Jurisprudence — Tribunal Administratif de la Martinique
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N° TA102-2400594(TA102-2400594)
Le Tribunal Administratif de la Martinique, statuant en référé précontractuel sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de la société Alpha'Net Société Nouvelle. Celle-ci contestait le rejet de ses offres comme anormalement basses pour trois lots d'un marché de travaux de voirie attribué à la société Getelec Martinique. Le juge a estimé que la collectivité territoriale n'avait pas commis d'erreur de droit en écartant les offres en raison d'un prix sous-évalué, et non en raison de l'obtention d'une aide d'État. Il a également jugé que le délai de réponse accordé au soumissionnaire était suffisant et que les justifications fournies par la société étaient insuffisantes pour démontrer la viabilité de son prix, en application des articles L. 2152-6 et R. 2152-3 du code de la commande publique.
N° TA102-2300551(TA102-2300551)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a été saisi par le préfet d’un déféré en annulation contre une délibération de l’Assemblée de Martinique du 25 mai 2023, qui reconnaissait la langue créole comme « langue officielle » de la Martinique au même titre que le français. Le tribunal a rejeté l’exception de non-lieu à statuer soulevée par la collectivité, au motif que la délibération attaquée avait reçu exécution avant son abrogation partielle, notamment lors de débats en créole et dans des actes subséquents. Sur le fond, il a annulé la délibération pour méconnaissance de l’article 2 de la Constitution et de l’article 1er de la loi du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française, qui imposent l’usage exclusif du français dans les services publics.
N° TA102-2400633(TA102-2400633)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a rejeté la requête de M. A contestant le rejet de sa réclamation contre les taxes d'habitation 2017, 2018 et 2019. La solution retenue est fondée sur la tardiveté de la réclamation, présentée le 25 juin 2024, alors que les délais expiraient respectivement les 31 décembre 2018, 2019 et 2020, conformément à l'article R. 196-2 du livre des procédures fiscales. Les moyens invoqués par le requérant, portant sur le bien-fondé des impositions, ont été jugés inopérants pour contester cette irrecevabilité. Le tribunal a également rappelé qu'il ne peut accorder de remise gracieuse, cette compétence relevant de l'administration fiscale.
N° TA102-2400315(TA102-2400315)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a été saisi par l’ASSAUPAMAR et plusieurs particuliers d’un recours en excès de pouvoir contre une délibération du conseil municipal des Anses d’Arlet ordonnant l’abattage d’un fromager. La commune ayant abrogé cette délibération, les requérants se sont désistés de leur demande d’annulation. Le tribunal a donné acte de ce désistement pur et simple. Sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, il a condamné la commune à verser 1 500 euros aux requérants au titre des frais exposés, tout en rejetant la demande reconventionnelle de la commune.
N° TA102-2400635(TA102-2400635)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a rejeté la requête de M. C D, qui demandait l’organisation de la garde de ses enfants, un droit de visite, une pension alimentaire et une mesure d’éloignement. Le juge a constaté que ces demandes, relevant du droit de la famille, sont de la compétence exclusive du juge aux affaires familiales, magistrat de l’ordre judiciaire. En application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, la requête a été rejetée comme portée devant une juridiction incompétente.
N° TA102-2300697(TA102-2300697)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a été saisi par M. B pour contester le refus de prolongation de son stage (requête n°2300697) et son licenciement par le ministre de l'éducation nationale (requête n°2400242). Le requérant s'étant désisté de ses conclusions aux fins d'annulation, le tribunal a donné acte de ce désistement pur et simple. Les conclusions accessoires d'injonction et d'astreinte, présentées sans demande d'annulation subsistante, ont été rejetées comme manifestement irrecevables. En application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, l'Etat a été condamné à verser 1 500 euros à M. B au titre des frais de justice.
N° TA102-2300396(TA102-2300396)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a examiné les requêtes de Mme F D, agent de La Poste, contestant le refus implicite de lui accorder un congé pour invalidité temporaire imputable au service (n°2300396) et le refus de protection fonctionnelle (n°2300399), ainsi que sa demande indemnitaire pour harcèlement moral et sexuel (n°2300410). La société La Poste a soulevé une fin de non-recevoir pour tardiveté de la requête n°2300396. Le tribunal a rejeté l'ensemble des demandes de Mme D, considérant que les faits de harcèlement n'étaient pas établis et que les décisions de l'employeur n'étaient pas entachées d'illégalité. Les conclusions indemnitaires ont été rejetées par voie de conséquence.
N° TA102-2300336(TA102-2300336)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a rejeté la requête de la société Agence d'architecture et d'urbanisme F. B. Celle-ci demandait la condamnation de la commune du François au paiement de 53 081 euros pour sa mission de maîtrise d'œuvre et de 8 000 euros pour préjudice moral. Le tribunal a accueilli la fin de non-recevoir soulevée par la commune, estimant que le courrier du 28 février 2023 ne constituait pas une réclamation préalable au sens de l'article 37 du CCAG-PI (arrêté du 16 septembre 2009). En l'absence de liaison du contentieux, la requête a été déclarée irrecevable.
N° TA102-2300420(TA102-2300420)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a rejeté les demandes de Mme A. La requérante contestait son maintien en détachement pour une durée limitée (arrêté du 16 mai 2022) et sa réintégration dans son corps d'origine (arrêté du 6 juin 2023), ainsi que le refus implicite de protection fonctionnelle. Le tribunal a jugé irrecevables les conclusions contre l'arrêté de 2022 en raison de leur tardiveté. Sur le fond, il a estimé que l'arrêté de réintégration était légal, l'administration n'étant pas tenue de renouveler le détachement, et que le refus de protection fonctionnelle n'était pas entaché d'erreur d'appréciation. Les décisions ont été rendues au regard des dispositions du code général de la fonction publique et des décrets relatifs aux détachements.
N° TA102-2300465(TA102-2300465)
Le Tribunal Administratif de la Martinique, statuant en référé provision sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, a donné acte du désistement de la société Saur Martinique de sa demande de provision de plus de 6,4 millions d'euros pour factures impayées et intérêts moratoires sur deux marchés publics. La collectivité territoriale de Martinique contestait le caractère non sérieusement contestable de la créance, invoquant des erreurs de facturation. Le juge a constaté que le désistement était pur et simple et a rejeté les conclusions de la collectivité au titre des frais de justice.
N° TA102-2300151(TA102-2300151)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a rejeté la requête de la SARL Immobilière Bograin, qui contestait des cotisations supplémentaires d’impôt sur les sociétés pour l’exercice clos en 2017. La société invoquait une irrégularité de procédure, notamment l’absence de débat oral et contradictoire et une motivation insuffisante de la proposition de rectification, ainsi qu’une erreur comptable justifiant la déductibilité de charges. Le tribunal a écarté le moyen tiré de l’absence de débat, estimant que la société n’établissait pas que le vérificateur s’y serait refusé. La solution retenue est le rejet de la demande de décharge, sans qu’il soit fait application des textes invoqués par la requérante.
N° TA102-2400041(TA102-2400041)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a rejeté la requête de M. B C, détenu, qui contestait la décision du ministre de la justice du 13 décembre 2023 prolongeant son placement à l'isolement pour trois mois. Le requérant invoquait plusieurs vices de procédure (incompétence, défaut de communication à son avocat, absence d'avis médical récent) et une erreur manifeste d'appréciation sur les risques pour sa sécurité ou d'évasion. Le tribunal a jugé que la décision était régulière et suffisamment motivée, et que la prolongation était justifiée par les nécessités de l'ordre public et de la sécurité, conformément aux articles L. 213-8 et R. 213-25 du code pénitentiaire.
N° TA102-2300698(TA102-2300698)
Le Tribunal Administratif de la Martinique rejette la requête de la SARL Solution BTP, qui demandait le paiement de soldes de décomptes de résiliation pour trois lots d’un accord-cadre de travaux conclu avec la SPL SOGES. Le tribunal retient l’exception d’incompétence de la juridiction administrative, estimant que la SPL SOGES, en tant que société publique locale, est un acheteur de droit privé et que le contrat relève du droit privé. En conséquence, le litige n’est pas de la compétence du juge administratif. Aucun des textes du code de la commande publique ou du code de justice administrative n’est appliqué au fond, la compétence étant seule tranchée.
N° TA102-2300734(TA102-2300734)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a rejeté la requête de M. et Mme D et autres, qui demandaient l'annulation d'un permis de construire délivré par le maire du Lamentin à la SCI Ti Madiba 2 pour un ensemble immobilier de 18 logements. La juridiction a d'abord déclaré irrecevables les conclusions tendant au sursis à exécution des travaux, cette mesure ne relevant pas de l'office du juge administratif. Saisi d'un recours pour excès de pouvoir, le tribunal a examiné les fins de non-recevoir soulevées, notamment la tardiveté de la requête et le défaut d'intérêt à agir, sans que le résumé ne précise la solution finale sur ces points. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'urbanisme, en particulier l'article R. 600-1 relatif à la notification des recours.
N° TA102-2400201(TA102-2400201)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a été saisi par la SA Usine du Marin d’une demande d’indemnisation pour le refus persistant du préfet de lui accorder le concours de la force publique afin d’exécuter un jugement d’expulsion de 1990. La société invoque la responsabilité sans faute et pour faute de l’État, notamment après l’annulation du dernier refus par le tribunal en 2021. Le tribunal a condamné l’État à verser à la société une somme de 106 332,21 euros pour la période du 18 mai 2021 au 31 décembre 2023, ainsi qu’une indemnité mensuelle de 3 384,30 euros à compter du 1er janvier 2024, en réparation du préjudice de jouissance. Cette décision se fonde sur la responsabilité de l’État pour refus illégal de prêter main-forte à l’exécution d’une décision de justice, en application des principes généraux du droit administratif et du code des procédures civiles d’exécution.
N° TA102-2300334(TA102-2300334)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a rejeté la requête de M. A, qui demandait la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties pour les années 2017 à 2021 et le remboursement de 8 075 euros. Le juge a estimé que la décision du 28 mars 2023 rejetant sa réclamation ne constituait pas un retrait illégal d'une décision créatrice de droits, mais un simple refus de faire droit à une nouvelle demande. Il a également jugé que M. A, en tant que copropriétaire indivis du bien, restait personnellement redevable de la taxe foncière, et que la circonstance qu'il ne perçoive pas de loyers de ses enfants était sans incidence sur son obligation fiscale. La solution retenue s'appuie sur les dispositions du code général des impôts relatives à la taxe foncière sur les propriétés bâties.
N° TA102-2300326(TA102-2300326)
Le Tribunal Administratif de la Martinique a examiné la requête de Mme B, professeure des écoles stagiaire, contestant la délibération du jury académique et l'arrêté rectoral refusant sa titularisation et prononçant son licenciement. Le tribunal a rejeté la requête comme irrecevable en raison de sa tardiveté, constatant que les recours gracieux de Mme B avaient été formés après l'expiration du délai de recours contentieux de deux mois suivant la notification des décisions attaquées. Par ailleurs, le tribunal a relevé que l'administration se trouvait en situation de compétence liée pour refuser la titularisation, Mme B ne remplissant pas la condition de diplôme prévue par l'article 7 du décret n° 90-680 du 1er août 1990.
N° TA102-2200363(TA102-2200363)
Le Tribunal administratif de la Martinique a été saisi par la commune du François d’un recours en excès de pouvoir visant à engager la responsabilité solidaire de plusieurs constructeurs pour des désordres affectant la nouvelle église communale. La commune invoquait à titre principal la responsabilité contractuelle et à titre subsidiaire la garantie décennale, sollicitant réparation de ses préjudices matériels et immatériels. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que la responsabilité contractuelle ne pouvait être retenue après la réception des travaux et que l’action fondée sur la garantie décennale était prescrite. Cette décision s’appuie sur les principes du code civil relatifs à la réception des ouvrages et aux délais de prescription de l’action en garantie décennale.
N° TA102-2400605(TA102-2400605)
Le Tribunal Administratif de la Martinique, statuant en juge unique, a rejeté la requête de M. E. Celui-ci demandait l'annulation des décisions du 5 septembre 2024 par lesquelles le préfet de la Martinique l'avait obligé à quitter le territoire français sans délai, assorti d'une interdiction de retour de six mois, d'une fixation du pays de destination et d'une assignation à résidence. Le tribunal a considéré que les moyens soulevés, notamment ceux tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant, n'étaient pas fondés. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de M. E.
N° TA102-2400126(TA102-2400126)
Le Tribunal Administratif de la Martinique, saisi d’une demande d’exécution de son jugement du 23 décembre 2022, a examiné les mesures prises par le préfet de la Martinique pour faire cesser des constructions illégales sur le terrain de la SA Usine du Marin. Le tribunal a constaté que le préfet avait diligenté des opérations de contrôle, dressé de nouveaux procès-verbaux d’infraction et édicté un arrêté interruptif de travaux, conformément aux articles L. 480-1 et L. 480-2 du code de l’urbanisme. En conséquence, il a estimé que les mesures d’exécution étaient suffisantes et a rejeté la demande d’astreinte et les conclusions de la société requérante.