé que le moyen tiré de l'erreur d'appréciation n'était pas fondé, sans plus de précision dans l'extrait fourni. La solution retenue est donc le rejet de la demande d'annulation et des conclusions accessoires.
N° TA102-2300432(TA102-2300432)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a été saisi par M. A, gardien de la paix, pour contester deux arrêtés du ministre de l'intérieur suspendant ses fonctions, le premier du 6 mars 2020 avec maintien du plein traitement, et le second du 5 mai 2023 avec passage à un demi-traitement. Le tribunal a rejeté la requête comme irrecevable en ce qui concerne l'arrêté de 2020, jugé tardif car notifié en main propre, et a rejeté le surplus des conclusions comme non fondé. Il a estimé que le renouvellement de la suspension au-delà de quatre mois était légal dès lors qu'aucune décision définitive de relaxe n'était intervenue et que la procédure disciplinaire était en cours. Les textes appliqués sont les articles L. 531-1 et L. 531-2 du code général de la fonction publique.
N° TA102-2400624(TA102-2400624)
Le Tribunal Administratif de la Martinique, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de Mme A qui demandait d'enjoindre au maire de Saint-Esprit de prendre un arrêté d'insalubrité et de procéder à son relogement. Le juge constate que le silence gardé par le maire a fait naître une décision implicite de rejet, et que la mesure sollicitée ferait obstacle à l'exécution de cette décision, en l'absence de péril grave. La requête est donc rejetée par application de l'article L. 522-3 du même code, sans qu'il soit besoin d'examiner l'urgence ou l'utilité de la demande.
N° TA102-2400626(TA102-2400626)
Le Tribunal Administratif de la Martinique, saisi d’un recours pour excès de pouvoir par la société A2S visant à obtenir le paiement de prestations par la société COGIT dans le cadre d’un contrat de sous-traitance, se déclare incompétent. Il estime que le litige, de nature quasi contractuelle, relève de la compétence du Tribunal Administratif de la Guyane, lieu d’exécution du contrat (restructuration d’un bâtiment du centre hospitalier de Cayenne). En application des articles R. 312-11 et R. 221-3 du code de justice administrative, il ordonne la transmission du dossier à cette juridiction.
N° TA102-2400571(TA102-2400571)
Le Tribunal Administratif de la Martinique, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision de la commission académique du 3 juillet 2024 refusant l'autorisation d'instruction en famille pour la fille des requérants. La condition d'urgence n'étant pas contestée, le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés, notamment l'erreur d'appréciation sur l'intérêt de l'enfant et la composition de la commission, n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. La requête a été rejetée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, en application des articles L. 131-5 et R. 131-11-5 du code de l'éducation.
N° TA102-2300507(TA102-2300507)
Le Tribunal Administratif de la Martinique, statuant en juge unique, a rejeté l'opposition formée par Mme B contre une contrainte émise par la CAF pour le recouvrement d'un trop-perçu de prime d'activité et de primes exceptionnelles de fin d'année. La requérante contestait être la bénéficiaire des sommes, invoquant une erreur de destinataire. Le tribunal a jugé que, en application des articles L. 841-1, L. 842-3 et L. 845-3 du code de la sécurité sociale, ainsi que des décrets des 28 décembre 2016, 27 décembre 2017 et 14 décembre 2018, les sommes indûment perçues au titre de ces prestations peuvent être récupérées auprès de l'allocataire ou de son conjoint, partenaire de PACS ou concubin, en raison de la solidarité du foyer. La solution retenue est le rejet de l'opposition, confirmant ainsi la validité de la contrainte.
N° TA102-2400556(TA102-2400556)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a rejeté la requête de Mme A, aide-soignante, qui contestait la décision du centre hospitalier Maurice Despinoy lui accordant une prolongation d'activité jusqu'au 30 septembre 2024, et non jusqu'au 1er janvier 2025. Le tribunal a jugé que le moyen tiré des conditions de notification de la décision était inopérant pour contester sa légalité, et que Mme A ne pouvait se prévaloir d'une décision implicite d'acceptation. La requête a été rejetée sur le fondement de l'article R. 222-1, 7° du code de justice administrative, les moyens soulevés étant inopérants.
N° TA102-2300304(TA102-2300304)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a rejeté la requête de M. et Mme B, qui contestaient le refus implicite du maire du Gros-Morne de dresser un procès-verbal d'infraction et d'utiliser ses pouvoirs de police administrative contre la société Idea pour des nuisances sonores. Le tribunal a jugé que le maire n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en ne faisant pas usage de ses pouvoirs de police judiciaire (article L. 1312-1 du code de la santé publique) ou de police administrative (article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales). La solution retenue est le rejet de l'ensemble des demandes, y compris les conclusions indemnitaires et d'injonction.
N° TA102-2300107(TA102-2300107)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a examiné la requête de la société Martinique réhabilitation opérateur social contestant des pénalités de retard infligées pour deux lots d’un marché de construction. Le tribunal a rejeté l’exception d’irrecevabilité soulevée par le ministre des armées concernant le lot n°1, estimant que la clause de renonciation à recours contenue dans l’avenant du 25 mai 2022 ne faisait pas obstacle à la contestation des pénalités. Sur le fond, le tribunal a partiellement fait droit à la demande subsidiaire en modulant le montant des pénalités, notamment en les réduisant pour le lot n°2 à 38 700 euros, comme admis par le ministre, et en tenant compte des retards non imputables à la société. La décision s’appuie sur les stipulations du cahier des clauses administratives générales applicable aux marchés publics de travaux et sur les principes de responsabilité contractuelle.
N° TA102-2200206(TA102-2200206)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a rejeté la requête de la société Fortessia, qui contestait des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) pour les exercices 2016 à 2018. La société soutenait notamment que les produits financiers issus de conventions de croupier devaient être rattachés à l'exercice suivant et que son activité était hors du champ de la CVAE. Le tribunal a jugé ces moyens non fondés, s'appuyant sur les dispositions du code général des impôts, notamment les articles 8, 38 et 238 bis K. La demande de décharge des impositions et des pénalités a donc été rejetée.
N° TA102-2300702(TA102-2300702)
Le Tribunal Administratif de la Martinique rejette la requête de M. C, agent territorial, qui contestait le refus implicite de la collectivité territoriale de Martinique de lui accorder la protection fonctionnelle. Le requérant faisait l'objet de poursuites pénales pour injures publiques proférées lors d'une réunion syndicale. Le tribunal estime que ces faits, exclusivement liés à l'exercice de son mandat syndical et non à ses fonctions d'agent, ne constituent pas des actes commis dans l'exercice de ses fonctions au sens de l'article L. 134-4 du code général de la fonction publique. Par conséquent, le refus de protection fonctionnelle n'est pas entaché d'erreur d'appréciation.
N° TA102-2300696(TA102-2300696)
Le Tribunal Administratif de la Martinique était saisi par M. B d’une requête en décharge de l’obligation de payer diverses impositions (impôt sur le revenu, taxe foncière, taxe d’habitation) au titre des années 2009 à 2018, au motif que les créances fiscales seraient prescrites. Le tribunal a jugé la requête irrecevable pour défaut d’acte de poursuite contestable à la date d’introduction de l’instance, s’agissant des impositions des années 2012 à 2018, et a constaté que l’administration avait déjà fait droit à la contestation relative aux actes de poursuite de 2023. La solution retenue est fondée sur les articles L. 281 et R. 281-3-1 du livre des procédures fiscales, qui imposent que le recours soit dirigé contre un acte de poursuite préalablement contesté.
N° TA102-2300637(TA102-2300637)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a examiné la requête de Mme B, enseignante contractuelle, contestant le refus de renouvellement de son contrat par le directeur de l'INSPÉ de Martinique, fondé sur un avis défavorable du conseil de l'institut. Le tribunal a jugé irrecevables les conclusions dirigées contre la délibération du conseil du 1er juin 2023, celle-ci constituant un simple avis préparatoire insusceptible de recours. Sur le fond, le tribunal a rejeté les moyens soulevés par Mme B, notamment l'incompétence de l'auteur de l'acte, l'irrégularité de la procédure, le défaut de motivation, l'inexactitude matérielle des faits et l'erreur manifeste d'appréciation. En conséquence, la requête a été rejetée dans son ensemble, sur le fondement des articles L. 721-3 du code de l'éducation et L. 761-1 du code de justice administrative.
N° TA102-2300435(TA102-2300435)
Le Tribunal Administratif de la Martinique, statuant en juge unique, était saisi d’une opposition à contrainte formée par M. C contre une décision du directeur de la caisse d’allocations familiales de la Martinique, visant à recouvrer un trop-perçu d’aide personnalisée au logement de 853,68 euros pour la période d’août à octobre 2013. Le tribunal a relevé d’office son incompétence, considérant que le litige, relatif à des allocations familiales et à l’aide personnalisée au logement, relève de la compétence des juridictions de l’ordre judiciaire en application des articles L. 823-9 du code de la construction et de l’habitation et R. 133-3 du code de la sécurité sociale. En conséquence, il a rejeté la requête comme portée devant une juridiction incompétente.
N° TA102-2400617(TA102-2400617)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a rejeté la requête de M. B qui contestait une contrainte émise par la CAF pour le recouvrement d’indus d’un montant de 704,90 euros. Le requérant invoquait uniquement sa situation de précarité et l’absence de revenus. Le juge a considéré ce moyen comme inopérant, car les difficultés financières sont sans incidence sur la légalité de la contrainte. La décision a été prise sur le fondement du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
N° TA102-2300285(TA102-2300285)
Le Tribunal Administratif de la Martinique annule l'arrêté du maire de Rivière-Pilote du 23 mars 2023 interdisant toute activité de tir sur le site de l'association Trap skeet cible pilotin. La commune n'a pas respecté la procédure contradictoire préalable imposée par les articles L. 121-1 et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration pour les mesures de police restrictives de libertés. L'exception de non-lieu à statuer soulevée par la commune est rejetée, car l'arrêté de retrait du 25 mai 2023 a lui-même été annulé par un jugement définitif.