Jurisprudence — Tribunal Administratif de Toulon
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N° TA83-2201601(TA83-2201601)
Le Tribunal Administratif de Toulon a examiné la requête de M. B A, détenu à la maison d'arrêt de Draguignan, contestant un régime de fouilles intégrales systématiques et seize décisions individuelles de fouille. Le tribunal a constaté que l'administration n'a pas contesté l'existence d'un tel régime, mis en œuvre sans décision écrite du chef d'établissement, en méconnaissance de l'article 57 de la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009. En conséquence, la décision révélée instaurant ce régime a été annulée pour défaut de base légale. Les conclusions dirigées contre les fouilles individuelles ont été rejetées, certaines étant tardives et les autres non fondées, les fouilles étant justifiées par des risques pour la sécurité.
N° TA83-2201602(TA83-2201602)
Le Tribunal Administratif de Toulon a été saisi par M. B d'une demande d'indemnisation pour une chute survenue le 5 août 2021 sur un trottoir de la commune de Saint-Raphaël, imputée à une dénivellation de la bordure. Le tribunal a reconnu la responsabilité de la commune pour défaut d'entretien normal de l'ouvrage public, faute de signalisation ou de protection de cette défectuosité. Toutefois, il a également retenu une faute d'inattention de la victime, circulant en plein jour sur un lieu connu, et a ainsi limité la part de responsabilité de la commune. La solution s'appuie sur les principes de la responsabilité pour défaut d'entretien normal des ouvrages publics, sans mention de textes spécifiques autres que le code de justice administrative.
N° TA83-2201627(TA83-2201627)
Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté les requêtes de la SAS AGRM, venant aux droits de la SAS Bureau européen d'assurance hospitalière (BEAH), qui demandait la décharge de l'obligation de payer des sommes réclamées par l'ONIAM. Le tribunal a jugé que l'ONIAM était fondé à se substituer à l'assureur défaillant pour indemniser la victime d'une infection nosocomiale, conformément à l'article L. 1142-15 du code de la santé publique. La solution retenue confirme la validité des titres exécutoires émis par l'ONIAM pour recouvrer les sommes versées à la victime et les frais d'expertise.
N° TA83-2201437(TA83-2201437)
Le Tribunal Administratif de Toulon a annulé la décision du 30 mars 2022 par laquelle le chef d'établissement de la maison d'arrêt de Draguignan a déclassé M. A de son poste de magasinier. La juridiction a jugé que la procédure était irrégulière, car l'administration pénitentiaire n'avait pas donné suite à la demande du détenu de se faire assister par un avocat, en méconnaissance des droits de la défense garantis par l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration. Le tribunal a enjoint au ministre de la justice d'effacer toute mention relative à cette mesure du dossier de M. A dans un délai d'un mois.
N° TA83-2201679(TA83-2201679)
Le Tribunal Administratif de Toulon a annulé la décision du 27 avril 2022 par laquelle la direction générale des finances publiques avait rejeté la demande de la SASU Chez nous pour l’aide « coûts fixes consolidation » prévue par le décret n° 2022-111 du 2 février 2022. La juridiction a jugé que la décision attaquée, notifiée par téléservice, méconnaissait l’article L. 212-2 du code des relations entre le public et l’administration, faute de mentionner le prénom, le nom et la qualité de son auteur. Le tribunal a enjoint à l’administration de réexaminer la demande de la société dans un délai de quinze jours.
N° TA83-2202412(TA83-2202412)
Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la requête de Mme A, qui contestait le refus de la Commission nationale indépendante de reconnaissance et de réparation des préjudices subis par les harkis de lui accorder une indemnisation. La requérante, née en 1981, soutenait avoir vécu dans un hameau de forestage, mais le tribunal a relevé qu'elle était née après la période d'éligibilité fixée par la loi du 23 février 2022 (entre le 20 mars 1962 et le 31 décembre 1975). En application de l'article 3 de cette loi, la commission était tenue de rejeter sa demande, car elle ne remplissait pas la condition de séjour dans une structure d'accueil durant la période requise. La solution retenue est donc le rejet de la requête pour défaut de fondement légal.
N° TA83-1801930(TA83-1801930)
Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la requête de M. B, qui demandait la condamnation de l'État à l'indemniser pour un préjudice d'anxiété et des troubles dans les conditions d'existence, résultant d'une exposition aux poussières d'amiante. Le tribunal a reconnu une carence fautive de l'État employeur, mais a estimé que l'exposition, limitée à quatre jours, n'était pas suffisamment longue pour justifier un risque élevé de pathologie grave. Les éléments fournis n'ont pas permis d'établir la réalité des préjudices allégués. La solution s'appuie sur les principes de la responsabilité administrative pour manquement à l'obligation de sécurité.
N° TA83-2202053(TA83-2202053)
Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la requête de la société VIR By JP contestant la décision du directeur général de l'OFII du 30 juin 2022 lui infligeant une contribution spéciale et une contribution forfaitaire pour l'emploi de deux ressortissants algériens non autorisés à travailler, pour un montant total de 19 168 euros. Le tribunal a jugé que la matérialité des faits était établie, la société n'ayant pas démontré avoir vérifié la validité des titres de séjour auprès des administrations compétentes comme l'exige l'article L. 5221-8 du code du travail. La solution retenue est le rejet de l'intégralité des conclusions, y compris celles relatives aux titres de perception et à la demande de frais de justice, sur le fondement des articles L. 8251-1, L. 8253-1 du code du travail et L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
N° TA83-2402168(TA83-2402168)
Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la requête de l'association ATIAM agissant pour M. A, un ressortissant guinéen, qui demandait l'annulation de l'arrêté préfectoral du 7 juin 2024 refusant le renouvellement de son titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire. Le tribunal a estimé que le signataire de l'arrêté était compétent, que la convocation à la commission du titre de séjour était régulière malgré l'absence de notification au tuteur, et que le refus était justifié par la menace à l'ordre public que constituait la condamnation pénale de M. A pour violences. La solution s'appuie sur les articles L. 412-5 et L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
N° TA83-2402144(TA83-2402144)
Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la requête de M. A, ressortissant burkinabé, qui contestait l'arrêté du préfet du Var lui refusant un titre de séjour et lui faisant obligation de quitter le territoire. Le requérant invoquait les dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relatives à l'admission exceptionnelle au séjour des étrangers confiés à l'aide sociale à l'enfance. Le tribunal a jugé que le préfet avait légalement pu estimer que M. A ne remplissait pas les conditions d'âge requises, dès lors que les documents d'état civil produits ne permettaient pas d'établir sa minorité au moment de sa prise en charge. La solution retenue est fondée sur les articles L. 435-3, R. 431-10 et L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que sur l'article 47 du code civil.
N° TA83-2402166(TA83-2402166)
Le Tribunal administratif de Toulon a rejeté la requête de Mme B, ressortissante marocaine, qui contestait le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français pris par le préfet du Var. La requête a été jugée irrecevable car tardive, la notification de l'arrêté étant réputée avoir été régulièrement effectuée le 21 mai 2024, faisant courir un délai de recours de trente jours en application des articles L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et R. 776-2 du code de justice administrative. La requérante n'a pas démontré d'irrégularité dans la notification.
N° TA83-2402124(TA83-2402124)
Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la requête de Mme B, ressortissante tunisienne, qui contestait l'arrêté préfectoral du 11 avril 2024 refusant son titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire. Le tribunal a écarté le moyen d'incompétence du signataire et a jugé que, malgré la réalité du mariage et de la vie commune avec un ressortissant français, la requérante ne justifiait pas d'une entrée régulière en France, condition préalable à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-1 et L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
N° TA83-2402106(TA83-2402106)
Le Tribunal Administratif de Toulon a été saisi par Mme A, ressortissante nigériane, d’un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral du 20 février 2024 refusant un titre de séjour et l’obligeant à quitter le territoire. Le préfet du Var a soulevé une exception de non-lieu à statuer en raison du retrait de l’arrêté et de la délivrance d’une autorisation provisoire de séjour, mais le tribunal a rejeté cette exception, le retrait n’étant pas définitif. Sur le fond, le tribunal a examiné la demande de titre de séjour fondée sur l’article L. 425-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, relatif aux victimes de proxénétisme ou de traite des êtres humains. La solution retenue n’est pas précisée dans l’extrait fourni, mais le tribunal a statué sur la légalité de l’arrêté initial.
N° TA83-2202503(TA83-2202503)
Le Tribunal Administratif de Toulon annule la décision du 11 août 2022 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a refusé de délivrer une carte professionnelle d'agent de sécurité à M. B. Le tribunal estime que le CNAPS a commis une erreur d'appréciation, car les faits reprochés (violences en 2017 et usage de stupéfiants en 2020) sont anciens et que le requérant justifie d’un comportement professionnel exemplaire depuis quatre ans. La décision s’appuie sur les articles L. 611-1 et L. 612-20 du code de la sécurité intérieure. Le CNAPS, n’ayant pas produit de mémoire en défense malgré une mise en demeure, est réputé avoir acquiescé aux faits.
N° TA83-2201878(TA83-2201878)
Le Tribunal Administratif de Toulon a été saisi par M. A, qui a chuté en deux-roues le 17 mai 2019 sur un ralentisseur situé avenue Henri Dunant à Toulon, et a demandé la condamnation de la métropole Toulon-Provence-Méditerranée (TPM) pour défaut d'entretien normal ou dangerosité exceptionnelle de l'ouvrage public. Le tribunal a rejeté la requête, estimant que M. A n'apportait pas la preuve d'un défaut d'entretien normal ni d'une dangerosité exceptionnelle du ralentisseur, et que sa propre imprudence était à l'origine de l'accident. La solution retenue s'appuie sur les principes de la responsabilité pour ouvrage public, sans application spécifique du décret du 27 mai 1994 invoqué.
N° TA83-2402173(TA83-2402173)
Le Tribunal Administratif de Toulon a été saisi par M. C, ressortissant marocain, d’un recours en excès de pouvoir contre un arrêté du préfet du Var du 13 mai 2024 lui refusant un titre de séjour et l’obligeant à quitter le territoire. Le préfet a invoqué un non-lieu à statuer en raison du retrait de cet arrêté, mais le tribunal a rejeté cette exception, le retrait n’étant pas devenu définitif. Sur le fond, le tribunal a annulé l’arrêté attaqué, jugeant que la décision était insuffisamment motivée en méconnaissance de l’article L. 211-5 du code des relations entre le public et l’administration. La solution retenue est l’annulation de l’arrêté, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens.
N° TA83-2401545(TA83-2401545)
Le Tribunal Administratif de Toulon a annulé l'arrêté du préfet du Var du 8 avril 2024 refusant le renouvellement du titre de séjour de M. A, ressortissant tunisien, et l'obligeant à quitter le territoire. La juridiction a retenu un défaut d'examen réel et sérieux de la demande, le préfet ayant examiné la situation uniquement sous l'angle du statut de "travailleur saisonnier" (article L. 421-34 du CESEDA) sans considérer la demande de changement de statut vers "salarié". Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer la situation de M. A dans un délai de deux mois et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour.
N° TA83-2401579(TA83-2401579)
Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la requête de Mme A, ressortissante malgache, qui contestait le refus de titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire et la fixation du pays de destination pris par le préfet du Var le 11 avril 2024. La requérante invoquait notamment la méconnaissance des articles L. 423-1 et L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) relatifs au regroupement familial pour conjoint de Français, ainsi que de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Le tribunal a estimé que le préfet avait suffisamment motivé sa décision et que les moyens soulevés, dont celui tiré de l'absence de communauté de vie, n'étaient pas fondés. La solution retenue confirme la légalité de l'arrêté préfectoral.
N° TA83-2401522(TA83-2401522)
Refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français annulés par le Tribunal administratif de Toulon (2ème chambre). Le requérant, ressortissant marocain, demandait un changement de statut de "travailleur saisonnier" à "salarié". Le tribunal a jugé que le préfet du Var avait commis un défaut d'examen réel et sérieux en n'instruisant sa demande qu'au regard des dispositions applicables au titre "travailleur saisonnier" (article L. 421-34 du CESEDA), et non "salarié". En conséquence, l'arrêté du 8 avril 2024 est annulé, et il est enjoint au préfet de réexaminer la demande dans un délai de deux mois, sans astreinte.
N° TA83-2400384(TA83-2400384)
Le Tribunal Administratif de Toulon (2ème chambre) a annulé l'arrêté du 23 janvier 2024 par lequel le préfet du Var refusait de renouveler le titre de séjour de M. B, ressortissant marocain. La solution retenue est fondée sur le défaut de preuve de la menace pour l'ordre public invoquée par le préfet, les faits reprochés n'étant pas matériellement établis (classements sans suite ou absence d'identification de l'auteur). Le tribunal a également enjoint au préfet de délivrer le titre de séjour sollicité dans un délai de deux mois. Les textes appliqués incluent le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que l'article L. 911-1 du code de justice administrative.